1
">
BULLETIN
DE LA
r r
SOCIETE ZOOLOGIQUE
DE FRANGE
POUR L'ANNÉE 1910
AVIS
Les Membres de la Société sont instamment priés d'adresser,
d'une façon impersonnelle, tous les envois d'argent et les mandats
à Monsieur le Trésorier
de la. Société zoologique de France
28, rue Serpente, Paris (VIe).
BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ ZOO LOGIQUE
DE FRANCK
RECONNUE D'UTILITE PUBLIQUE
TRENTE -CINQUIÈME VOLUME
ANNÉE 1910
PARIS
AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE DE FRANCE
28, rue Serpente (Hôtel des Sociétés savantes)
1910
Extrait dl règlement de la Société zoologique de France
Art. 3. — Les membres titulaires doivent payer un droit
fixe d'entrée de 10 francs
Les membres titulaires se divisent en trois catégories :
1° Membres ordinaires, qui doivent payer une cotisation
annuelle de 20 francs ;
2° Membres à vie, qui s'affranchissent du paiement de la
cotisation annuelle par le versement, en une seule fois, ou au
moyen de trois annuités consécutives, d'une somme de 300 francs.
Les sommes versées à ce titre restent, en tous cas, définitive-
ment acquises à la Société ;
3° Membres donateurs, ayant versé une somme d'au moins
500 francs
Art. 10. — La cotisation annuelle est due et se perçoit à
partir du 1er janvier ; elle devra être transmise sans frais au
Trésorier; toutefois, la Société pourra faire toucher, à domicile,
aux frais du débiteur.
Les membres démissionnaires ne seront dégagés de la coti-
sation que pour les années qui suivront celle de leur démis-
sion (1).
Art. 11. — Tout membre qui n'aura pas payé sa cotisation
cessera de recevoir les publications de l'année courante. Après
trois années de non-paiement, il sera considéré comme démis-
sionnaire.
(1) Art. 4 de la loi de i901 sur les Associations. — Tout membre d'une Asso-
ciation qui n'est pas fondée pour un temps déterminé peut s'en retirer en tout temps,
après paiement des cotisations échues el de l'année courante, nonobstant toute
clause contraire.
LISTE
DES
MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ
AU 1er FÉVRIER 1910
Avec la dale do leur admission
Le nom des Membres fondateurs est précédé de la lettre F.
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL HONORAIRE
F Blanchard (Prof. Raphaël), élu le 18 décembre 1900.
MEMBRES HONORAIRES
1894. Agassiz (Alexander), directeur du Musée de zoologie com-
parée de Harvard Collège, à Cambridge, Mass. (Etats-
Unis).
1895. Beneden (Edouard van), membre de l'Académie royale
de Belgique, professeur à l'Université de Liège
(Belgique).
1901. Fabre (.). H.), membre correspondant de l'Institut, à
Sérignan (Vaucluse).
1909. Francotte (P.), membre de l'Académie royale de Bel-
gique, professeur à l'Université, 72, rue Gillon, à
Bruxelles (Belgique).
1909. Graff (L. von), professeur à l'Université, 2, Universi-
tâtsplatz, à Graz (Autriche).
1901. Grassi, professeur d'anatomie comparée à l'Université,
92, via Agostino Depretis, à Rome (Italie).
1878. Gù'nther (Dr Albert), F. R. S., directeur de la section
zoologique du British Muséum, à Londres (Angle-
terre).
1909. Hubrecht (A. A. W.), professeur à l'Université, à
Utrecht (Hollande).
1901 . Ijima (Isao), professeur de zoologie à l'Université (Col-
lège of science), à Tokio (Japon).
1901 . Laveran (A.), membre de l'Institut, membre de l'Acadé-
mie de médecine, 25, rue du Montparnasse, à Paris (6e).
1897. Murray (Sir John), Ph. D., directeur des publications
de l'expédition du Challenger, Challenger lodge,
Wardie, à Edimbourg (Ecosse).
VI
1897. Nansen (prof. Fridtjof), professeur d'océanographie à
l'Université de Christiania (Norvège).
1909. Perroncito (D1 Edoardo), membre correspondant de
l'Académie de médecine et de la Société de biologie,
professeur à l'Université et à l'École vétérinaire, 40,
corso Valentino, à Turin (Italie).
1909. Sars (G. 0.), professeur à l'Université, à Christiania
(Norvège).
1901. Schulze (F. E.), directeur de l'Institut zoologique, 43,
Invalidenstrasse, à Berlin (Allemagne).
1903. Zograf (Dr Nicolas de), professeur à l'Université (Musée
polytechnique), à Moscou (Russie).
MEMBRES CORRESPONDANTS
1886. Dugès (l)r Alfred), consul de France à Guanajuato
(Mexique).
1888. Fritch (Dr Anton), professeur à l'Université de Bohème,
à Prague (Bohême).
1890. Horst (Dr R.), conservateur au Musée d'histoire natu-
relle, à Leyde (Hollande).
1897. Sluiter (C. Ph.), professeur à l'Université, à Amsterdam
(Hollande).
1904. Strerel (Hermann), au Musée zoologique, à Hambourg
(Allemagne).
1891. Vejdovsky (Franz), professeur à l'Université de Bohème,
à Prague (Bohême).
MEMBRES DONATEURS DÉCÉDÉS (1)
F Branicki (comte Constantin), décédé en 1884.
1888. Chancel (M110 Aline), décédée en 1889.
1888. Guerne (baron Frédéric de), décédé en 1888.
F Uamonville (baron d'), décédé en 1899.
F Hugo (comte Léopold), décédé eu 1895.
1886. Schlumberger (Charles), décédé en 1905.
1876. Semallé (vicomte René de), décédé en 1894.
F Vian (Jules), décédé en 1904.
(1) Par une délibération en date du 25 janvier 1885, le Conseil a décidé de main-
tenir perpétuellement en tète du Bulletin la liste des Membres donateurs décédés.
VII
MEMBRES TITULAIRES (1)
1903. Abeuc (Paul), licencié ès-sciences, 46, quai Debilly, à
Paris (16e).
1897. Aconin (Georges), avocat, 8, rue Sophie-Germain, à
Paris (14e).
1890. Albert Ier (S. A. S.), prince de Monaco [membre dona-
teur), correspondant de l'Institut, 10, avenue du Tro-
cadéro, à Paris (16e).
1889. Alluaud (Charles), 3, rue du Dragon, à Paris (6e).
1892. André (E.). notaire honoraire, 17, rue des Promenades,
à Gray (Haute-Saône).
1906. Anfrie (Emile), naturaliste, 3, rue de Paris, à Lisieux
(Calvados).
1905. Anthony (Dr Kaoul), préparateur au Muséum, 12, rue
Chevert, à Paris (7e).
1896. Arkchavaleta (Dr José), directeur général du Muséum
national, 369, calle Uruguay, à Montevideo (Uruguay).
1906 . Arenberg (Prince Ernest d'), 10, rue d'Astorg, à Paris (8e).
10. 1893. Arrigoni degli Oddi (comte), professeur à l'Université, à
Padoue (Italie).
1897. Artault (Dr Stéphen), 2, rue Boutarel, à Paris (4e .
1895. Aubert (Marius), aide-naturaliste au Muséum d'histoire
naturelle, palais de Longchamp,à Marseille (Bouches-
du-Rhône).
1880. Bamreke (Dr Charles van), professeur A l'Université, 7,
rue Haute, à Gand (Belgique).
1880. Barrois (Dr Théodore), professeur à la Faculté de méde-
cine, 51, rue Nicolas-Leblanc, à Lille (Nord).
1879. Bavay (Arthur), pharmacien en chef de la marine, en
retraite, 82, rue Lauriston, à Paris (16e).
1903. Beauchamp (Dr Paul Marais de), docteur ès-sciences. pré-
parateur à la Sorbonne, 16, rue de Bagneux, à Paris (6° .
1901. Beauclair (Henri), vétérinaire à Cherré, commune de la
Ferté-Bernard (Sarthe).
1889. Brdot (Dr Maurice), directeur du Musée d'histoire natu-
relle, professeur à l'Université, à Genève (Suisse).
1904. Bellard (Dr E. P. de), médecin-chirurgien, à La Ceïba
(Honduras).
(lj La Société s'est vue dans la nécessité de rayer de la liste des membres un
certain nombre de personnes qui avaient négligé de payer leur cotisation [Art. 11
du règlement).
VIII MEMBRES TITULAIRES
20. 1909. Benoist (René), licencié ès-sciences, rue du Donjon, à
Rouen (Seine-Inférieure).
1908. Benoit-Bazille (Henri), 6, rue Poulet, à Paris (18u).
1906. Berner (Paul), directeur de l'Ecole d'horlogerie, à La
Chaux de Fonds (Suisse).
1 904. Best (Dr W. H. G. IL), 98, rue de Longchamp, à Paris (16e).
1884. Bibliothèque de l'Université et de l'État, à Strasbourg
(Alsace).
1889. Bibliothèque de l'Université, à Grenoble (Isère).
1910. Bibliothèque de l'Université royale, à Leipzig (Allemagne).
1889. Bibliothèque du Muséum d'histoire naturelle, 2, rue de
Bufion, à Paris (5e).
1892. Bibliothèque du Musée des Invertébrés, 19, via Romana,
à Florence (Italie).
1892. Bibliothèque de l'Université, à Rennes (Ille-et-Vilaine).
30. 1884. Bignon (Mlle Fanny), docteur ès-sciences, professeur à
l'École Edgar-Quinet, 162, rue du faubourg Poisson-
nière, à Paris (10e).
1909. Billiard (G.), assistant de bactériologie à la fondation
ophthalmologique A. de Rothschild, 10, rue Charles-
Divry, à Paris (14e).
1906. Blaizot (Ludovic), préparateur à la Faculté de médecine,
4, rue Flatters, à Paris (5e).
1891 . Blanc (Edouard), {membre à vie), explorateur, à la Société
de Géographie, 184, boulevard Saint-Germain, à
Paris (6e).
1909. Blanc (Georges), préparateur à la Faculté de médecine,
11, rue Bonaparte, à Paris (6°).
1892. Blanchard (Mmr Raphaël), (?nembre donateur), 226, bou-
levard Saint-Germain, à Paris (7e).
F Blanchard (Dr Raphaël), {membre donateur), professeur
à l'Université, membre de l'Académie de médecine,
226, boulevard Saint-Germain, à Paris (7e).
1889. Blasius (professeur Wilhelm), directeur du musée d'his-
toire naturelle, 7, Gausstrasse, à Brunswick (Alle-
magne).
1905. Blatin (Dr Marc), château de Saint-Angoulin, par Aigue-
perse (Puy-de-Dôme).
1910. Blin (Dr Emmery), médecin en chef des asiles de la
Seine, 30, rue Vauquelin, à Paris (5e).
40. 1881 . Blonay (Roger de), 23, rue de Larochefoucauld,à Paris (9e).
MEMBRES TITULAIRES IX
1883. Bolivar (Ignacio), professeur d'entomologie à l'Univer-
sité, 17, paseo del Obelisco, à Madrid (Espagne).
1882 . Bonaparte (le prince Roland), (membre donateur), membre
de l'Institut, 10, avenue d'Iéna, à Paris (16e).
1898. Boindouy (Th.), préparateur à la Faculté des sciences,
à Rennes (llle-et- Vilaine).
1907. Bonnet (Alexandre), 54, boulevard Bineau, Neuilly-sur-
Seine (Seine).
1903. Bonnet (Amédée), (membre donateur), préparateur à la
Faculté des sciences, 1, quai de la Guillotière, à
Lyon (Rhône).
1904. Borcéa (Ioan), docteur ès-sciences, maître de conférences
à l'Université, à Jassy (Roumanie).
1906. Bordas (Dr L.), maître de conférences à la Faculté des
sciences, à Rennes (llle-et- Vilaine).
1904. Boubéë (Ernest), naturaliste, 3, place Saint-André-des-
Arts, à Paris (6e).
1905. Bourgeois (Jules), à Sainte-Marie-aux-Mines (Alsace).
)0. 1897. Boutan (Dr Louis), professeur à l'Université, à Bordeaux
(Gironde).
1890. Bouvier (E. L.), membre de l'Institut, professeur au
Muséum d'histoire naturelle, 7, boulevard Arago,
Paris (13°).
1893. Brabant (Edouard), au château de l'Alouette, près Cam-
brai (Nord).
1889. Branicki (comte Xavier), [membre à vie), 10, rue Wiejska,
à Varsovie (Russie).
1892 Brian (Alfred), {membre donateur), 6, via San Sebastiano,
à Gènes (Italie).
1891. Brôlemann (Henri), (membre à vie), directeur de la suc-
cursale du Comptoir national d'Escompte, à Pau
(Basses-Pyi'énées).
1896. Brumpt (Dr Emile), docteur ès-sciences, professeur
agrégé à la Faculté de médecine, 1, rue Dupuytren,
à Paris (6e).
1896. Bruyant, professeur suppléant à l'École de médecine.
26, rue Gaultier- de -Biauzat, à Clermont-Ferrand
(Puy-de-Dôme).
1905. Buen (Odôn de), (membre donateur), sénateur, profes-
seur à l'Univeisité de Barcelone, directeur du labo-
ratoire de biologie marine des Baléares, à Palma-de-
Mallorca (Espagne).
X MEMBRES TITULAIRES
1904. Bugnion (Dr Edouard), professeur d'embryologie à la
Faculté de médecine, Blonay-sur-Vevey (Suisse).
60. 1897. Bujor (Dr Paul), professeur de zoologie à la Faculté des
sciences de l'Université, à Jassy (Roumanie).
F Bureau (Dr Louis), [membre à vie), directeur du Musée,
professeur à l'École de médecine, 15, rue Gresset, à
Nantes (Loire-Inférieure).
1910. Calkins (Gary N.), Ph. D., professor of Protozoology,
Columbia University, New-York City (États-Unis).
1902. Calvet (Louis), sous-directeur de la station zoologique
de Cette, chargé d'un cours de zoologie (P. C. N.),
à la Faculté des sciences de Montpellier (Hérault).
1889. Camerano (Dr Lorenzo), professeur à l'Université, palazzo
Carignano, à Turin (Italie).
1900. Canizares (Dr Felipe Garcia), catedratico de historia
natural del Instituto, Salud 55, Habana (Cuba).
1902. Carié (Paul), (membre donateur), 40, boulevard de
Courcelles, à Paris (17e).
1909. C\ullery (Maurice), professeur de zoologie, évolution des
êtres organisés, à la Sorbonne, 6, rue Mizon, à Paris (1 5e;.
1895. Caustier (Eugène), professeur aux lycées Saint-Louis et
Henri IV, 1, boulevard Henri IV, à Paris (4e).
1903. Caziot (Commandant E), 24, quai Lunel, à Nice (Alpes-
Maritimes).
70. 1903. Certes (Mme Adrien), 53, rue de Varenne, à Paris (7e)
1907. Chabot (Fernand), ingénieur-architecte, à Ault (Somme).
1891. Chancel (Mmo Marius), (membre donateur), 226, boule-
vard Saint-Germain, à Paris (7°).
1906. Chappellier (A.), préparateur à la Sorbonne, 6, place
Saint-Michel, à Paris (6e).
1900. Cbarlot (Mlle Julie), 14, rue de l'Abbaye, à Paris (6e).
1907. Chatelet (C), greffier du Conseil de préfecture, 32, rue
du Vieux-Sextier, à Avignon (Vaucluse).
1904. Chatton (Edouard), préparateur à l'Institut Pasteur, 17,
rue Froidevaux, à Paris (15e).
1891 . Chaves (Francisco Alfonso), directeur de l'Observatoire
météorologique, à Ponta Delgada, île Sâo Miguel
(Açores).^
1884. Chevreux (Edouard), (membre donateur), route du Cap,
à Bône (Algérie).
1908. Chmielewski (Paul), 18, boulevard du Midi, au Raincy
(Seine).
MEMBRES TITULAIRES XI
80. 1907. Chopard (Lucien), 98, boulevard St-Germain, à Paris (58).
1888. Claybrooke (Jean de), 5, rue de Sontay, à Paris (16°).
1881. Clément (A. L.), {membre à vie), dessinateur. 34, rue
Lacépède, à Paris (5e).
1908. Coez (Edouard), licencié ès-sciences, à Bièvres (Seine-
et-Oise).
1887. Cosmovici (Dr Léon C.), professeur à l'Université, 11,
strada Codrescu, à Jassy (Roumanie).
1900 Coutière (Dr H.), professeur à l'Ecole supérieure de phar-
macie, 118, avenue d'Orléans, à Paris (14e).
1905. Cratunesco (Mme Eugénie), 1, avenue de l'Observatoire,
à Paris (6e).
1905. Darija (Mlle), 35, avenue Friedland, à Paris (8°).
1906. Dalmon (Dr Henri), à Bourron-Marlotte (Seine-et-Marne).
1904. Dambeza, {membre à vie), avocat au Conseil d'Etat et à
la Cour de cassation, 5, rue de Villersexel, à Paris (7e).
90. 1907 Danois (Edouard), licencié ès-sciences naturelles, à la
Faculté des sciences, à Rennes (Ule-et-Vilaine).
1902. Darboux (G.), {membre donateur), chargé de cours à la
Faculté des sciences, 53, boulevard Périer, à Mar-
seille (Bouches-du-Rhône).
1884. Dautzenberg (Philippe), {membre donateur), 209, rue de
l'Université, à Paris (7°).
1904. Davenport (Charles), director of the Station for expéri-
mental Evolution of Cold spring- Harbor, Carnegie
Institution, New York (États-Unis).
1898. Davenière (Dr Emile), licencié ès-sciences, 36, boulevard
de La Tour-Maubourg, à Paris (7e).
1904. Debreuil (Charles), avocat à la Cour d'appel, 25, rue de
Châteaudun, à Paris (9e).
1907. Debaut (Georges), 65, rue de la Boétie, à Paris (8e).
1887. Delage (Dr Yves), membre de l'Institut, professeur à
l'Université, à la Sorbonne, Paris (5e).
1876. Demaison (Louis), archiviste, 21, rue iNicolas-Perseval,
à Reims (Marne).
F Dollfus (Adrien), directeur de la Feuille des jeunes natu-
ralistes, 35, rue Pierre-Charron, à Paris (8e).
100. 1892. Dollfus (Gustave), [membre à vie), 45, rue de Chabrol, à
Paris (10e).
1897. Domet de Vorges (Albert), licencié ès-sciences naturelles,
4, avenue Thiers, à Compiègne (Oise).
XII MEMBRES TITULAIRES
1887. Dominici (Dr Henri), licencié ès-sciences, directeur du
Sanatorium du Mont des Oiseaux, à Hyères (Var).
1877. Douvillé (H.), membre de l'Institut, professeur à l'École
des mines, 207, boulevard Saint-Germain, à Paris (7e)
1902. Dubar, docteur en médecine, 73, rue Caumartin, à Paris(9n).
1876. Dubois (Alphonse), docteur ès-sciences, conservateur ho-
noraire du Musée royal d'histoire naturelle, 42, rue
des Chalets, à Uccle, Brabant (Belgique).
1897. Duboscq (Dr O.j, professeur de zoologie à la Faculté des
sciences, à Montpellier (Hérault).
1905. Dufubmier (Mmc A.), 4, rue de Stockholm, à Paris (8e).
1902. Dyé (Dr Léon), {membre à vie), 123, avenue de Wagram,
à Paris (17e).
1895. Ellingsen (Edvard), à Kragei0 (Norvège).
110. 1905. Fage (Louis), docteur ès-sciences, naturaliste du service
scientifique des pêches maritimes, au laboratoire Arago,
à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales).
19<>7 Falguière (Willie), instituteur public, 92, rue Gambetta,
à Suresne (Seine).
1908. Fauré-Fremiet (Emmanuel), artiste peintre, 154. boule-
vard Malesherbes, à Paris (8e).
1884. Faurot (Dr Lionel), {membre à vie), 7, rue Gustave-
Nadaud, à Paris (16e).
1902. Ferdinand Ier (S. M.), tsar de Bulgarie {membre donateur),
à Sophia (Bulgarie). Direction de la Bibliothèque royale.
1906. Fiault (Léon), 29, avenue de Ségur, à Paris (15e).
1893. Field (Dr Herbert Haviland), directeur du Concilium
bibliographicum, 9, Kollikerstrasse, à Zurich-Neu-
munster (Suisse).
1894. Fischer (Henri), docteur ès-sciences, maître de confé-
rences adjoint à la Faculté des sciences, 51, boule-
vard Saint-Michel, à Paris (5e).
1895. Focreu (Dr Henri), professeur à la Faculté de médecine,
34, rue Barthélemy-Delespaul, à Lille (Nord).
1 905 . Fouad (Izzet, Salah el Din), 104, r. de la Tour, à Paris (16e) .
120. 1897. Freyssinge (Louis), licencié ès-sciences, pharmacien, 9,
rue Parrot, à Paris (12°).
1890 Friedlander (R.) et fils, libraires, 1 1 . Carlstrasse, à Berlin
(Allemagne).
1909. Fuset-Tubia (José), docteur ès-sciences naturelles, assis-
tant du laboratoire de biologie maritime des Baléares,
professeur à l'Institut, à Palma de Mallorca (Espagne).
MEMBRES TITULAIRES XIII
1881. Gadeau de Kerville (Henri), {membre donateur), 7, rue
Dupont, à Rouen (Seine-Inférieure).
1880. Garman (Samuel), assistant of Ichthyology and Herpe-
tology at the Muséum of Comparative Zoology, at
Harvard Collège, à Cambridge, Mass. (Etats-Unis).
1909. Garreta (Léon), 29, avenue Rapp, à Paris (7e).
1895. Gaulle (Jules de), 41, rue de Vaugirard, à Paris (6e).
1879. Gazagnaire (Joseph), 29, rue Centrale, à Cannes (Alpes-
Maritimes).
1907 . Gedoelst (Louis), professeur à l'École vétérinaire, 23, rue
David Desvachez, à Bruxelles (Belgique).
1905. George (E.), étudiant, 91, bould Beaumarchais, àParis(3e).
130. 1899. Georgevitch (Jivoïn), professeur de zoologie et d'anatomie
comparée à l'Université, à Belgrade (Serbie).
1905. Germain (Louis), docteur ès-sciences, préparateur au
Muséum, 20, rue Coypel, à Paris (13e).
1906. Glandaz (Albert), greffier en chef au Tribunal de com-
merce, 87, rue Ampère, à Paris (17e).
1903. Goeldi (prof. Emile A.), {membre à vie), 36, Ziegler-
strasse, à Berne (Suisse).
1900. Grandidier (Guillaume), chargé de missions scientifiques
à Madagascar, 2, rue Gœthe, à Paris (16°).
1902. Gréban (membre à vie), notaire, rue de Paris, à Saint-
Germain-en-Laye (Seine-et-Oise).
1905. Grobon (D.), médecin-vétérinaire, 7, rue des Filles-
Saint-Thomas, à Paris (2e).
1891- Gruvel (A.), directeur des Pêcheries de la côte occi-
dentale d'Afrique, 4, rue Lagarde, à Paris (5e).
1900. Guérin-Ganivet (J.), docteur ès-sciences, naturaliste atta-
ché au service scientifique des pêches maritimes, au
laboratoire maritime, à Concarneau (Finistère).
1880. Guerxe (baron Jules de), [membre donateur), 6, rue de
Tournon, à Paris (6e).
140. 1895 . Guiart (Dr Jules), [membre donateur), docteur es -sciences^
professeur à la Faculté de médecine, 36, quai Gaille-
ton, à Lyon (Rhône).
1886. Guitel (Frédéric), professeur à la Faculté des sciences,
32, rue Gurvand, à Rennes (llle-et- Vilaine).
1908. Gulia (Dr Giovanni), Vittoria, à Gozo, île de Malte.
1894. Hakki (Ismaïl), professeur aux Ecoles vétérinaires mili-
taire et civile, vétérinaire de la Société des tramways,
à Constantinople (Turquie).
XIV MEMBRES TITULAIRES
1891. Hallez (Dr Paul), professeur à l'Université, à Lille
(Nord).
1900. Hamonville (baron d'), [membre à vie), au château de
Manonville, par Noviant-aux-Prés (Meurthe-et-Moselle).
1888. Hecht (Dr Emile), chef de travaux à la Faculté des
sciences, 10, rue de Lorraine, à Nancy (Meurthe-et-
Moselle).
1902. Henry, répétiteur à l'École vétérinaire, à Alfort (Seine).
1886. Hérouard (Edgard), [membre à vie), professeur adjoint
de zoologie à l'Université, sous-directeur du labora-
toire de Roscofif, 9, rue de l'Eperon, à Paris (6°).
1889. Hertwig (Dr Richard), professeur de zoologie à l'Univer-
sité, à Munich (Bavière).
150. 1900. Hérubel (Marcel), docteur ès-sciences, préparateur à la
Sorbonne, 112, rue Monge, à Paris (5°).
1896. Houssaye (Emile), pharmacien de l'Assistance publique,
5, rue de l'Épée-de-Bois, à Paris (58).
1906. Hugues (Albert), à Saint-Geniès-de-Malgoires (Gard).
1907. Iches (Lucien), [membre à vie), naturaliste du laboratoire
de zoologie appliquée du ministère de l'Agriculture,
57, Casilla Gorreo, à Buenos-Aires (République Argen-
tine).
1906. Innès-Bey (D1 Walter Francis), square Halem-Pacha,
Esbekieh, Le Gaire (Egypte).
1907. Institut Pasteur de Tunis (Tunisie).
1895. Jammes (D'L.), professeur adjoint à la Faculté des sciences,
6, place Saint-Sernin, à Toulouse (Haute-Garonne).
1893 Janet (Armand), {membre à vie), ancien ingénieur delà
marine, 29, rue des Volontaires, à Paris (15e).
1890. Janet (Charles), {membre à vie), docteur ès-sciences,
ingénieur des arts et manufactures, villa des Roses,
près Beauvais (Oise), et 57, rue Réaumur, à Paris (2e).
1906. Janin (Dr Francisque), à Kourousa (Guinée française).
160. 1907. Jauregui (Francisco), docteur en médecine, Aleina 654,
à Buenos-Aires (République Argentine).
1882. Joubin (D1' Louis), {membre à vie), professeur au Muséum
d'histoire naturelle, 21, rue de l'Odéon, à Paris (6e)
1882. Jourdan (Etienne), professeur adjoint à l'Université, 6,
rue de la Bibliothèque, à Marseille (Bouches-du-Rhône.
F Jousseaume (Dr Félix), {membre à vie), 29, rue de Ger-
govie, à Paris (14e).
MEMBRES TITULAIRES XV
1883. Joyeux-Laffuie (J.), député, professeur de zoologie à
l'Université de Caen, 70, rue d'Assas, à Paris (6e).
1900. Jumentié (Joseph), iuterne des hôpitaux, 126, rue de la
Pompe, à Paris (16°).
1879. Kempen (Ch. van), 12, rue Saint-Bertin, à Saint-Omer
(Pas-de-Calais).
1888. Kerhervé (J. B. de), licencié ès-sciences naturelles, à
Lacres, par Samer (Pas-de-Calais).
1S94. Koehler (R.), professeur à l'Université. 29, rue Guilloud,
à Lyon (Rhône).
1909. KollmAiNN (Max), agrégé, docteur ès-sciences, prépara-
teur de mammalogie au Muséum, 15, rue Nicolas-
Charlet, à Paris (15e).
170. 1893. Krasilshtshik (Isaac), 82, Leovskaïa, à Kishinev (Russie
méridionale).
1903. Krempf Armand), attaché à la Mission scientifique de
l'Indo-Chine, à Hanoï (Tonkin).
1881. Kunstler (Jules), professeur à l'Université, à Bordeaux,
(Gironde).
1904. La Barre (Gaston de), 10, rue de Phalsbourg, à Paris (17°).
1891. Labbé (Dr Alphonse), docteur ès-sciences, chargé de
cours à l'Ecole de médecine, à Nantes (Loire-Inférieure).
1905. Laboratoire de biologie générale de l'Université, à Dijon
(Côte-d'Or).
1903. Laboratoire de malacologie du Muséum d'histoire natu-
relle, 55, rue de BufFon, à Paris (5e).
1892. Laboratoire de zoologie de l'Université, à Nancy
(Meurthe-et-Moselle).
1904. Lamy (Edouard), préparateur de malacologie au Muséum,
47, rue Claude-Bernard, à. Paris (5e).
1904. Landrieu (Marcel), llbis, rue Lacépède, à Paris (5e), et
21, rue de la Ferme, au Havre (Seine-Inférieure).
180. 1883. Larcher (Dr Oscar), membre de la Société de biologie,
97, rue de Passy, à Paris (16*).
1907. Lavagna (Dr Joseph), directeur de l'Institut ophthalmo-
logique « Princesse Alice », à Monaco.
1909. Lavauden (Louis), garde général des Eaux et Forêts, à
Grenoble (Isère).
1906. Lebailly (Dr Charles), préparateur à la Faculté des
sciences, rue Pasteur à. Caen (Calvados).
1891 . Lignières (Joseph), professeur, directeur de l'Institut de
bactériologie, 582 Bartholome Mitre, à Buenos-Aires
(République Argentine).
XVI MEMBRES TITULAIRES
1908. Liouville (Dr Jacques), médecin de la mission Charcot,
35, rue de l'Université, à Paris (7e).
1897. Loyez (MUe Marie), docteur ès-sciences naturelles, profes-
seur à l'école Edgar-Quinet, 16, rue Cuvier, à Paris (5°).
1909. Lozano (Luis), docteur ès-sciences naturelles, conserva-
teur du Musée de Madrid (Espagne).
1889. Lucet (Adrien), assistant au Muséum, 2, rue des Arènes,
à Paris (5e).
1893. Maës (Albert), 164, rue du faubourg Saint-Honoré, à
Paris (8e).
190. 1889. Magalhàes (Dr Petro Severiano de), professeur à la
Faculté de médecine, rua do Ilospicio, 3a, à Rio-de-
Janeiro (Brésil).
1908. Magaud d'Aubusson, 18, rue Erlanger, à Paris (16e).
1886. Magne (Alexandre), (membre donateur), 37, rue Etienne-
Marcel, à Pantin (Seine).
1889. Magretti (Dr Paolo), Cassina Amata di PadernoDugnano,
linea Nord-Milano-Erba (Italie).
1897. Malaquin (Dr A.), professeur de zoologie générale et
appliquée à la Faculté des sciences, 159, rue Brûle-
Maison, à Lille (Nord).
1884. Man (Dr J.-G. de), à lerseke, Zélande (Hollande).
1905. Mantell (MUe Lydie), 30, rue Dutot, à Paris (15e).
1909. Maranne (Isidore), pharmacien-chimiste de l'Université
de Paris, à Allanche (Cantal).
1887. xMarchal (Paul), directeur de la Station entomologique de
Paris, professeur de zoologie à l'Institut national agro-
nomique, 30, rue des Toulouses, à Fontenay-aux-Roses
(Seine), l'hiver, 142, boul. Saint-Germain, à Paris (6e).
F Marmottais (Dr), 51, rue Desbordes-Valmore, à Paris (16e).
200. 1892. Martin (Dr Henri), 50, rue Singer, à Paris (16°).
1885. Martin (René), avocat, au Blanc (Indre).
1893. Maupas (E.), conservateur-administrateur de la Biblio-
thèque nationale, rue de FEtat-Major, à Alger (Algérie).
1890. Maurice (Charles), docteur ès-sciences, professeur à
l'Université catholique de Lille, à Attiches, par Pont-
à-Marcq (Nord).
1904. Meillassoux (Jean-Baptiste), (membre donateur) ,§, place
Malesherbes, à Paris (17e).
1907. Menegaux (A.), assistant au Muséum, 55, rue de Buflbu,
à Paris (5e).
MEMBRES TITULAIRES XVII
1906. Meraz (A.), professeur assistant à la Commission de
parasitologie agricole, 8, calle de Betlemitas, à
Mexico (Mexique).
1889. Minchin (Dr Edward A.), professeur A l'Université de
Londres, 53, Cheyne court, Royal Hospital road,
à Londres S.-W. (Angleterre).
1884. Moniez (Dr Romain), recteur de l'Université, à Caen
(Calvados).
1907. Montezumà (Mme). 19, boulevard de l'Ouest, au Vésinet
(Seine-et-Oise).
210. 1007. Montezumà., 19, boulevard de l'Ouest, au Vésinet (Seine-
et-Oise).
1895. Moore (J. Percy), instructor in Zoology, University of
Pennsylvania, à Philadelphie, Penn. (Etats-Unis).
1897. Moreau (Dr Louis), 11, place de la République, à Eper-
nay (Marne).
190o. Mottaz (Charles), 39, Grand-Pré, à Genève (Suisse).
1892. Moulé (Léon), vétérinaire délégué de Paris et du dépar-
tement de la Seine, 27, rue de la Tour, à Vitry-le-
François (Marne).
1892. Musée d'histoire naturelle, à Genève (Suisse).
1888. Musée zoologique, 43, Invalidenstrasse, à Berlin (Alle-
magne).
1892. Musée zoologique de l'Université,, à Pavie (Italie).
1883. Musée national zoologique, à Agram (Croatie).
1888. Nadar (Paul), photographe, 51, rue d'Anjou, à Paris (8e).
220. 1891. Nerville (Ferdinand de), ingénieur des télégraphes, 59,
rue de Ponthieu, à Paris (8e).
1891. Neumann (Georges), professeur à l'Ecole vétérinaire de
Toulouse (Haute-Garonne).
1896. Neveu-Lemaire (Dr Maurice), professeur agrégé à la
Faculté de médecine, à Lyon (Rhône).
1903. Nibelle (Maurice), {membre à vie), 9, rue des Aisins, à
Rouen (Seine-Inférieure).
1876. Oberthïïr (Charles), imprimeur, à Rennes (Ille-et-
Vilaine).
1892. Odin (Amédée), directeur du Laboratoire maritime, 23,
quai de Franqueville, aux Sables-d'Olonne (Vendée).
1896. Oka (Dr Asajiro), au laboratoire de zoologie de lu Koto-
Shihan Gakko (Ecole normale supérieure), à Tokyo
(Japon).
Bull, de la Soc. Zool. de Fr. 1910. xxxv — 2
XVIII MEMBRES TITULAIRES
1892. Olivier (Ernest), directeur de la Bévue scientifique du
Bourbo?inais, 10, cours de la Préfecture, à Moulins
(Allier).
1909. Ollivikr (Mme F. M.), 5, rue Littré, à Paris (6e).
1907. Osorio (Balthazar), a l'Ecole Polytechnique, à Lisbonne
(Portugal).
230. 1879. Oudri (général Emile), commandant de la 9° division
d'infanterie, à Orléans (Loiret) et à Durtal (Maine-et-
Loire).
1907. Paquet (René), 34, rue de Vaugirard, à Paris (G°).
1903. Paris (Paul), préparateur à la Faculté des sciences de
Dijon (Côte-d'Or).
1890. Paszlavszky (Joseph), professeur à la Réaliskola, II,
Szilfa-utcza, 7, à Budapest (Hongrie).
1902. Pas (comtesse du), [membre à vie), 97, rue Rovale, à
Lille (Nord).
1884. Pavlov (Mmc Marie), Dolgoroukovsky pereoulok, Uni-
versité, à Moscou (Russie).
1905. Peignon (Eugène), naturaliste, 22, rue des Grandes-
Écoles, à Poitiers (Vienne).
1 900 . Pellegrin (Dr Jacques), docteur ès-sciences, assistant d'her-
pétologie au Muséum d'histoire naturelle, 143, rue de
Rennes, à Paris (6e).
F Pennetier (Dr Georges), directeur du Musée d'histoire
naturelle, professeur à l'Ecole de médecine, impasse
de la Corderie, Mont Saint-Aignan -lès-Rouen (Seine-
Inférieure).
1905. Pérez (Charles), maître de conférences à la Faculté des
sciences, à Paris (5e).
240. 1887. Perrier (Edmond), membre de l'Institut, directeur du
Muséum d'histoire naturelle, 57, rue Guvier, à Paris (5e).
1909. Perroncito (Dr Aldo), assistant d'histologie à l'Univer-
sité de Pavie (Italie).
F Petit (Louis) aîné, [membre à vie), naturaliste, 21, rue
du Caire, à Paris (2e).
1897. Philippson (Maurice), docteur en sciences, 27, rue de la
Loi, à Bruxelles (Belgique).
1893. Pic (Maurice), {membre à vie), correspondant du Muséum,
Les Guerreaux, par Saint-Agnan (Saône-et-Lôire).
1879. Pierson (Henri), {membre à vie), à Brunoy (Seine-et-Oise).
1900. Pinoy (Dr Ernest), 30, rue de Versailles, à Ville-d'Avray
(Seine-et-Oise).
MEMBRES TITULAIRES XIX
1901. Pizon (Antoine), docteur ès-sciences naturelles, profes-
seur au lycée Janson de Sailly, 92, rue de la Pompe,
à Paris (16e).
1899. Plate (Dr Ludwig), professeur de zoologie à la Land-
wirtschaftliche Hochschule, 13, Beethovenstrasse, à
Berlin (Allemagne).
1879. Plateau (Félix), professeur à lUniversité, 148, chaussée
de Conrtrai, à Gand (Belgique).
250. 1902. Polaillon (Dr Henri), 229, boul. St-Germain, à Paris (7e).
1910. Policard (A.), chef de laboratoire à la Faculté de
médecine, 1, place Raspail, à Lyon (Rhône).
1896. Portier (Dr Paul), préparateur à la Sorhonne, à Paris (5e).
1905. Pruvot (Mme G.), 90, rue d'Assas, à Paris (6e).
1895. Pruvot (professeur Georges), directeur du laboratoire
Arago, à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), au
laboratoire d'auatomie comparée, à la Sorbonne, à
Paris (5°).
1907. Quidor (Auguste), licencié ès-sciences, 82, rue Michel-
Auge, à Paris (16e).
1893. RACOviTZA(Emile-G.), {membre à vie), docteur ès-sciences,
directeur adjoint du laboratoire Arago (Banyuls-sur-
Mer), 112, boulevard Raspail, à Paris (6°).
1882. Railliet (A.), membre de l'Académie de médecine,
professeur d'histoire naturelle à l'ucole vétérinaire, à
Alfort (Seine).
1906. Raspail (Mme Xavier), {membre donateur), à Gouvieux
(Oise).
260. 1886. Raspail (Xavier), a Gouvieux (Oise).
1896 Ratz (Dr Stephan von), professeur à l'Académie vétéri-
naire, 23, Rottenbiller uteza, à Budapest (Hongrie).
1879. Regnard (Dr Paul), membre de l'Académie de médecine,
directeur de l'Institut national agronomique, 224, bou-
levard Saint-Germain, à Paris (7e).
1905 Renesse de Duivenbode (G. de), 45, rue de Trévise, à
Paris (9e).
1895. Reyckaert (J.), agent de la Société zoologique. 85, rue
du Cherche-Midi, à Paris (6e).
1887. Richard (Dr Jules), directeur du Musée océanographique,
à Monaco.
1877. Richet (Dr Charles), professeur à l'Université, 15, rue
de l'Université, à Paris (7e).
X^ MEMBRES TITULAIRES
1903. Rivera (Dr Manuel P.), {membre à vie), professeur
d'entomologie appliquée à l'Institut agricole du Chili,
à Santiago (Chili).
1897. Robert (Adrien), chef de travaux à la Sorbonne, 18. rue
du Pré-aux-Clercs, à Paris (7°).
1893. Roche (Georges), docteur ès-sciences, 4, rue Dante, à
Paris (5e).
1901. Rodriguez (Jean), directeur du Musée national d'histoire
naturelle, à Guatemala (Amérique centrale).
270 1888. Rollinat (Raymond), {membre àvie), à Argenton (Indre).
F Rothschild (baron Edmond de), {membre donateur),
19, rue Laffîte, à Paris (9e).
1895. Roule (Dr Louis), professeur à l'Université, 10bls, rue
Périgord, à Toulouse (Haute-Garonne).
1906. Royer (Dr Maurice), secrétaire de la Société entomolo-
gique de France, 11, rue du Four, à Paris (6e).
1895. Saint-Joseph (baron de), 23, rue François Ie,\, à Paris (8e).
1897. SAND(René), 45, rue desMinimes, à Bruxelles (Belgique).
1884. Sauvage (D' Emile), directeur honoraire de la Station
aquicole, directeur du Musée, 39bis, rue Tour-Notre-
Dame, à Boulogue-sur-Mer (Pas-de-Calais).
1881. Sauvinet (L. -Ernest), assistant au Muséum, 57, rue
Cuvier, à Paris (5°).
1902. Savouré (P.), licencié ès-sciences naturelles, chargé de
travaux pratiques à la Faculté des sciences, 7bis, im-
passe Sainte-Marie, à Rennes (Ille-et- Vilaine).
1909. Schlegel (Christian), naturaliste du service des pêches
maritimes, au laboratoire de Roscoff (Finistère).
280. 1909. Schlesch (lians), Strandagervey, 24, à Hellerûp (Dane-
mark).
1896. Scott (Thomas), naturalist to the Fishery Board for
Scotland, 280, Victoria Road, à Aberdeen (Ecosse).
1889. Secoues (François), pharmacien de lre classe, 14, rue
Saint-Louis-en-1'Ile, à Paris (4e).
1902 Semichon (Louis), {membre à vie), docteur ès-sciences,
stagiaire au Muséum, 27, rue Cassette, à Paris (6e).
1876. Shelley (captain George-Ernest), {membre à vie), 7,
Princes street, Cavendish square, W., à Londres
(Angleterre).
F Simon (Eugène), correspondant de l'Académie des sciences,
16, villa Saïd, à Paris (16e).
MEMBRES TITULAIRES XXI
1 90 1 . Simroth (Heinrich), professeur à l'Université, à Leipzig
(Allemagne).
1905. Sirvent (Louis), [membre à vie), assistant au Musée
océanographique, à Monaco.
1899. Société scientifique et Station zoologiqle d'Arcachon, à
Arcachon (Gironde).
1893. Spengel (Dr J. W.), professeur à l'Université, à Giessen
(Allemagne).
290. 1877. Steindachner (Hofrath Dr Frautz), Director des natur-
historischen Hofmuseums, I, Burgring, 7, à Vienne
(Autriche).
1891. Stiles (Dr' Charles Wardell), Chief of the Division
of Zoology, llygienic Laboratory, Public Health and
Marine Hospital service of the U. S., à Washington,
D. C. (États-Unis).
1889. Studer (Dr Th.), professeur à l'Université, directeur du
Musée, rue des Orphelins, à Berne (Suisse).
1895. Suard (Dr Paul), ex-professeur aux Ecoles de médecine
navale, U, boulevard Félix-Marlin, à Saint-Raphaël
(Var).
1898. Ternier (Louis), avocat à Ronfleur (Calvados).
1893. Théry (André), à Saint -Charles, près Philippeville
(Algérie).
1896. Thézée (Dr Henri), professeur à l'École de médecine,
70, rue de Paris, à Angers (Maine-et-Loire).
1895. Thompson (\V. d'Arcy), professeur à l'Université, direc-
teur du Musée zoologique, à Dundee (Ecosse).
1901. ïillier (J.-B.), chef du transit du canal de Suez, 83,
rue de la Tour, à Paris (16e).
1887. Topsent (Emile), docteur es sciences, chargé de cours
de zoologie à la Faculté des sciences, correspondant
du Muséum, 40, rue Saint-Gabriel, à Caen (Calvados).
300. 1878. Tourneux (Dr Frédéric), professeur à l'Université, 14, rue
Sainte-Philomène, à Toulouse (Haute-Garonne).
1894. Traizet (Emile), (membre à vie), 7, avenue Laumière, à
Paris (19e).
1887 Trapet, pharmacien-major de lro classe en retraite,
8, rue Valentin-Haûy, à Paris (15e).
1895. Trouessart (Dr Edouard), professeur au Muséum d'his-
toire naturelle, 61, rue Cuvier, à Paris (5 .
1889. Vaillant (Léon), professeur au Muséum d'histoire
naturelle, 8, rue de Buffon, à Paris (5e).
XXII MEMBRES TITULAIRES
1903. Yaney (C), maitre de conférences à la Faculté des
sciences, à Lyon (Rhône).
1894. Vaudremer (Dr Albert), 50, rue Centrale, à Cannes
(Alpes-Maritimes).
1898. Versluys (Dr J.), Privat-Dozent à l'Université, à Giessen,
Hesse (Allemagne).
1876. Vian (Paul), notaire, 9, rue Boissy-d'Anglas, à Paris (8e).
1894. Yignal (Louis), 28, avenue Duquesne, à Paris (7e).
310. 1888. Yilledieux (Léopold), à Saint-Didier-en-Rollat (Allier).
1902. Yisard de Bocarmé (comte Ferdinand), 6, rue du Grand-
gagnage, à Namur (Belgique).
1903. Ylès (Fred), licencié ès-sciences, préparateur du labo-
ratoire de Roscoff (Finistère), 46, boulevard Saint-
Michel, à Paris (5°).
1905. Ylès (Mmc Nela), 46, boulevard Saint- Michel, à Paris (5e).
1897. Ward (Henry-Baldwin), professeur à l'Université de
INebraska, à Lincoln. Nebr. (Etats-Unis).
1880. Wavrin (marquis de), 3, place du Comte de Flandres, à
Gand (Belgique).
1880. Weber (Dr Max), professeur à l'Université, à Eerbeek
(Hollande).
1909. Weinberg (Dr M.), assistant à l'Institut Pasteur, 25, rue
Dutot, à Paris (15e).
1890. Wierzejsky. professeur à l'Université, 6, Wielopole, à
Cracovie (Autriche).
1906. Wintrebert (Dr), (membre à vie), préparateur d'anato-
mie comparée à la Faculté des sciences, à Paris (5e).
320. 1900. Yung (Dr Emile), professeur de zoologie à l'Université,
6, boulevard Helvétique, à Genève (Suisse).
1909. Zulueta (Antonio de), 32, rue des Ecoles, à Paris (5e).
LISTE GÉOGRAPHIQUE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ
MH = Membre honoraire ; MC = Membre correspondant.
FRANCE (231)
Olivier
Villedieux
ALLIBR (2)
Alpes-Maritimes (3)
Caziot
Gazagnaire
Vaudremer
Basses-Pyrénées (1)
Brôlemann
Bouchbs-du-Rhône (3)
Aubert
Darboux
Jour dan
Calvados (5)
Anfrie
Lebailly
Moniez
Ternier
Topsent
Maranne
Cantal (L
Côtb-d'Or (2)
Dijon (Laboratoire de biologie)
Paris
Finistère (2)
Guérin-Ganivet
Schlegel
Gard (1)
Hugues
Gironde (3)
Arcachon (Station*
Boutan
Kùnstler
Haute-Garonne (4)
J animes
Neumann
Roule
Tourneux
André
Haute-Saône (1)
HÉRAULT (2)
Calvet
Duboscq
Illk-bt- Vilaine (7)
Bondouy
Bordas
Danois
Guitel
Oberthiir
Rennes (Bibliothèque)
Savouré
Indre (2)
Martin (R.)
Rollinat
Isère (2)
Grenoble (Bibliothèque)
Lavauden
Loire-Inférieure (2)
Bureau
Labbé
Oudri
Thézée
Maine-et-Loire (2)
Marne (3)
Deinaison
Moreau
Moulé
XXIV
LISTE GEOGRAPHIQUE
MRURTHB-ET-MOSELLB (3)
Hamonville (Baron d')
Hecht
Nancy (Laboratoire de zoologie)
NORD <J)
Barrois (Th.)
Brabant
Fockeu
Hallez
Malaquin
Maurice
Pas (Comtesse du)
Oise (4)
Domet de Vorges
Janet (Ch.)
Raspail (Mmt;)
Raspail
Pas-de-Calais (3)
Kempen (Ch. van).
Kerhervé (L.-B. de)
Sauvage
Puy-de-Dôme (-2)
Blatin
Bruyant.
Pyrénées-Orientales (1)
Fage
KhÔne (6)
Bonnet (Amédée)
Guiart
Ko'hler
Neveu-Leinaire
Policard.
Vaney
Saône-et-Loire (I)
Pic
Sarthe (1)
Beauclair
Seine (7)
Bonnet (Alexandre)
Chmielewski
Falguière
Henry
Magne
Marchai
Railliet
Paris (130)
Abric
Aconin
Alluaud
Anthony
Arenberg (Prince d')
Artault
Bavay
Beauchamp (P. de>
Benoit-Bazille
Best
Bignon (M11")
Biiliard
Blaizot
Blanc (E.)
Blanc (G.)
Blanchard (Mme)
Blanchard
Blln
Blonay (R. de)
Bonaparte (Prince R.)
Boubée
Bouvier
Brumpt
Carié
Caullery
Caustier
Certes (Mme)
Chancel(M'ne)
Chappellier
Chariot (M11")
Chatton
Chopard
Claybrooke (J. de)
Clément
Coutière
Cratunesco (Mme)
Dabija (M»e)
Dambeza
Dautzenberg
Davenière
Debreuil
Dehaut
Delage
Dollfus (A.)
Dollfus (G.)
Douvillé
Dubar
Dufurmier [Mmc)
Dyé
Fauré-Fremiet
LISTE GÉOGRAPHIQUE
XXV
Faurot
Pruvot (M10*)
Fiault
Pruvot
Fischer
Quidor
Fouad
Racovitza
Freyssii ge
Regnard
Garreta
Henesse de Duivenbode
Gaulle ^J. de)
Reyckaert
George
Richet
Germain
Robert
Glandaz
Roche
Grandidier
Rothschild (Baron Edm. de)
Grobon
Royer
Gruvel
Saint- Joseph (Baron de)
Guerne (Baron J. de)
Sauvinet
Hérouard
Secques
Ilérubel
Semichon
Houssaye
Simon
Janet (A.)
Tillier
Joubin
Traizet
Jousseaume
Trapet
Joyeux-Latfuie
Trouessart
Jumentié
Vaillant
Kollmann
Vian
La Barre (G. de)
Vignal
Lamy
Vlès (M^o)
Laudrieu
VI es
Larcher
Weinberg
Laveran, M. H.
Wintrebert
Liou ville
Zulueta (A. de;
Loyez (âl"e)
Lucet
Maës
Seine rt-Marne (
Magaud-d'Aubusson
Dalmon
Mantell (M"«
iUarmottan
Seine- et -Oise (6)
Martin (D' H
Goëz
Meillassoux
Gréban
Menegaux
Montezuma Mmr
Muséum (Bibliothèque)
Montezuma
Muséum (Lab. de malacologie)
Pierson
Nadar
Nerville (F. de)
Pinoy
Ollivier (M"«)
Seine-Inférieure (
Paquet
Pellegrin
Pérez
Benoist (R.)
Gadeau de Kerville
Perrier
Nibelle
Petit
Penuetier
Pizon
Polaillou
Somme t
Portier
Chabot
XXVI
LISTE GÉOGRAPHIQUE
Dominici
Suard
Chatelet
Fabre, M. H.
Var (2)
VAUCLUSE (2)
Odin
l'eignon
Vendée (1)
Vienne (1)
ÉTRANGER (112)
EUROPE (84)
Allemagne (111
Berlin (Musée;
Blasius (W.)
Friedlànder
Hertwig (R.)
Leipzig (Bibliothèque de l'Université)
Plate
Schulze, M. H.
Simroth
Spengel
Strebel, M.C.
Versluys
Alsace (2)
Bourgeois
Strasbourg (Bibliothèque)
Autriche-Hongrie (8)
Agram (Musée)
Fritch, M.C.
Graff(L. von), M. H.
Paszlavszky
Ratz (S. von)
Steindachner
Vejdovsky, M.C.
Wierzejsky
Belgique (10)
Bambeke (Ch. van)
Beneden (Ed. van), M. H.
Dubois (Alph.)
Francotte, M. H.
Gedoelst
Philippson
Plateau
Sand
Visard de Bocarmé (Comte)
Wavrin (Marquis de)
Bulgarie (1)
Ferdinand 1er (S. M.)
Danemark (1)
Schlesch
Espagne (4)
Bolivar
Buen (Odôn de)
Fuset-Tubia
Lozano
Grande-Bretagne (6)
Gunther, M. H.
Minchin
Murray (Sir John), M. H.
Scott
Shelley
Thompson (W. d'Arcy)
LISTE GÉOGRAPHIQUE
XXVII
Hollande (3)
1
Portugal (1)
Horst, M.C.
Osorio
Hubrecht, M. H.
Man (J. G. Je)
Roumanie (3)
Sluiter, M.C.
Borcea
Weber
Bujor
Cosmovici
Italie (9)
Arrigoni degli Oddi (Comte)
Russie (4)
Brian
Branicki (comte X . |
Camerano
Krasilshtshik
Florence (Bibliothèque des
Inverté-
Pavlov (Mme M.)
brés)
Zograf, M. H.
Grassi, M. H.
Magretti
Serbie (1)
Pavie (Musée)
Perroncito (A.)
Georgevitch (J.)
Perroncito (E.), M. H.
Suisse (9)
Malte (1)
Bedot
Gulia
Berner
Monaco (4)
Bugnion
Field
Albert Ier (S. A. S. le Prince)
Genève (Musée)
Lavagna
Gœldi
Richard
Mottaz
Sirvent
Studer
Norvège (3)
Yung
Ellingsen
Nanseu, M. H.
Turquie (1)
Sars, M. H.
ÂS1
Hakki
E (3)
Japon (2)
Oka
Ijima, M. H.
TONK1N (1)
Krenipi
AFRIQUE (7)
EGYPTE (1)
Innès-Bey
Guinée Française (1)
Janin
Tunisie (1)
Institut Pasteur de Tunis
Chaves
Acores (Iles) (1)
Algérie (3)
Chevreux
Maupas
Théry
XXVIII
LISÏ'K GEOGRAPHIQUE
AMERIQUE (18)
Brésil (l)
Guatemala (1)
Magalhâes
Rodriguez
Chili (1)
Honduras (I)
Rivera
Bellard
Caiiizares
Cuba. (1)
Mexique (2)
Dugès, M. G.
États-Unis
(7)
Meraz
Agassiz, M. H.
Galkins
Davenport
Garman
Moore
Stiles
République Argentine (3)
Iches
Jauregui
Lignières
Uruguay (1)
Ward
Arechavaleta
MEMBRES DÉCÉDÉS PENDANT L'ANNÉE 1909
F. Besnard (Auguste)
1884. Binot (Dr Jean)
1892. Buchet (Gaston)
1894. Lilljeborg (W.), M. il
1886. Nabias (B. de)
1880. Rotrou (Alexandre)
F. Sharpe (R. Bowdler),
M. H.
Commission de Publication pour 1910
Le Président, le Trésorier, le Secrétaire général ;
MM. Blanchard, Clément, Dautzenberg, Jourin, Hérouard,
Trouessart.
Commission de la Bibliothèque pour 1910
Le Président, le Trésorier, l' Archiviste-bibliothécaire, le
Secrétaire général ;
MM. Bavay, le prince Roland Bonaparte, G. Dollfus, Simon.
XXIX
BUREAU ET CONSEIL POUR L'ANNÉE 1910
Membres du Bureau :
Président H. Coutière.
,r n ,-, , \ R. KOEHLER.
vice-Présidents , t ,-.
'. A. Dollfus.
Secrétaire général A. Robert.
Secrétaires ( P. de Beauchamp.
/ E. Chatton.
Trésorier L. Vignal.
A rchiviste-Bibliothécaire . ... L. Germain.
Membres du Conseil
1° Membres donateurs
Albert Ier (S. A. S. le prince)
de Monaco.
Blanchard (Mme R.)
Blanchard (professeur R ).
Bonaparte (prince R.)
Bonnet (A.).
Brian (A).
Buen (Odôn de).
Carié (P.).
Chancel (Mmc M.)-
Chevreux (Ed.).
Darboux (G.).
Dautzenberg (Ph.).
Ferdinand Ier (S. M.), tsar de
Bulgarie.
Gadeau de Kerville (H.).
GUERNE (Bon J. DE).
GU1ART (Dr J.).
Magne (A.).
Meillassoux (J.-B.).
Raspail (Mmo X.).
Rothschild (Bon E. de).
ç2' Anciens Présidents
L. JOUBIN.
X. Raspail.
G. Pruvot.
P. Marchal.
C Alluaud.
3° Membres élus
A. Bava y.
Pour 1908 H' J*™»™-
I J. KUNSTLER.
E. Trouessart.
Pour 1909
A.-L. Clément
Y. Delage.
F. JOUSSEAUME.
J. Richard.
H. Dou VILLE.
Pour 1910 \ f Hérouard.
j L. Petit.
L. Vaillant.
XXX
PRÉSIDENTS D'HONNEUR
1894. A. Milne-Edwards, membre de l'Institut, directeur du
Muséum d'histoire naturelle de Paris (f 1900).
1895. A. Gaudry, membre de l'Institut, professeur au Muséum
d'histoire naturelle de Paris (f 1908).
1896. A. Saratier, professeur à l'Université de Montpellier,
directeur et fondateur de la Station zoologique de Cette.
1897. C. van Bamreke, professeur à l'Université de Gand.
1898. L. Bureau, directeur du Musée d'histoire naturelle de
Nantes.
1899. V. Fatio, de Genève (f 1906).
1900. P. Hallez, professeur à l'Université de Lille.
1901. R. Blancrard, membre de l'Académie de médecine,
professeur à l'Université de Paris.
1902. E. Perroncito, professeur à l'Université de Turin.
1903. Ch. Schlumrerger, ingénieur en chef de la Marine en
retraite (f 1905).
1904. E Yung, professeur à l'Université de Genève.
1905. G. Neumann, professeur à l'Université de Toulouse.
1906. R.-B. Sharpe, directeur de la section ornithologique au
Musée d'histoire naturelle de Londres (f 1909).
1907. L. Vaillant, professeur au Muséum d'histoire naturelle
de Paris.
1908 Odôn de Buen, professeur à l'Université de Barcelone.
1909. A. Railliet, professeur à l'heole d'AIfort.
LISTE DES PRÉSIDENTS
DEPUIS LA FONDATION DE LA SOCIETE
1876.
1877.
1878.
1879.
1880.
1881.
1882.
1883.
1884.
1885.
1886.
1887.
1888.
1889.
1890.
1891.
1892.
.1.
Vian (f 1904).
1893.
E.
Oustalet (f 1905)
J.
Vian (f 1904).
1894.
L.
Faurot.
F.
JOUSSEAUME.
1895.
L.
Vaillant.
E.
Perrier.
1896.
E.
-L. Bouvier.
J.
Vian (f 1904).
1897.
R.
Moniez.
F.
Lataste.
1898.
H.
Filhol (f 1902).
E.
Simon.
1899.
Cl]
. Janet.
J.
KÙNCKEL d'HeRCULAIS.
1900.
Y.
Delage.
M.
Cbaper (f 1896).
1901.
E.
Trouessart.
P.
Mégnin (f 1905).
1902.
A.
Bavay.
P.
Fischer (f 1893).
1903.
J.
Richard.
A.
Certes (f 1903).
1904.
F.
Hérouard.
J.
Jullien (f 1897).
1905
L.
Jourin.
G.
Cotteau (f 1894).
1906.
X.
Raspail.
J.
de Guerne.
1907.
G.
Pruvot.
A.
Railliet.
1908.
P.
Marchal.
Ph. Dautzenrerg.
1909.
C.
Alluaud.
PRIX MAlOTAU DE GUERNE, Frédéric Jules
(à décerner en 1910)
RÈGLEMENT
Article premier.
La valeur du prix est de 600 francs. Il est triennal et décerné
par la Société dans son Assemblée générale annuelle. Il est
attribué successivement:
1° A des travaux de zoologie portant sur les animaux ter-
restres ou d'eau douce ;
2° A un voyageur français, qui aura contribué à augmenter
nos connaissances sur la zoologie, particulièrement sur celle
des colonies françaises. Il devra s'être tenu en rapports avec la
Société au cours de ses voyages et avoir rapporté des collec-
tions zoologiques destinées aux Musées ou établissements
publics français :
3° A des travaux de zoologie concernant les animaux marins.
Article 2.
Sont appelés à concourir pour les deux prix spécifiés aux
paragraphes 1 et 3 de l'article précédent, tous les zoologistes,
à quelque nationalité qu'ils appartiennent. Ils devront avoir
moins de 35 ans au 1C1 janvier de Tannée dans laquelle le prix
sera décerné.
Article 3.
Les travaux présentés au concours seront manuscrits ou
imprimés ; ils devront être en langue française. Les travaux
imprimés devront avoir été publiés à une date postérieure au
précédent concours de même nature. Les thèses, dissertations
inaugurales et travaux analogues destinés à obtenir un titre
universitaire ou professionnel sont exclus du concours.
Article 4.
Les travaux présentés ou proposés seront examinés par une
Commission composée de trois membres désignés par le Conseil.
En outre des trois membres élus, M. le baron Jules de Guerne,
fondateur du prix, le Président et le Secrétaire général de la
Société font partie de droit de cette Commission. Ses pouvoirs
expirent avec l'Assemblée générale dans laquelle elle aura
déposé son rapport. Elle statue en dernier ressort.
XXXII PRIX MUOTAll DE CUERNE.
Article 5.
Dans le cas où la Commission déciderait de ne pas décerner
le prix, les 600 francs seront reportés à une période triennale
ultérieure et ajoutés de préférence au prix à décerner à un
voyageur. Dans ce cas, le prix pourra être divisé.
Article 6.
Les travaux présentés au concours devront être adressés à la
Société avant le 1er novembre qui précédera l'échéance du
prix ; la Commission compétente sera nommée par le Conseil
dans la première quinzaine de novembre.
Article 7.
La Société se réserve le droit de faire paraître dans ses
Mémoires les travaux manuscrits qui seraient couronnés. Dans
le cas où cette publication aurait lieu, l'auteur ne pourrait
publier ailleurs son travail sans l'assentiment de la Société.
Article 8.
Le prix sera décerné pour la première fois par la Société
zoologique de France dans son Assemblée générale de 1901.
Il le sera ensuite tous les trois ans à la même époque.
Article 9.
En cas de désaccord au sein de la Commission sur l'inter-
prétation du présent règlement, il en est référé au Conseil,
qui statue en dernier ressort.
Liste des Lauréats.
1901. Raymond Rollinat, à Argenton (Indre).
1904. Dr Emile Brumpt, préparateur à la Faculté de médecine
de Paris.
1907. Dr J. Versluys, à Amsterdam (Hollande).
Eu 1910, le prix sera décerné pour des travaux de zoologie
terrestre ou d'eau douce. Envoyer les travaux avant le 1er no-
vembre 1909.
PRIX François SECQUES
(à décerner en 1910)
REGLEM ENT
La rente de cette somme est de 6 francs par an. Elle servira
à Tachât d'une médaille qui sera décernée tous les trois ans à
la séance générale.
Elle pourra être attribuée à un fonctionnaire colonial (civil
ou militaire) qui aura le plus contribué à augmenter nos con-
naissances zoologiques par l'envoi de collections, soit à la Société
zoologique de France, soit au Muséum d'histoire naturelle de
Paris, à condition que l'étude de ces collections ait été publiée
dans les recueils de la Société zoologique de France.
Pourront aussi concourir les instituteurs qui auront adressé
à notre Société les notes les plus importantes sur la faune
française.
Vu la modicité de la récompense, les voyageurs naturalistes
à l'étranger, pourvus de missions officielles, à qui d'autres
Compagnies réservent de plus grands avantages, ne pourront
prendre part au Concours.
Liste des Lauréats.
1904. Louis Blaise, lieutenant de vaisseau.
1907. Louis Germain, licencié ès-sciences.
Bull, de la Soc. Zool. de Fr., 1910. xxxv — U
PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES
Séance du 11 Janvier 1910.
PHÉSIDENCE DE MM. ALLUAUD ET COUTIÈRE.
Mme F. Ollivier écrit : « Le grand ornithologiste R. Bowd-
ler Sharpe L. L. D. est mort. Je ne me croirais nullement
autorisée à rendre hommage à cet illustre savant, s'il ne m'avait
été donné de le voir et de converser avec lui, il y a quelques
mois à peine, dans son domaine scientifique du South-Ken-
sington, entouré des plus grands ornithologistes des Unions et
des Clubs, qui venaient à ses lumières, et assisté de son fidèle
M. Chubb, si complaisant et la courtoisie faite homme. L'Eter-
nité lui est ouverte et la renommée universelle couronne une
carrière si remplie, si utile et si féconde. L'Angleterre perd
un de ses plus illustres enfants et la science une de ses
gloires. »
Le Dr G. Gulia adresse le numéro du 30 décembre 1909 du
journal « Malta », où il a fait paraître un article nécrologique
sur le professeur Giglioli.
La direction des « Annales de l'Institut océanographique »,
fondées par S. A. S. le prince de Monaco, adresse les premiers
fascicules de cette belle publication, dont elle se propose de
faire gracieusement le service à la Société. M. le Président
adresse les plus vifs remercîments à la direction des Annales
et à leur généreux fondateur.
Avant de quitter le fauteuil présidentiel, M. C. Alluaud pro-
nonce l'allocution suivante :
« Mes chers collègues,
Parvenu au terme des hautes fonctions que vous avez bien
voulu me confier en 1909, je ne vous cacherai pas ma joie et
2 SÉANCE DU 11 JANVIER 1910
mon orgueil de voir désormais mon nom figurer sur la liste
des anciens présidents de notre Société où je me trouve en
fort honorable compagnie.
Ma présidence a été courte — je dirai même « courte et
bonne » ; courte en raison de mon éloignement de France
pendant les cinq premiers mois de l'année ; bonne, à cause de
la sympathique bienveillance dont je me suis toujours senti
entouré ici et grâce aussi à l'intarissable obligeance de notre
zélé secrétaire général. Vous me permettrez d'associer à
M. Robert, dans notre juste reconnaissance, les noms de notre
sympathique trésorier, M. Vignal, et de notre bibliothécaire
M. Germain, qui s'est chargé, avec le dévouement modeste et
persévérant qui le caractérise, de la tache ingrate, mais si utile,
du rangement de notre bibliothèque et de son catalogue.
L'année 1909, hélas, n'a pas fait exception à la règle fatale
qui veut que tous les ans nous ayons à déplorer la disparition
d'éminents collègues et d'excellents amis, dont voici la trop
longue liste :
Auguste Besnard, conducteur des Ponts et Chaussées au
Mans, membre fondateur de notre Société.
W. Lilltkborg, l'émment professeur de TCuiversité d'Upsal,
un de nos membres honoraires (I), de même que le suivant.
Bowdler Sharpe, le célèbre ornithologiste du British Muséum,
qui avait été en 1906 notre président d'honneur.
Le D1 B. de Nabias, professeur à la Faculté de médecine de
Bordeaux.
Alexandre Rotrou, pharmacien à La Ferté-Bcrnard.
Gaston Buchet, l'excellent voyageur naturaliste, mort à
Tanger au cours d'une expédition zoologique.
Et pour terminer cette triste nomenclature, permettez-moi
de faire une mention spéciale de l'un des derniers en date de
nos disparus : le Dr Jean Binot, chef de laboratoire à l'Institut
Pasteur, qui comptait ici tant de véritables amis, et dont la fin
si soudaine, en pleine force de l'âge et au milieu de tous les
éléments de bonheur qui l'entouraient, nous a frappés de stu-
peur.
(1) La Société n'a pas été avisée du décès du professeur Lilljeborg, survenu
en 1908.
séance du 11 janvier 1910 3
Messieurs,
En 1909, la vie de noire Société n'a pas été moins active
que par le passé. Je ne referai pas rénumération des nombreux
travaux publiés dans l'année, je signalerai toutefois la très
importante publication sur Lamarck, due à l'érudition de notre
collègue M. Marcel Landrieu. Le monument élevé au Muséum
d'histoire naturelle à la gloire du fondateur de la doctrine
transformiste a été l'occasion de distinctions honorifiques dont,
à juste titre, notre Société a largement profité.
M. Edmond Perrier, le sympathique directeur du Muséum,
a été promu commandeur; MM. les professeurs Yves Delage
et Léon Vaillant, officiers; et MM. Koehler, Maupas, Roule et
Trouessart, chevaliers de la Légion d'honneur. M. Pellegrin a
reçu la rosette d'officier de l'Instruction publique, et MM. Ger-
main, Groron et Petit ont été faits chevaliers du Mérite agri-
cole.
Nous devons en outre renouveler nos félicitations à MM. Caul-
lery, nommé professeur à la Sorbonne; Hérouard, profes-
seur adjoint, et Ch. Pérez, maitre de conférences, également
à la Sorbonne; à M. Boutan, chargé de cours à la Faculté des
sciences de Bordeaux; enfin, à M. Eugène Simon, président
honoraire de la Société entomologique de France, nommé
membre correspondant de l'Académie des sciences.
Les échos du succès qu'a obtenu notre collègue le baron
J. de Guerne, voyageur naturaliste aussi émérite que brillant
conférencier, sont parvenus jusqu'à moi au cœur de l'Afrique,
de même que les félicitations du jury pour la thèse remarquable
de M. de Beauchamp, dont l'assidui-té au travail n'a d'égale que
celle dont il fait preuve à nos réunions.
Et maintenant, Messieurs, il ne me reste plus que l'agréable
devoir de céder mon fauteuil à notre éminent ami le Dr Cou-
tière. Je ne me doutais guère, à l'époque déjà lointaine où,
au cours d'une trop courte escale, j'allais le réveiller à trois
heures du matin, au « Grand Hôtel » de Djibouti vavec mille
précautions, de peur d'éveiller le Dr Jousseaume qui reposait à
coté), pour aller ensemble faire à pied l'excursion du jardin
d'Ambouli — je ne me doutais guère que les deux fervents
des tropiques que nous sommes se succéderaient un jour à cette
place d'honneur.
Le brûlant soleil de la baie de ïadjoura, sous lequel 1<'
Dr Coutière a fait de si intéressantes recherches, n'éclairera
4 SÉANCE DU 11 JANVIER 1910
pas cette scène; mais il sera remplacé ici par notre plus cha-
leureuse sympathie et nos vœux les plus ardents pour son
année de présidence. »
M. 11. Coutière, président pour 1910, prend place au fauteuil
et prononce le discours suivant :
« Messieurs,
Ce n'est pas sans une émotion réelle que je prends la place
de notre distingué président. Ma tâche m'est facilitée par votre
bienveillance, dans un milieu où la courtoisie est comme la
sœur ainée du travail, et aussi par l'honneur que j'ai eu de
présider déjà, au cours de Tannée écoulée, quelques-unes de
nos séances. M. Alluaud, en eflet, n'est pas un président de
tout repos. Alors qu'on croit le trouver à cette place, on est
exposé à s'entendre dire qu'il vient de nous quitter pour quelque
sourcilleux Ruvvenzori. Il revient souriant et tranquille, nous
racontant : « J'étais là, telle chose m'avint, » mais oubliant de
nous dire de combien de journées et de nuits anxieuses, de
responsabilités et de périls il a payé ce pèlerinage passionné,
vers la solitude et l'inconnu de la « darkest Africa » et autres
lieux.
Je ne saurais trop vivement m'associer aux éloges qu'adressait
notre président au secrétaire général, au bibliothécaire, au tré-
sorier de notre Société. Toutes nos richesse» sont en bonnes
mains, et nous ne commençons pas sous de mauvais auspices l'an-
née 1910. Peut-être notre vigilant trésorier voudrait-il nous faire
entendre la note discordante des dépenses accrues. Nous lui
répondrons que notre budget a d'illustres exemples, et, qu'en-
suite, notre prodigalité accidentelle a bien une excuse, puis-
qu'elle est pour Lamarck. Nous lui avons élevé notre monument
aussi, par la plume érudite de M. Landrieu, et chacun sait
qu'en bronze ou en papier, ces choses- là sont hors de prix.
Sa statue à peine refroidie m'encourage à me risquer sur le
sujet tyrannique qu'elle symbolise, l'origine et la diversité des
êtres vivants. De quelque point que l'on essaie de pénétrer
dans le domaine des sciences naturelles, toujours on l'aperçoit
« qui fume à l'horizon ».
11 est toujours curieux, mais très humain, de voir un homme
honoré, de par le consentement universel, pour ce qui l'avait
fait honnir cinquante ans plus tôt. Ces lentes oscillations du
SÉANCE DU 11 JANVIER 1910 5
pendule, celte contrainte pour le vieil esclave aveuglé de
repasser périodiquement aux mêmes points, seraient des argu-
ments pour ceux qui veulent une loi de constance intellectuelle
et affirment, non sans vraisemblance, que le Primate qui
découvrit le secret du feu, mis en balance avec les plus auda-
cieux génies actuels, ne serait pas trouvé trop léger.
Il n'y a pas d'idées méconnues, il n'y a que des idées pré-
maturées, qui ont payé de l'obscurité dédaigneuse et cruelle
la méconnaissance de l'heure propice. Les esprits endossent
les idées reçues comme un vêtement ample et commode qu'on ne
quitte qu'à regret. Ils se meuvent dans les conceptions familières,
et les variations de la pensée n'existent pas plus pour leur
moindre effort que la pesanteur pour le gyroscope en mouve-
ment. Il semble que cette manière d'être soit universelle et
profonde, au point que, si elle explique la répugnance des
esprits à se plier au nouveau, elle pourrait aussi bien entrer
dans la définition de la matière vivante. Ce qui a préservé la
vie de l'anéantissement, au cours de sa durée aventureuse et
précaire daus des milieux hostiles, c'est, pourrait-on dire, son
incuriosité. Elle est conservatrice, et c'est sans surprise que
l'on retrouve cette tenace prédilection pour l'ordre antérieur
dans les substances qui se caractérisent comme femelles.
Peut-être est-ce là aussi la vraie difficulté d'expliquer de
façon cohérente les faits d'évolution, et les tentatives dans ce
sens peuvent s'en déduire a priori. Il y aura l'explication selon
le moindre effort, qui s'en remet à un caprice supérieur et
caché. Et quand l'esprit avide de savoir a voulu repousser les
tentations de cet oreiller commode, il a trouvé, selon son
humeur, selon les circonstances qui conditionnaient son activité
mentale, l'explication darwinienne et l'explication lamarckienne,
cette dernière infiniment plus hardie, plus détachée des con-
tingences, moins animale et moins humaine. Bien qu'il n'y ait
pas grand mérite à prophétiser après coup, il eût été vraiment
illogique qu'elle triomphât la première.
La glorification de Lamarck apparaît ainsi, à la réflexion, être
un changement notable dans la manière de penser coutumière,
et sa statue mélancolique, étonnée de se voir dans ses parterres
lointains, tel le doge à Versailles, prend le sens de quelque
terme symbolique, où l'axe de rotation du gyroscope aurait été
dévie de sa position antérieure.
C'est un lieu commun de dire que le crédit du grand biolo-
giste a grandi parallèlement aux progrès des sciences physico-
6 SÉANCE DU 11 JANVIER 1910
chimiques. Celles-ci ont créé le langage et aussi l'atmosphère,
si l'on peut dire, où il convient de se placer pour être pleine-
ment avec Lamarck. La remarque en a été faite ainsi que beau-
coup d'autres, avec la plus grande pénétration, par M. Le
Dantec : Lamarck est avant tout un physicien et s'exprime
comme tel. Si son œuvre n'a pas été beaucoup lue des natura-
listes, c'est qu'à part sa difficulté et son peu d'attrait littéraire,
elle n'est pas écrite pour eux. Ils en sont séparés par le rideau
inextricable et mouvant des espèces vivantes, en un mot par
toute la nomenclature. Les arbres empêchent vraiment de voir
la forêt.
On pourrait séparer dans son œuvre, au moius théoriquement,
deux parties très inégales, celle de l'origine et de la destinée
des corps vivants, celle où il justifie par des exemples ses vues
spéculatives. Cette dernière ne tient pas beaucoup de place et
Lamarck la donne comme à regret, il condescend à servir cette
pâture aux esprits positifs et rudes, qui ont « l'horrible manie de
la certitude » et disent comme Harpagon : « Encore faut-il que
je louche quelque chose. » Ses exemples n'ont convaincu per-
sonne, ils sont même la cause principale de son discrédit, au
besoin de son ridicule. Mais ses vues théoriques restent l'har-
monieux édifice, plein de simplicité, de grandeur et de har-
diesse. L'avenir, peut-être, dira dans quelle mesure peut s'y
loger la multitude des formes de la vie.
Dans son livre « Espèces et variétés » — qui évoque un peu
quelque lent convoi de marchandises précieuses dans une plaine
euténébrée, — de Vries oppose à cette parole de Lamarck :
«l'origine des espèces est un phénomène naturel», cette autre
forte maxime : « l'origine des espèces est un sujet d'études expé-
rimentales ». Je me permets d'avoir de la méfiance.
Ce n'est pas seulement parce que, descendue de la science à
la vulgarisation, et de là... chez la portière, l'expression « science
expérimentale » atteint une banalité, un pouvoir d'exaspé-
ration égalé seulement par les deux autres lieux communs,
« lutte pour la vie », « iniluence du milieu ». C'est parce que l'ex-
périence se fait devant nos yeux depuis toujours, avec une telle
ampleur, de telles conditions de temps, d'espace et de variété
qu'il est douteux que nous puissions en réaliser de plus décisi-
ves. Il est à craindre que nos essais n'atteignent jamais le
caractère crucial indispensable. Un million de présomptions ne
font pas une certitude, ce supplice de Tantale des sciences
naturelles, de toute science. A la réflexion, tout le succès de la
SÉANCE DU 11 JANV1KR 1910 ~
doctrine des mutations est 1A. On nous cria : des espèces
nouvelles nous sont nées, sans bruit ni révolution du globe. Et
chacun de se diriger vers le divin enfant. On a, depuis, accu-
mulé les preuves qu'il était bien tel, mais il semble que déjà
fléchisse la troupe des fidèles. Trop de Heurs.
Je me garderais, dans cette entrée en relations familière,
de vous lasser par l'exposé de telles ou telles additions, correc-
tions, refontes, que d'éminents esprits ont apportées aux doctrines
de l'évolution, et je n'en tirerai qu'une conclusion de modestie.
S'il est réconfortant d'avoir toujours devant les yeux la noble
ordonnance de la forêt enchantée, d'admirer la profondeur de
ses avenues et d'avoir la crainte religieuse de son mystère, il
faut se dire aussi que nous sommes, même les plus grands, les
ouvriers d'une œuvre qui nous dépassera toujours. Faisons
comme le vigneron dans sa vigne, défrichons patiemment notre
coin de prédilection, et la tâche de chaque jour terminée,
sachons estimer à sa pleine valeur notre modeste repas, le pain
noir de la recherche et le vin commun, mais grisant, de la
découverte partielle.
Il me souvient d'une anecdote qui dit la même chose en termes
plus badins. Il y avait une fois un puissant souverain qui visi-
tait Paris. On sait que la capitale, belle fille un peu négligée,
mais si jolie et de si bonne famille, n'a pas assez de sourires
pour ces augustes visiteurs, dont elle s'est séparée naguère pour
des brouilles d'amoureux. L'atmosphère était si chargée d'al-
légresse qu'au passage de l'hôte illustre, la clameur populaire
soulevait toute la poussière glorieuse du passé, et que beaucoup,
soudainement graves, voyaient s'évoquer dans leur esprit on ne
sait quelles grandes pensées. Quand soudain une petite midi-
nette, vivement pressée dans une embrasure par quelques ma-
nœuvres peut-être intéressées, résuma la situation en s'écriant :
« Tout cela est très bien, mais n'empêche que l'on me pince
le bas du dos »...
L'image n'est pas très élevée au-dessus du sol, mais la
réflexion de l'aimable enfant, toutes proportions gardées et
sauf votre respect, matérialise fort justement la dislance qui
séparera toujours l'imaginaire du réel. Je m'excuse d'avoir ainsi
côtoyé une offense à la morale eu songeant qu7il arrive aux
plus graves de dire avec La Fontalne : « si Peau- d'Ane m'était
conté, j'y prendrais un plaisir extrême. »
La « Kœnigliche Universitàtsbibliothek in Leipzig » est
présentée comme membre par MM. Coutière et Robert.
8 SÉANCK DU 1 l JANVIER 1910
« M. de Beauchamp annonce à la Société que, dans le but
d'éviter aux personnes qui veulent faire des démonstrations
d'avoir à apporter un microscope, il laissera désormais en
dépôt dans la salle des séances une petite monture lui appar-
tenant, qui permet l'usage de tous les objectifs à sec et pour
laquelle l'achat d'un oculaire a été fait par la Société. 11
suffira donc aux démonstrateurs d'apporter avec eux leurs
objectifs (munis du pas de vis universel). »
« M. de Beauchamp profite de cette occasion pour montrer
une préparation de Boveria subcylindrica Stevens, Infusoire
parasite du poumon de Cucumaria Planci Braudt, sur lequel il
a fait une communication l'année dernière. »
M. Fau ré -F remi et veut bien mettre aussi à la disposition de
la Société une monture de microscope.
M. le Président remercie vivement nos deux collègues.
LE TENTACULE DE LA NOCTILUCA MILIAR1S
PAR
E. FAURÉ-FREMIET
Vignal a décrit à côté du cordon strié de ce tentacule un
cordon granuleux; j'ai pu constater que ces granulations sont
des mitochondries, plus ou moins disposées en chainette. On
sait que la présence de mitocliondries à côté des éléments
contractiles est un fait assez général: sarcosomes des fibrilles
musculaires de Métazoaires, cordon mitochoudrial du pédon-
cule de la Vorticelle, cordon mitochondrial de la queue du
spermatozoïde ; à ce point de vue, le tentacule de la INocti-
luque rentre donc tout à fait dans le schéma général ; la struc-
ture de la partie contractile est plus difficile à interpréter, car
elle est constituée par un ensemble de lamelles plus ou moins
anastomosées, dont le rôle dans la contraction n'a pas été
étudié.
SÉANCE DU 11 JANVIER 1910
A PROPOS D UNE NOTE DE M. ALDO PERRONCITO
SUR LE RÉSEAU DE GOLGI DES CELLULES SPERMATIQUES.
PAR
E. FAURÉ-FREMIET
M. Aldo Perroncito reproche avec raison â quelques auteurs
allemands, tels que Goldschmidt, de confondre une quantité de
formations cellulaires peut-être différentes : mitochondries,
chromidies, sphère, réseau interne de Golgi, etc. Pour lui, le
réseau de Golgi en particulier, et les mitochondries, sont deux
formations distinctes, et la preuve, c'est qu'il les colore Tune à
côté de l'autre dans les cellules spermatiques, d'un seul orga-
nisme d'ailleurs, la Paludine. Cela serait très bien, à condition
que l'on s'entendit sur la nature de ce réseau; or, il faut bien
le dire, les méthodes d'imprégnation utilisées par les neurolo-
gistes, outre qu'elles sont inconstantes, n'ont pas encore une
grande signification microchimique. Et justement, M. Perron-
cito écrit ceci en parlant des mitochondries : « essi di colorano
constantemente in nero col nuovo metodo di Golgi ad un
momento délia reazione ». C'est donc plutôt sur un aspect
morphologique que M. Perroncito devra se fonder pour distin-
guer les mitochondries et le réseau interne. En effet, il montre
que ces deux formations ont une évolution différente. Le réseau,
après s'être développé et compliqué, se coupe en bâtonnets
arqués qu'il nomme dicti/osomes; ceux-ci se disposent aux en-
virons du noyau en une sorte d'aster, qu'il nomme la couronne;
tout ceci dans le spermatocyte de premier ordre au repos. Au
moment de la division, les dictyosomes s'amassent auprès des
corps polaires; ils forment donc une figure de division. On
retrouve ces bâtonnets dans le plasma de la spermatide où ils
reconstituent un appareil réticulaire; ou les retrouve encore
dans le spermatozoïde en formation ; mais ils cessent d'être
nettement visibles, et forment une sorte de résidu, colorable
par le rouge neutre ou le bleu de crésyl brillant. Meves n'a
pas figuré ces aspects si curieux dans les cellules mâles de la
Paludine ; mais cet animal est un Mollusque, et je reste surpris
10 SÉANCE DU 11 JANVIER 1910
du Fait que M. Perroncito ne cite les travaux ni de Platner, ni
de Prenant, ni de Boum, ni de Bolles Lee, ni de Koref, ni de
IIenschen, ni de Benda, ni de Tschassownikow, ni de Popow qui
ont décrit le Nehenkern des Gastéropodes. Et le malheur veut
que ce Nebenkern, dont l'origine mitochondriale est à peu près
démontrée aujourd'hui, soit identique, par son aspect, ses trans-
formations et sa fin, au réseau décrit par notre collègue.
Peut-être est-il dangereux, au moment où les neurologistes
discutent âprement sur les rapports du réseau interne de Golgi
avec les corps de Nissl par exemple, de venir affirmer son
existence dans les cellules sexuelles, sans démontrer qu'il est
indépendant, non seulement des mitochondries (ce qu'il n'a
pas prouvé), mais encore du Nebenkern (ce que M. Perroncito
n'a pas même discuté).
QUELQUES REMARQUES SUR LA LOCOMOTION
DES GASTÉROPODES
H. SIMROTH
Retardé par des circonstances, je demande enfin la per-
mission de dire quelques mots sur la locomotion des Gasté-
ropodes, en addition aux travaux de MM. Rorert et Vlès,
pour éviter la conséquence : Qui tacet, consentira videtur.
Plus de trente ans sont passés depuis le temps où je
m'occupais du problème. En me restreignant aux Gastéro-
podes terrestres, j'espérais que ces études seraient continuées
dans une station zoologique marine, surtout celle de Naples.
laquelle était en ce temps-là presque unique. En vain ! Là il
ne fut examiné qu'un seul Opisthobranche, par Jordan. Je
suis d'autant plus satisfait, que la question soit reprise avec
tant de zèle et de discrimination aux bords de la mer de
France.
Pour ne pas perdre du temps en spéculations qui se
montreraient peut-être mal basées dans le futur, je veux
exposer les points qui me semblent exiger de l'attention en
première ligne.
L'interprétation ingénieuse des ondes locomotrices donnée
SÉANCE DU 11 JANVIER 1910 11
par M. Robert me parait bien démontrer la possibilité méca-
nique, mais il y reste quelques difticultés. M. Robert vient
d'expliquer la reptation par l'action commune des muscles des
différentes directions. Mais ce n'est pas en harmonie avec la
distribution des diverses catégories de fibrilles dans le pied
des Aulacopodes, p. ex. Limax, peudant que les Holopodes
manquent de la différenciation documentaire. Chez Limax, les
muscles sont les mêmes dans les parties latérales et la partie
médiane du pied, sauf les faisceaux longitudinaux, qui se
multiplient dans la partie médiane. De la même manière, la
distribution des nerfs s'attache dans le pied à la distribution
de la musculature, car il s'est formé une régulière Strickleiter
dans la partie médiane. De plus, chez Limax agreslis, Bieder-
mann (1) a démontré que les muscles longitudinaux sont arran-
gés en deux faisceaux, un faisceau dans chaque moitié de la
partie médiane ou disque locomoteur, et que la distribution du
système nerveux s'est changée avec cette variation. Car les
anastomoses longitudinales entre les nerfs transversaux sont res-
treintes aux deux faisceaux longitudinaux. Ici, le parallélisme
entre le développement des nerfs et de la musculature longi-
tudinale locomotrice est absolu. Par cela, il n'est pas vraisem-
blable que les faisceaux musculaires d'autres directions par-
ticipent à l'effet, et d'autant moius que ces faisceaux sont faibles
dans la partie moyenne du pied et les faisceaux perpendicu-
laires manquent presque ici.
Dans le même sens s'expliquent les expériences de Kunkrl,
d'après lesquelles un petit morceau du disque médian mis sous
le microscope exerce de nouveau ses ondulations locomotrices
aussitôt qu'il est frappé par un rayon de la lumière directe (2).
Ici, il est clair que l'irritation est traduite par le réseau gan-
glionnaire sous-cutané aux muscles, qui sont en liaison avec ce
réseau, cela veut dire aux muscles longitudinaux.
Un bon argument nous fournissent les Triclades d'après
Wilhelmi(3), argument de valeur presque décidante, parce que
le tégument et surtout la musculature de ces Vers sont compo-
sés d'après le même plan. Ici, on s'était demandé si la locomo-
tion glissante était produite seulement par les cils vibratiles ou
(1) Biedermann. Studien zur vergleichenden Physiologie der peristaltischen
Bewegungen. III. Die Innervation der Schneckensohle. (Arch. ges. Physiol., 111.
1906.)
(2) KiiNKEL. Zur Locomotion unserer Nacktschnecken. (Zool. Anz. XXVI. 190M).
(3 Wilhelvii. Zur Biologie der Seetricladen (Verfi. Deutsch. Zool. Ges. 1909).
12 SÉANCE DU 11 JANVIER 1910
non. Wilhelmi répond que les cils ne sont pas les seuls agents,
mais aussi les ondulations musculaires. Car les préparations
microscopiques de sections de Vers, tués justement au moment
de la locomotion ondulatoire, montrent la contraction des
muscles longitudinaux de distance en distance. Ces objets très
clairs étaient exposés à l'occasion de l'assemblée de la Société
zoologique allemande, à Francfort. Wilhelmi ne discute pas la
possibilité que les muscles longitudinaux puissent effectuer la
locomotion, il constate seulement le fait. Ce fait est d'autant
plus intéressant pour les Gastéropodes, que les Platodes sont
probablement les ancêtres des Mollusques. Les Turbellariés
terrestres possèdent le même disque locomoteur, ou large ou
étroit, comme les Stylommatophores aulacopodes et holopodes.
Mais ce n'est pas tout. La musculature locomotrice a besoin
d'une augmentation de nourriture. Avec le développement de
l'appareil circulatoire, la musculature s'est chargée de trans-
porter régulièrement le sang aux parties qui se trouvent en
action. M. Robert vient de démontrer une pulsation accélérée
du cœur pendant la reptation, observation d'un grand intérêt.
Cependant la distribution du sang dans le pied n'est pas pro-
duite par les pulsations de l'organe central, mais par des pul-
sations indépendantes des faisceaux musculaires du tégument,
qui ne sont pas employés à la locomotion même, de pareille
manière que, p. ex. dans les cœurs lymphatiques {Lymphherzen)
des Grenouilles. Cela me semble être la signification de l'onde
observée par M. Robert. L'onde s'écoule dans la direction
d'avant en arrière, direction opposée à celle de l'onde locomo-
trice des muscles locomoteurs longitudinaux. On observe de
telles pulsations dans la peau dorsale d'une Limace irritée par
la fumée légère d'un cigare p. ex. Dans ce cas, les pulsations
restent souvent localisées. Elles semblent être produites par
les fibrilles musculaires de directions différentes. C'est la même
chose avec les muscles qui produisent l'onde pulsatoire dans le
pied.
Ainsi la locomotion d'une Hélix ou d'une Limax est effectuée
par deux actions combinées, l'onde des muscles longitudinaux
allant d'arrière en avant et celle de pulsations, qui apportent
le sang ou l'hémolymphe, allant dans la direction opposée.
Chez les ancêtres (Turbellariés), l'onde des muscles longitudi-
naux était seule active. On peut se demander si l'autre onde pulsa-
toire, seule, peut aussi produire la locomotion. Nous connaissons
l'utilisation du sang pour la locomotion de côté des Lamelli-
SÉANCE DU 11 JANVIER 1910 13
branches. Chez ceux-ci, Nucula et Trigonia ont un disque loco-
moteur ou reptateur (Kriechsohlc), les autres produisent la
locomotion par le transport du sang- dans le pied Sctnrpllgeivebe).
Cette manière de fixer et d'élever la pointe du pied ne semble
pas exister chez les Gastéropodes. Mais les pulsations du pied
semblent être la seule force locomotrice chez beaucoup d'entre
eux, p. ex. les ondes locomotrices de YAplysia allant d'avant en
arrière, décrites par Jordan (1). Jordan a démontré qu'il s'agit
d'un gonflement {Schwellnng). Moi-même j'ai supposé une telle
action beaucoup plus tôt pour Pomatias tessellatus(2). Ici des
ondes irrégulières glissent très vite dans la même direction.
J'apercevais aussitôt la différence entre ces ondes et les ondes
locomotrices régulières des Stylommatophores.
J'ose supposer que la division du pied en plus de deux parties
longitudinales de quelques Prosobrancb.es, observée et décrite
par M. Vlès, est en rapport avec une telle division fonctionnelle
ou physiologique. Dans une partie, les ondes locomotrices des
muscles longitudinaux pourraient glisser pendant que la partie
voisine servirait au transport du sang en direction opposée.
Pour le moment, ce n'est qu'une hypothèse causée par les des-
criptions intéressantes de M. Vlès.
J'étais bien loin de douter de l'exactitude des observations
de M. Korert à l'égard des ondes locomotrices du Trochus. Si
je doutais que le Trochus pourrait servir à démontrer la théorie
très habile de M. Rorert, la cause en était toute différente,
c'était la différence de la réfraction de la lumière clans l'eau et
clans l'air. Supposé l'exactitude de cette théorie, il me semble
que les points du pied saisis par les ondes toucheraient le sol
ou le verre, mais les points interstitiels seraient élevés. Entre
ces points interstitiels et le verre chez Trochus se trouverait de
l'eau, chez un Stylommatophore terrestre de l'air. L'eau ne
serait pas visible, l'air le serait bien à cause du différent
coefficient de réfraction entre l'eau et l'air. Une bulle d'air,
qui se trouve quelquefois par hasard entre le pied d'une Hélix
et le verre, s'observe tout de suite. Le fait qu'on n'observe pas
d'air entre le verre et le pied du Colimaçon rampant me semble
être en opposition avec la théorie de M. Robert, sauf les autres
observations discutées plus haut.
(1 Jordan. Die Physiologie der Locomotion bei Aplysia limacina. (Miinchen 1901.
(2) Simroth. Einige Bemerkungen iiber die Neurobranchier, insbesondere Poma-
tias tessellatus. (Zool. An:. VIII, 1885.)
14 SÉANCE DU 11 JANVIKR 1910
En vous soumettant ces remarques, je sais bien que je suis
l'oit éloigné de la solution définitive du problème. Celle-là ne
sera possible qu'à une époque dans laquelle l'action de la
fibrille musculaire sera éclaircie.
P. S. — M. Robert a eu la bonté de m'écrire que la distance
entre le verre et le disque locomoteur de quelques Proso-
brauches marins rampant est très grande. Pendant que les
oncles locomotrices d'une Haliotis adulte touchent le plan du
verre, les points interstitiels s'en écartent presque de 1 cen-
timètre. Cela m'était inconnu. Mais il me semble que cela
n'est pas nécessairement en désharmonie avec la théorie. Au
contraire, dans un de mes premiers traités sur le problème (1),
j'ai déjà tenu compte dans mes figures schématiques de la
circonstance, que les parties antérieures des fibrilles muscu-
laires longitudinales se dirigent obliquement vers Fépithélium.
C'est par cette terminaison que s'explique la forme saillante
des ondes d'un Colimaçon glissant dans l'air sans toucher le
verre. La division du pied des Soléolifères (Vagiimla, Ra-
thouisia) en petites soleolœ transversales est fondée sur la
même terminaison. Chez tous les Pulmonés, dont l'origine ter-
restre est presque sûre, tout le pied touche le sol ou le verre.
Si chez certains Prosobranches aquatiques, Trochus et Haliotis,
les ondes locomotrices seules sont en contact avec le sol, c'est
peut-être la conséquence du milieu, car la plus grande partie
du poids de l'animal est portée par l'eau. Par cela il me semble
possible aussi que les ondes locomotrices de ces Gastéropodes
ne soient produites que par la musculature longitudinale. Mais
pour démontrer cela il faudra de nouvelles recherches.
(Il H. Simroth. Ueber die Bewegung und das Bewegungsorgan des Cyclosloma, etc.
rieitschr. wiss. ZooL, XXXVI, 1881, p. 61).
(2) H. Simroth Ueber einige Vaginula-Kvtèa. \Zool. Jahrb. Syst., V, 1890).
Séance du 25 janvier 1910,
PRÉSIDENCE DE M. MARCHAL, ANCIEN PRÉSIDENT.
M. Iches annonce qu'il a fait inviter la Société à participer
à l'Exposition internationale du Centenaire, qui aura lieu à
Buenos-Aires de mai à octobre 1910.
La « kônigliche Universitutsbibliothek in Leipzig- », pré-
sentée à la précédente séance, est élue membre de la Société.
Le Dr E. Blin, médecin des asiles de la Seine, demeurant
30, rue Vauquelin, à Paris (5e), est présenté par MM. de Beau-
champ et Hérouard.
M. Gary N. Calkins (Ph. D.), Professor of Protozoology, Co-
lumbia University, New York City (États-Unis), est présenté
par MM. Caullery et Chatton.
Le Dr A. Policard, chef de laboratoire à la Faculté de mé-
decine, \, place Raspail, à Lyon (Rhône), est présenté par
MM. Chatton et Fauré-Fremiet.
M. Chatton expose ses recherches sur une Trichodine et une
Amibe parasites des branchies des Labres et décrit en détail
la division nucléaire très spéciale de cette Amibe.
Ouvrages offerts.
Gulia (G.). Elenco délie Pteridofite maltesi [Boll. Soc. bot. italiana,
1909, p. 220-222).
Plateau (F.). La pollination d'une Orchidée à fleurs vertes, Listera
ovata, par les Insectes (Bull Soc. bol. Belgique, XLVI, 1909, p. 339-369).
ttull. de la Soe. Zool. de Fr., 1910. xxjv - i
16 SÉANCE DU 25 JANVIER 1910
AC1DALBUMINES ET RÉACTIFS FIXATEURS
PAR
E. FAURÉ-FREMIET.
MM. A. Maykr et G. Sch.effer ont publié récemment les
résultats de leurs recherches sur les acidalbumines (I). Ils ont
montré que si l'on fait tomber goutte à goutte un acide mi-
néral tel que HCI, en solution décinormale, dans quelques
centimètres cubes d'albumine diluée à 1/6 et privée de globu-
lines par filtration, on voit apparaître le bleu Tyudall, puis un
précipité qui se redissout bientôt; pour 53 gouttes d'acide, on
obtient une liqueur limpide et coagulable par la chaleur ; pour
58 gouttes, on obtient l'incoagulabilité ; puis, si Ton ajoute
alors de l'HCi 10 fois normal, on obtient de nouveau, avec
35 gouttes, un précipité qui se redissout lui-même dans une
forte proportion d'acide. Avec les acides gras saturés infé-
rieurs : formique, acétique et propionique, on obtient d'abord
un précipité, puis une dissolution de celui-ci, et enfin l'acidal-
bumine incoagulable par la chaleur. Ces faits sont très inté-
ressants à mettre en parallèle avec les résultats que Ton obtient
sur des protoplasmas traités par ces mêmes acides. Un Infu-
soire vivant, traité par une solution très faible d'acide acétique,
montre tout d'abord une légère précipitation superficielle (la
vésicule excrétrice ne se vide plus à l'extérieur, le pore étant
obturé), puis une liquéfaction, qui se traduit par des courants
internes et finalement par l'éclatement de l'Iufusoire. Quant
aux acides minéraux, tels que HCI, on sait qu'ils précipitent
le protoplasma pour de faibles concentrations et qu'ils le dis-
solvent par des concentrations supérieures.
M. de Beauchamp rappelle à ce sujet les expériences de
M. Loeb et de M. Delage sur l'action des acides dans la for-
mation de la membrane de l'œuf et le développement parthéuo-
génétique.
(1) Contribution à l'étude des acidalbumines, particulièrement des acidalb umines
d'aeiHes gras. (Arc/i. Fisiol., VII, 1909.)
Séance du 15 février 1910.
PRÉSIDENCE DE M. COUTIËRE, PRÉSIDENT
M. Bavay s'excuse de ne pouvoir assister à la séance.
La Société entomologique de Russie, à Saint-Pétersbourg,
annonce que sou jubilé semi-centenaire aura lieu le 10 mars
prochain. Le lendemain, 11 mars 1910 (nouveau style), à
une heure après midi, se tiendra une séance solennelle au
palais du Ministère de l'agriculture, près du Pont Bleu à Saint-
Pétersbourg'. La Société zoologique de France est invitée à s'y
faire représenter par un délégué.
M. le Président exprime les regrets de la Société à l'occasion
de la mort de M. Alt'redo Dugès, originaire de Montpellier,
agent consulaire de France à Guauajuato (Mexique), membre
correspondant de la Société depuis 1886, décédé à Guanajuato
le 7 janvier 1910, à l'âge de 83 ans.
M. le Président adresse les félicitations de la Société à
M. Trouessart, récemment nommé chevalier du Mérite agricole.
MM. Blin, Calkins et Policard, présentés à la précédente
séance, sont élus membres.
MM. Joubin et Trouessart sont délégués pour représenter la
Société au Congrès des Sociétés savantes, qui se tiendra à la
Sorbonne du 29 mars au 2 avril 1910.
MM. Bavay et Semichon sont nommés membres de la Com-
mission pour la vérification des comptes du Trésorier.
Ouvrages offerts.
Pebroncito Doit. E.;. La malaltia dei minatori 'Turin, 1909, in-8°,
VIII-:^35 p., 6 pi.).
18 SÉANCE DU 15 FÉVRIER 1910
SUR LA PRÉSENCE D'UN HEMOCŒLE CHEZ DJNOPHILUS
pau
P. de BEAUCHAMP,
Préparateur à la Faculté des sciences de Paris.
Les travaux déjà nombreux que nous possédons sur l'ana-
toinie du genre Dinophilus, y compris le dernier en date, la
soigneuse monographie du D. Conklini par Nelson (1907), ne
l'ont aucune mention de la présence chez cette forme d'un ap-
pareil circulatoire, si rudimentaire qu'il soit. Aussi ai-je été
très surpris de constater sur mes coupes d'une espèce qui me
paraît identique à celle de Nelson (d'ailleurs très voisine du
D. apatris de Korschelt et du D. gyrociliatus 0. Schmidt
étudié par Repiachov), l'existence d'un tel appareil. La chose
ayant quelque intérêt au point de vue théorique, j'en donnerai
dès à présent une brève description.
Sur une coupe transversale du D. Conklini passant très bas,
au-dessous de l'ovaire, on trouve comme d'habitude l'inter-
valle entre l'épiderme et l'épithélium intestinal rempli d'un
parenchyme à larges mailles qui paraissent ne rien renfermer
du tout ; mais l'espace qui entoure directement l'intestin pré-
sente un aspect différent : c'est un espace annulaire à contours
irréguliers, car ils sont formés par la paroi même des alvéoles
voisines, mais qui est, lui, rempli d'un précipité finement gra-
nuleux prenant plus ou moins les colorants, surtout le licht-
grun, d'un aspect très caractéristique. Visiblement, il y a là un
liquide différent par sa composition de celui qui remplit la
cavité spongieuse du corps, et donc parfaitement endigué par
rapport à lui. Cette réaction histologique est d'ailleurs celle
que présentent sur les coupes d'autres cavités sanguines
endiguées, notamment les deux vaisseaux pré- et rétro-intes-
tinal que je viens de décrire (1910) chez Nerilla anteunata
0. Schmidt. Elle est surtout nette après fixation aux liqueurs
osmiques.
A ce niveau, l'espace sanguin présente un diamètre relati-
vement énorme (fig. 1,1). Une coupe passant au niveau de
SÉANCE DU 15 FÉVRIER 1910
19
l'ovaire (//) montre quelque chose de plus : un vaisseau ven-
tral individualisé, à parois minces, que cet organe sépare du
sinus péri-intestinal ; on constate, en suivant la série, qu'il s'y
réunit à ses deux extrémités (l). Au-dessus, dans la région
moyenne du corps où l'estomac atteint sa plus grande largeur,
le sinus apparaît en général peu développé : il peut se ré-
duire à quelques petits décollements entre l'endoderme et le
Vf
Fie. I. — 3 coupes transversales de Dinoph'dus Conklini,{rè^ légèrement schéma-
tisées, X 280 environ, au niveau : /, de la partie inférieure de l'ovaire, II, de sa
partie supérieure, ///, des glandes œsophagiennes ; si, sinus péri-intestinal ;
vv, vaisseau ventral ; pr, parenchyme ; ov, ovaire ; gg, glandes œsophagiennes.
parenchyme, et même être complètement invisible, ce qui
explique sans doute sa méconnaissance par les auteurs anté-
rieurs ; sa réplétion est évidemment très variable, suivant
l'état fonctionnel de l'intestin sans doute (de même pour le
vaisseau ventral, que l'ovaire, quand il est très développé,
comprime et vide). Il reprend de l'importance dans la partie
supérieure, près de l'œsophage, et on le voit alors se déta-
1. La présence du sinus autour de l'intestin dans la région ovarique exclut
bien entendu l'origine des oogonies dans son épithélium, erreur de von Mal-
sen due à un défaut de fixation, comme l'a soupçonné Nelson.
20 8ÉANCK IUJ 15 FÉVRIKK 1910
cher de celui-ci au niveau des deux glandes qui s'y jettent et
continuer dorsalement à lui pour se terminer en cul-de-sac un
peu plus haut (III). La disposition découverte sur les coupes
peut être retrouvée sur le vivant : il suffît pour cela de
s'adresser non à un animal eu pleine maturité, qui est fort
opaque, comme l'ont noté tous les auteurs, mais à un vieil
individu ayant cessé de pondre. Chez ceux-ci, en etiet, non
seulement l'ovaire régresse, mais le corps subit de façon
constante un gonflement, un véritable ballonnement, qui ar-
rive à lui faire prendre les formes les pins bizarres et aug-
mente beaucoup sa transparence. Ce gonflement porte à la fois
sur les cavités du parenchyme, qui peuvent faire hernie laté-
ralement, en distendant l'épiderme, et surtout sur la cavité
sanguine qu'on suit alors facilement tout le long du tube
digestif et qui peut être assez développée pour simuler un
véritable cœlome. On voit autour de l'intestin les deux ca-
vités concentriques, dont le liquide est également hyalin sur
le vivant ; mais tandis que l'externe est subdivisée par les
nombreuses brides du parenchyme, l'interne n'est traversée
que par quelques filaments très ténus, assez régulièrement
espacés, qui rattachent l'intestin à la mince paroi de sépara-
tion. On retrouve aisément aussi le vaisseau ventral, séparé
du précédent par l'ovaire qui n'est plus qu'un sac à peu
près vide.
Enfin, une observation attentive ne tarde pas à démontrer
l'existence de véritables contractions, très lentes et très espa-
cées, presque localisées dans la partie inférieure du sinus et
se propageant de bas en haut, comme il arrive toujours dans
le sinus péri-intestinal des Annélides, ou dans le vaisseau
dorsal qui n'en est qu'une partie; ce ne sont point par consé-
quent des mouvements péristaltiques transmis au tube digestif,
dont les parois semblent rester parfaitement immobiles, les cils
qui le tapissent assurant seuls la propulsion des aliments (voir
à ce sujet Làisg, 1904).
Au point de vue histologique, la paroi interne du sinus est
formée bien entendu par la base des cellules intestinales,
limitées par leur membrane propre (sans qu'on puisse pourtant
parler de basale à double contour) ; l'externe n'est pas sensi-
blement plus épaisse que les autres parois des alvéoles du
parenchyme; par endroits, on y distingue des grains alignés
qui représentent peut-être une striation en rapport avec sa
contractilité ; ils se rencontrent de même dans les tractus
SK AMI 1)1 15 FÉVRILR 1910
21
interalvéolaires, dont beaucoup paraissent contractiles. En
quelques points, on voit saillir dans sa cavité (tig\ J, /) une
cellule qui ne paraît point différente de celles qui se trouvent
aux nœuds des mailles du parenchyme.
Comparons maintenant cette disposition à la disposition nor-
male de l'appareil circula-
toire chez les Annélides,
qu'on trouvera résumée et
systématisée dans Lang ( 1 904)
et Fuchs (1907). Nous y trou-
vons en général comme vais-
seaux principaux un vaisseau
dorsal et un ventral; le pre-
mier est étroitement accolé
à l'intestin, compris entre le
péritoine et l'épilhélium di-
gestif ; c'est en réalité un vais-
seau rétro-intestinal, auquel
fait souvent pendant un pré-
intestinal plus petit, qui lui
est réuni par un plexus intra-
pariétal , dernier reste du
sinus. Le ventral, au contraire,
est éloigné de l'intestin et
compris entre les deux feuil-
lets du mésentère ventral,
là où il existe (1). Il s'ensuit
que dans les formes les moins
différenciées, où existe un
sinus péri-intestinal au moins
dans une région du corps, le
vaisseau dorsal est forcément
confondu avec lui à ce ni- Fig. 2. — Schéma d'un Dinophilus vu de
veau, tandis que le Ventral profil, montrant la disposition des cavités
1 , . . sanguines. Mêmes lettres que precé-
peut et doit Subsister lU- demment.
dépendamment : il assure le
retour de haut en bas du sang chassé de bas en haut dans le
sinus ou le vaisseau dorsal (les auteurs cités plus haut ont
SC-
1 Chez Nerilla, le vaisseau ventral est lui aussi accolé à l'intestin; mais il est
très grand, évidemment limité par l'écartement des deux feuillets du mésentère, ei
représente en même temps le pré -intestinal.
22 SÉANCE DU 15 FÉVRIER 1910
bien noté que le vaisseau ventral est le plus constant dans la
série). C'est précisément cette disposition, la plus simple qui
soit compatible avec une ébauche de circulation, que nous
trouvons chez Dinophilus, et c'est pour cela que chez lui il n'y
a de contractilité bien accusée du sinus que dans la partie
inférieure, la seule où existe le vaisseau.
Comme nous l'avons dit, on ne trouve ni dans la description
de Nelson portant sur D. Conklini, ni dans celle de Korschelt
(1882), de D. apatris, aucune mention de la cavité sanguine,
et leurs figures ne laissent pas soupçonner qu'ils l'aient aucu-
nement aperçue; elles montrent le parenchyme entourant direc-
tement le tube digestif ; Repiachov (1886) figure chez D. gyro-
ciliatus une condensation du parenchyme autour de l'intestin,
qu'il interprète improprement comme une splanchnopleure, et
qui n'est peut-être qu'un aspect du sinus. Il n'est question jus-
qu'ici de cavités distinctes que chez les Dinophilus sans dimor-
phisme sexuel qui semblent s'opposer aux autres par plusieurs
caractères. La cavité ventrale, sans rapport immédiat avec
l'intestin, décrite par Harmer (1887) chez son D. taeniatus, qui
renferme l'extrémité interne des néphridies et sert de réservoir
séminal et d'oviducte, parait plutôt de par ces caractères être
une cavité creusée dans le mésoderme, sinon celle même de
l'ovaire, comme le pense Nelson. Au contraire, la cavité indi-
quée par ScHiMKEViTSCH (1895) autour de l'intestin de D. vorti-
coides 0. Schmidt paraît bien identique à la nôtre, et la chose
est d'autant plus intéressante que le développement a pu en
être suivi: d'après les figures 64-67 de sa planche vu, il semble
bien qu'elle représente un reste de la cavité embryonnaire
primitive, du blastocœle, laissé libre par les masses mésoder-
miques qui l'envahissent progressivement.
Ceci nous amène à examiner la portée des faits que nous
venons d'énoncer au double point de vue de la position systé-
matique de Dinophilus et des conceptions relatives à la nature
et à l'origine des diverses cavités du corps des Métazoaires,
réunies et systématisées en 1904 sous le nom de théorie du
trophocœle par Lang, dont les vues ont été diversement cri-
tiquées depuis.
Le premier point à considérer est la nature du troisième
feuillet chez Dinophilus. Si nous adoptons la classification
de Salensky (1907) qui a résumé les données antérieures',
nous distinguerons dans les formations mésodermiques le mé-
senchyme né de bonne heure de l'ectoderme et répandu dans
SÉANCE DU 15 FÉVRIER 1910 23
la cavité blastocœlienue, du mêsoblaste, né d'une des cellules
du quatrième quartette qui forment l'endoderme chez les
Mollusques et la plupart des Vers (je laisse de côté les formes
où son origine est entérocœlienne). Or, dans toutes les formes
où le premier existe seul chez l'adulte (Cténaires, Platodes,
sans doute Rotifères), il est immédiatement au contact de
l'intestin, sans cavité interposée — à moins que, comme dans
le dernier groupe cité, il ne laisse par sa raréfaction une vaste
cavité entre l'ectoderme et l'endoderme, qui est le blastocœle lui-
même. Quand apparaît le mêsoblaste, il refoule le mésenchyme
et de la cavité de segmentation que celui-ci encombrait plus ou
moins il ne laisse précisément, à son point de contact avec les
autres feuillets, surtout l'endoderme, que la lumière des vaisseaux
ou sinus sanguins, qualifiée alors à' hémocœle (1). La découverte
d'une semblable cavité chez Dinophilus l'éloigné des Rotifères
avec lesquels il a beaucoup de points de convergence et con-
firme que le mésoderme spongieux qui remplit la plus grande
partie du corps est un véritable mêsoblaste, ce que rendaient
d'ailleurs très probable les données embryologiques de Nelson
et de Schimkevitsch. La différence avec les Annélides est que ce
mêsoblaste ne se creuse pas d'une cavité générale revêtue d'un
épithélium : c'est un cœlenchyme sans cœlothèle, toujours pour
employer la nomenclature de Salensky qui a d'ailleurs soutenu
ces idées relativement au mésoderme de Dinophilus (bien qu'il
qualifie à tort la cavité mésoblastique de blastocœle), et l'a
considéré, à juste titre semble-t-il, comme une Annélide
régressée et non une forme primitive.
D'autre part, la disposition de l'hémocœle chez Dinophilus
me paraît apporter un appui assez sérieux à deux des vues de
Lang qui ont fait l'objet dernièrement de vives critiques ;
d'abord cet hémocœle, réduit à sa plus simple expression, est
de toute évidence un simple décollement entre l'endoderme
(1) On pose en général à ce propos la question de savoir si l'hémocœle est bien
le blastocœle lui-même, ou plutôt une cavité réapparue secondairement après son
oblitération au point d'accolement des feuillets, un « schizocœle », et on la résout
en général par la seconde affirmative. Je la considère comme oiseuse car le blas-
tocœle lui-même n'est pas dans un- œuf hétéroblastique, comme tous ceux dont il
est ici question, une cavité primitive de segmentation, mais n'apparait que tardive-
ment par un décollement lui aussi, et Tliémocœle peut devenir virtuel ou réappa-
raître à plusieurs reprises chez l'adulte, comme nous l'avons vu. Je préfère pour
ma part le terme de blastocœle, car il implique, et c'est là le point important, une
cavité située au point de contact de deux feuillets, tandis que le terme de schizo-
cœle a été pris dans beaucoup de sens et notamment dans celui de cavité se creusant
dans l'intérieur même du feuillet moyen.
24 SÉANCE DU 15 FÉVRIER 1910
(en dehors de la base de ses cellules) et le parenchyme raéso-
blastique qui tient la place de l'épithéliura péritonéal muni de
sa basale chez les formes à cœlothèle. Il est impossible de
dire, comme l'a soutenu Vejdovsky, d'après ses études sur les
Oligochètes, que c'est une cavité limitée par un épithélium
plus ou moins continu dérivant des cellules endodermiques et
sans doute creusée primitivement dans la base de celles-ci.
De plus, le vaisseau ventral, qui existe dans toute la longueur
du corps chez les Annélides, n'existe ici qu'au niveau des
organes génitaux, et ceci est en faveur de l'idée maîtresse de
Lang et de Meyer, qu'a vivement combattue Salujnsry, l'idée
que le cœlome est homologue de la simple cavité des organes
génitaux chez les formes qui n'en ont pas, qu'il est un gonocœle.
Il est impossible, en effet, en considérant des coupes comme
celle de la fig. 1, /, de se défendre de l'idée que c'est, au moins
au cours de la phylogénie, le développement des sacs génitaux
qui a pincé la portion antérieure du sinus et. leur accolement qui
l'a isolé du reste sous forme du vaisseau ventral (I), de même
que les deux sacs cœlomiques de chaque métamère l'ont pincé,
séparé et inclus entre eux chez les Annélides. I/épithélîum gé-
nital représenterait donc le véritable cœlothèle comme, réuni
au péricarde, il le représente chez les Mollusques, où il a été
également refoulé par le développement du cœlenchyme.
OUVRAGES CITÉS
1910. Beauchamp (P. de). — Sur l'organisation delà Nerilla (note pré-
liminaire) {Bull. sci. France Belgique, Paris, XLIV, p. 11-22).
1906. Fuchs (K.). — Die Topographie des Blutgefâssystems der Gha-
topoden (Jena. Zeitschr., XLIX, p. 375-484, pi. xxvt xxvni).
1889. Harmer (S. F.), — Notes on the anatomy of Dinophilus {J. Mar.
Biol. Ass., I, p. 119-142, pi. ix-x).
1882. Korsghelt (E.). — Ueber Bau und Entwicklung des Dinophilus
apalris [Zeitschr. wiss. ZooL, XXXVII, p. 31o-S3, pi. xxi-xxn).
1904. Lang (A.). — Beitrage zueiner Trophocoltheorie IJena. Zeitschr.,
XXXIV, p. 1-376, pi. i-vi).
(1) Comme on le sait (voirie schéma de Nelson), les glandes génitales sont paires
et étendues dans toute la caviié du corps chez D. vorticoides, se fusionnent et se
raccourcissent graduellement dans les autres espèces. Il m'a paru d'ailleurs que
même chez D. Conklini, où cet auteur indique l'ovaire comme complètement im-
pair et médian, la duplicité persiste nettement dans la partie inférieure (voir la
fig 1, /) et que l'orifice de ponte est, comme l'a bien indiqué Prowazek, asymé-
trique et en rapport avec le lobe drort.
SÉANCE DU 15 FÉVRIER 1910 25
1906. Malsen (H. F. von,. — (je^cûlechtsbestiiuuiende Eintlùsse and
Eibildung voq Dinophilus apalris (Arch. mikr. Anat., LXIX,
p. 63-99, pi. il).
1907 . Nelson (J. A.). — The morphology oi' Dinophilus Conklini n. sp.
[P. Ac. Philad., L1X, 82-143, 2 pi.).
1000. Prowazek. — Zur EnLwickluntïSgeschichte dos "Wurmes Dino-
philus apalris [Natuno. Wochenschr., XV, p. 397 99).
1886. Repiachov (V.). — Sur l'anatornie et l'embryologie de Dinophi-
lus gyrociliatus O. Schinidt (en russe) (Mém. Soc. nouv. Russ.
Odessa X, p. 1-77, pi. i-rv).
1907. Salensky (W.). — Morphogenetische Studiea an "Wuruiern, If,
III et IV [Mem. Ac. Sl-Peïersb. (8). XIX. p. 103-451, pi. xi-xxii).
1895. Sghimkewiïsch (W.). — Zur Kenntniss des Baues tind der
Entwicklung des Dinophilus vom Weissen Meere [Zeitschr.
wiss. Zool., LIX, p. 46-79, pi. v-vn).
NOTES SUR LES FONCTIONS DE LA GLANDE LYMPHATIQUE
DES SC0RPI0NIDES
l'Ait
Max KOLLMANN
Les Arachnides forment un groupe dont l'étude anatoinique
a été longtemps négligée. Seuls, quelques organes ont fait
l'objet de recherches précises. De ce nombre est la glande
lymphatique des Scorpionides qui, depuis sa découverte par
Blanchard (1852) (1), a été examinée par Houssay (1880), Kowa-
levsky (1893), Cuénot (1897), Sokoloff (1908) et moi-même
(1908). Ces travaux, eu même temps qu'ils faisaient connaître
la structure de l'organe, mettaient en évidence son pouvoir
phagocytaire. Par contre, son rôle lymphogène, c'est-à-dire la
propriété qu'il aurait de donner naissance à des leucocytes, est
resté un peu douteux. La présente note a pour but d'apporter
quelques précisions sur différents points de détail.
Rappelons tout d'abord la constitution de la glande lympha-
tique des Scorpions. Dans Buthus occltanus Aun., chez qui j'ai
fait les observations que je rapporte ici, elle consiste en une
série de masses appendues le long de la chaîne nerveuse, dans
la région préabdominale et céphalothoracique. Chaque masse
est pénétrée par des ramifications de la lacune sns-nervienne
il La glande lymphatique des Scorpions est souvent désignée sous le nom de
glande de Blanchar.u.
26 SÉANCE DU 15 FÉVRIER 1910
qui la divisent en nodules, séparés les uns des autres par des
espaces irréguliers remplis de sang. Chaque nodule est cons-
titué par un stroma cellulaire assez serré, enfermant dans
ses mailles des cellules de diverses catégories, tout à fait iden-
tiques à celles qu'on rencontre à l'état libre dans le sang
(Kollmann, 1908). Ce sont : des leucocytes hyalins stade 1,
(éléments germinatifs de Cuénot qui, d'après cet auteur, se mul-
tiplient par karyokinèse) ; des leucocytes hyalins stade II
(éléments phagocytaires de Cuénot) ; enfin des cellules granu-
leuses et des cellules sphéruleuses. J'ai fait remarquer (1908)
que les premiers éléments, de beaucoup les plus nombreux,
les leucocytes hyalins au stade I, sont les seuls éléments propres
de la glande ; les autres sont d'importation sanguine.
Kowalevskv a montré le premier que, dans son ensemble, la
glande de Blanchard est un organe phagocytaire qui absorbe
l'encre de Chine injectée dans la cavité générale. Cuénot a
précisé en décrivant des éléments plus spécialement phagocy-
taires, qui ne sont autres que nos leucocytes hyalins stade H.
Si on fait une injection d'encre dans la cavité générale d'un
Scorpion, les leucocytes libres du sang se chargent plus ou
moins tous, mais particulièrement les leucocytes hyalins stade II,
de particules phagocytées. La glande paraît noire dans toute
sa masse. En coupe, cependant, les nodules apparaissent
comme parfaitement délimités, car l'encre s'est surtout localisée
dans leurs interstices, c'est-à-dire dans les ramifications de la
lacune sus-nervienne. Ces espaces sont en effet remplis par des
leucocytes de la cavité générale, eux-mêmes chargés de parti-
cules phagocytées. Dans les nodules, les leucocytes hyalins
stade I ne renferment que très exceptionnellement des granulos
d'encre et en très petite quantité. Par contre, les éléments
phagocytaires en contiennent beaucoup et on en rencontre aussi
parfois dans les granulés.
Or, nous venons de dire crue seuls les leucocytes stade I
sont éléments propres de la glande, et que les autres sont
d'importation sanguine. Nous devons donc conclure qu'en
réalité, la glande lymphatique des Scorpions n'est pas un
organe phagocytaire, ou, si l'on préfère, qu'elle n'est phago-
cytaire que dans la mesure où elle contient des éléments
empruntés au sang.
Nous abordons une question plus essentielle. La nature
lymphatique de la glande de Blanchard ne peut faire aucun
doute ; mais cet organe est-il lymphogène ? Cuénot (1897)
SÉANCE DU 15 FÉVRIER 1910 27
conclut par la négative. Cependant, il a observé des karyo-
kinèses dans les éléments germinatifs. Or ces éléments sont
identiques aux leucocytes stade I de la cavité générale. De
mon côté, je n'avais, jusqu'à ces derniers temps, jamais observé
de mitoses. Par conséquent, il me restait un doute.
La preuve directe était donc à faire. Dans des conditions où
les éléments libres du sang sont manifestement en voie de
multiplication, rencontre-t-on des mitoses dans la glande de
Blanchard ? Voilà la question précise à laquelle il faut répondre.
Pour provoquer la régénération des globules du sang, j'ai
employé soit la saignée, soit les injections de matières inertes
comme l'encre de Chine. Pour saigner un Scorpion, le meilleur
procédé consiste à sectionner largement le dard. Appliquant
ensuite la blessure sur une feuille de papier buvard et com-
primant entre les doigts la région préabdominale, on peut
extraire une assez grande quantité de sang. Dans de telles
conditions, le sang ne se régénère pas, sinon avec une extrême
lenteur. Je n'ai obtenu de résultats positifs et indiscutables qu'à
la condition de remplacer le liquide sanguin éliminé par une
quantité à peu près équivalente de sérum physiologique (NaCI
à 0,75 °/0) ou d'eau de mer étendue de trois fois son volume
d'eau distillée. Ou peut donc supposer que le facteur essentiel
dans la régénération des globules du sang, c'est beaucoup
moins la soustraction d'un certain uombre de leucocytes, que
l'existence d'un rapport anormal entre le nombre des globules
et le volume total du sang. On sait d'ailleurs que chez les
Mammifères le volume total du sang se reconstitue très vite
après saignée, et qu'on aide à ce processus, après de grandes
pertes de sang, par injection de sérum.
On peut aussi provoquer la régénération sanguine chez les
Scorpions par injection d'encre de Chine en quantité massive.
Cette encre est capturée par les leucocytes. Or, on sait que les
globules blancs, chargés de matières inertes, ont tendance à
s'agglomérer en amas et à se fixer dans les tissus. On provoque
donc ainsi par voie détournée l'élimination d'une quantité plus
ou moins grande de leucocytes. Les choses se passent-elles bien
ainsi dans le cas qui nous occupe ? Des numérations directes
pourraient seules le démontrer d'une manière certaine. Mais
je n'ai pu les pratiquer avec une précision suffisante. Cependant,
il y a lieu de remarquer que le nombre des leucocytes chargés
d'encre, très grand dans les premières heures après l'injection,
diminue assez rapidement dans les jours qui suivent, par suite
28 SÉANCE DU 15 FÉVRIER 1910
de leur agglomération en amas volumineux, qui semblent s'ar-
rêter çà et là dans le tissu conjonctif. Les résultats obtenus par
cette méthode sont moins constants que ceux qui sont donnés
par la saignée. Il est en effet difficile de déterminer a priori la
quantité d'encre nécessaire pour un individu donné. Or cette
quantité parait ne pouvoir varier que dans des limites assez
étroites. Trop tue l'animal, trop peu ne produit pas l'effet attendu.
Enfin, on peut combiner les deux procédés, et faire suivre
la saignée d'une injection d'encre de Chine légèrement étendue.
Cette manière de taire ne m'a pas paru présenter d'avantage
sensible.
Quoi qu'il en soit, voici les résultats des quelques expé-
riences que j'ai tentées.
Après une saignée aussi complète que possible, suivie d'une
injection d'eau salée à. 0,75 °/0, opérations que les Scorpions
supportent fort bien, on n'observe rien pendant les 12 ou 15
premiers jours, au moins. Plus tard, il semble que les leucocytes
hyalins stade I augmentent de nombre dans le sang. Mais
surtout des mitoses commencent y se montrer dans la glande lym-
phatique. Dans sept Buthus occiiamts préparés et successivement
sacrifiés du 15e au 37p jour, j'en ai constamment observé. Elles
étaient particulièrement nombreuses dans deux individus
examinés l'un le 17e, l'autre le 37e jour. Dans un seul cas, les
mitoses étaient relativement rares (25° jour). Dans la glande de
Blanchard de tous ces Scorpions, on voyait également quelques
noyaux pyknotiques, comme on en rencontre constamment
dans les organes lymphoïdes en voie de fonctionnement actif.
La présence constante de karyokinèses chez nos animaux en
expérience est assez significative, si l'on veut bien considérer
leur extrême rareté dans les Scorpions récoltés au hasard de la
chasse et examinés aussitôt.
Il reste à voir si la multiplication des éléments de la glande
lymphatique coïncide effectivement avec une augmentation du
nombre des globules du sang'. A défaut d'une démonstration
directe que je n'apporte pas, faute d'avoir pu faire des numé-
rations exactes, il convient de remarquer que les leucocytes
hyalins stade I, les plus jeunes éléments du sang, sont, com-
parativement aux autres formes, beaucoup plus abondants qu'à
l'ordinaire, particulièrement dans les deux individus de 17 et
de 37 jours signalés ci-dessus.
Ainsi à une saignée succède une régénération sanguine et
une prolifération des éléments fondamentaux de la glande
SÉANCE DC 15 FÉVRIER 1 9 1 0 29
lymphoïde. Il est à remarquer que ce processus parait se pro-
duire avec une vitesse variable, soit par suite d'une saignée plus
ou moins complète, soit pour toute autre cause.
Les résultais obtenus après injection d'encre de Chine sont
comparables aux précédents. J'ai injecté cinq individus que
j'ai sacrifiés 15, 20, 25, 30 et 35 jours après l'opération.
Les observations de la glande furent positives dans tous les
cas, quoique peu nettes pour les individus de 15 et de 35 jours,
qui d'ailleurs paraissaient être malades. Chez tous, les leucocytes
chargés de granules d'encre s'étaient agglomérés en très nom-
breux petits amas, d'autres s'étaient localisés dans les interstices
de la glande de Blanchard et dans les lamelles des poumons. Au
sujet de ce dernier organe, signalons une irrégularité singu-
lière. Deux des individus précédents (30 et 35 jours), avaient
des poumons parfaitement dépourvus d'encre, sans que rien
par ailleurs pût expliquer cette anomalie. L'examen du sang
trois ou quatre jours après l'injection permet de constater une
disproportion évidente entre le nombre des granulés et celui
des leucocytes hyalins, conséquence de l'élimination d'un cer-
tain nombre de ces derniers. Enfin, et surtout, des karyoki-
nèses plus ou moins nombreuses se montraient dans la glande
lymphoïde.
Nous pouvons donc conclure sans restrictions : la glande de
Blanchard est un organe lymphogèue.
En résumé, nous pouvons définir la glande de Blanchard
des Scorpionides comme un organe lymphogène, non phagocy-
taire. Il est à remarquer que cette définition s'applique très
exactement aux organes lymphogènes des Crustacés, groupe
qui semble étroitement allié au précédent. Daus les deux cas,
la structure est identiquement la même. La seule différence
consiste dans le fonctionnement, qui est à peu près continu
dans les organes lymphogènes des Crustacés et au contraire
essentiellement paroxysmal dans la glande de Blanchard.
OUVRAGES CITÉS
1852-64. Blanchard (E.). — Organisation du règne animal. Paris.
1897. Cuénot (L.). — Les globules sanguins et les organes lyniphoïdes
<\es Invertébrés (Arch. Anat. micr., I).
30 SÉANCE DU 15 FÉVRIER 1910
1908. Kollmann (Max). — Recherches sur les leucocytes et le tissu
lymphoïde des Invertébrés (Ann. Sri. Nat. (9), VIII, p. 1).
1N93. Kowalevsky (A.). — Sur les organes excréteurs des Arthro-
podes terrestres (Trav. Congr. int. Zool. Moscou, 1892).
1908. Sokoloff (L). — Zur Kenntniss der phagocylàren Organe von
Scorpio indiens (Zool. Ans. XXXIII, p. 499).
1886. Houssay (F.). — Sur la lacune sanguine périnerveuse dite
artère spinale chez les Scorpions et sur l'organe glandulaire
annexe (C. B. Ac. Se*., CIV, p. 120).
DESCRIPTION D'UNE VARIÉTÉ NOUVELLE DE
L'OLIGODON HERBE R Tl BOULENGER, PROVENANT DU TONKIN
PAR
Le D' Jacques PELLEGRIN.
Les Oligodon sont des Colubridés aglyphes dont on connaît
à l'heure actuelle vingt-deux espèces répandues dans le sud
de l'Asie, principalement dans la région indienne et dans la
Malaisie; Tune d'elles habite même la Syrie et la Basse-Egypte.
Parmi les très intéressantes collections de Reptiles et Batra-
ciens adressées du Tonkin au Muséum par M. P. Eberbardt,
inspecteur de l'agriculture en Indo-Chine et actuellement
précepteur de l'empereur d'Annam, se trouve un Oligodon
capturé dans la région d'Hanoï, pour lequel il y a lieu,
semble-t-il, d'établir une variété nouvelle qui se rapporterait
à YOligodon Herberti Boulenger.
C'est, d'après les dires de M. le Dl Mocquard, auquel on
doit une étude des plus complètes sur les Reptiles de l'Indo-
Chine(l), la première fois que le genre est rencontré au Tonkin.
Oligodon Herberti Boulenger, var. Eberhardti nov. var.
La portion de la plaque rostrale visible au-dessus est égale
à sa distance de la frontale. La plaque nasale n'est pas divisée.
Il n'y a pas d'internasales, la rostrale étant placée entre les
nasales et en contact en arrière avec les préfrontales. La fron-
tale est notablement plus longue que sa distance au bout du
(1) F. Mocquard. — Les Reptiles de l'Indo-Chine. Conférence faite au Muséum
d'histoire naturelle (Revue coloniale, 1907).
SÉANCE DU 15 FÉVRIER 1910 31
museau, sa longueur égalant celle des pariétales. La préfron-
tale est en contact latéralement avec la seconde labiale. Il
existe une préoculaire et une postoculaire, une temporale
allongée, suivie de deux autres plus comtes. On compte
6 labiales supérieures, la seconde et la troisième en contact
avec l'œil; il y a aussi 6 labiales inférieures de chaque côté,
la première seule s'unit à l'opposée par une suture médiane,
la quatrième est de beaucoup la plus développée. On distingue
deux paires de plaques mentonnières ; les antérieures, près de
deux fois plus longues que les postérieures, sont en contact en
avant avec les premières et secondes labiales inférieures et
latéralement avec les troisièmes et une partie des quatrièmes.
Les écailles sont en 13 rangées transversales sur le corps. On
compte 169 plaques ventrales, 37 sous-caudales doubles.
L'anale est divisée.
La coloration est des plus caractéristiques : la teinte générale
du dessus du corps est brun grisâtre, avec de chaque côté une
ligne longitudinale brun foncé pointillée en haut de clair, et à
la partie médiane une série longitudinale de taches losangiques,
gris clair, bordées de parties sombres brun noirâtre, formant
des X bien marqués. Un collier blanchâtre, oblique, de chaque
côté du cou, se dirige en avant sur les pariétales. La tète est
brun foncé, avec deux taches claires, l'une en avant, l'autre en
arrière de l'œil. Sur la queue, les taches médianes se con-
fondent pour former une ligne vertébrale claire, bordée de noi-
râtre. Les plaques ventrales du dessous du corps sont tantôt
rouge corail, tantôt mi-partie rouge corail, mi-partie noires,
tantôt complètement noires, formant ainsi un dessin alterné
fort agréable ; la teinte rouge prédomine sur les plaques sous-
caudales.
N° 08-13. Tana Dao, au nord-ouest de Hanoï (Tonkin) : P. Eberhardt.
Longueur : 372 + 66 = 438 millimètres.
Cet Ophidien est tout à fait remarquable parmi les Oligodon,
par ses écailles sur 13 rangées transversales (au lieu de 15 ou
17 comme chiffre habitue!) et par l'absence de plaques inter-
nasales, double caractère qu'il partage seulement avec une
forme récemment décrite, X Oligodon Herberti Boulenger (1),
de Mogok (H,e Birmanie). Il constituerait donc une variété de
cette dernière espèce, dont il se distinguerait principalement
(1) J., Bombay Soc, XVI, 1905, p. 235, pi. i, fig. 1.
Bull, de la Soc. Zool. de Fr., 1910. xxxv - .".
32 séance nu 15 février 1910
par le moindre nombre de ses gastrostèges (V. 169 au lieu de
189-190) et par sa coloration fort difiérente.
RICHARD BOWDLER SHARPE
PAR
Françoise-Marie OLLIVIER
Il n'est plus, le grand savant si bon, si souriant qu'il m'a
été donné d'approcher, en juin dernier, dans son domaine du
South Kensington Muséum (Natural History) de Londres ; il a
fallu moins d'une semaine de maladie pour réduire à néant
cette extraordinaire vitalité faite homme, pour l'éloigner à tout
jamais de son merveilleux royaume ailé et de ses collabora-
teurs, ses amis, qui pleurent ce travailleur acharné.
Mais son œuvre le rend immortel, car le Muséum lui doit
une grande part de sa splendeur, de sa richesse, et ses écrits,
dont la liste est longue et qui en font un des écrivains les
plus féconds de son temps, rempliraient à eux seuls une bi-
bliothèque.
A 16 ans, il commençait son premier ouvrage qu'il donnait
à 22 : u Étude sur les Martins-Pêcheurs », 4 volumes illustrés
de 121 planches coloriées.
Cette œuvre remarquable lui valut, à cette époque de sa
touie jeunesse, les éloges d'un grand naturaliste, lequel a salué
à l'apparition de l'ouvrage une ère nouvelle dans l'histoire de
l'ornithologie — cette prédiction s'est bien confirmée dans la
suite.
On doit à R. Bowdler Sharpe le Grand catalogue des Oiseaux,
fait en collaboration avec M. Ogilvie Grand, son collègue, et
deux autres naturalistes.
Cet ouvrage se compose de 27 volumes qui passent en revue
11.548 espèces; pour sa part, Shaupe écrivit 11 volumes qui
comprennent 5.181 espèces : c'est dire quelle était sa puissance
de travail.
Une autre publication officielle que l'on doit à Sharpe est le
« Hand List of Birds » en 5 volumes — le dernier a été achevé
quelques semaines seulement avant sa mort.
R. BOWDLER SHARFE
PRÉSIDENT d"hONNFUH DE LA. SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE DE FRANCE EN I906
(Cli:hé publié avec l'autorisation de MM. Withekby and Co. éditeurs.
SÉANCE DU 15 FÉVRIER 1010 33
Mais il faudrait des pages pour énumérer tous ses ouvrages,
pour relater tous ses écrits, et la place m'est mesurée ici.
En 1872, à l'âge de 25 ans, R. Bow.ller Sharpe quittait les
grandes librairies où il satisfaisait à loisir sa passion des livres
traitant les questions ornilhologiques, pour entrer au Muséum
où, depuis cette époque de sa vie jusqu'à sa dernière heure, il
s'occupa des Oiseaux et travailla à enrichir la collection dont
il avait la charge.
Gai, séduisant, spirituel, il mettait en action tous ses talents
de persuasion, d'adresse, pour obtenir du collectionneur le trésor
qu'il convoitait, ou de l'explorateur les spécimens que celui-ci
gardait précieusement comme souvenirs de voyages et le Muséum
qui, à son arrivée, comptait 36.000 spécimens ornithologiques,
en possède plus d'un demi-million maintenant.
Car des collections entières furent incorporées dans la
collection nationale, la plus belle du monde : qui n'a admiré
celle des Oiseaux- Mouches, si variée, où toutes ces petites
merveilles de la Nature sont offertes aux regards dans leurs
attitudes familières et familiales?
Le colonel Wardlavv Ramsay, en faisant don de sa magni-
fique collection d'Oiseaux d'Asie formée par le marquis de
Tweedale, écrivait à Sharpe : « Je ne )a donne au Muséum que
parce que vous y êtes et que je suis certain qu'il lui sera fait
justice. »
R. Bowdler Sharpe fut vivement remarqué au Congrès de
Budapest en 1891 ; il en fut une des lumières : l'Empereur
d'Autriche lui décerna la Médaille d'or des Arts et de la
Science ; l'Université d'Aberdeen, à son retour, avec une
adresse, lui conféra le degré de L. L. D.
En 1895, Bowdler Sharpe fut promu au poste nouvellement
créé d' « Assistant-Keeper » de la section des Vertébrés, laquelle
embrasse les Mammifères, les Reptiles et les Poissons. Cette
même année, se tint à Leyde un Congrès ornithologique où
Sharpe fut gracieusement invité par les reines à faire une
conférence, en présence de Leurs Majestés. Le sujet était :
« Curiosités de la vie des Oiseaux. »
Il vint à Paris au Congrès de 1900 et présida celui de 1905,
qui fut un véritable succès et qui se tint à Londres : hélas, la
plus populaire des physionomies de savant ne rayonnera pas
sur l'Assemblée internationale de cette année 1910.
Bowdler Shakpe fonda, en 1892, le « Biitish Ornithoiogist
Club » dont il sut faire un des centres les plus actifs du monde
:)\ SÉANCE DU 15 FÉVRIER 1010
scientifique, où l'on travaille et où l'on se divertit également et
de tout cœur : Sharpe y avait apporté ses deux notes person-
nelles de traveil et de gaieté qui étaient sa caractéristique.
En 1906, Sharpe fut nommé président d'honneur de la Société
zoologique de France, où il ne comptait que des amis.
Mais, comme le dit si bien M. C. E. Fagan, Assistant-
Secretary au Muséum, l'auteur d'un véritable monument litté-
raire à la mémoire de Bowdler Sharpiî, son ami, qu'il a fait
paraître dans le « British Birds Magazine illustrated » comme
cadre à une superbe photographie du savant ornithologiste,
Magazine à qui j'ai emprunté une grande part de ce qui
précède, avec la permission de M. Witherry, l'éditeur de cette
intéressante revue où le lecteur pourra lire tout ce que je n'ai
pas la place de reproduire, la merveilleuse collection que
Sharpe aimait tant et qui était son œuvre restera pour la
postérité le plus beau monument de sa vie de travail.
R. Bowdler Sharpe meurt à 62 ans dans la matinée de cette
fête de Noël « Christmas », si chère à nos amis d'Angleterre,
laissant une veuve et dix filles qui consoleront leur mère, des
suites d'un refroidissement pris le 16 décembre, et cette mort
est un deuil pour la Nation anglaise et pour la Science qui n'a
pas de frontière.
UN NOUVEAU TRÉMATODE
CEPHALOGONTMUS EUROPE US, PARASITE INTESTINAL
DE RANA ESC U LE N TA L.
PAR
L. BLAIZOT
Diagnose. —Corps aplati, très transparent dans la partie antérieure,
brun jaunâtre dans la partie postérieure à cause de la présence des
œufs. — Tégument recouvert de piquants dans les deux tiers antérieurs
du corps. — Ventouse antérieure sub-terminale, plus grande que la
ventouse ventrale.— Pharynx peu développé, oesophage se bifurquant
en avaut de la ventouse ventrale, a distance de celle-ci ; caecums intes-
tinaux simples, droits, se terminant un peu en arrière du milieu du
corps.— Testicules arrondis, médians, situés l'un derrière l'autre, l'an-
térieur affrontant en avant le bord postérieur de la ventouse ventrale ;
grosse vésicule séminale, située au niveau de la bifurcation de l'oeso-
phage ; prostate développée, canal éjaculateur pointant en avant vers
la ventouse buccale — Ovaire arrondi, situé à droite et en arrière de la
ventouse ventrale ; receptuculum seminis présent ; les deux vitellogènes,
diffus et allongés, surtout développés à leur partie antérieure, occupent
SÉANCE DU lo FÉVRIER 1910
35
a
Vi
l'espace compris entre les caecums intestinaux et les bords de l'animal ;
ils n'atteignent pas en arrière l'extrémité des caecums; utérus situé
principalement dans l'extrémité pos-
térieure du corps, fondamentale -
ment constitué par deux branches à
trajet longitudinal, très sinueu>es,
qui s'entrecroisent en arrière du
testicule postérieur et se jettent
l'une dans l'autre par une branche
transversale en avant de la vésicule
excrétrice; il se termine en avant,
près de la ventouse buccale, après
avoir longé le bord interne du canal
éjaculateur. — Vésicule excrétrice
subterminale, très développée, pro-
longée latéralement par trois ou
quatre branches divisées.
Dimensions. — Longueur totale,
2llim. iù; largeur, 0mm,60.
Diamètre de la ventouse buccale,
0mm, 30 ; diamètre de la ventouse
ventrale, 0mm,20.
Longueur des ceecums intestinaux,
à partir de la bifurcation de l'oeso-
phage. 0m,n,85 ; distance de l'extré-
mité des ceecums à l'extrémité pos-
térieure du corps, 0mm, fc>5.
Œufs, 39 (x x 22 n.
Comme points non élucidés
dans cette description, il y a :
la présence du canal de Laurer,
que je n'ai pas pu voir, et la
situation exacte du pore génital
que je ne peux pas préciser; mais
d'après la direction du canal
éjaculateur et par comparaison
avec ce qu'on connaît de Cepha-
lor/onimus americanus St., dont
il va être question, il doit être
placé au niveau du centre de la
ventouse buccale.
J'ai trouvé ce Trématode au
Ceplialogonimus europœus
n. sp. (X 45).
C, caecum intestinal ; Œ. œsophage ;
Ov, ovaire ; F' h, pharynx ; Pr,
prostate : Fts, rectptaculum semi-
nis ; T. testicules ; Ut, utérus ; Va,
vagin ; Vb, ventouse buccale ; Ve,
vésicule excrétrice ; Vi, vitellogè-
nes ; Vs, vésicule séminale ; Vv
ventouse ventrale.
mois de février, dans le duo-
dénum de plusieurs Rana esculenta L. provenant du Jura. Il
vit dans l'intestin à la manière des Pleurogenes ou de Distomum
endolobum D u j . , par exemple, simplement fixé à la muqueuse
36 SÉANCE DU 15 FÉVRIER 1910
par sa ventouse buccale, et sans produire de lésions appré-
ciables à l'examen direct.
C'est un parasite qui doit être très rare en Europe, et qui
doit vivre dans des foyers bien localisés ; c'est du moins l'idée
qu'on s'en fait, si on songe au nombre considérable de recherches
qui ont porté sur les Trématodes des Amphibiens dans nos
pays, et surtout aux récentes statistiques faites par Mlhlii^g (1)
en Allemagne.
J'ai été naturellement amené à me demander s'il s'agissait
là d'une espèce nouvelle, ou bien si ce Trématode n'était autre
que Cephalogonimus americanus, découvert récemment par
Stafford (2) au Canada, et qu'on rencontrerait pour la première
fois en Europe. C'est surtout sur les caractères distinctifs
suivants que j'ai basé mon opinion :
G. europœus n. sp. | C. americanus St. 1902.
Rapport du diamètre des ventouses :
B 30
V ~~ 20
H 0,26x0,24 0,25
V = 0,21 X 0,23 = ÔT2 (m°yenne)
Longueur des caicums
*^
0n
Distance de l'extrémité du ca3cuni à l'extrémité postérieure
du corps :
0mm, 85
(pour un Ver long de 2mm, 4b)
0»"", 80
(pour un Ver long de 2mm 78)
Dimension des œufs :
39p. X 22ri | ;j2[A x 27{i
Branches utérines :
non croisées
croisées
(dessin de Stafford)
Il ressort de ce tableau que C. americanus, entre autres carac-
tères différentiels, a les caecums intestinaux proportionnelle-
ment plus longs et les œufs de plus grande dimension que
C. européens. D'ailleurs la forme des vitellogènes ne parait pas
être absolument la même dans les deux espèces (dessin de
Stafford).
(1) Miim.iNG. flelminthen Fauoa der Wiibeltiere Ostpreussens [Arch. Nalurg.
1898. LX1V, p. 93).
(2) Stafkord. Cephalogonimus americanus (new species) (Central. Bakter.
Original, 1902, XXXII, p. 719).
SÉANCE DU 15 FÉVRIER 1910
37
La sous-famille des Céphalogonines, telle que Looss Ta fon-
dée en 1899 (1), est encore peu nombreuse ; elle comprend a
l'heure actuelle les espèces suivantes :
Chez les Reptiles : Cephalogonimus Lenoiri Poirier 1886 (2),
intestin du Tetrathyra Vailland Roch ; Sénégal.
Chez les Amphibiens : C. americanus Stafl'ord 1902, intestin
de Rana virescens et R. clamata; Canada.
C. européens, n.sp., intestin de Rana esculenta L. ; France.
Chez les Poissons : Leptalea exilis Looss 1899(3), intestin de
Bagrus bayad C. V. ; Egypte.
Le genre Cephalogonimus a contenu pendant quelque temps
des espèces qui en ont été retranchées dans la suite. En ne
tenant compte que de la situation du pore génital, Sonsino (4) y
avait fait rentrer Distomum ovation Rud.,et Railliet (5) y avait
également annexé D. pellucidum v. Linst. Cette manière de
comprendre le genre Cephalogonimus dans un sens extensif, a
été acceptée par Monticklli (6), puis par Stiles et Hassall (7).
Mais en 1899, indépendamment l'un de l'autre et presque en
même temps, M. Luhe (8) et Looss (9) ont exclu du genre
Cephalogonimus les deux espèces précédentes et ont créé pour
elles un nouveau genre : Prosthogonimus Lûhe = Prypnoprion
Looss. Voici les caractères distinctifs invoqués par Looss pour
établir cette division :
Genre Cephalogonimus Poirier.
Ventouse ventrale très petite,
Vésicule séminale renflée ,
Testicules médians,
Ovaire non lobé.
Genre Prymnoprion (10) Looss.
Ventouse ventiale développée,
Vésicule séminale grêle,
Testicules latéraux,
Ovaire profondément lobé.
(1) A. Looss. Weiter© Beitrâge zur Kenntnis der Trematoden-Fauua ^Egyp-
tens, etc.. (Zool. Jahrb. Syst. 1899. XII, p. 521).
(2. J. Poirikr. Trématodes nouveaux ou peu connus [Bull. Soc. philom. 1886, (7',
X, p. 2V.
(3) A. Looss, hc. cit.
(4) Sonsino. Un nuovo Distoma del sottog. Polyorchis St. [Proc. verb. Soc.
tosc. Sci. nat. 1890).
(5) Railliet Traité de zoologie médicale et agricole. 2» édition. 1895, p. 369.
(6) Monticelli. Stud. s. Trematod. endop. Prim. contrib. Distoiu. [Zool. Jahrb.
1893, p. 157).
(7) Stiles and Hassall. Au inventory on the gênera, etc.. {Arc h. Parasit. 1898,
I, p. 85).
(8) M. Luhe. Z. Kennt. einig. Distom. [Zool. Ans. 1899. XX, p. 539).
'9) A Looss, loc. cil.
(iCTi J'emploie ici le terme Prymnoprion, parce qu'il s'agit des caractères donnés
par Looss ; mais c'est Prosthogonimus qui a la priorité.
38 SÉANCE DU 15 FÉVRIER 1910
Au moment où cette distinction a été fondée, le genre
Gephalogonimus au sens de Looss ne comprenait qu'une seule
espèce, celle de Poirier. Il est remarquable de constater que
les deux espèces découvertes dans la suite ont donné raison à
Looss, car elles ne montrent pas de fluctuation des caractères
que Looss avait considérés comme fondamentaux du genre. 11
faut également remarquer, maintenant que les deux groupes
sont suffisamment étendus, que Céphalogonimines et Prostho-
gonimines se distinguent également par leur habitat ; les
seconds sont exclusivement parasites des Oiseaux; les premiers
sont parasites des Vertébrés à sang froid, et on en connaît
maintenant dans les trois classes ; mais on ignore encore com-
plètement leur évolution.
XVII0 ASSEMBLÉE GENERALE ANNUELLE
Séance du 22 février 1910.
PRÉSIDENCE DE MM. N. DE ZOGRAF, PRÉSIDENT D'HONNEUR,
ET H. COUTIÈRE, PRÉSIDENT.
Sont présents : MM. Alluaud, de Beauchamp, Benoit-Bazille,
M"0 Bignon, MM. R. Blanchard, Brément, Mmr Chatton,
MM. Chatton, Clément, Cou itère. Cuénot, Derreuil, A. Dollfus,
Dyé, Fauré-Fremiet, Cadeau de Kerville, Germain. Grobon,
Dr Gromier. Gromier, Hallez. Hérouard. Joubin, Lamy, Loyer,
Lucet, Marchal, Menegaux, Neveu-Lemaire, Mme Ollivier,
MM. Pellegrin, Pérez, Mmo Petit, Mlle Petit, MM. Petit, Pic,
Policard, Reyckaert, Mmc Rorert,, MM. Robert, Semichon ,
Trouessart, Vignal, Vlès, A. de Zograf, N. de Zograf. A. de
ZULUETA.
M. H. Coutière, président, souhaite la bienvenue à M. le
professeur Nicolas de Zograf, de l'Université de Moscou, direc-
teur de la section zoologique du Musée polytechnique, président
d'honneur de l'Assemblée générale de 1910.
M. le professeur N. de Zograf, président d'honneur, prononce
le discours suivant :
« Mesdames, Messieurs,
Je regrette infiniment de ne pas pouvoir parler en bon fran-
çais, cette laugue si musicale, si élaborée, la langue des Balzac,
Flaubert, Victor Hugo, Daudet. Mais cela ne m'empêche pas
de vous exprimer les sentiments de ma plus profonde gratitude
pour ce grand honneur que vous m'avez fait, pour ce grand
plaisir que vous m'avez offert en me permettant de visiter
encore une fois Paris, cette capitale du génie et de la science.
40 SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910
C'est à Paris que j'ai suivi les cours de Claude Bernard, de
Quatrefages, Paul Broca, Alphonse Milne-Edwards ; c'est à
Paris qu'a fait ses études mou regretté maître, le professeur
Anatole Bûgdanov, disciple d'Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire,
de Flourens et de Gratiolet.
Et c'est à Paris, en présence des savants français, que je
désire rendre compte, pour ainsi dire, de ce que nous, qui
comptons parmi nos maîtres les noms glorieux de la France,
avons fait en zoologie à Moscou.
Les sciences naturelles sont venues en Russie par l'intermé-
diaire des Allemands. La Russie n'avait jusqu'au xvuie siècle
que des savants théologiens gréco-byzantins, et les premiers
fondateurs de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg,
ouverte par l'Impératrice Catherine F", sont venus d'Allemagne.
Il en est de même pour les premiers professeurs de la plus
ancienne des Universités russes, celle de Moscou, fondée en
1755 par l'Impératrice Elisabeth. Quoiqu'il y ait eu parmi les
savants russes d'origine allemande de grands savants, des
noms glorieux, comme ceux des Pallas, Caspar-Frédéric Wolf,
Charles-Ernest de Baer, Pander et autres, la science ne se
répandait pas dans le pays, restait loin du peuple, ne devenait
pas nationale.
C'est surtout à l'aide d'un Français qu'elle a commencé à
devenir un trésor national, et en vous rappelant ce fait je me
permets encore une fois d'exprimer les remerclments d'un
grand groupe de savants russes aux savants français.
Ce Français, c'était Charles-François Rouillet, professeur à
l'Université de Moscou, homme d'un grand talent et d'une
érudition exceptionnelle. C'estlui qui a fondé la première école de
zoologie russe, et c'est le premier pionnier qui a dirigé les
forces savantes russes pour secouer le joug de nos confrères
allemands. Ses disciples, principalement le professeur
Bogdanov, continuèrent cette lutte, et l'ont finie avec un succès
si décisif, que nous ne nous souvenons plus à présent de cette
période de lutte pour la nationalisation de la zoologie, quoi-
qu'elle ne soit pas très éloignée.
Rouillet enseig-nait dans un temps où on se souciait encore
peu des musées, des laboratoires. Ce sont ses disciples qui
ont été les premiers fondateurs de ces établissements : Bogda-
nov, du Laboratoire zoologique; le même et Oussov, du Jardin
zoologique ; Borsenkow, de l'Institut d'anatomie comparée.
N DE ZOGRAF
J3ro/i:i\r,-/u' a l'Université de-Moscou
Président d'Jïo7meur
ae faSociete Zooloaiaue </<■ France en ffllO
.; Scîratzpnberger.Pans.
SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1010 41
A présent, notre ville possède déjà un nombre assez grand
d'institutions zoologiques, et je vais avoir le plaisir de vous faire
connaître quelques-unes d'entre elles.
Il y a huit ans, les institutions zoologiques de l'Université
de Moscou ont été transférées dans un nouveau grand bâtiment.
Cet édifice renferme l'Institut d'anatomie comparée, dirigé par
le professeur de Menzbier, le laboratoire de zoologie dirigé
par moi, et le Musée zoologique avec un laboratoire dirigé
par le professeur Kojévnikov. Cet édifice renferme les salles
pour les travaux pratiques de zoologie et d'anatomie comparée,
les laboratoires pour les études spéciales, ainsi que deux am-
phithéâtres, un pour 300, l'autre pour 100 étudiants.
La zoologie et l'anatomie comparée sont enseignées par trois
professeurs, M. de Menzbier, moi et M. Kojévmkov, et par neuf
professeurs agrégés. M. de Menzbier est aidé par un chef de labo-
ratoire et deux assistants, moi de même; M. Kojévnikov a
deux conservateurs pour le musée et deux assistants pour le
laboratoire. M. de Menzbier fait les cours d'introduction à la
zoologie, de zoologie des Vertébrés et d'anatomie comparée
des Vertébrés ; j'enseigne l'embryogénie générale, la zoologie
expérimentale, l'histoire de la zoologie et la zoologie pour les
médecins; M. Kojévnikov, la zoologie des Invertébrés, la zoo-
géographie et la théorie darwinienne. Les professeurs agrégés
ou privat-docents font pour la plupart des cours spéciaux. Les
leçons pratiques sont très abondantes. Les salles du nouveau
bâtiment ne sont pas assez vastes; c'est pourquoi on doit former
des groupes ne dépassant pas 25 étudiants. Grâce à cet obs-
tacle fâcheux, nos chefs de travaux et assistants sont encombrés
de travail, et nous faisons tous les efforts possibles pour rendre
leur tâche moins difficile.
En mon laboratoire, les leçons pratiques comprennent des
leçons primaires pour les commençants, durant un an, pour
faire connaître les formes typiques du règne animal. Une autre
année est employée pour apprendre la zoologie des Invertébrés
et l'embryologie. Les étudiants qui se spécialisent en zoologie
suivent un cours au laboratoire spécial, qui dure deux ans. Le
plus souvent ils choisissent quelque thème spécial, et quelque-
fois leurs travaux présentent un intérêt particulier et viennent à
être publiés dans quelque journal spécial.
Outre cela, les étudiants se rassemblent environ deux fois
par mois dans des séances pour entendre une communication
42 SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910
lue par leur collègue et discuter la question soulevée par le
rapporteur.
Mon laboratoire pour les études spéciales est approprié pour
12 spécialistes, mais à présent il y a 25 étudiants. Les autres
laboratoires éprouvent les mêmes difficultés, qui s'expliquent
par le nombre immense des étudiants à l'Université. Les quatre
Facultés de l'Université de Moscou comptent, au 1er janvier de
Tannée 1910, plus de 10.000 étudiants.
Le Musée polytechnique est un autre établissement de Moscou,
où la zoologie joue un rôle très important. Le Musée a été
fondé en 1874 et Bogdanov était parmi ses fondateurs. Le Musée
est dirigé par un comité sous la présidence d'honneur du
grand-duc Constantin, présidé par le prince Golitzine. Il em-
brasse six sections : technologie, physique appliquée, économie
rurale, zoologie appliquée, art des ingénieurs et pédagogie
technique. Sou bâtiment est long de 197 mètres et large de 51.
Nos collections zoologiques occupent une surface dépassant
1.200 mètres carrés.
Quoique la section zoologique renferme principalement des
collections de caractère appliqué, elle possède quelques col-
lections purement scientifiques. Telle est, par exemple, la belle
collection des Oiseaux de la Russie centrale, achetée chez les
héritiers du défunt Martens. Les collections se divisent en
groupes suivants : chasse, animaux domestiques avec les beaux
ossements lacustres de Suisse achetés chez le défunt Rutimeyer.
pêche, pisciculture, aquiculture, sériciculture, apiculture,
parasitologie, entomologie pratique, etc. Le voisinage des col-
lections de zootechnie et de sylviculture de la section d'éco-
nomie rurale permet une transition naturelle dune section à
l'autre.
A présent la section zoologique est sous ma direction. J'ai
été aussi le premier conservateur de la section.
Le Musée possède sept amphithéâtres, un pour 1 .000, un pour
450, deux pour 200, un pour 150 et deux pour 70 auditeurs.
Dans ces amphithéâtres se fout les cours de l'Université popu-
laire de la municipalité, d'une autre Université populaire, de
l'Ecole des hautes études pour les dames, du Musée polytech-
nique. C'est ici aussi qu'est le siège de plusieurs Sociétés
scientifiques de la vieille capitale.
Le nombre des visiteurs du Musée dépasse 160.000 par an.
Si on compte aussi les auditeurs des cours et des séances, ce
chiffre va monter jusqu'à 400.000.
séance ni: 22 février 1910 43
Le Musée polytechnique est une entreprise tout à fait démo-
cratique, indépendante de l'Etat et subventionnée par ce dernier
et par la ville 1res médiocrement. Il montre ce qu'on peul
l'aire à Moscou avec assez d'énergie et le talent qui distinguait
ses premiers fondateurs.
L'Ecole des hautes études pour les dames, qui compte à
présent plus de 4.000 étudiantes, est devenue une vraie Uni-
versité féminine. Elle commence seulement de bâtir ses nou-
veaux édifices et possède de précieux laboratoires pour la
chimie et la physique, un admirable institut anatomique, mais
ses laboratoires zoologiques se trouvent encore dans une mai-
son louée et sont placés assez lamentablement. Mais ces labo-
ratoires travaillent intensivement et assidûment. La zoologie
est enseignée à l'Ecole par quatre, l'embryologie et l'anatomie
comparée par trois professeurs. Les collections, quoique encore
modestes, sont très intéressantes, surtout la belle collection du
darwinisme, la meilleure en Russie. Les professeurs et les
assistants sont principalement les jeunes professeurs agrégés
de l'Université de Moscou, et leur verve pour le travail est
hors de concours.
La zoologie est encore enseignée à l'Université populaire, à
TEcole de médecine pour les dames, mais ces institutions sont
encore si jeunes, que nous ne pouvons pas encore donner un
rapport de leurs travaux.
L'Institut d'économie rurale de Pétrovskoïé Razoumovskoïé,
près de Moscou, possède un bon et riche laboratoire zoologique,
accompagné par un musée de zoologie agronomique, dirigés
par le professeur Koulaguine. Il est aidé par un conservateur
et deux assistants.
Moscou possède une série de Sociétés savantes, qui ont dans
leur programme les études et les investigations de zoologie.
L'aînée de ces Sociétés, la Société impériale des natura-
listes, âgée de plus de cent ans, célèbre dans le monde entier,
possède de belles collections entomologiques et malacologiques,
et publie beaucoup de travaux zoologiques et paléontologiques.
Ses publications, écrites principalement en allemand et en
français, dans ces derniers temps aussi en russe, sont très
importantes, et les « Bulletins » de la Société sont très recher-
chés par tous les savants du monde entier. Ces « Bulletins » , ainsi
que les « Mémoires » de la Société, sont à présent rédigés par
le professeur m: Menzrier.
44 SÉANCE I>U 22 FÉVRIER 1910
En 1863. quand la Société impériale des naturalistes se
trouvait encore dans les mains des savants allemands et ne
publiait pas des publications russes, un groupe de savants
naturalistes, ayant à leur tète les professeurs de l'Université de
Moscou Bogdanov, Davidov et Stchourovsky, fonda une nouvelle
Société scientifique, la Société impériale des amis des sciences
naturelles, d'anthropologie et d'ethnographie. Les fondateurs
de la Société soutenaient le principe, que la science ne peut
devenir nationale que si ses œuvres se publient en langue
nationale, et ce principe, au moment d'un grand mouvement
patriotique dans le pays, a apporté à la Société un grand
succès.
En une vingtaine d'années, la Société est devenue une vraie
Académie avec des sections : anthropologie, ethnographie,
chimie, physique, zoologie, botanique, géographie, géodésie,
bactériologie. Outre ses mémoires qui ont dépassé le chiffre d'une
centaine de volumes, elle publie des publications périodiques.
Tels sont la « Revue d'ethnographie », la « Revue d'anthropolo-
gie », le « Journal de géographie ». Le Ie' janvier de cette année
a paru la première livraison d'une nouvelle publication pério-
dique. C'est le « Journal biologique » publié par la section
zoologique de la Société. C'est cette section que j'ai l'honneur
de présider. Mais ce journal est en dissonance avec les autres
publications de la Société. Les articles qu'il publie peuvent
être écrits en français, allemand ou anglais, pourvu qu'ils
soient suivis d'un résumé en russe. Les articles écrits en russe
doivent aussi être suivis d'un résumé écrit dans une des sus-
dites langues.
A présent, nous n'avons plus besoin de lutter pour la natio-
nalisation de notre science, et le nombre de nos naturalistes
est devenu si grand que le dernier Congrès des naturalistes
russes qui a eu lieu à Moscou, pendant les dernières fêtes de
Noël, comptait 5.338 membres.
J'ai l'honneur de vous présenter cette livraison et vous y
trouverez des articles russes, suivis de résumés français et
allemands, et des articles français et allemands, suivis de ré-
sumés russes.
La troisième grande Société naturaliste de Moscou, c'est la
Société impériale russe d'acclimatation des animaux et des
plantes. Elle compte déjà plus de cinquante ans et peut être
considérée comme une Académie des sciences naturelles ap-
pliquées. Elle est composée des sections de zootechnie, orni-
SÉANCE Dl' 22 FÉVRIER 1910 45
thologie, ichthyologie, apiculture, botanique appliquée, bacté-
riologie agronomique. C'est cette Société qui a fondé en 1864
le premier et l'unique Jardin zoologique de Russie. Dans ce
jardin se trouvent les principaux établissements et l'hôtel de
la Société.
Le Jardin zoologique, quoique modeste et peu riche, ren-
ferme quelques animaux très rares, principalement ceux qui
proviennent de la Sibérie, de l'Asie centrale russe, de la Mon-
golie et de la Chine septentrionale. Tels sont, par exemple, les
Cerfs de Sibérie, le Léopard neigeux et le « Tour» du Caucase,
l'Irbis de Transcaucasie, le Cheval sauvage de la Mongolie,
le Cheval nu d'Afghanistan, les Loups noirs, les Renards
blancs, etc. Le Jardin fait beaucoup d'expériences de métissage,
surtout pour suivre les célèbres lois de MeiNDEL ; il entreprend
aussi des expériences pour acclimater les animaux et les plantes.
Notre climat rude, surtout les brusques changements de la
température, souvent impossibles à prévoir, forment un obstacle
qui empêche l'élevage des animaux et leur acclimatement.
Ainsi, l'année passée, le 24 décembre, après un changement
brusque de la température, qui, de — 4° au matin, a baissé
jusqu'à — 29° l'après-midi, nous avons perdu un Chameau
nouveau né, une Antilope, et notre intéressant Cheval nu a été
à grand'peine sauvé d'une pneumonie aiguë.
La Société d'acclimation possède, outre le Jardin zoologique,
le laboratoire zootechnique, le laboratoire de bactériologie agro-
nomique, le rucher modèle dans la forêt d'Ismaïlovo, le labora-
toire ichthyobiologique avec un aquarium. Ce dernier labora-
toire, bombardé et brûlé pendant l'insurrection de Moscou,
en 1903, fut reconstruit grâce à la protection de Sa Majesté
l'Empereur et à la générosité du Parlement russe, la Douma,
sur une autre place et présente un grand bâtiment très bien
installé. La Société possède aussi à la distance de presque
100 kilomètres de Moscou, près de la petite ville de Rouza,
une station hydrobiologique sur les bords d'un lac résiduel de
Vàge des glaciers, le Lac profond, en russe Gloubocoïé Ozero.
C'est la plus ancienne des stations lacustres de la Russie.
Je ne veux pas passer sous silence une Société très modeste,
la Société des étudiants naturalistes de Moscou, qui travaille
beaucoup en zoologie en organisant principalement des excur-
sions dans les parties de la Russie les plus intéressantes. Ainsi
elle a visité les marais presque impraticables de la Russie
blanche et la Lithuanie. le plateau de Karss en Transcaucasie,
rlf> SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910
les monts Oural, les steppes des cosaques du Don, etc. Ses
collections sont déterminées par les meilleurs spécialistes russes
et présentent un grand intérêt scientifique. J'ai l'honneur de
présider cette Société et elle m'a prié d'offrir à la Société zoo-
logique de France ses modestes publications.
La Société impériale russe d'acclimatation des animaux et
des plantes m'a chargé aussi, comme vice-président de la dite
Société, d'offrir à la Société zoologique de France ses dernières
publications et de remettre à son éminent président, M. le
professeur Coutière, le diplôme de membre d'honneur et à
son savant secrétaire général, le docteur Rorert, le diplôme de
membre perpétuel.
C'est en remplissant cette mission de la Société que je ter-
mine ce petit rapport et en finissant je prie la Société zoolo-
gique de France d'agréer encore une fois mes sentiments de
la plus sincère gratitude et du plus profond respect. »
M. le Président d'honneur remet à M. R. Blanchard le
diplôme de membre d'honneur de la Société impériale d'accli-
matation de Moscou et dépose des diplômes semblables pour
MM. Y. Delage et E. Perrier.
M. le professeur L. von Graff télégraphie ses vœux pour la
XVIIe assemblée générale ; M. Olivier s'excuse par dépèche;
M. le professeur E. Yung, retenu à Genève par la construction
du nouvel Institut zoologique, adresse ses vœux pour la Société,
pour M. le président d'honneur et M. «le président, ainsi que
pour MM R. Blanchard et Gadeau de Kerville.
Conformément à l'article XIV des Statuts, M. Vignal, tréso-
rier, rend compte de sa gestion pendant Tannée 1909 et adresse
des remercîments à M. J. Reyckaert, agent de la Société, pour
son dévoué concours.
En l'absence de M. Bavay, excusé pour raison de santé,
M. Semichon donne lecture du rapport suivant, au nom de la
commission de vérification des comptes :
« La vérification des comptes de la Société montre avec
quelle exactitude ils sont tenus. Les écritures sont parfaitement
en règle, sans aucune erreur de chiffre, ni d'imputation et
chaque dépense est appuyée de la pièce justificative.
« Notre situation actuelle est satisfaisante, bien que les
dépenses, en 1909, aient dépassé de 441 francs les recettes. Il
SÉANCE DU 22 FÉVRIER t9K) 47
faut considérer, en effet, que la publication des Mémoires de
1908 (Lamarck, le fondateur du transformisme), a absorbé à
elle seule 3.183 fr. 05 en 1909, tandis que le produit de cet
ouvrage n'atteignait, au 31 décembre, que 1.137 fr. 50. Le
sujet du livre en assure la vente prolongée, qui viendra
augmenter les recettes de 1910 et pourra compenser le fléchis-
sement actuel de notre encaisse.
« JXous proposons que des remerclments soient votés à notre
excellent trésorier, M. Vignal. »
Cette proposition est adoptée a l'unanimité et chaleureuse-
ment applaudie.
M. Semichon ajoute qu'il s'associe à l'éloge que M. Vignal
vient de faire de notre agent dévoué M. Reyckaert.
M. E. Chatton, rapporteur de la commission du prix Malo-
tau de Guerne, donne lecture du rapport suivant :
« Messieurs,
Pour la quatrième fois, vous allez être appelés à décerner le
prix triennal Malotau de Guerne, qui doit être attribué cette
année, selon les termes mêmes du règlement, « à des travaux
de zoologie portant sur les animaux terrestres ou d'eau douce ».
La Société ayant couronné voici neuf ans, les travaux herpé-
tologiques de notre collègue M. Raymond Rollinat, votre
commission a pensé se conformer aux vœux du fondateur du
prix, dont l'absence en cette occasion nous est à tous particu-
lièrement sensible, en proposant à vos suffrages un zoo-
logiste qui exerce son activité dans le domaine des eaux
douces. Elle a été unanime à distinguer notre collègue M. Paul
de Beauchamp.
M. Paul de Beauchamp est un fidèle de nos séances et de nos
publications, auxquelles il a apporté la majeure partie de ses
travaux, nous tenant ponctuellement au courant de ceux qu'il
donnait à d'autres périodiques, selon la coutume familiale qui
s'est implantée dans nos réunions et qui n'en est ni la moins
attrayante ni la moins profitable.
Vous connaissez donc bien les travaux de notre collègue et
vous avez assisté à leur progressif développement depuis
l'époque où, aux premières prises avec une aride bibliogra-
phie, il la caricaturait dans notre Bulletin, sous l'œil paternel
de notre secrétaire général.
Bull, de la Soc. Zool. de Fr. 1910. xxxv — 6
48 SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910
Beaucoup d'entre nous ont fait leurs premiers pas dans l'ob-
servation de la nature en collectionnant des coquilles
« vivantes ou mortes », en piquant des Insectes, voire en
séchant des plantes. M. de Beauchamp, lui, jeta son dévolu sur
des êtres d'un abord moins facile et d'une conservation peu
aisée, les Rotateurs, dont l'étude était alors quelque peu
délaissée dans notre pays. Lorsqu'en 1903, il vint à la Société
zoologique, il y connut Certes, en qui il trouva, pour trop peu de
temps, vous le savez, un maître en micrographie et un ami.
L'étude des Rotifères, fût-elle purement morphologique,
demande la pratique des méthodes les plus délicates d'anes-
thésie, de fixation et de coloration vitale. 11 tenait ces der-
nières de Certes, qui en fut avec Henneguy l'initiateur. Notre
collègue tira les autres de sa propre expérience, et nous lui
devons une modification de la méthode de Rousselet à l'acide
osmique et au formol, qui permet d'anesthésier et de fixer
avec précision, sur le lieu môme de la pêche, toute la masse
des organismes récoltés, procédé précieux, grâce auquel il est
désormais possible de recueillir en mission, nombre d'animaux
contractiles qui concourent à caractériser les faciès limnobio-
logiques, et qui jusqu'ici se retrouvaient méconnaissables dans
les collections des explorateurs. M. Alluaud et M. Gadeau de
Kerville ont pu ainsi rapporter de leurs voyages de très
importants échantillons de pèches en eau douce, actuellement
à l'étude.
De l'exploration méthodique des eaux douces des environs
de Paris et de ceux de Roscoff, de la région des Dombes, des
étangs saumâtres du Languedoc, d'excursions aux lacs alpins
et aux Pyrénées, d'apports venus de la Catalogne et de l'Al-
sace françaises, notre collègue a réuni une série de documents
qui sont parmi les contributions récentes les plus importantes
à la faunistique de notre pays.
C'est d'abord la découverte au Vaux-de-Cernay, d'une espèce
nouvelle du genre Drilo/jhaga, D.delagei. Rotifère parasite de
l'Hirudinée Herpobdella octoculata. L'étude comparée de cette
forme et d'un autre parasite Pleurotrocha parasilica, qui vit
sur l'Oligochète Stylaria lacustris, révèle des caractères de
convergence dus à la similitude d'existence : réduction des
cercles ciliaires, allongement du mastax qui sert à la fixation
sur la peau de l'hôte, disparition des glandes digestives, tous
caractères plus accentués chez Drilophaga, plus étroitement
lié à son hôte que Pleurotrocha.
SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910 49
Du plankton d'un étang des Dombes, notre collègue étudie
un genre nouveau de Notommatidés, Proalides tentaculatus et
une variété du Rattulus cylindricus ; des marais saumâtres de
Saint-Jean-de-Luz, une forme nouvelle de Proaies, une autre
du genre Notommata, habitant benthique des étangs de Cha-
ville. Tout récemment, il découvre dans un lapiaz aux environs
des grottes de Saint-Antoine-de-Galamus, dans les Pyrénées-
Orientales, une espèce nouvelle de Philodine, Philodina inter-
media, qui permet de comprendre la filiation à partir des
Philodinides, des Bdelloïdes aberrants découverts par Murray
et qui constituent la famille jusqu'alors isolée des Microdinides.
Les mâles des Rotateurs sont, vous le savez, fort dégradés,
de taille très réduite, d'existence éphémère et sporadique, et
malgré cela d'allure très vive. Pour toutes ces raisons, ils sont
fort peu connus. Celui d' 'Eosphora digitata n'avait jamais été
observé. M. de Beauchamp a constaté qu'il est parmi les rares
qui ne soient pas complètement déshérités. S'il n'a plus d'anus,
ni de mastax, il a encore au-dessus du testicule un estomac,
et sa taille n'est pas beaucoup au-dessous de celle de sa fe-
melle.
Outre l'étude très soignée de ces formes nouvelles, M. de
Beaucbamp a publié dans notre Bulletin deux listes de Ro-
tifères, observés en France, nomenclature un peu morte, que
nous souhaitons voir s'épanouir bientôt en un synopsis illustré
des Rotifères de notre pays, travail dont l'auteur possède dès
maintenant tous les éléments.
Pour clore cet important chapitre de faunistique, signalons
la présence à Orsay de Plagiostoma lemani, et dans l'étang de
Trivaux, à Meudon, de Polycelis felina, Planaires souvent con-
sidérées comme faisant partie de résidus glaciaires, opinion à
laquelle l'auteur n'est pas favorable.
Nous placerions ici, si le règlement ne nous avait obligé à
les écarter de nos préoccupations, une étude sur les Cestodes
des Sélaciens et un essai sur les conditions d'existence des
êtres dans la baie de Saint-Jean-de-Luz.
Il est beaucoup d'animaux dont la résistance, l'opacité et
aussi le luxe ornemental de leur revêtement sont une excuse
au taxinomiste de ne pas pénétrer plus loin dans leur orga-
nisation, et même de ne considérer de certains d'entre eux que
ce qui leur sert de maison.
Les Rotateurs, eux, offrent de prime abord toute leur inti-
mité à celui qui les recherche, mais ils ont aussi des exigences
50 SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1010
supérieures. Nous pouvons dire que M. de Beauchamp y a sa-
tisfait plus complètement que la plupart de ses devanciers.
Ses descriptions systématiques sont en même temps de scrupuleu-
ses monographies anatomiques qui ont été elles-mêmes le point
de départ d'études comparées. Grâce aux colorants vitaux,
notre collègue décèle chez la plupart des Rotateurs un appareil
à peine entrevu jusqu'alors, « l'organe rétrccérébral », glandes
cutanées particulièrement développées chez les formes primi-
tives. Si le rôle et les homologies de ces glandes sont énigma-
tiques, elles offrent par leurs connexions constantes avec l'œil
et le cerveau et par la situation apicale de leurs orifices, un
point de repère pour l'interprétation morphologique de l'appa-
reil ciliaire, dont l'étude est susceptible d'éclairer les relations
des Rotifères avec les autres groupes de Vers.
Des faits trop peu nombreux et des spéculations trop rédui-
santes avaient fait attribuer aux Rotifères un appareil ciliaire
fondamentalement composé de deux couronnes, le trochus et le
cingulam, exactement comparables à celles des larves des Vers
et des Mollusques. Une étude minutieuse de Rotifères de di-
verses familles a montré à M. de Beauchamp que ces couronnes,
d'ailleurs inconstantes et pas toujours homologues, ne cons-
tituent pas une disposition primitive, mais une différenciation
secondaire d'une aire circumapicale uniformément ciliée. Les
diverses variations de cet appareil sont sous l'influence directe
du mode de vie des espèces. Ici l'éthologie domine la morpho-
logie et l'auteur l'exprime lui-même dans cette conclusion qui
témoigne d'une enthousiaste assurance : « Au lieu de chercher
entre toutes ces formations des homologies qui ne sont pas
réelles, car elles ne dérivent certainement pas toutes d'un type
commun différencié comme la fameuse « double couronne »,
on ferait beaucoup mieux de mettre en évidence les procédés
morphologiques et les conditions mécaniques et biologiques
semblables qui sont arrivées à les produire analogues aux
dépens d'une ciliation originairement indifférenciée. »
Chez les Rotifères comme chez les Arthropodes, les Mol-
lusques, les Vertébrés, le régime et les mœurs d'un animal
se reflètent dans la conformation de son armature buccale.
Notre collègue s'est attaché à mettre ces relations en évidence
dans tous ses travaux, et l'étude du mastax, associée à celle de
la physiologie de la digestion, constitue la plus grande partie
de sa thèse de doctorat ès-sciences.
Messieurs, le règlement du prix de Guerne nous commande
SÉANCE DU 2*2 FÉVRIER 1910 51
de nous arrêter au seuil de cet important mémoire, qui a été
jugé et sanctionné par le jury de la Faculté des sciences. Les
travaux que votre commission vieut d'examiner lui ont paru
justifier pleinement le choix qu'elle soumet à votre approba-
tion. »
Les conclusions de ce rapport sont adoptées par acclamation.
M. Paul Marais de Beauchamp est proclamé lauréat du prix de
Guerne.
M. de Beauchamp adresse ses remercimenls à la Société, à la
commission et à son rapporteur, et annonce qu'il se fait
inscrire comme membre à vie.
M. Coutière, rapporteur de la commission du prix Secques,
donne lecture du rapport suivant :
« Messieurs,
M. Alexandre Mathiaux est géomètre de lro classe du service
topographique à Madagascar; il réside à Tananarive, mais les
nécessités de son service l'obligent à de continuels déplace-
ments et lui fournissent à chaque instant l'occasion de s'inté-
resser aux choses des sciences naturelles.
D'abord commis des atfaires indigènes à la Côte d'Ivoire, en
1894-95, il n'a cessé depuis cette époque de faire des envois
au Muséum avec un zèle et une persévérance dignes des plus
grands éloges. Non seulement ses envois, très nombreux, ont
apporté une notable contribution à la faune malgache, surtout
au point de vue entomologique, mais ils sont faits avec un soin
et une perfection qui révèlent un véritable naturaliste, et l'on
sait combien ce sont là des conditions précieuses pour que
l'on puisse tirer des matériaux zoologiques un utile parti.
Ses collections ont pu, à ce titre, figurer à Liège dans les
sections agricole et coloniale, de môme qu'à l'exposition colo-
niale de Marseille, où elles ont été très remarquées.
La commission a pensé qu'il était de son devoir d'encoura-
ger de tels services dans la mesure de ses moyens, en décernant
à M. Mathiaux le prix Secques. Le règlement de ce prix spécifie
qu'il ne sera pas donné aux voyageurs à qui leurs missions
réservent de plus grands avantages. M. Mathiaux n'ayant jamais
reçu d'autre encouragement à ses patients efforts que la satis-
faction de ses goûts de naturaliste, remplit particulièrement
cette condition. »
52 SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910
Les conclusions de ce rapport sont adoptées à l'unanimité.
M. Alexandre Mathiaux est proclamé lauréat du prix Secques.
M. le président annonce que la médaille qui constitue ce
prix sera frappée à son nom.
M. le professeur N. de Zoghaf est délégué pour représenter
la Société au jubilé semicentenaire de la Société entomologique
de Russie, qui aura lieu à Saint-Pétersbourg le 11 mars pro-
chain.
M. le Dr Para, demeurant à la Ferté-Alais (Seine-et-Oise),
est présenté par MM. Blanchard et Coutière.
Le secrétaire général annonce que la séance pratique aura
lieu le 23 février, à 5 heures après midi, au laboratoire de
M. Delage, à la Sorbonne, et que M. le professeur N. dk
Zograf fera dimanche prochain, 27 février, à 2 heures, dans
l'amphithéâtre de la galerie de zoologie, au Muséum, sous les
auspices de la Société centrale d'aquiculture et de pèche, de
la Société nationale d'acclimatation de France et de la Société
zoologique de France, une conférence avec projections sur :
« L'acclimatation en Russie et le Congrès de 1908 à Moscou.
La réforme des pêcheries en Russie ».
M. Fauré-Fremiet fait une communication sur la permanence
des mitochondries, qui se divisent en même temps que le
noyau et passent ainsi dans les cellules-filles.
M. Hallez fait une communication sur les Némertes d'eau
douce.
M. Joubin décrit une jeune Spirille de 5mm de longueur
provenant du plancton de 3 000 m. de profondeur, recueilli par
S. A. S. le prince de Monaco. Cette très intéressante larve
présente une coquille tout entière interne, des nageoires laté-
rales, des yeux non saillants, des bras tous égaux.
* *
Le mercredi 23 février a lieu dans l'amphithéâtre de zoologie,
à la Sorbonne, la séance de démonstration, sous la présidence
de MM. N. de Zograf et Coutlère.
« MUe Chevroton et M. Vlès présentent des films cinémato-
graphiques du développement de l'Oursin, expériences dont la
SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910 53
technique et l'interprétation ont été décrites antérieurement(l).
Ces films représentent la segmentation depuis la fécondation
jusqu'à la mise en liberté de la blastule ; divers stades de
larves libres (blastule, gastrule, Pluteus) ; et enfin divers points
intéressants de la fécondation et de la première division.
Mne Chevroton et M. Vlès présentent également divers films
montrant les mouvements d'une Bipinnaria et de Dicyémides
de la néphridie du Poulpe ; ceux-ci sont remarquables par les
ondes ciliaires qu'ils offrent, principalement dans la région de
la coiffe, et que le cinématographe a enregistrées avec une grande
netteté. »
M. Fauré-Fremiet présente des préparations de mitochon-
dries en voie de division, des préparations et des photographies
d'Opercularia notonecta.
« M. E. Chat TOiN montre des préparations de l'Amibe nouvelle
découverte par lui sur les branchies des Labres, Amœba muci-
cola. Il attire l'attention sur le mode de division de cette Amibe,
qui est une promitose avec centrioles et centrodesmose. Il
montre aussi des préparations de Trypanosomides parasites
intestinaux des Drosophiles. Leptomonas drosophilœ et Trypa-
nosoma drosophilœ Chatton. »
« M. Wintrebert présente les dissections qu'il afaites àl'aide
du binoculaire de Zeiss sur la voûte palatine de Salamandra
macidosa Laur. 11 montre particulièrement deux étapes de la
disparition du palatin pendant la métamorphose : dans l'une
le palatin, séparé du ptérygoïdien, a la forme d'un stylet étroit,
porteur d'une seule dent ; clans l'autre, il est réduit à deux
petits osselets microscopiques. Une autre préparation offre, en
entier et dégagé sans morcellement, un vomer d'adulte, qu'on
avait coutume de décrire, depuis les travaux deO. Hertwig (187 i i,
de Wiedersheim (1875), de Parker (1877), etc., comme com-
posé de deux fragments, un vomer et un palatin; le vomer pré-
senté ne montre, à un fort grossissement, aucune discontinuité,
mais un point de faible résistance, situé i\ l'union du tiers
antérieur et du tiers postérieur de l'apophyse dentée et carac-
térisée par une échancrure externe, un changement de direc-
tion, et le passage sur la face dorsale d'un gros vaisseau. De
(1) L. Chi-vroion et F. Vlés. La cinématique de la segmentation de l'œuf et la
chronophotographie du développement de l'Oursin [C. R. Ac. Sci., 8 nov. 1909).
54 SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910
ces recherches et de celles que l'auteur a poursuivies sur un
autre type de Salamandridae, Amblystoma tigrinum, se dé-
gagent les conclusions suivantes : 1° la partie antérieure du
ptérygo-palatin larvaire, appelée improprement palatin, dis-
parait pendant la métamorphose : son isolement n'est que la
première étape de sa régression ; 2° le voméro-palatin de
l'adulte n'est qu'un vomer. Chez SaZamandra, il est constitué
par le vomer larvaire, déplacé en arrière et en dedans de sa
situation primitive et s'accroissant en arrière par la naissance
de dents nouvelles, en avant et en dehors par calcification di-
recte du chorion muqueux. Chez Amblystoma, il se produit au-
dessus des dents larvaires, dont on peut apprécier le recul
durant la métamorphose, une histolyse complète de la lamelle
osseuse qui les porte et une reconstruction finale du vomer
sur un plan nouveau ; 3° le ptérygoïde larvaire reste presque
intact; cependant sa pointe s'aifine, se régularise et, après
l'isolement du palatin, se déplace en dehors du ptérygoïde carti-
lagineux, qu'elle bordait tout d'abord en dedans ; formé par
calcification directe du chorion chez la larve, à titre de prolon-
gement caudal de la plaquette palatine, il englobe presque
complètement le ptérygoïde cartilagineux chez l'adulte, en le
recouvrant d'une couche d'ossification périchondrale ; 4° le
rôle de cette queue ptérygoïdienne du palatin larvaire doit être
comparé à celui que joue l'apophyse montante du prémaxil-
laire ; toutes deux, par leurs connexions intimes avec le sque-
lette cartilagineux, s'opposent à l'arrachement des plaquettes
dentées auxquelles elles sont adjointes, arrachement que, saus
leur secours, les proies vivantes introduites dans la bouche ef-
fectueraient facilement. Le ptérygoïde de l'adulte renforce du
côté interne la gaine fibreuse des muscles masticateurs et forme
en particulier pour le muscle fronto-pariéto-maxillaire (tempo-
ral) une surface de glissement utile à son fonctionnement. Il
est continué vers le maxillaire, et, le long de celui-ci, vers le
cartilage antéorbital et le vomer, par de forts ligaments qui
représentent probablement, sur la tête élargie des Urodèles, la
partie palatine, cartilagineuse et osseuse, absente. »
M. Benoit-Bazille annonce que, à sa demande, M. Stiassme
met gracieusement à la disposition de la Société un statif
complet de sa construction , avec appareil d'éclairage et
revolver.
SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910 55
Aux applaudissements de l'assistance, M. le président adresse
à M. Stiassnie les vifs remerciments de la Société.
« M. Benoit-Bazille présente une série importante de pro-
jections de microphotographies en noir et en couleurs, concer-
nant la zoologie eu général et plus spécialement laparasitologie.
Ces microphotographies, toutes exécutées par M. F. Monpillard,
comprennent :
1° Un groupe nombreux de diapositives obtenues d'après les
préparations personnelles de M. Benoit-Bazille; parmi les-
quelles : un fragment de colonie de Cœnnrusserialis, un scolex
de Cœnitrus serialis à six ventouses vu de lace, une tète de
Glossina pallidipes montrant le détail des différentes pièces du
rostre (ces préparations ont été faites avec des matériaux pro-
venant du laboratoire de M. le professeur Railliet) ; deux Aca-
riens non encore décrits : une nymphe hypopiale et une larve
hypopiale à rostre atrophié, recueillies sur Musca domestica ; un
rostre cVArgas reflexus isolé; un Argas reflexus vu par transpa-
rence ; la face ventrale, la face dorsale du même Ixode, vues en
lumière réfléchie, etc. ;
2° La photographie d'une coupe de mamelon cancéreux,
renfermant des Démode x folliculorum ^préparation microscopique
de M. le Dr Borrel, de l'Institut Pasteur) ;
3° Une série de microphotographies concernant YAnky lostoma
duodenale et la pénétration des larves dans l'organisme humain
par la voie cutanée, les unes exécutées d'après les préparations
originales du Dr L. Looss, professeur à la Faculté de médecine
du Caire, les autres d'après les clichés obtenus avec ses pré-
parations personnelles par M. le Dr Herman, directeur de
l'Institut provincial de bactériologie du Hainaut. Les premières
comprennent des coupes à divers grossissements de poumon,
de larynx et de peau, renfermant des larves d\4. duodenale et
piovenaut d'un Chien, infesté par voie cutanée ; les secondes
montrent : a) une coupe de la peau de l'avant-bras gauche du
Dr Herman, passant par un follicule pileux, à la base duquel
s'est introduite une larve à'A. duodenale (expérience de con-
trôle dinfestation par voie cutanée exécutée en 190o par l'au-
teur sur lui-même) ; b) un œuf du même parasite, à quatre
blastomères ; c) des larves enkystées, demi-libres, libres.
Les préparations du Dr Looss ont été communiquées à
M. Benoit-Bazille par M. le I)r Calmette, directeur de l'Institut
Pasteur de Lille, et les clichés du Dr Herman, par l'auteur. »
56 SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910
*
* *
Le jeudi 24 février 1910, à 8 heures du soir, a lieu au
restaurant Champeaux le banquet annuel. Y assistent :
MM. Alluaud, de Beauchamp, Blanchard, Brarant, Charot,
Mme Cbatton, MM. Chatton, Coutière, Dautzeinrerg, Debrei.il,
A. Dollfus, Dyé, Fauré-Fremiet, M1u' Fedoroff, MM. Fockeu,
Gadeau de Kerville, Groron, Hallez, Hérouari», Lepeschkine,
Lucet, Mme Marchal, MM. Marchal, Neveu-Lemaire, Mm0 Olli-
vier, MM. Paris, Pellegrin, Petit, Pluche, Mme Policard, M. Poli-
card, M110 Reyckaert, M. Reyckaert, Mme Robert, MM. Rorert,
Trouessart, Vignal, Vlès, Mlle T. de Zograf, M110 V. de Zograf,
MM. A. de Zograf, N. de Zograf.
Au dessert, M. Coutière, président, porte un toast charmant
au président d'honneur.
M. de Zograf répond par l'allocution suivante :
« Mesdames et Messieurs,
Je me trouve dans une position des plus difficiles. Je désire
vous dire beaucoup de bonnes choses, mais je suis paralysé
par mon mauvais français. 11 n'y a qu'une chose qui me console,
c'est que si vous venez à Moscou et voulez prononcer un toast
en russe, vous vous trouverez, je pense, dans une position en-
core plus difficile.
On appelle mon pays le pays des Ours. Quant à moi, je de-
vrais alors me dire natif de la contrée des Sur-Ours (Uberbàr,
selon la terminologie de Nietsche), parce que ma ville natale,
Lubim, province de Yaroslavl, a dans ses armes deux Ours.
Cette ville, ainsi que Yaroslavl, a été fondée par le grand-duc
Yaroslav, grand chasseur d'Ours devant le bon Dieu. Yaroslav
est nommé dans l'histoire russe « le Sag-e ». Et il était vrai-
ment sage, puisqu'il prévoyait l'amitié, l'alliance franco-russe.
Dès le xic siècle, il a donné la main de sa fille Anne au roi de
France, Henri 1er. La reine Anne devait être jolie, puisqu'elle fut la
mère de Philippe le Beau et que, devenue veuve, elle fut enle-
vée par un vassal des rois de France, j'ai oublié lequel.
Vous voyez quel rapport il y a entre les Ours et les Français !
Je suis sur, Mesdames et Messieurs, que vous vous imaginez
les Ours russes comme des sortes de Grizzlys américains ou
d'Ours des Pyrénées. Mais vous avez tort. L'Ours russe est un
SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910 57
animal doux. A présent il dort dans sa tanière et suce sa patte
en sommeillant. Nous autres, les Russes, sommes aussi de
grands dormeurs et, comme pour éveiller les Ours, il faut
prendre beaucoup de peine pour nous éveiller. Mais quand on
éveille l'Ours, ou le Russe, il faut prendre garde à soi, si Ton
réussit à le réveiller.
Je n'ai rencontré l'Ours en liberté qu'une fois. C'était en
Russie septentriouale, au mois de juin. Et savez-vous ce que
faisait ce féroce Michel Ivanovitch, comme le nomme le paysan
russe? Il mangeait des fraises et il odorait les églantines.
Comme vous le voyez, ce n'était pas la conduite d'un animal
féroce.
Et moi, comme compatriote de l'Ours, je suis venu dans le
pays des fleurs, des fruits, de beauté, d'esprit ». . .
{Et le président d'honneur, se penchant sur ses deux voisines,
leur baise la main en se comparant à cet Ours, amateur de choses
délicates).
« Et je suis venu ici pour vous dire ces mots, si chers à tous
les compatriotes des Ours : Vive la France! Vive la science
française ! Vive la Société zoologique de France et son éminent
président, M. Coutière. >•> (Vifs applaudissements.)
Puis M. R. Blanchard rappelle de façon pittoresque l'accueil
inoubliable reçu par les Français à Moscou lors du Congrès
de zoologie et porte un toast en langue russe.
Le secrétaire général présente les excuses des absents :
MM. Bavay, Delage, von Graff, Hérlbel, C. Janet, Olivier,
Itérez, Raspail, Royer, Secques, Yung; il exprime les regrets de
tous au sujet de l'absence pour raison de santé de Mmc de
Zograf et de M110 Loyez, remercie les dames présentes et
adresse de vifs remerciments à M. de Beauchamp, auteur de
l'encadrement du menu et à M. Petit, qui a fleuri la table d'un
essaim d'Oiseaux multicolores.
Après la série des toasts, M. R. Blanchard, secrétaire géné-
ral honoraire, fait l'éloge du zèle modeste et continu de
M. J. Reyckaert et, aux applaudissements de tous, lui offre au
nom de la Société un objet d'art sur la base duquel sont rap-
pelés ses trente ans de services consciencieux et dévoués comme
agent de la Société.
58 SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910
* *
Le vendredi, 25 février, à 9 heures du soir, a lieu à l'amphi-
théâtre Richelieu, à la Sorbonne, la coDl'érence annuelle,
M. N. de Zograf ouvre la séance par une allocution et donne la
parole à M. Gadeau de Kerville qui, dans une conférence très
applaudie, accompagnée de superbes projections, fait refaire à
ses auditeurs son récent « voyage zoologique en Syrie ».
Ouvrages offerts
PAR M. N. DE ZOGRAF
Biologische Zeilsr.hr if t (Jase. I. 1910).
Lepeschkin (W. D.), uber einem neuen Vertreler des Wurmtypus
mit 4 Chromosomen ( Vortex vindis). (Biol. Ze'Uschr. 1-2, 13, p., 1 pi.).
Messager du Jardin zoologique de Moscou (fasc. 1-3, 191)8-1909, en russe).
Séance anniversaire de la Société impériale d'acclimatation de Mos-
cou, 1857-1907 (Moscou, 1909, 47 p., en russe).
Travaux du Congrès anniversaire de la Société impériale d'acclima-
tatiou de Moscou (fasc. I-III, 1909, en russe).
Travaux de La Section dHchthyologie de la Société impériale d'acclima-
tation de Moscou (fasc. IV- VI, 1907, en russe).
UN CAS D'HYBRIDATION ENTRE LOUP ET CHIEN
PAR
Paul PARIS
Sans être exceptionnels, les croisements entre Loups et
Chiens à l'état de liberté sont cependant assez rares pour que
je croie utile de signaler celui-ci, à ma connaissance resté
inédit.
Il fut observé en 1879 dans le département de la Cote -d'Or,
où actuellement les Loups ont, sinon complètement disparu, du
moins ne sont plus que de passage irrégulier dans les hivers
rigoureux.
Au commencement de l'année, le mâle d'un couple de Loups
fut tué près Serrigny; la femelle, qui ne tarda pas à entrer en
rut, fut alors rencontrée par un Chien appartenant à un habi-
tant du hameau de Varennes, près Serrigny. C'était un Chien
SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910 59
d'arrêt à robe tachetée, ayant les yeux vairons, mais sur la race
duquel je n'ai pu avoir aucun renseignement. Cet animal, cha-
que fois qu'on l'emmenait au bois, ne manquait pas d'aller
retrouver la Louve ; il fit même, paraît-il, plusieurs fugues
nocturnes.
De cette union naquirent seulement trois hybrides, qui res-
tèrent dans la région, où ils furent tués ainsi que leur mère
dans des battues dirigées par M. Ligeret, lieutenant de louve-
terie à Nuits-Saint-Georges.
La Louve et deux des Louveteaux furent tués le 24 no-
vembre 1879, c'est-à-dire dans la même année ; les deux jeunes
ont été donnés au Muséum d'histoire naturelle de Dijon, qui
les possède encore. Ces deux animaux sont très différents l'un
de l'autre.
Le premier, dont les formes sont absolument celles du Loup
ordinaire, est entièrement isabelle, le dos étant légèrement
plus foncé.
L'autre, d'un quart environ plus petit, ressemble beaucoup
plus au père. Il a le crâne relativement étroit et la queue peu
fournie ; son port est d'ailleurs plus élancé. Sur un fond de
pelage blanchâtre, il présente de nombreuses taches noirâtres,
plus petites et plus serrées sur la tète, plus larges sur le dos,
les oreilles étant presque entièrement noires.
L'un de ces deux hybrides avait, de plus, un œil comme le
père, l'autre étant celui du Loup normal. 11 est très probable
que c'était l'échantillon tacheté qui présentait cette particula-
rité ; malheureusement, le taxidermiste qui monta ces animaux
n'a pas cru devoir retenir ce fait et a pourvu les deux Louve-
teaux d'yeux de l'espèce type.
Le dernier hybride ne fut tué que le 8 janvier 1881, dans la
réserve de Serrigny ou à Longret, commune de Villy-le-Mou-
tiers (je n'ai pu obtenir à ce sujet que des renseignements
contradictoires, ces localités sont d'ailleurs peu distantes les
unes des autres). Bien connu dans tous les villages voisins, où
il allait dérober les volailles, cet animal ne s'attaquait nulle-
ment aux Chiens, et ceux-ci, en retour, ne le chassèrent
jamais. Lors de sa capture, il pesait quarante et un kilogrammes
et avait également un œil vairon, le gauche, l'autre étant,
normal. Il était la possession de M. Ligeret, d'Argilly, qui Fa
peut-être encore à l'heure actuelle.
60 SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910
DIVERS COLÉOPTÈRES EXOTIQUES NOUVEAUX
OU PEU CONNUS
PAR
Maurice PIC
Idgia dimidiata Gerst.
Cette espèce, de Zanzibar, se retrouve au Natal; elle diffère
de nigricollis Pic, de Sierra-Leone, qui est très voisine, non
seulement par le prothorax de coloration claire, mais encore
par la forme du corps moins étroite.
Physcius longipennis n. sp.
Elongatus, nitidus, griseo pubescens, nigro-piceus, antennis
ad basin pedibusque pro parle testaceis. Capite latissimo; thorace
fere quadralo, distincte impresso ; elytris latis, clongatis, pro
parte substriatis, diverse punctatis. Long. 3,5 mill.
Amérique méridionale : ? Bolivie (coll. Pic).
Voisin de brasiliensis Pic, mais plus allongé, foncé sur l'avant-
corps, etc.
Diverses espèces voisines de Physcius Champ., de l'Amé-
rique méridionale, pourront se séparer, et se reconnaître entre
elles, à l'aide du synopsis suivant :
1. Des traces de stries sur les élytres, ces organes étant
entièrement foncés ; tête bien plus large que le prothorax : 2.
1'. Pas de traces de stries sur les élytres qui sont au moins
en majeure partie roussâtres ; tète pas, ou à peine, plus large
que le prothorax. Brésil : subdepressns Pic.
2. Avant corps roux et plus robuste ; tète peu retrécie der-
rière les yeux ; élytres plus larges et moins longs ; pattes
entièrement testacées. Brésil : brasiliensis Pic.
2'. Avant-corps noir et moins robuste ; tête très retrécie
derrière les yeux; élytres moins larges et plus longs ; pattes en
partie foncées. ? Bolivie : longipennis Pic.
SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910 61
Hylophilus callanganus n. sp.
Satis e/ongatus, nitidiis, sparse gnseo pubescens, ?iiger, elytris
subcseruleis, antennis pedibusque nigris.
Assez allongé, mais non étroit, brillant, éparsément pubes-
cent de gris, noir avec les élytres bleuâtres, membres foncés.
Tête de la largeur du prothorax, tronquée postérieurement,
à ponctuation forte et écartée ; yeux gris, gros, éloignés entre
eux et ne touchant pas le bord postérieur de la tète ; antennes
assez fortes, noires, à 2e article plus court que les 3e et 4e qui
sont égaux ; prothorax court, inégal, sinué latéralement, im-
pressionné transversalement sur son milieu et impressionné en
outre à la base, à ponctuation forte et écartée ; élytres bien
plus larges que le prothorax, longs, subparallèles, un peu
rétrécis à l'extrémité, à faible dépression antérieure, à ponc-
tuation très forte et rapprochée. Long. 3 naill. environ. Pérou :
Callanga (coll. Pic),
Voisin de subcserideas Pic, de Bolivie, par sa coloration ;
mais la structure et la ponctuation du prothorax sont différentes,
les antennes sont moins grêles, etc.
Hylophilus (Olotelus) brevissimus n. sp.
Brevis et latus, subnitidus, griseo pubescens, rufo-testaceus,
pedibus testaceis, femoribus posticis pro parte nigris.
Court et large, peu brillant, pubescent de gris, roux testacé,
membres testacés à l'exception de la moitié basale des cuisses
postérieures qui est noire. Tète de la largeur du prothorax,
tronquée postérieurement, à ponctuation forte et dense, yeux
grisâtres, moyens, éloignés entre eux et ne touchant pas le bord
postérieur de la tête ; antennes testacées, un peu robustes, assez
longues, à 2e article à peu près de la longueur des suivants ;
prothorax fortement et densément ponctué, court, à angles
antérieurs saillants, un peu rétréci en arrière, avec une faible
dépression transversale près de la base; élytres courts et larges,
à épaules marquées mais arrondies, sans dépression antérieure
nette, à ponctuation forte et rapprochée ; pattes testacées avec
la moitié des cuisses postérieures foncée, ces dernières un peu
épaissies. Long, près de 2 mill. Afrique orientale allemande :
Usambara (coll. Pic).
Ressemble beaucoup à pruinosus Ksw., mais le prothorax
possède une faible dépression près de sa base et la forme du
corps est plus trapue.
t>2 SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910
LA QUESTION
DE LA NOMENCLATURE DES NEMERTES D'EAU DOUCE
l'Ait
Paul HALLEZ
Professeur à la Faculté des sciences de Lille,
Directeur du Laboratoire maritime du Porte].
Le relevé des diverses localités où des Némertes d'eau douce
out été trouvées, a été fait d'une manière complète notamment
par de Guerne (1892), Joubin (1894), Montgomery (1895). Depuis
la publication de ces travaux, des Némertiens d'eau douce ont
été signalés dans maintes localités, si bien que ces animaux
sont aujourd'hui connus dans toutes les parties du monde, à
l'exception de l'Australie, et qu'il y a des chances pour qu'on
en découvre un peu partout où on les cherchera avec soin.
En France, des Némertes d'eau douce ont été signalées jus-
qu'ici par Dugès (1828 et 1830) dans les environs de Montpellier,
où elles ont été revues par L. Vaillant (1889), par de
Quatrefages (1847) dans le canal Saint-Martin à Paris, par
Joubin (1894) dans la rivière Penzée, située entre Morlaix et
Saint-Pol-de-Léon, par Pérez à Bordeaux.
En général, ces animaux ne se rencontrent qu'en petit nombre
dans les rivières, fossés, étangs ou lacs, probablement parce
qu'ils se disséminent sur une grande surface et aussi parce
qu'ils aiment à s'enfoncer dans la vase et qu'on ne pense pas
toujours à recueillir et à examiner ces dépôts. En tout cas,
lorsque l'élevage des Némertes d'eau douce se fait dans un
espace relativement restreint, les individus se trouvent en
abondance.
C'est dans ces conditions que Bohmig (1892) a trouvé un
grand nombre de son Tetrastemma grœcense dans un bassin du
Jardin botanique de Graz, que Montgomery (1895) a pu faire
une étude approfondie de son Stichostemma e il hardi qu'il a
trouvé dans l'aquarium de l'Institut zoologique de Berlin, que
Mrâzek (1902) a recueilli, dans un bassin de serre chaude du
Jardin botanique de Prague, le Stichostemma grsecense Bohmig,
SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910 f>3
qui vit d'ailleurs également, d'après cet investigateur, dans un
ruisseau à eau courante, nommé Rotytka, des environs de
Prague.
C'est également dans un vivier de l'Institut zoologique de
Lille que j'ai trouvé le Prostoma lumbricoideum Dugès, et en
telle quantité qu'il suffît de recueillir un demi-litre de vase
pour avoir une cinquantaine d'exemplaires. Je l'ai trouvé aussi
dans les bassins du jardin botanique de Lille. D'ailleurs, cette
même espèce se rencontre également dans les ruisseaux à eau
courante des environs de Lille, mais toujours très rarement.
Les Nemertes d'eau douce me paraissent rechercher les eaux
courantes et calcaires.
Si la distribution géographique des Némertiens d'eau douce
est très vaste, par contre le nombre des espèces parait très
restreint, malgré la multiplicité des noms qui leur ont été
attribués.
La plupart des observateurs qui ont eu l'occasion d'en
trouver dans divers pays, se sont contentés parfois de signaler
leur présence sans leur assigner un nom, ou bien ils se sont
trop hâtés de créer des noms nouveaux, ou bien encore ils les
ont assimilés à des espèces décrites antérieurement sans étu-
dier leur organisation avec suffisamment de soin.
Les auteurs qui ont donné un nom aux espèces d'eau douce
qu'ils ont découvertes, les ont rangées dans les genres
Prostoma, Tetrastemma, Polia, Nemertes, Emea et Stichostemma.
Un grand doute existe au sujet de Nemertes polyhopla trouvé
dans le lac du Nicaragua par Schmarda (1859) et dont Mont-
gomery (1895, p. 89) dit qu'elle « ist eine Form, die von den
anderen Siisswasserformen sehr bedeutend abweicht ». Si
l'on écarte cet énigmatique Nemertes, on peut dire que toutes les
espèces décrites se rapportent excl usivement au genre Prostoma
Dugès.
Sur le nom générique des Nemertes d'eau douce.
Dugès (1828) créa le genre Prostoma pour les premières
espèces de JNémertes d'eau douce qui furent découvertes. Ce
nom de genre en général ne prévalut pas ; on lui préféra celui
de Tetrastemma établi en 1831 par Ehrenrergh pour des
espèces marines, ou celui de Stichostemma créé en 1895 par
Montgomery pour uneNémertede l'aquarium de l'Institut zoolo-
tiull. de la Soc. Zool. de Fr., 1910. xxxv — 7
64 SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910
giquede Berlin. Cependant en 1905, dans « Bronn's Klassen und
Ordnungen des Tier-Reichs », Otto Bùrger, soucieux de res-
pecter les règles de la nomenclature, remplaça le nom de
Tetrastemma par celui de Prostoma et le nom de la famille
Tetrastemmidae, établie par Hubrecht en 1879, par celui de
Prostomatidœ, famille dans laquelle il rangea les trois genres
Prostoma Dugès 1828, OErstedia Quatrefages 1846 et Sticho-
stemma Montgomery 1895.
Prostoma (= Tetraslemma) et Stichostemma sont si voisins
que Bùrger n'a admis le genre Stichostemma qu'après avoir
hésité. En effet, dans « Fauna und Flora des Golfes von
Neapel », eu 1895, il fait entrer les espèces du genre
Stichostemma dans le genre Tetrastemma, et si, en 1905, dans
« Tier-Reich », il admet le genre Stichostemma, il semble le
faire à regret.
De son côté, Bohmig (1892) n'avait pns éprouvé le besoin de
séparer du genre Tetrastemma son espèce de Graz, qu'il
désigna d'abord sous le nom de Tetrastemma grœcense, nom
qu'il maintint encore dans sa Note préliminaire (1897) sur les
systèmes excréteur et sanguin de Tetrastemma grœcense.
Ce n'est que dans le travail qu'il publia l'année suivante (1898),
qu'il accepta le genre Stichostemma.
Lorsque Montgomery créa ce dernier genre, il n'en donna pas
une diagnose suffisante. Les caractères qu'il lui attribua furent la
disposition des yeux au nombre desix et l'absence de corps cal-
caires dans lestissus. Or, le nombre desyeuxvarie d'une espèce
à une autre, il varie avec l'âge, il varie souvent aussi dans une
même espèce, d'un individu à un autre, et sur un même indi-
vidu il peut ne pas être le même à droite et à gauche. Quant
aux corps calcaires, Bohmig établit plus tard (1898) qu'ils
existent aussi bien chez Stichostemma grœcense que chez
Geone.mertes chalicophora Graff, qui est d'ailleurs la seule
espèce connue du genre où ces corps calcaires ont été obser-
vés. Les hésitations de Burger et de Bohmig, pour l'adoption de
ce genre, étaient donc bien justifiées.
Ce n'est que deux ans après avoir créé le genre Stichostemma,
que Montgomery (1897) justifia le démembrement du genre
Tetrastemma, en donnant une diagnose de chacun de ces
genres. Voici ces diagnoses :
Tetrastemma : « Eyes not variable in number, either 4 single
eyes (the rule), or A double eyes (T. falsum, cruciatum) ;
lOnerves in the proboscis; rhynchocoel extends to the posterior
SÉANCE DU 22 FÉVHIER 1910 65
end of the body ; nephridia not extending posteriorly behind
the œsophagus, dioecious, oviparous. »
Stichostemma : « Eyes variable in number, usually more
than 4; 9 nerves in the proboscis; rhynchocoel does not extend
to the posterior end of the body : nephridia extending from in
front of thebrain, to the posterior end of the body ; protandric,
hermaphroditic, oviparous. »
Ainsi, les deux genres ne se distinguent l'un de l'autre que
par le nombre des yeux, par le rhynchocœlome qui, chez
Tetrastemma, s'étend jusqu'à l'extrémité postérieure du corps
qu'il n'atteint pas chez Stichostemma, par les vaisseaux excré-
teurs qui, chez Tetrastemma, n'existent que dans la région
antérieure, tandis qu'ils s'étendent sur toute la longueur du
corps chez Stichostemma, et par le régime sexuel, Tetrastemma
ayant les sexes séparés et Stichostemma étant hermaphrodite
avec protandrie.
Certains de ces caractères ne sont pas d'une rigueur absolue.
En effet, les phases sexuelles, dans les diverses espèces de
Stichostemma, ne sont pas suffisamment déterminées, pas plus
qu'elles ne le sont, d'après Coe (1904, p. 551), dans les diverses
espèces de Geonemertes. D'un autre côté, Moisgomery dit lui-
même (1895, p. 129), à propos de Stichostemma eilhardi, que
le rhynchocœlome cv reicht von der Gehirnregion nach hinten
fast bis zum Korperende », H d'autre part, le rynchocœlome
de Tetrastemma obsciirwn, d'après Max Schultze (1851) ne
s'étend pas jusqu'à l'extrémité postérieure du corps. Malgré
ces légères observations, on peut considérer, au moins provi-
soirement, l'établissement des deux genres comme étantjustifié.
Mais reste à savoir s'il convient de leur maintenir les noms qui
leur sont assignés par Montgomery.
Le genre Prostoma a été établi par Dugès pour les espèces
d'eau douce et le genre Tetrastemma par Ehrenbergh pour des
espèces marines. Dès lors il me parait conforme aux règles éta-
blies de maintenir ces deux noms anciennement créés et de
supprimer Stichostemma, qui fait double emploi avec Prostoma,
tout en réservant le nom de Tetrastemma aux espèces marines
que, à la suite de Burger, les auteurs désignent actuellement
sous le nom de Prostoma. On ne peut d'ailleurs qu'approuver
Burger d'avoir substitué le nom de famille Prostomatidse à celui
de Tetrastemmatidœ.
Le genre Prostoma n'étant pas représenté dans la faune
marine, tandis que le genre Tetrastemma Test, d'après
66 SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910
Burger (1905) par 63 espèces sûres et 8 non sûres, et ces deux
genres étant évidemment très voisins, on est en droit de con-
sidérer le premier comme dérivant du second par adaptation
à des conditions éthologiques différentes.
Les Prostoma sont en somme des Tetrastemma d'eau douce.
L. Vaillant (1892), qui était porté à regarder les Nérnertcs
d'eau douce comme ne formant qu'une seule espèce, le Geone-
mertes {Prostoma) clepsinoidea Dugès, a écrit cette phrase très
juste : « Il est même douteux, comme je l'ai dit ailleurs en
résumant ces mêmes faits (Hist. nat. des Annélides marins et
d'eau douce, 111, p. 610, 1889), que le genre Geonemertes
Semper, ou mieux, à raison de l'antériorité, Prostoma Dugès,
soit distinct du genre 7 etrastemma Ehrenbergh. »
Il est à remarquer que les Tetrastemma présentent un déve-
loppement direct, comme les Prostoma d'ailleurs, ainsi que je
l'ai constaté, et se trouvent par suite dans de meilleures con-
ditions, pour s'adapter à l'eau douce, que les types ayant une
larve Pilidium ou même une larve de Desor, ces formes lar-
vaires, surtout le Pilidium, étant délicates et ne supportant
pas une diminution de la salure de l'eau.
D'autre part, on sait que, parmi les ISémertiens marins, il n'y
a guère que les Tetrastemma, au moins quelques espèces, qui
s'acclimatent dans les eaux saumâtres. De Guerne (1892; a
rappelé l'intéressante observation de von Kennel relative au
Tetrastemma obscurum Max Schultze, dont serait très voisin le
Némertien recueilli par von Kennel (1889) dans l'Embach. C'est,
dit-il, une « espèce franchement marine dans la mer du Nord,
mais qui, d'autre part, se trouve être la seule capable de sup-
porter l'extrême réduction de salure des eaux du golfe de
Finlande. On a rencontré cette espèce jusqu'à Revel et Hel-
singfors. Elle vit en ces parages, dans un milieu à peine sau-
mâtre, avec des Planaires, des Oligochètes et divers types
nettement fluviatiles. N'est-il pas légitime d'en conclure que.
sinon T. obscurum, du inoins une ou plusieurs formes voisines,
se sont peu à peu et définitivement accoutumées à l'eau douce,
s'y répandant avec le temps et de proche en proche comme
c'est la règle pour les animaux fluviatiles? »
Toutes les observations concourent donc à faire admettre
que les Némertes d'eau douce connues jusqu'à ce jour, sauf
peut-être Némertes polyhopla, dérivent du genre Tetrastemma.
Cependant je dois ajouter que ce ne sont pas seulement
SÉANCE DU 2'2 FÉVRIER 1910 67
quelques espèces de Tetrastemma qui peuvent s'acclimater
dans les eaux douces. Une observation que j'ai faite montre
que certains Amphiporides sont dans le même cas et pourraient
bien un jour faire partie de la faune fluviatile.
Mon observation coucerne Y Amphiporus lactifloreus Johnston.
Cette espèce, dont le développement est direct comme celui
de Tetrastemma et de Prostoma, est très répandue dans toutes
nos mers, et elle vit jusque dans la première zone, c'est-à-dire
celle qui reste à sec pendant un à trois jours consécutifs, en
temps de morte eau. J'ai trouvé plusieurs exemplaires de cette
espèce au Portel, au niveau supérieur du balancement des
marées, en un point de la falaise où coulent, en toutes sai-
sons, les eaux d'un ruisseau. Dans le voisinage de ces indi-
vidus vivaient de très nombreuses larves de Chironomes. Il est
certain que ces animaux se trouvaient dans des conditions
telles qu'ils ne pouvaient être atteints par les eaux de la mer
que, tout au plus, pendant quelques heures par jour et que, le
reste du temps, ils vivaient dans l'eau douce, car la falaise, en
cet endroit, présente une pente trop forte pour permettre la
stagnation de l'eau de mer à marée descendante.
Sur les espèces connues du genre Prosloma.
J'ai dit plus haut que les diverses Nemertes d'eau douce
avaient été rapportées aux genres Prostoma, Tetrastemma,
Polia, Nemertes, Emea et Stichostemma, et que toutes, excep-
tion faite pour Nemertes polyhopla, devaient appartenir au
seul genre Prostoma. C'est en effet à cette conclusion qu'on est
conduit par la comparaison des espèces décrites.
Nous avons vu que Stichostemma n'est qu'une synonymie de
Prostoma. Mous allons voir que les espèces décrites sous les
noms génériques de Tetrastemma, Polia et Emea doivent ren-
trer dans le genre Prostoma.
Le Polia dugesi, trouvé dans le canal Saint-Martin, à Paris,
par de Quatrefages (1847), est cité par Burger (1895) comme une
synonymie de Prostoma ctepsinoides Dugès ; les individus de
Montpellier, comme ceux de Paris, ont trois paires d'yeux.
L'Emea rubra Leidy 1850, des environs de Philadelphie, a
été considéré par Burger (1895 et 1907; comme une synonymie
de Prostoma ctepsinoides Dugès et de Tetrastemma aquarum
dulcium Silliman 1884, de l'État de New- York. Tout porte à
croire que cette espèce doit être rattachée au genre Prostoma.
68 SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910
L'Emea Sillimani Girard (1893), du comté de Monroe, est
considéré par Silliman comme très voisine, sinon identique,
à'Emea rubra Leidy. Girard lui-même (1893, p. 242) indique
comme synonymie de son espèce le Tetrastemma aquarum
dulcium Silliman. Emea Sillimani est donc un Prostoma, et son
nom spécifique doit être rayé de la nomenclature.
Quant à Y Emea lacnstris, qui fut trouvé par du Plessis (1891)
dans le lac Léman, puis dans le lac Pion par Zacharias, dans
le lac de Zurich par Lang, en 1896 dans le lac Garda, en
Lombardie, par Garbini, dans les marais de Bâle par Fuhr-
mann, et enfin dans la rivière Schuylkill, en Amérique, par
Leidy, c'est une espèce que du Plessis (1891) nomma d'abord
Tetrastemma lacustris et qu'il débaptisa (1893) pour l'appeler
Emea lacnstris. Montgomery (1895) la rangea dans le genre
Monopora Salensky. Par tous ses caractères et son genre de
vie, cette espèce me parait identique à celle de Lille, c'est-à-
dire au Prostoma lumbricoideum Dugès. En tout cas, il n'est
pas douteux qu'elle doive rentrer dans le genre Prostoma.
Bohmig (1898) a fait une étude comparée des espèces du
genre Stichostemma{=z Proslotna) qui, au point de vue de l'or-
ganisation, est bien connu grâce aux beaux travaux de L. Bohmig
(1892 et 1898), de du Plessis (1893) et de Montgomery (1895).
Il admet comme bien établies les espèces suivantes :
1° Prostoma (Stichostemma) grœcense (Bôhmig 1892), qu'il
rangea d'abord dans le genre Tetrastemma et qu'il trouva au
jardin botanique de Graz. Cette espèce fut signalée depuis par
Zykoff (1901) dans le Volga à Saratow, puis par Mrazek (1902)
dans un bassin de serre chaude du jardin botanique de Prague
et dans le ruisseau Rotytka des environs de Prague. Bohmig
(1898, p. 481) assigne à cette espèce la diagnose suivante :
« Stich. grœcense wird bis 12 mm. lang und 3/4 mm. breît;
der Querschnitt ist rundlich oder oval aber nie platt. Das
farblose und durchscheinende Vorderende des ruhig schwim-
menden Thieres ist etwas verbreitert und abgerundet; hinter
den kleinen Kopffurchen verschmàlert sich der Kôrper ein
wenig, uni alsbald wiederum an Breite zuzunehmen, das
llinterende ist stumpf zugespitzt. Jungere Thiere sind von
milchweisser Farbe mit einem Stich ins Gelbliche oder Bràun-
liche, altère gelbbraun oder rôthlichbraun; einen zarten r'ôth-
lichen Farbton zeigt stets das vordere Kôrperende bis dicht
hinter das Gehirn. Die lntensitàt der Fàrbung variirt ausseror-
dentlich, sie ist auch abhângig vom Inhalt des Darmes. Ein
SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910 69
specifisches Pigment fehlt, tloch bemerkte ich bei einzelnen
Individuel! sowohl in den Zellen des Korperepithels als auch
ioi Mesencliym griïnliche Kornchen, letzteres birgt fernerliin
Kalkkôrper in grôsserer oder geringerer Menge.
« Altère Thiere besitzen sechs (drei Paare) in einem Rechtecke
angeordnete Augen, jùngere zumeist înir vier (zvvei Paare).
Die Augen des ersten Paares sind diegrôssten, ihre Entfernung
von der vorderen Kôrperspitze betriigt 130-175 u, zwisclien
ihnen und den etwas kleineren des zweiten Paares ist ein
Abstand von 75-105 u., das dritte Paar liegt dicht vor dem
Gehirn.
« Tasthaare finden sicbt in dei' Umgebung der gemeinsamen
Mund-Rhynchodaunioffnung, des Afters, sowie vereinzelt an
den Seitenriindern. Die Kopfdruse ist wohl entwickelt, sie
erstreckt sich jedoch nicht liber das Gehirn hinaus, ein Fron-
talorgan ist vorhanden. Die Thiere sind Zwitter und ovipar. »
2° Prostoma (Stichostemma) eilhardi trouvé par Montgomery
(1895) dans l'aquarium de l'Institut zoologique de Berlin. Mont-
gomery dit que les exemplaires recueillis par F. Mùller, en 1851. à
Berlin et à Greifswald, appartiennent peut-être à la même espèce.
Voici la diagnose que donne Montgomery pour St. eilhardi (189»,
p. 91) : « Lange bis 14 mm. ; Farbe rothlich-gelb, bei jiïngeren
Individuen braun-gelb, das vordere Korperende farblos ; ein
specifisches Pigment im Korperepithel, aber nicht in der
Cutis ; keine Tasthaare im Korperepithel ; Kopfdruse reicht
nicht hinter des Gehirn ; Mund mit Rhynchodaum vereinigt ;
ovipar, zwitterig mit vorangehender Protandrie. Lebt warhr-
scheinlich in der ISàhe von Berlin, bis jetzt aber nur in den
Sûsswasser-Becken der Berliner zoologischen Instituts ge-
funden. »
Si l'on compare la diagnose de Montgomery et celle de
Bohmig, on se demande si vraiment Pr. eilhardi et Pr. grœ-
cense constituent bien deux espèces distinctes, si ce ne sont
pas plutôt deux variétés d'une seule et même espèce, car
enfin les différences qu'ils présentent sont l'absence, chez
Pr. grœcense, d'un pigment épidermique qui ne fait pas défaut
chez Pr. eilhardi, et l'absence, chez ce dernier, des cils tactiles
observés chez Pr. grœcense. Ce sont là de bien faibles carac-
tères distinctifs, aussi suis-je porté à identifier les exemplaires
du jardin botanique de Graz et ceux de l'aquarium de Berlin.
Peut-être même que ces formes devront être rattachées au
Pr. clepsinoides de Dugès, lorsque celui-ci sera mieux connu.
70 SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910
3° Prostoma (Stichostem?na) asensoriatum Montgomery
(1896), trouvé en Pensylvanie, pas très loin de West Chestei.
A propos de cette espèce, Montgomery écrit (1896, p. 438) :
« It is uot improbable that the « Tetrastemma » aquarum
dulcium niay be closely allied to the form which I hâve be-
scribed hère; but a re-examination of Silliman's species must be
niade before this question can be settled. » Dans ces condi-
tions, il eût été préférable de donner aux individus de Pensyl-
vanie le nom de l'espèce de Silliman, trouvée dans l'Etat de
New-York, ne fut-ce que pour ne pas créer « this barbarous
spécifie naine » (1). Cette espèce se distingue des deux précé-
dentes par l'absence d'un organe frontal et par le grand déve-
loppement de la glande céphalique.
Les autres espèces qui ont été rattachées au genre Prostoma,
en outre de celles de Dugès, sont : Tetrastemma turanicum
Fedtschenko 1872, de Taschkent (Turkestan) et Tetrastemma
aquarum dulcium Silliman 1884, de l'Etat de New- York.
Bohmig incline à adopter des rapports très proches entre ces
deux dernières espèces, sans toutefois les identifier parce qu'il
existe, chez T. turanicum, deux grands caecums intestinaux
longitudinaux s'étendant jusqu'au cerveau, caecums qui man-
quent ou n'ont pas été vus chez T. aquarum dulcium. Nous
avons vu, d'autre part, qu'il est probable, d'après Montgomery
lui-même, que cette dernière espèce est étroitement alliée à
son S tic h. asensoriatum.
On voit par cet exposé que, faute de renseignements anato-
miques précis, il règne beaucoup d'incertitude sur la valeur
de la plupart des espèces auxquelles on a attribué un nom. Il
est possible que, lorsqu'on les connaîtra mieux, on soit amené
à constater plus d'un double emploi et que quelques noms
spécifiques soient rayés. Mais dès maintenant on peut affirmer
que le nombre des espèces de Némertiens d'eau douce est
assez restreint, que toutes ces espèces sont fort voisines les
unes des autres, et qu'elles appartiennent toutes à la famille
des Piostomatides et au genre Prostoma.
Sur les espèces de Dugès.
Les divers auteurs qui ont donné un nom aux espèces d'eau
douce qu'ils ont observées, ont trop négligé le travail de
(1) /. li. Micr. Hoc, 1897, page 3S.
SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910 71
Dugès. Il n'est pourtant pas admissible qu'il y ait autant d'es-
pèces que de localités où l'on en a trouvé, ni que celles de
Dugès aient disparu. Cet observateur consciencieux a donné les
diagnoses suivantes des deux premières formes signalées :
Prostoma clepsiuoides : « Corps cylindrique, aminci en avant,
obtus aux deux bouts ; bouche en suçoir exsertile (du moins par
la compression), 6 points oculiformes à la tète et sur deux
rangs longitudinaux ; couleur jaune d'ocre ; longueur 2 à 3
lignes ; il ressemble à une Clepsine, mais il en diffère par sa
consistance pulpeuse, l'absence des ventouses, etc.; on le
trouve dans les eaux courantes, sous les pierres. »
Prostoma lumbricoideum : « Corps vermiculaire, très
allongé, mou, jaune, marbré de rouge vif; les yeux noirs,
disposés en carré. Habite dans les ruisseaux. Longueur extrême
15 lignes. »
A ces diagnoses sont joints des croquis des deux espèces. Si
les descriptions de Dugès sont succinctes, elles ne le sont pas
plus toutefois que d'autres qui ont été données à cette époque
reculée pour nombre d'espèces animales qui, pourtant, ont été
reconnues et dont les noms ont été conservés par les auteurs
plus récents. Dans ce cas se trouvent, par exemple, le Dero-
stoma (Gyrator) notops Dugès 1828, le Derostoma (Stenostoma)
leucops Dugès 1828, et tant d'autres.
Comme je l'ai dit plus haut, je crois que Pr. grseceme
Bôhmig, Pr. eilhardi Montgomery et Pr. clepsiuoides Dugès
sont extrêmement voisins, sinon identiques, et que Emea la-
custris Du Plessis correspond à Prostoma lumbricoideum
Dugès. C'est peut-être aussi à cette dernière espèce qu'il
faudra rattacher quelques Némertes d'eau douce pourvues de
quatre yeux, telles que celle de Stuhlmann (1888) trouvée dans
le limon de la rivière Kiugami, à cinq milles de Bagamoyo
près de Zanzibar, celle de Kennel (1889) trouvée dans le fleuve
kimbach eu Russie et que l'auteur a rapprochée de Tetrastemma
obscurum, celle de BexXHAM (1892) de la rivière Cherwell en
Angleterre et celle du lac Pion observée par Zacharias (1886).
Ces formes présentent en tout cas quatre yeux et un corps très
allongé comme Pr. lumbricoideum.
Quoi qu'il en soit, je n'hésite pas à rattacher à cette dernière
espèce de Dugès les exemplaires des environs de Lille.
Je ferai connaître, dans un travail spécial, l'organisation, le
régime sexuel et le développement de cette espèce, mais je
puis dès maintenant eu donner les caractères généraux.
72 séance du 22 février 1910
Caractères de la INémerte de Lille
{Prostoma lumbricoideum Dugès).
Corps très allongé pendant la reptation, long de 20 à 25 mm . ,
large de 1/2 mm., à section transversale circulaire, générale-
ment jaune ou blanchâtre chez les petits exemplaires, ronge
chez les grands, toujours plus pâle aux deux extrémités, sur-
tout à l'extrémité antérieure, rouge transparent dans la région
cervicale, parfois parsemé de taches rouges ou noires ; quel-
ques exemplaires sont d'un beau vert sombre avec tête rouge ;
couleur variable suivant l'alimentation. Pas de pigment. Des
corps calcaires dans les tissus, même au moment de l'éclosion.
Quatre yeux disposés en carié ou en rectangle suivant l'ex-
tension du corps. Souvent, chez les grands exemplaires, des
yeux surnuméraires toujours disposés en quatre groupes et
donnant, à l'œil nu ou à un faible grossissement, l'impression
de quatre gros yeux simples ; les plus petits yeux surnumé-
raires sont de simples amas pigmentaires. Dans quelques
exemplaires, il existe en outre deux très petits yeux immédia-
tement en avant du cerveau. A l'éclosion, les jeunes n'ont que
deux yeux qui représentent la deuxième paire de l'adulte.
Une glande céphalique. Pas d'organe frontal. Organes sen-
soriels cérébraux situés en avant du cerveau, auquel ils sont
reliés chacun par un nerf. Pas de cils tactiles.
Un seul orifice pour la bouche et la trompe. Rhynchocœlome
ne s'étendant pas jusqu'à l'extrémité postérieure du corps.
Organes excréteurs s'étendant depuis Je cerveau jusqu'à l'anus.
Trompe pourvue de deux sacs de stylets accessoires et d'un
stylet principal à base légèrement étranglée vers son milieu.
Ovipare. Pontes d'été nues et pontes d'hiver enkystées.
OUVRAGES CITÉS
1828. Dugès (Ant.). Recherches sur l'organisaiion et les mœurs des
Planariées. {Ann. Sci. Nut. XV.)
1830. Dugès (Ant.). Aperçu de quelques observations nouvelles sur
les Planaires et plusieurs genres voisins. (Ann. Sci.Nal. XXI.)
SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910 73
1847. Quatrefages 'de). Recherches anatomiques et zoologiques faites
pendant un voyage sur les côtes de Sicile.
1859. Schmarda. Neue wirbellose Thiere beobachtet und gesammelt
auf einer Reise uni die Erde. I.
1886. Zacharias (0.). Ergebnisse einer geologischen Exkursion in das
Glazer-Iser und Riesengebirge. (Zeitschr. wiss. Zool. XL11I.)
1888. Stuhlmann (F.). Vorlâuflge Bericbte ùber einer mit Unter-
stûtzung der Kônigl. Akad. der "Wissensch. unternommene
Reise nacb Ost-Africa. (S. B. Ak. Berlin.)
1889. Vaillant. Hist. nàt. des Annelés marins et d'eau douce. III.
1889. Kennel (von). Fur die Fauna neue Nemertine. (S. B. Ges.
Dorpat. VIII.)
1891 . Du Plessis. Note sur le Tetrastemma lacuslris, espèce nouvelle
de Némertien d'eau douce découverte dans le lac Léman.
(Bull. Soc. Vaudoise, XXVIII.)
1892. Benham (W. B.). Note on the occurrence of a Freschwater
Nemertine in England. (Nature, XLVI.)
1892. Bôhmig (L.). Tetraslremma grœcense[Mt. Ver. Steier mark.)
1892. Guerne (J. de). L'histoire des Némertiens d'eau douce, leur
distribution géographique et leur origine. (C. B. Soc. Biol.,
séance du 30 avril.)
1892. Du Plessis. Sur les Némertiens du lac de Genève (Zool. An--.,
XV, p. 64-66.)
1892. Vaillant (L.). Remarques sur les Némertiens d'eau douce.
{Zool. Anz., p. 125-126.)
1893. Girard (Gh.). Recherches sur les Planariés et les Némertiens
de l'Amérique du Nord. (Ann. Sci. Nal. (7), XV.)
1893. Du Plessis. Organisation et genre de vie de ïEmea lacustris,
Némertien des environs de Genève. [Bev. Suisse Zool., I,
p. 329-357, pi. xn.)
189'«. Jouhin (L.). Les Némertiens. (Faune française.)
1893. Montgomert. Stichoslemma Eilhardi nov. gen. nov. sp. Fin
Beiirag zur Kenntniss der Nemertinen. (Zeitschr. toiss. Zool.,
L1X, p. 83-146.pl. viii-ix.)
1893. Burger (Otto). Fauna und Flora des Golfes von Neapel. XXII.
Nemertinen.
1896. Garbini. Intorno ai Nemertini del lago di Garda ed alla lore
origine. [Zool. Anz., XIX, p. 125-127 et J. B. Micr. Soc, 1896. P. 4,
p. 418.)
1896. Montgomert. Stichostemma asensorialum n. sp., a freshwater
Nemertean from Pensylvania (Zool. Anz. XIX, p. 436-458.)
1897. Bôhmig (L.). Vorlàufige Mittheilung ùber die Excretionsorgane
und das Blutgefassystem von Tetrastemma grœcense. [Zool.
Anz. XX.)
1897. Montgomery. On the (Jonnective Tissues and Body Gavities of
the Nemerieans, wilh Notes on Classification. [Zool. Jahrb.
Anat. X.)
1898. Bôhmig (L.). Beitràge zur Anatomie und Histologie der Nemer-
tinen. (Stichoslemma grœcense Bôhmig, Geonemerles chalico-
phoraGvdifl). (Zeitschr. wiss. Zool. LXIV.)
74 SÉANCE DU 22 FÉVRIER 1910
1900. Bergendal. Ueber ein Paar sehr eigenlhùmliche nordische
Nemertinen. [Zool. Anz. XXIII, p. 313-328.)
1901. Zykoff. Ueber die Nemertine des Wolgaftlusses bei Saratow
[Stichostemma grœcensel). (Zool. Anz. XXIV, p. 155-156.)
1902. Mrâzek. Ueber das Vorkommen einer frei lebenden Sûsswas-
sernemertine [Stichostemma grœcense) in Bôhmen. [S. B.
bôhmisch. Gess. II. Classe XXXVI.)
1904. Coe (W. R.). The Anatomy and development of tbe terrestrial
Nemerlean {Geonemertes agricola) of Bermuda. [P. Boston Soc.
XXXI, n° 10.)
1905. Burger. Nemertinen. (Bronn's Klassen und Ordnungen des
Tier-Reichs, 24-26 LieferuDg.)
1906. Goe. The Anatomy and Development of the Terrestrial Nemer-
tean. [Geonemertes agricola) of Bermuda. (P. Boston Soc, p. 531-
570.)
1907. Burger. Nemertinen. (Bronn's Klassen und Ordnungen des
Tier-Reichs, 27-29 Lieferung.)
1910. Hallez (P.). Enkystement de protection d'une Némeite d'eau
douce [Prostoma lumbricoideum Dugès). C. R.Ac.Sci., 21 février.)
1910. Hallez (P.). Pontes d'été et pontes d'hiver d'une Némerte d'eau
douce [Prostoma lumbricoideum Dugès). [C.B. Ac. Sci,, 28 février.)
Séance du S mars 1910.
PRÉSIDENCE DE M. COUTIÈRE, PRÉSIDENT.
M. Dominici signale son changement d'adresse : il habite 37,
rue du Général Foy, à Paris (8e).
M. Henry Baldwin Ward annonce qu'il est nommé professeur
de zoologie à l'Université d'Illinois, à Urbaua (M.) Etats-Unis.
Le Comité permanent du premier Congrès international d'en-
tomologie met à la disposition des membres de la Société des
exemplaires de la première circulaire relative à ce Congrès.
On y lit :
« Notre principal désir est d'amener les entomologistes en
contact plus étroit d'une part avec la zoologie générale et
d'autre part avec les applications pratiques de leurs propres
études. C'est dans ce but que nous proposons de tenir un
Congrès entomologique tous les trois ans, environ quinze jours
avant chaque Congrès zoologique triennal, de sorte que les
résolutions et conclusions d'intérêt général puissent, si on le
juge nécessaire, être présentées à la discussion au Congrès
zoologique suivant.
« Le premier Congrès international d'entomologie sera tenu
du 1er au 6 août 1910, à Bruxelles, pendant l'Exposition inter-
nationale qui y aura lieu à cette époque. Le programme défi-
nitif sera publié au cours de l'hiver 1909-1910, mais il a semblé
désirable, d'ici là, de porter tout de suite à la connaissance du
public entomologique les détails suivants de l'organisation pro-
jetée du Congrès.
« Les sujets que les entomologistes sont invités à présenter aux
séances générales et aux réunions des sections comprendront :
la systématique, la nomenclature, l'anatomie, la physiologie, la
psychologie, l'ontogénie, la phylogénie, l'œoologie, le mimé-
tisme, l'étiologie, la bionomie, la paléontologie, la zoogéo-
graphie, la muséologie, l'entomologie médicale et économique.
« Des Comités spéciaux constitués à Bruxelles, s'eôorceront de
rendre le séjour le plus agréable possible aux congressistes.
76 SÉANCE DU 8 MARS 1910
« Le Congrès comprendra : 1° Des membres à vie payant une
somme une fois versée d'au moins 250 francs, tenant lieu de
tout paiement ultérieur pour les futurs Congrès entomologiques.
Ils recevront gratuitement toutes les publications relatives à
ces Congrès. — Les sommes ainsi réunies constitueront un
fonds dont les intérêts seuls seront à la disposition du Comité
permanent international élu par le Congrès ;
<( 2° Des membres ordinaires payant une cotisation de
25 francs pour chaque Congrès auquel ils prendront part, et
moyennant laquelle ils recevront toutes les publications de ce
Congrès. Les dames et enfants accompagnant des congressistes
jouiront, moyennant paiement de 12 fr. 50, de tous les privi-
lèges des membres du Congrès, mais ne recevront pas les
publications.
« Dans le but d'aider le Comité exécutif international dans le
travail préliminaire très étendu qui lui incombe, un certain
nombre de Comités locaux ont été établis dans divers pays.
Ces Comités fourniront tous les renseignement supplémentaires
que les entomologistes pourront désirer.
« Pour le Comité permanent : E. L. Bouvier, fl. Rowland-
Brown, G. C. Champion, F. A. Dixey, L. Gangrlauer,
W. Horn, A. Janet, K. Jordan, A. Lameere, G. B. Longstaff,
E. B. Poulton, G. Severin.
«Le Comité exécutif: W. Horn, A. Janet, K. Jordan, G. Severin. »
Le président du Comité local pour la France est M. A.
Grouvelle, 126, rue de La Boëtie, à Paris (8°).
M. le président adresse les plus vifs remerciments de la
Société à M. H. Gadeau de Kerville, dont la remarquable con-
férence a si heureusement clôturé la XVIIe assemblée générale.
M. le Dr Para, présenté à la précédente séance, est nommé
membre.
M. V. Pleche, demeurant 71, rue de Sartoris, à La Garenne-
Colombes (Seine), est présenté par MM. Blanchard et Chabot.
M. Benoit-Bazille présente la monture de microscope, modèle
Calmette, avec condensateur et revolver, que M. Stiassnie met
gracieusement à la disposition de la Société. M. le président
renouvelle au généreux donateur les plus vifs remerciments
de tous.
SÉANCE DU 8 MARS 1910 77
M. Fauré-Fremiet fait une communication sur Opercularia
notonectœ, Vorticellide qui vit fixé sur Notonecta glanca.
M. de Beauchamp montre au microscope une préparation de
Hastatella radians, Vorticellide qu'il a étudié récemment avec
M. Collin.
Ouvrage offert
P. de Beauchamp el A. Collin. Quelques documents sur Hastatella
radians Erlanger [Areh. Zool. exp. Notes (5), V, p. xxviu-xxxui).
LA PRATIQUE SIMPLIFIÉE
DE LA MICROPHOTOGRAPHIE EN HISTOIRE NATURELLE
PAR
H. BENOIT-BAZILLE
Plusieurs de mes collègues ayant bien voulu me demander
quelques renseignements concernant le mode d'obtention des
microphotographies que j'ai eu l'honneur de présenter à la
séance pratique du 23 février dernier, je crois rendre service
à ton» les zoologistes faisant du microscope (et ils sont évi-
demment très nombreux), en appelant leur attpntion sur les
écrans pour la microphotographie créés par M. Monpillard,
écrans qui sont pour beaucoup dans la bonne réussite des
clichés que j'ai projetés, et qui permettent à tout opérateur
d'arriver — avec un peu de pratique — à exécuter de bonnes
photomicrographies d'après des préparations colorées naturel-
lement, artificiellement, ou même non colorées.
Cette question de la coloration des sujets est un gros écueil
pour le microphotographe.
Si l'objet est incolore ou très peu coloré, les détails sont
presque toujours à peine visibles sur l'épreuve ; si, au con-
traire, il présente des teintes vives (rouge par exemple), ou
qu'il ait été coloré artificiellement au picro-carmin ou à l'éo-
sine (cas fréquent), l'épreuve aura une teinte à peu près uni-
formément noire et du plus vilain effet.
Cet inconvénient a certainement suffi à lui seul pour décou-
rager bien des naturalistes qui, au cours de leurs travaux,
78 SÉANCE DU 8 MARS 1910
avaient été amenés à essayer de fixer sur la plaque sensible
les détails de préparations intéressantes, détails que seule la
photographie peut rendre exactement. Car, le dessin, surtout
d'une préparation microscopique, est autant une interprétation
qu'une reproduction, quelles que soient et la valeur et la
conscience de l'artiste.
L'interposition, entre le porte-condensateur du microscope
et le miroir, d'un des écrans colorés (1) imaginés par M. Mon-
pillard, non seulement supprime les difficultés signalées plus
haut, mais encore permet de retirer de véritables avantages
de ce qui, — en microphotographie sans écrans spéciaux, —
constituait un inconvénient très sérieux. Ce résultat est obtenu
par suite de la possibilité où l'on se trouve alors d'utiliser
précisément les colorations de la préparation pour mettre en
valeur les éléments les plus intéressants.
Ces écrans, trop peu connus du monde scientifique, sont
utilisés :
1° Pour obtenir les images détaillées de sujets présentant
des nuances peu actiniques, ainsi que pour réaliser une inter-
prétation correcte des diverses colorations résultant de l'emploi
des différents réactifs utilisés dans la technique des sciences
biologiques ;
2° Pour obtenir une correction aussi complète que possible
des aberrations chromatiques résiduelles des systèmes optiques,
d'où il résulte la possibilité d'utiliser dans d'excellentes condi-
tions les mêmes objectifs pour l'observation et la microphoto-
graphie.
Ces écrans se font en six nuances : orangé, jaune, vert,
bleu, violet et vert-jaune très monochromatique (vert Z), abré-
viation rappelant que cet écran est destiné à remplacer le
liquide de Zetnow, souvent utilisé en microphotographie.
Ces six nuances sont suffisantes pour tous les cas pouvant se
présenter; elles ont chacune leurs indications propres.
L'écran bleu et l'écran violet sont à signaler particulière-
ment, car ils permettent, surtout le dernier, d'augmenter dans
une certaine mesure le pouvoir résolvant des objectifs, en
faisant travailler ceux-ci dans un faisceau de lumière chroma-
tique comprenant un groupe de radiations de faible longueur
d'onde.
(1) Les écrans se trouvent chez Cogit et Cie, 36, boulevard St-Michel, à Paris.
SÉANCE DU 8 MARS 1910 79
Ces écrans possèdent des propriétés optiques constantes
quel que soit l'exemplaire employé.
C'est ainsi que l'écran orangé est transparent de l'extrême
rouge jusqu'au a 580, le vert est transparent de X 510 à 1 570,
etc
Pour arriver à ce résultat, il ne fallait pas songer à incor-
porer, dans la masse vitreuse destinée à leur fabrication, des
matières fusibles; les résultats eussent été trop inconstants.
Le procédé de fabrication est, dans ses grandes lignes, le
suivant :
Une quantité déterminée d'une solution gélatineuse colorée,
dont la teneur en matière colorante a été rigoureusement fixée
par l'expérience, est étendue sur une plaque de glace parfaite-
ment plane. Puis, quand la surface de cette plaque est sèche,
celle-ci est recouverte d'une seconde plaque de glace plus
mince : on comprend facilement que dans ces conditions les
écrans puissent jouir de propriétés optiques toujours les mêmes,
puisqu'ils renferment invariablement le même poids de colo-
rant par centimètre carré de superficie.
Telles sont les propriétés de ces écrans ; elles sont de nature
à faciliter grandement la pratique de la photographie des objets
vus au microscope, et j'ai la conviction que si ces écrans
étaient connus dans la plupart des laboratoires, la micropho-
tographie, qui compte encore peu d'adeptes, entrerait dans la
pratique courante et faciliterait la constitution d'une documen-
tation iconographique d'une précision et d'une authenticité
indiscutables.
Bull, de la Soc. Zool. de Fr., 1910. X.*xv — 8
80 SÉANCK DU 8 MARS 1910
SUR TROIS ASCIDICOLES DU GENRE
APLOSTOMA CANU : APLOSTOMA MAGELLAN ICA n. sp.,
A- HIBERNICA (T. et A. SCOTT , A. SACCULUSn. sp.
(note préliminaire)
PAR
Edouard CHATTON et Ernest BRÉMENT
Le genre Aplostoma a été créé en 1886, pour une espèce de
Copépodes parasite de diverses Synascidies (1) des côtes
du Boulonnais, par Canu qui en a fort bien étudié les deux
sexes et les formes larvaires.
Brément (1909) a fait connaître une espèce voisine, A. banyn-
le?isis, parasite d'un Leptoclinum méditerranéen (L. maculatum
Milne-Edw.) et a montré qu'il fallait annexer au genre Aplo-
stoma trois formes rapportées à tort au genre Enterocola v.
Ben. Ce sont : Aplostoma ernca Norman (= A. af finis T. Scott)
que Canu comprenait, dans son genre Enteropsis Aurivillius,
.4. beaumonti (T. et A. Scott) et A. hibernica (T. et A. Scott).
Ces espèces introduisirent dans le genre des caractères nou-
veaux qui obligèrent à un remaniement de la diagnose de Canu
construite pour le seul A. brevicanda.
A. hibernica t dont nous avons repris l'étude, et les deux para-
sites nouveaux que nous décrivons ici présentent, à côté de
caractères essentiellement aplostomiens, des variations qui
étendent encore beaucoup les limites du genre, mais qui, très
graduées, interdisent de le démembrer. En présence de cette
plasticité morphologique et en prévision de la richesse du
genre en espèces, choses concomitantes, nous nous abstien-
drons d'en donner ici une nouvelle définition qui serait à
remanier à trop brève échéance. Un court examen récapitulatif
(1) Circinalium. concrescens Giard, Morchellium argus M. Sdw., Amarœcium
Nordmanni M. Edw., A. punctumf, Polyclinum luteum Giard.
SÉANCE DU 8 MARS 1910 81
des formes bien étudiées y suppléera pour l'instant. Pour les
Fia. I. — 1 , Aplosloma banyulensis Brément ; 2, A. sacculus Ch. et Br.: 3, A.magel-
lanica Ch. et Br. ; 4, A. hibernica (T. et A. Scott), femelles vues de profil.
mêmes raisons, nous réservons la discussion des questions de
nomenclature que soulève l'appellation du genre.
82 SÉANCE DU 8 MARS 1910
Aplostoma magellanica n. sp.
Type de l'espèce : une femelle adulte non ovigère trouvée
Jans une Synascidie, non encore identifiée, recueillie par la
mission du Cap Horn (1) dans le détroit de Magellan.
Mâle et embryons inconnus.
Femelle.
Dimensions : Longueur, lmm5 ; largeur, 0mm3.
Corps grêle, vermiforme, élancé, plus atténué postérieure-
ment qu'antérieurement, à régions peu distinctes, arqué, à con-
cavité dorsale. Cuticule lisse.
Céphalon en forme de gland, arrondi antérieurement, sans
replis pleuraux accentués, protégé par une plaque dorso-
apicale chitinisée, échancrée sur la ligne médiane dorsale et
ne s'étendant pas sur Taire buccale. Le bord antérieur de la
lête, vu de profil, est obtus. Rostre arrondi, très peu saillant.
Deux écailles apicales peu marquées.
Une zone dorsale amincie du tégument marque la limite
céphalopéréionale.
Péréion vaguement 4~segmenté, légèrement renflé dans
chaque segment, atténué antérieurement et surtout postérieu-
rement.
Pléon réduit, beaucoup plus étroit que le péréion, conique,
séparé de lui par un sillon articulaire peu marqué, vaguement
2-segmenlé, le dernier article légèrement incurvé dorsalement.
Bouche en fente transversale allongée, au sommet d'un labre
en mamelon saillant, à bord chitinisé en forme d'accolade sans
papilles.
Anus terminal.
Pore de fécondation ventral, à la limite péréiopléonale.
Vulves latérales, à la limite péréiopléonale.
Antennules écartées l'une de l'autre, bien développées,
4-articulées, à cuticule épaisse, l'article proximal très déve-
(1) Cette Ascidie, dont le Muséum d'histoire naturelle de Paris possède de nom-
breux exemplaires, nous a été obligeamment communiquée avec l'autorisation de
M. le professeur Joubin, par notre ami M. Richard.
SÉANCE DU 8 MARS 1910
83
loppé, renflé, portant des soies ventrales, et une soie distale
eourte ; les trois articles distaux cylindriques, courts, étroits,
formant un ensemble moins long que l'article proximal ; le
quatrième article porte trois soies grêles terminales.
Antennes grêles, en moignons cylindro-coniques, 1-articu-
lées, portant un mamelon à une soie au milieu de leur longueur
et une soie terminale.
Mandibules (1) en moignons coniques, larges à la base,
1-articulées, à une soie terminale. De chaque côté du labre,
trois plaques chitineuses dans le prolongement l'une de l'autre,
Fig. II. — Aplostoma magellanica Ch. et Br, Ç. Face ventrale de la tête ; a1",
antennule; ane, antenne ; md, mandibule ; nix2i, 2mo maxille interne.
les deux premières sub-égales et presque soudées, la dernière
courte, adjacente à la base de la seconde maxille du côté
interne.
Secondes maxilles internes puissantes, en crampons, 3-articu-
lées, le second article portant vers le second tiers antérieur de
sa face interne une forte soie conique et sur son bord disto-
i n terne un mamelon chitinisé formant pince avec le gros crochet
terminal du troisième article.
(1) Nous appelons ces appendices des mandibules, bien que l'exemple iV Aplostoma
hibernica montre qu'il peut subsister deux appendices entre l'antenne et la seconde
maxille.
84 SÉANCE DU 8 MARS 1910
Péréiopodes : quatre paires, sub-équidistants, semblables,
sub-égaux, biramés, peu chitinisés. Basi très larges, portaut
des ligues de spiuules. Apophyse exterue bien développée.
Apophyse interne nulle.
Exo en moignons uni-articulés présentant sur leur face posté-
rieure une lamelle épaisse ne les dépassant pas, obtuse dans la
première paire et aiguë dans les paires suivantes.
Endo bilobés, le lobe interne plus développé que l'externe,
échinulé distalement. Une grosse soie conique à la limite des
deux lobes.
Pas trace de cinquième paire.
Pièces furcales grêles, coniques, incurvées postérieurement
et extérieurement, à une soie terminale.
Aplostoma hibernica (T. et A. Scott).
Type de l'espèce : trois individus femelles, dont deux ovi-
i;ères, recueillis au fond d'une cuvette où avaient séjourné
diverses Synascidies de la grève de Roscoff (août 1909).
(T. et A. Scott ont rencontré cette espèce dans les mêmes con-
ditions, d'où l'on peut conclure qu'elle n'occupe pas une situa-
lion très profonde dans son hôte.)
Mâle et embryons inconnus.
Femelle.
Dimensions : longueur, 6mm ; largeur, 4mm3.
Corps cruciforme, plus atténué antérieurement que posté-
rieurement, brisé en arc au niveau des pattes, à trois régions
peu distinctes, arqué, à concavité dorsale. Cuticule aréolée.
Céphalu> atténué, à bord antérieur saillant de profil, en arc
surbaissé vu de face. L'aire buccale forme une truncature
ventro-apicale, limitée latéralement par deux replis pleuraux
accentués. Plaque céphalique dorso-apicale chitinisée, présen-
tant une échaucrure médiane et deux latérales, aréolée et
ponctuée et atteignant la partie antérieure de l'aire buccale.
Epaississement apical (correspondant peut-être aux écailles).
Pus de rostre. Un sillon accentué surtout latéralement sépare
la tête du péréion. Péhéion à segmentation indistincte, atténué
antérieurement, arrondi postérieurement.
Pléon mal séparé du péréion, vaguement 2-segmenlé, le pre-
SÉANCE DU 8 MARS 1910
85
mier segment conique et surbaissé, le second bulbeux et pédi-
cule.
Bouche en fente transversale allongée.
Anus terminal.
Vulves dorsales, à la limite péréiopléonale, à orifice triangu-
laire, protégées par une valve à bord postérieur muni de cinq à
six dents et portant deux fortes épines coniques dont l'une
dépasse ce bord inférieur.
mxz(
Fig. [IL— Aplostoma hibernica (T. et A. Scott) Ç.Face ventrale de la tète; a'% an-
tennule ; ane, aDtenne ; mil, mandibule; nu1, première maxille; mx"2e, seconde
maxille externe; mx2i, seconde maxiile interne ; p a., plaque apicale ; r p., repli
pleural.
Antennules contiguëSj bien développées, renflées, peu chiti-
nisées, vaguement 3-articulées, coniques, tous les articles munis
de soies coniques
Antennes robustes, en crampons, 2-articulées, l'article distal
à base large, l'article proximal aigu, muni d'une dent terminale
et d'une sub-terminale beaucoup plus petite.
Mandibules réduites, en moignons saillants à une soie termi-
nale.
86 SÉANCE DU 8 MARS 1910
Premières maxilles en moignons saillants, renflées, 1-articulées,
munies de trois soies externes et d'une terminale semblables.
Secondes maxilles externes en coins, robustes, 1-articulées,
inunies de deux soies externes et d'une soie terminale conique.
Secondes maxilles internes robustes, en crampons, 3-articulées,
le troisième article muni d'un fort crochet.
De chaque côté du labre, prennent naissance des baguettes
chitineuses longues et fortes s'eufonçant dans la cavité de la
tète.
Péréiopodes : quatre paires, subégaux, les postérieurs un
peu plus développés que les antérieurs, fortement chitiuisés.
Basi à apophyses d'insertion très développées formant un
cadre articulaire pour l'exo et striées parallèlement à leurs
contours.
Exo eu crampons uniarticulés, chitinisés, avec une forte
grifïe terminale munie de trois petites griffes accessoires, arti-
culés sur deux apophyses du basi.
Endo en mamelons inarticulés, peu chitinisés, munis de
quelques soies coniques.
Cinquième paire : les péréiopodes V sont représentés par
une trace sur le tégument, un peu au-dessus de la limite péréio-
pléonale.
Pièces furcales en griffes, dirigées antérieurement, avec une
soie très fine postéro- externe.
Aplostoma sacculus n. sp.
Type de l'espèce : une douzaine d'individus femelles, dont
2 ovigères, trouvés dans la tunique commune de Diplosoma
spongiforme Giard, Didemnoïdé dragué sur la vase côtière
devant Port-Vendres, fin octobre 1908 (I).
Mâle et embryons inconnus.
Femelle
Dimensions : longueur, de 2mm 5 à 3,nm ; largeur, de 0mm 5
à 0mm9.
Corps sacciforme allongé, plus atténué antérieurement que
(1) Les ascidiozoïdes'de ce Diplosoma renfermaient également Bonnierilla bre-
vipes Brément.
SÉANCE DU 8 MARS 1910
87
postérieurement, à régions indistinctes, arqué, à concavité
dorsale. Cuticule lisse.
Céphalon non séparé du péréion. Aire buccale très réduite,
entièrement masquée par les replis pleuraux qui s'affrontent
sur la ligne médiane et recouvrent tous les appendices. Plaque
céphalique chitinisée, développée ventralement, atteignant Taire
buccale et renforçant les replis pleuraux. Sa surface est recou-
verte de ponctuations aréolées. Ventralement, un peu au-
Fio. IV. — Aplostoma sacculus Ch. et Br. $ Sommet de la tête; ale, antennule ;
a»e, autene; mxJi, seconde maxille interne; p c, plaque apicale ; r p., repli
pleural. Les appendices buccaux sont vus par transparence à travers les replis
pleuraux
dessous de la plaque céphalique et très écartés de la ligne
médiane, sont deux processus unguiform.es.
Péréion non séparé du céphalon et le prolongeant directement.
Pléon réduit à une calotte terminant le péréion sans délimi-
tation.
Anus terminal.
Vulves latéro-dorsales, sub-terminales, munies d'une valve
triangulaire dont le bord libre, armé de fortes dents, plonge
dans l'orifice vulvaire. La face externe de la valve porte en
88 SÉANCE DU 8 MARS 1910
son milieu une forte épine inégalement bifide et une autre
épine indivise plus petite.
Appendices céphaliques de chaque paire adjacents sur la ligne
médiane.
Antennules à cuticule mince, vaguement 2-articulées, le der-
nier article pourvu de soies molles.
Antennes 2-articulées, le dernier article en tigelle terminée
par une forte griffe, faisant saillie par la fente pleurale élargie
à leur niveau.
Secondes maxilles dressées, vaguement 3-articulées, l'article
distal terminé par un fort crochet.
Péréiopodes : quatre paires, les péréiopodes de la première
paire sensiblement plus petits que les suivants.
Basi formant un cadre articulaire très développé en cuilleron,
à apophyse interne longuement étirée et striée parallèlement
à son bord distal. Apophyse externe réduite.
Exo en crampon, muni d'un crochet terminal et articulé sur
deux apophyses du basi.
Endo eu mamelon à deux très petites soies apicales.
Pas trace de cinquième paire. ~
Pièces furcales extrêmement réduites, formées chacune par
une tigelle sétigère courte et grêle.
Unité et variarilité dans le genre Aplostoma.
11 importe de dégager brièvement des descriptions précé-
dentes les caractères communs aux divers Aplostomes, afin de
mettre en lumière leur parenté qui est iudéniable, en dépit
d'écarts morphologiques excédant de beaucoup ceux que les
taxonomistes ont coutume de tolérer dans l'intérieur d'un même
genre. Nous comprendrons dans cet aperçu Aplostoma brevi-
cauda Canu et A. banyulensis Brément. Nous négligerons par
eontre A. eruca (Norman) et A. beawnonti (T. et A. Scott),
qu'il serait nécessaire de réétudier. Ces deux derniers parais-
sent d'ailleurs très voisins des deux précédents qui au point
de vue de leur forme générale sont les moins dégradés.
.4. brevicauda présente une segmentation presque complète.
La tête est nettement séparée du thorax; de celui-ci le 5° seg-
ment est seul effacé ; l'abdomen est 4-segmenté.
Chez .4. banyulensis, la métamérisation est beaucoup plus in-
décise. C'est seulement sur l'animal vivant et contracté qu'appa-
SÉANCE DU 8 MARS 1910 89
raissent les sillons du céphalothorax dont on ne trouve nulle
trace sur l'animal étalé, et l'abdomen n'est que vaguement
2-segmenté. Même degré de la segmentation céphalothoracique
chez A. magellanica et A. hibernica, où l'abdomen subit encore
une réduction sensible de son volume. Chez A. hibernica, le
2° pseudosegment abdominal est réduit à un bulbe pédicule.
Tète et abdomen paraissent avoir au premier abord complète-
ment disparu chez A. sacculus. 11 faut, pour se faire une idée
de leurs limites, prendre comme point de repère, antérieu-
rement les secondes maxilles, postérieurement les vulves.
Un se rend compte ainsi que la tète et l'abdomen ne sont
représentés chacun que par une calotte terminale de surface
minime à chaque extrémité du corps. Cette espèce parait
s'écarter des précédentes moins encore par sa forme générale
que par le nombre et la disposition de ses appendices. En par-
ticulier il semble que les pièces céphaliques y fassent complè-
tement défaut. Ce n'est là, on va le voir, qu'une apparence.
Chez A. banyulensis, A. brevicauda, A. magellanica, Taire
buccale occupe toute la face ventrale de la tète. Les appendices
de chaque paire sont très écartés de la ligne médiane et séparés
par un cône buccal saillant. Chez A. hibernica, l'aire buccale
plus terminale se réduit en surface par suite du dévelop-
pement de deux replis pleuraux. Les antennules sont adja-
centes sur la ligne médiane et les autres appendices sensible-
ment rapprochés; le cône buccal est très réduit. La disposition
qui existe chez A. sacculus n'est qu'une exagération de celle-
ci ; les deux replis pleuraux très développés forment deux
valves qui s'affrontent par leurs bords libres sur la ligne
médiane, masquent tous les appendices et permettent seule-
ment la sortie des antennes. À cette disposition s'en ajoute
une autre qui la renforce. Chez A. banyulensis et A. hibernica.
et sans doute aussi chez À. brevicauda, le tégument dorso-
apical de la tète est fortement chitinisé et constitue une plaque
céphalique apicale (/; c), qui s'étend ventralement jusqu'au
bord antérieur de l'aire buccale et renforce les replis pleuraux.
La variabilité de 1 appareil buccal est aussi accentuée que
celle de la forme générale, mais elle ne lui est nullement
parallèle. Ainsi, chez A. banyulensis, les seuls appendices cépha-
liques présents sont : l'antennule, l'antenne et la seconde
maxille interne ; il semble en être de même chez A. sacculus (1).
(1) Nous ne pouvons affirmer qu'il n'existe pas d'autres appendices entre l'an-
tenne et la seconde inaxille externe, car il est difficile d'étudier cet appareil buccal
dans tous ses détails à cause de sa réduction et de sa conformation.
90
SÉAINCK 1>U 8 MAKS 1910
— A. hibernica, par contre, présente tous les appendices cépha-
liques des Copépodes normaux : antennuie, antenne, mandi-
bule, lrc maxille, 2° maxille externe et 2e maxille interne. —
A. brevicauda et A. magellanica ont une mandibule, mais
aucune trace de lrc maxille ni de 2e maxille externe. Rappelons
que chez A. brevicauda, Canu a vu la lre maxille apparaître
Fig. V. — 1, Aplosloma banyuiensis Brément Ç, ime pêréiopode gauche, face
antérieure; 2,B.sacculus Ch. et Br. Ç,3me pêréiopode gauche, face antérieure;
A. magellanica Ch.Jet Br. Ç, 1" pêréiopode gauche, face antérieure ; 4, A. hiber-
nica (T. et A. Scott) Ç, 1er pêréiopode gauche, face antérieure.
chez le 1er cyclopoïde pour disparaître aux stades suivants. 11
faut d'ailleurs remarquer que les appendices homologues, chez
.1. hibernica, de ceux qui disparaissent dans d'autres espèces
se trouvent déjà réduits à des vestiges sans fonctions.
Les péréiopodes présentent tous le même type fondamental de
structure. Un basi fortement chitinisé (sauf chez ,4. magellanica),
un exo bien développé en crampon (sauf chez A. magellanica)
SÉANCE DU 8 MARS 1910 91
et un endo inarticulé très peu renforcé, bilobé chez A. magella-
nica. Le basi offre aux muscles des apophyses d'insertion,
Tune externe, l'autre interne, soit très peu développées (A.
banyulensis) , soit également développées [A. brevicauda et A.
hibernica), soit très inégalement comme chez .4. sacculus où
l'apophyse interne est démesurément allongée. Les oèmes péréio-
podes qui, chez A. brevicauda et A. banyulensis constituent les
lames ovitectrices, sont à l'état de vestiges chez A. hibernica
et font absolument défaut chez les autres espèces.
Les vulves dorsales ou latéro-dorsales avec leurs clapets
dentés et munis d'épines, avec leur aire intervulvaire orne-
mentée présentent une remarquable uniformité.
A. magellanica a cependant des vulves sans ornementation.
Ce caractère parait réductible à un défaut de chitinisation
générale du tégument qui se traduit aussi, nous l'avons vu, par
la faiblesse des antennes et des péréiopodes, la minceur de la
plaque céphalique et l'absence de cadres arliculaires. Il en
résulte pour A. magellanica une physionomie qui le distingue
des espèces européennes actuellement connues.
Dans cette série des Aplostomes, les caractères qui varient
le plus sont ceux qui sont le plus immédiatement en relation
avec le mode de vie de l'animal (forme extérieure et structure
des appendices) ; leurs variations sont suffisamment graduées, —
et le seront d'autant plus que l'on connaîtra un plus grand
nombre d'espèces, — pour permettre déjà de rapprocher les
formes extrêmes. D'autres caractères, moins directement on rap-
port avec les conditions d'existence de l'animal (ornementation
des vulves, cadres chitineux périantennaire!?, plaque apicale),
témoignent nettement par leur uniformité de l'étroite parenté
des espèces européennes. Celles-ci ne peuvent d'ailleurs être
considérées comme formant une lignée continue, elles dérivent
toutes d'une forme inconnue ou disparue ayant fait souches
divergentes. Malgré l'amplitude des variations qu'ils présentent
et qu'ils sont d'ailleurs seuls à présenter dans le groupe des
Ascidicoles, les Aplostomes ne confinent actuellement à aucun
autre genre. L'idée d'une parenté Aplostoma- Enter opsis , soute-
nue par Canu, repose sur une orientation défectueuse des
péréiopodes. Les ligures que nous donnons ici montrent bien
que la rame en crampon n'est pas l'endopodite, mais bien l'exo-
podite. Au surplus, le développement considérable de la man-
dibule, caractéristique des Enteropsis et de leurs proches
92 SÉANCE DU 8 MARS 1910
parents les Mychopkilus, ne permet pour l'instant aucun rap-
prochement de ces genres avec les Aplostoma.
BIBLIOGRAPHIE
1909. Brément (E.). — Contribution à l'étude des Copépodes ascidi-
coles du golfe du Lion. (Arch. Zool. exp. Notes, (5), I, p. lxi-
lxxxix.)
1886. Ganu (E.). — Description de deux Copépodes nouveaux parasites
des Synascidies. (Bull.sci. France-Belgique (2), XVII, p. 309-320.)
1892. Canu (E.). — Les Copépodes du Boulonnais : morphologie, em-
bryologie, taxonomie. (Trav. Stat. zool. Wimereux, VI, 354 p.,
30 pi.)
189§. Scott (T. et A.). — On some new and rare British Copepoda.
[Ann. nnl. hist. (6), X, p. 201-207, pi. xv-xvi.)
Séance du 2$ mars 1910.
PRÉSIDENCE DE M. COUTIÈRE, PRÉSIDENT
M. Robert s'excuse de ne pouvoir assister à la séance.
M. le ministre de l'Instruction publique adresse l'ordre du
jour des séances du prochain CoDgrès des Sociétés savantes.
M. Woldemar Lepescrkine, vice-président de la section ichthyo-
logique de la Société impériale d'acclimatation, Piatnitzkaya, 56,
à Moscou (Russie), est présenté par MM. Robert et N. de Zograf.
M. Pluche, présenté à la précédente séance, est nommé
membre.
M. Petit présente deux Lapins de garenne albinos, à yeux
rouges, tués à Bapaume (Pas-de-Calais), dans la propriété de
M. Stein, où on en a observé plusieurs autres, qu'on épargne
dans l'espoir de les voir se reproduire ; il présente aussi une
Pie, dont les mandibules sont croisées comme celles d'un Loxia,
et une tète de Corbeau freux à mandibule supérieure allongée
et recourbée; elle mesure 10 cm., l'inférieure 6 cm.
M. Pluche. — L'albinisme est une dégénérescence patholo-
gique qui s'observe surtout chez les animaux domestiques ; le
Canard sauvage se décolore, en basse-cour, en trois ou quatre
générations.
M. Petit annonce également l'arrivée des Hirondelles à
Royan, le 12 mars.
94 SÉANCE DU 22 MARS 1910
ÉTUDE SUR LA DISPERSION GÉOGRAPHIQUE DES PUPA
POLYODON DRAP.,
RING1CULA MICH. ET MONTSERRATICA FAGOT
PAR
E. CAZIOT
La dispersion géographique des Pupa polyodon, rinyicula et
montserratica n'est qu'imparfaitement connue, et on serait
embarrassé de l'indiquer si l'on n'avait recours qu'aux ouvrages
qui les ont relatés.
C'est avec le concours de M. Fagot que j'ai pu établir la
dispersion du Pupa polyodon Draparnaud dans les Annales de
la Société linnéenne de Lyon, en 1907; c'est encore grâce aux
notes qu'il m'avait adressées à ce sujet, et surtout grâce aux
renseignements nombreux et précieux qui m'ont été gracieuse-
ment fournis par M. Margier, que je puis compléter cette étude
par la dispersion du Puparingicula Michaud et du Pupa mont-
serratica Fagot. Ce dernier auteur considérait ces deux Pu^a
comme deux espèces différentes ; mais, en réalité, elles ne peuvent
pas se séparer spécifiquement du Pupa polyodon. J'ai pu aussi,
grâce aux indications de M. Margier, compléter ce qui a trait à
celte dernière espèce, dont le type a été trouvé à Castelnau,
puis à Montpellier, par Draparnaud en 1801. Elle a été ensuite
signalée successivement par :
1822. Marcel de Serres (Règne animal, in: H. Delessert, Sta-
tistique du département de l'Hérault, p. 60).
1837. Oleron, in : Delocre et Companyo ; Pyrénées-Orientales.
1838. Potiez et Michaud (Gai. Moll. Douai, p. 171) ; Montpellier,
Orange.
1840. Gras (Moll. Isère); Mont-Néron, près Grenoble.
1843. Moquin-Tandon (Moll. Toulouse, p. 175); alluvions de la
Garonne (Reyniès), du Lers (Saint-Simon) et à Agen
(Partiot).
1849. Gassies (Moll. Agenais, p. 137); dans les alluvions (sans
nul doute de la Garonne).
SÉANCE DU 22 MARS 1910 95
[850. Du pu y (Bis t. Moll. France, 4e fascic, p. 398) ; France
méditerranéenne, espèce commune en Provence; G. G.
dans les Pyrénées-Orientales.
1851. Mortillet (de) (Goq. fluv. et terr. de Nice, p. 102). Cet
auteur indique la localité d'origine : Gastelnau, et
signale le Pupa polyodon dans les Alpes-Maritimes
d'après Risso, qui le désigne sous le nom de Jaminia
miîltidentata. Bourguignat, dans sa critique de la collec-
tion de l'auteur niçois, en 1861, dit que Risso s'est
trompé, que son Jaminia multidentata n'est autre que
le Pupa polyodon de Draparnaud. J'ai vu, après lui, les
échantillons collés sur le carton de Risso et j'assure, à
mon tour, que Risso avait bien déterminé ; car ses spé-
cimens se rapportent réellement au Pupa variabilis
Drap. (= Turbo multidentatus Olivi). Ce Pupa existe
en effet dans les Alpes-Maritimes, dans la vallée de
la Roya; taudis que le Pupa polyodon ne dépasse pas
le torrent du Var, partie d'ailleurs non explorée par
Risso, au point de vue des Mollusques qu'il a signalés.
1855. Moquin-Tandon (llist. Moll. France, II, p. 374), Lot-et-
Garonne (Partiot), Haute-Garonne (Reymès), Pyrénées-
Orientales (Aleron), Hérault (Drap.), Gard (Partiot),
Drôme (Reybaud), Vaucluse (Potiez et Michaud), Isère
(Gras), Provence (Dupuy) ; la variété minor (1) à Ba-
nègues et à Figueras (Braun), Villefranche (Michaud) ;
la variété attrita a Montpellier.
1855. Drouet (Euum. Moll. terr. fluv.), France continentale,
var. minor (2) à Villefranche.
1863. Companyo, (Hist. nat. Pyrénées-Orientales, III).
1874. Massot, (Enum. Moll., Pyrénées-Orientales, p. 96 et 97).
1875. Fagot, (Catalog. Moll., région Toulouse, p. 21).
1882. Locard (Prodrome, p. 168) indique les habitats suivants :
Papa polyodon : environs de Grenoble, Drôme, Ar-
dèche, Gard, Vaucluse, Hérault, Var, Bouches-du-
Rhône, Alpes-Maritimes, Pyrénées-Orientales, Agénais
(1) Dans son Iconog., Rossmasslfr a appelé Pupa polyodon var. minor la forme
qu'on rapporte au Pupa ringicula, en lui assignant, comme localité : Barèges,
tandis que, réellement, elle a été recueillie par Braun dans les alluvions de l'Aude
à Carcassonne.
(2) C'est aussi la forme ringicula (Margif.h1.
Bull, de la Soc. Zool. de Fr., 1910. xxxv — 9
96 SÉANCE DU 22 MARS 1910
et Haute-Garonne; Pupa ringicula : Candies, Vingrau,
Villefranche, La Preste, Coustouges, Saint-Laurent-
de-Cerdane dans les Pyrénées-Orientales ; la région
de Toulouse dans la Haute-Garonne.
1894. Locard, dans ses « Coquilles de France », p. 310, indique
les habitats suivants pour le Pupa montserratica : ré-
gion pyrénéenne, Pyrénées-Orientales, Hérault, etc. Ce
savant auteur n'a pu avoir ce renseignement que par
M. Fagot qui, pourtant, dans son « Histoire malacol.
des Pyrénées françaises et espagnoles », p. 96, dit,
en 1891, que cette espèce ne se trouve que dans les
petites Pyrénées et Pyrénées moyennes du versant
espagnol et qu'elle n'a été recueillie, sur le versant
français, que dans les Pyrénées-Orientales, principale-
ment à La Preste, en indiquant même que celle-ci n'est
autre que le Papa polyodon des auteurs pyrénéens.
Westerlund, dans son Catalogue des Mollusques de la région
paléarctique, en 1890, indique le sud de la France, l'Espagne
et Alger (1) comme habitats du Pupa polyodon et donne les
mêmes régions (sauf l'Espagne) pour le Pupa ringicula.
En résumé, le Pupa polyodon Draparnaud, type, vit en
France dans la zone de l'Olivier, qu'il franchit cependant,
puisqu'il remonte jusqu'à Bourg-de-Péage et Grenoble, dans la
vallée de l'Isère. Il forme des colonies isolées. Au nord, sa
limite se confond à peu près avec celle du Pupa similis Bru-
guière, mais à l'est, il ne dépasse pas la vallée du Var; encore
devient-il rare. Sa présence dans l'Aveyron parait douteuse.
Au sud et à l'ouest, sa limite n'est pas bien fixée; on ne sait
pas exactement où cesse la forme typique et où commence la
variété ringicula. Pour M. Fagot, celle-ci se trouve principale-
ment dans les Corbières. C'est de là qu'elle a rayonné sur tout
le terrain éocène et s'est propagée jusqu'à son extrême limite,
sur les confins de la Haute-Garonne, dans la vallée du Mares,
entre Saint-Félix de Caraman et Avignonet. L'éocène, là, se pré-
sente tantôt sous la forme de calcaires exploités, tantôt sous la
forme de grès très résistants. C'est seulement sur les grès que
M. Fagot dit avoir trouvé les Pupa ringicula, entre Montferrant
(1) Westerlund signale sans nul doute cette espèce à Alger, d'après la Malacolo-
gie de l'Algérie de Bourguignat; toutefois cette localité aurait besoin d'être vérifiée.
On sait d'ailleurs que cet ouvrage renferme de nombreuses erreurs et inexactitudes
et que les indications de localités ne méritent qu'une confiance relative.
SÉANCE DU 22 MARS 1910 97
et Saint-Félix de Caraman. La partie comprise entre ces deux
localités renferme d'ailleurs beaucoup de plantes de la faune
méridionale, telles que : Helianthemum niloticum Pers., Teu-
crium polium L., Erodium arenaria Jord., Duplevrum crista-
f «m Baril., Stachis heraclea, AIL, Cardancellus minutissimas
L., Ononis reclinata Lk., Allium roseum L., Argirolobiitm
limnœanum Walp., Scorpiurus subvillosa L., Lavandula spica
L., Orchis papilionacea L. (1).
D'après M. Margier, le Pupa ringicula Michaud est carac-
téristique des vallées de l'Aude et des Pyrénées-Orientales. II
se rencontre à Carcassonne et à Candies (vallée de l'Agly),
Villefranche-de-Conflent (vallée de la Tèt), Amélie-les-Bains
(vallée du Tech). Dans la partie supérieure de cette dernière
vallée règne exclusivement, au contraire, le Pupa montserratica
Fagot: à La Preste, Prats-de-Mollo, Arles-sur-Tech. Les deux
formes ne se mêlent pas.
Le Pupa ringicula se retrouve sur le versant espagnol des
Pyrénées, depuis Figueras jusqu'à la vallée de la Nognera
Pallareso.
Eu France, grâce à la faible altitude de la ligne de partage
des eaux, ce Pupa a pénétré sur le versant atlantique, dans la
vallée de Mares, d'où les crues l'entrainent parfois par le Lhers
et la Garonne jusqu'à Agen.
Comme on vient de l'indiquer, le Pupa ringicula commence
à se montrer dans la vallée supérieure du Tech, depuis La
Preste (1000 mètres d'altitude) jusqu'à Arles-sur-Tech ; il est
répandu dans toute la Catalogne, Gerona, Montserrat, etc.,
mais est rare à Barcelone.
Il est abondant dans l'Aragon: dans toute la vallée de l'Ebre
et dans celle de ses affluents, par lesquels il remonte jusque
dans la région pyrénéenne. M. Thieux a constaté sa présence
dans la province de Tarragona à Reus, Montblanch et Pica-
moixous.
Dans le royaume de Valencia, il a été signalé sous le nom
de Pupa polyodon à Narajas, Alcudia, Tabornas de Valldigno
par Hidalgo (Malacol. 1871).
Sa limite sud n'est pas bien déterminée. Toutefois, M. Thieux
l'a trouvé à Almansa et Chinchilla, à plus de 100 kilomètres à
l'ouest de Valencia, et près de Paca, dans la Sierra de Espafta,
province de Murcie. ZAPATERne l'indique pas aux environs d'Al-
(1) Jaitbernot, 1874, Dul. Soc, Toulouse, p. 533-535.
98 8ÉAHCE DU 22 MARS 1910
barracia. Toutes les stations citées ci-dessus se trouvent sur le
versant méditerranéen. Le Pupa manque sur le versant atlan-
tique. On le trouve encore clans l'île de Miuorque, à Mahon,
Mereadal, etc., mais il est inconnu clans les autres îles Baléares
(Hidalgo).
Il ressort decetteétudequele Pupapolyodon, de la section Tor-
quilla, et, à plus forte raison, les Pupa ringicula et montser-
ratica, sont des espèces hispaniques. Le Pupa polyodon s'est
répandu, en se modifiant quelque peu, dans la région méditerra-
néenne de la France ; il atteint la vallée du Var à l'est, la vallée
de l'Isère au nord, mais ne semble pas dépasser l'Ardèche, sur
la rive droite du Rhône. Peut-être a-t-il pénétré dans le Tarn,
mais on ne possède aucun renseignement sur la faune des Mol-
lusques de ce département. 11 a dû suivre, dans leurs migra-
tions, quelques autres espèces hispaniques, comme YHelix
splendida, le Pupa Farinesi, etc. ; il ne se trouve pas dans
les Alpes. Il a seulement pénétré dans quelques vallées relati-
vement chaudes, sur un petit nombre de points, par exemple à
Grenoble, où il est d'ailleurs fort rare.
Séance du 1$ avril 1910.
PRÉSIDENCE DE M. COUTIÈRE, PRÉSIDENT
M. A. Dollfus s'excuse de ne pouvoir assister à la séance.
La Société scientifique argentine invite la Société à se faire
représenter au Congrès scientifique international américain,
qui se réunira à Buenos-Aires du 10 au 25 juillet 1910. Ce
Congrès fera partie des fêtes du centenaire de la Révolution
de mai 1810, origine de l'indépendance de la nation argentine.
Adresser les adhésions et les communications à M. Luis
A. Huergo, ingénieur, président de la Commission directive
du Congrès, à la Société scientifique argentine, 269, rue
Cevallos, à Buenos-Aires (République-Argentine) ; les cotisa-
tions (25 fr. par membre, 5 fr. par dame adhérente), au tré-
sorier du Congrès, même adresse. Parmi les sujets proposés,
citons : dans la Section des sciences biologiques (Président le
Dr Angel Gallardo), sous-section de biologie générale (vice-
président le Dr Roberto Wernicke) : « 1° Etude expérimentale
sur les croisements ; 2° Arthropodes servant de véhicules à des
germes pathologiques ; 3° Parasites de l'Homme ; 4° Parasites
des animaux domestiques et des plantes cultivées. » Dans la
sous -section de zoologie (vice-président le Dr Fernando
Lahille) : « 1° Etudes générales ou locales sur la faune amé-
ricaine ; 2° Utilisation des ennemis naturels de la Sauterelle et
des autres fléaux pour lutter contre eux ; 3° Exploitation de la
faune maritime. »
Le « Laboratorio di zoologia générale et agraria délia R.
Scuola superiore di agricoltura in Portici (Napoli) » demande
l'échange de sou Bulletin avec les publications de la Société.
Les « Memorias do Instituto Oswaldo Cruz » de Rio de
Janeiro, demandent l'échange avec les publications de la
Société.
Les éditeurs de la « Monograph of the land and freshwater
Mollusca of the British Isles s par Jonn W. Taylor, adressent
un prospectus et un bulletin de souscription à cet important
ouvrage, dont le troisième volume est sous presse.
100 SÉANCE DU 12 AVRIL 1910
M. Petit présente un individu de Pica caudata à plumage
blanc, sauf quelques taches café au lait. Il fait remarquer que
cet animal avait certainement souffert, ce que démontre son
plumage usé, et attribue à ce mauvais état de santé le blan-
chissement de sa livrée. C'est ainsi qu'un Merle noir, blessé,
avait au bout de quelques années acquis quelques plumes
blanches.
M. Pluche expose ses observations comparatives du Canard
et de la Fuligule. Chez ce dernier animal les pattes sont insé-
rées plus en arrière : la distance entre le coccyx et la cavité
cotyloïde est contenue 3 fois dans la longueur totale du rachis
chez la Fuligule, et seulement 2,66 fois chez le Canard. Ceci
explique que le Canard marche mieux, mais ne peut plonger
entièrement sous l'eau, ce que peuvent faire les Fuligules et
les autres Oiseaux aquatiques dont les pattes sont insérées fort
loin en arrière.
M. Petit observe que les Hirondelles, dont la présence a été
signalée à Royan le 12 mars, ne se sont pas avancées depuis
lors vers le nord de la France.
Ouvrages offerts
Congrès scientifique international américain. Société scientifique
argentine. Bulletin n° 1 (Buenos-Aires, 55 p.).
Garreta (Léon). Description d'un Àphodius granarius L. anomal.
[Bull. Soc. entom. France, 4910, p. 33-74).
SÉANCE DU 12 AVRIL 1910 101
A PROPOS DE QUELQUES CONSIDÉRATIONS
DE M. FAURÉ-FREMIET SUR MES ÉTUDES
PAR
A. PERRONCITO
Si M. Fauré-Fremiet avait lu attentivement mes notes, ou
même seulement leur titre, il se serait épargné à lui-même une
série d'observations inutiles et d'affirmations inexactes, et il
m'aurait épargné,, à moi , l'ennui d'une réponse également
inutile.
Mes deux notes — je prie M. Fauré-Fremiet de bien le
remarquer — sont deux notes préventives ; on ne saurait donc
légitimement déclarer, d'après cela, si j'ai ou non démontré
les choses affirmées, puisque les notes préventives contiennent
seulement les conclusions et les lignes générales, très som-
maires, des faits, et non la description précise des particula-
rités observées sur lesquelles elles s'appuient. Que M. Fauré-
Fremiet attende donc la publication de mon travail complet
(auquel Y Accademia dei Lincei, de Rome, a fait bon accueil et
qui est en cours d'impression, avec les figures respectives), et
alors, lorsqu'il aura pris une connaissance exacte des choses,
s'il croit avoir des objections à faire, je pourrai les accueillir
et les discuter.
Pour le moment je me borne à lui faire les observations
suivantes :
1° Sans aucun doute je dois connaître et citer les travaux,
relatifs à la question, qu'il énumère (et une centaine d'autres
encore, M. Fauré-Fremiet !) ; mais, que je sache, ce n'est pas
dans une note préventive qu'il est d'usage de donner la biblio-
graphie complète relative à une question et la discussion dé-
taillée des faits observés par les autres auteurs. Qu'il attende
mon travail et il aura pleine satisfaction à ce sujet.
2° J'ai employé toutes les méthodes proposées pour l'étude
de la question, et j'ai pu constater que celles dont M. Fauré-
Fremiet fait la critique sont incomparablement les moins défec-
tueuses. M. Fauré-Fremiet pourra s'en convaincre en compa-
rant mes figures avec celles des autres auteurs qui se sont
occupés de la même question.
3° Sans aucun cloute, les différents auteurs ont décrit comme
102 SÉANCE DU 12 AVRIL 1910
Nebenkern les formations les plus diverses ; images incom-
plètes et altérées de l'appareil réticulaire, mitochondries, idio-
zoma. centrosphères, etc., etc. Quant à l'affirmation que le
« JNebenkern » des auteurs qu'il cite est « identique, par son
aspect, ses transformations et sa fin » à l'appareil réticulaire
que j'ai décrit, elle est absolument dénuée de tout fondement.
La vérité est que quelques-unes des images données comme
représentant le « Nebenkern » des Mollusques ne sont que des
images incomplètes d'appareils réliculaires (spécialement cer-
taines figures de Prenant et Popoff).
4° La question de l'appareil réticulaire de Golgi n'est pas
une question neurologique, mais une question de biologie gé-
nérale ; en effet, comme on le sait, la présence de cet appa-
reil a été démontrée dans presque toutes les cellules de
l'organisme animal.
Pour éviter toute équivoque» je îépète que, n'estimant pas
que ce soit chose sérieuse de continuer une discussion sur des
faits qui ne sont pas encore publiés, s'il plaisait à M. Fauré-
Fremiet de revenir sur cette question avant l'apparition de
mon travail, je me dispenserais de toute réponse.
Séance du $6 avril 1910.
PRÉSIDENCE DE M. C0UT1ÊRE, PRÉSIDENT.
M. W. Lepeschkine remercie de son admission comme
membre.
La Facullé du Muséum de zoologie comparée de Cambridge
(Mass.) fait part de la mort du professeur A. Agassiz, décédé le
27 mars dernier,, dans sa 75e année. M. le président exprime à
ce sujet les vifs regrets de la Société.
M. le président présente les félicitations de la Société à
MM. N. de Zograf, récemment nommé grand officier de Sainte-
Anne ; Lamy, nommé officier de l'Instruction publique ;
E. Olivier, officier d'Académie ; L. Germain, titulaire de la
médaille Milne-Edwards en argent de la Société de géogra-
phie.
M. Robert Desoutter, licencié ès-sciences, demeurant, 8, rue
d'Hondeghem, à Hazebrouk (Nord), est présenté par MM. Gar-
reta et Robert.
« M. le professeur E. Bugnion, de Lausanne, présente quel-
ques observations sur les Termites de Ceylan.
« Le Coptotermes travians Haviland offre une particularité
curieuse. Le soldat, long de 4mm 1/2, distinct de l'ouvrier par
sa tête jaune, ses mandibules allongées et son abdomen d'un
blanc opaque, émet, lorsqu'on le moleste, une gouttelette
blanche, qui apparaît brusquement au-dessus du labre et, sem-
blable à du latex de caoutchouc, demeure assez longtemps
sans s'écouler. Observé au microscope, ce liquide montre une
quantité de granulations réfringentes de nature graisseuse. On
se convainc, en examinant la tête à la loupe, que le latex s'é-
coule par une ouverture arrondie (fontanelle, pore frontal)
placée en arrière de l'épistome. Il n'y a pas toutefois de
poche revêtue d'épithélium comme celle des Eutermes (1). Des
coupes pratiquées dans le sens sagittal ont montré une vaste
cavité qui, de l'intérieur de la tète, s'étend à travers le thorax
(i) E. Bugnion. Le Termite noir de Ceylan. (Ann. Soc. entom. France, 1900,
p. 271).
104 SÉANCE DU 26 AVRIL 1910
jusqu'au bout de l'abdomen. Les anses intestinales sont refou-
lées au-dessous. Les nids du Coptoterm.es travians se trouvent
dans les arbres creux, parfois dans la terre au pied du tronc.
Ayant rencontré une colonie qui renfermait des individus ailés,
l'auteur a reconnu que le Termite à latex n'est autre que le
soldat de V 'Archino termes FIcimi, décrit par Wasmann, d'après
des imagines reçues des Indes.
« Un autre Coptotermes (C. Gestroi Wasm.), propre à l'ar-
chipel Malais, cause un sérieux dommage aux plantations de
Caoutchouc (Hevea) et de Canne à sucre.
« M. Bugnion a étudié également deux espèces de Calotermes,
le C. Greeni Desneux, trouvé en grand nombre dans le Ca-
shewuut (Anacardium) et un autre plus petit observé dans
l'Arbre à thé. Les Calotermes diffèrent des autres Termites en
ce qu'ils n'ont pas une caste d'ouvriers nettement tranchée.
Les larves qui forment le gros de la colonie et remplissent la
fonction des ouvriers (en taillant le bois) sont, paraît-il, ca-
pables de se transformer en nymphes, donnant les unes des cf,
les autres des 9- Il se peut toutefois qu'une partie des larves
persiste à l'état neutre (asexué), représentant ainsi une caste
d'ouvriers en voie de formation. E. Green, qui a observé ces
Termites dans l'Arbre à thé, pense que quelques nymphes
seulement deviennent des 9 ailées capables de voler au dehors.
Les autres (9 néotènes, pourvues de rudiments d'ailes) reste-
raient dans le nid et seraient capables de pondre sans jamais
parvenir à l'état parfait. La conséquence de ce fait est qu'au
lieu d'une seule grosse reine, on trouve dans chaque colonie
de Calotermes, plusieurs femelles pondeuses, à peine plus
grosses que les nymphes, ne donnant chacune qu'un petit
nombre d'œufs. Le C. Greeni taille des galeries étroites dans
le bois dur (voire môme dans le bois vert) et vit exclusive-
ment à l'intérieur. Les soldats, relativement peu nombreux, se
distinguent par leur belle taille (10 à llmm 1/2), leur grosse
tète jaune à bords parallèles et leurs fortes mandibules pluri-
dentées. Les jeunes larves sont blanches, à peu près cylin-
driques, sans expansions thoraciques. Les larves plus âgées
(futurs sexués) se distinguent par leur tète ronde, de couleur
jaune soufre, et leur abdomen dodu, d'un brun rougeàtre,
teinte due au contenu de l'intestin postérieur essentiellement
formé d'Infusoires ciliés (Trichonymphides) bourrés de débris
de bois.
« La deuxième espèce observée par M. Bugnion se distingue
SÉANCE DU 26 AVRIL 1910 l()o
de la précédente en ce que la jeune larve porte de larges
expansions thoraciques, rappelant quelque peu l'aspect des
Blattes. Des formations analogues ont été décrites par Fr.
Millier chez C. rugosus et nodutosus du Brésil.
« Quant aux Infusoires ciliés qui remplissent l'intestin pos-
térieur et semblent associés au Termite par une sorte de sym-
biose, l'auteur renvoie aux mémoires de Leidy et de Grassi,
dans lesquels ces singuliers organismes sont déjà décrits et
figurés. »
M. Bugnion donne ensuite quelques détails sur les termi-
tières de Termes Redemanni et les jardins à champignons
(meules) qu'elles renferment.
M. Bavay dit que les indigènes du Gabon font bouillir les
Termites afin d'en tirer une graisse qui se solidifie et dont ils
se servent pour la cuisine.
M. Tillier demande s'il est vrai qu'on puisse apprendre aux
Oiseaux sauvages à modifier leur chant en plaçant des cages
de Canaris près des endroits qu'ils fréquentent.
M. Bavay croit la chose possible et rappelle les joutes de
Pinsons.
Ouvrages offerts.
Fauré-Fremiet (E.). La continuité des mitochondries à travers des
générations cellulaires et le rôle de ces éléments. 'Anal. Anz. XXXVI,
1910. p. 186-191.)
Mingaud [Galien :. La protection du Castor du Rhône. [Bull. Soc.
Nîmes, XXXVII, 1909, 2 p., 1 pi.).
Séance du 10 mai 1910
PRÉSIDENCE DE M. DAUTZENBERG, ANCIEN PRESIDENT
MM. A. Dollfus et Robert s'excusent de ne pouvoir assister
à la séance.
La famille du Dr E. van Beneden, de Liège, fait part de son
décès; M. le président exprime à ce sujet les vives condo-
léances de la Société.
M. le président adresse les félicitations de la Société à
M. Lepeschkine, nommé officier de l'Instruction publique.
M. Desoutter, présenté dans la précédente séance, est
nommé membre de la Société.
« M. le professeur Joubin rend compte des travaux des commis-
sions scientifiques internationales qui ont siégé à Monaco à
l'occasion de l'inauguration du Musée océanographique, le
29 mars dernier. L'une de ces commissions, relative à l'étude
de la Méditerranée, a pris des résolutions qui intéressent tout
spécialement la Société zoologique de France. Il a été décidé
qu'une étude méthodique de la Méditerranée au large, serait
entreprise par les marines des Etats riverains. Le Prince de
Monaco s'est chargé de faire le nécessaire auprès des gouver-
nements pour faire aboutir ce projet qui entraine des dépenses
assez considérables. Un autre projet a été adopté qui, sans
dépenses importantes, peut conduire à des résultats intéres-
sants. Il s'agit d'établir une entente entre les Stations biologi-
ques riveraines de la Méditerranée pour faire, par des méthodes
communes, des travaux d'ensemble. Une fois les résultats
partiels obtenus, on se chargerait de les coordonnera Monaco.
M. Joubin explique la genèse du projet adopté par la com-
mission et indique les points les plus intéressants pour la
zoologie pure et appliquée. Sur sa demande, il est décidé que
ce projet sera inséré au « Bulletin ». M. Joubin demande aux
personnes qui s'intéressent à ces études de vouloir bien, confor-
mément à l'article 4, lui envoyer une liste de 50 espèces ani-
males ou végétales qui leur paraissent devoir être étudiées.
Lorsque toutes les réponses seront parvenues, une liste défi-
SÉANCE DU 10 MAI 1910 107
nitive résultant de ce référendum sera établie et communiquée
aux savants et aux établissements intéressés. Il y a donc un
grand intérêt à ce que toutes les personnes compétentes
répondent le plus tôt possible à la proposition formulée dans
l'article 4 du plan des travaux, dont le texte suit.
PLAN DE TRAVAUX OCÉANOGRAPHIQUES A EXÉCUTER
DANS LES STATIONS MARITIMES, ADOPTÉ A MONACO
PAR LA COMMISSION DE LA MÉDITERRANÉE LE 1er AVRIL 1910.
TEXTE RÉDIGÉ
PAR »
L. JOUBIN
Professeur au Muséum d'histoire naturelle de Paris
et à l'Institut océanographique.
La Commission de la Méditerranée réunie à Monaco à l'occa-
sion de l'inauguration du Musée océanographique, sous la pré-
sidence de S. A. S. le Prince de Monaco (1), ayant, dans sa
séance du 30 mars 1910, reçu plusieurs projets relatifs à l'or-
ganisation d'un plan de travaux à exécuter en commun dans
les stations riveraines de la Méditerranée, a chargé les auteurs
de ces projets de les coordonner et de s'entendre pour les
fusionner en un seul.
Ces trois projets ont fait l'objet de publications dans le
Bulletin de l'Institut océanographique : n° 160, Richard et
Sirvent, Liste des opérations faites dans les parages de Monaco
à bord de VEider et du Sténo, pendant les années 1907, 1908,
1909; n° 163, A. Nathansohn, Propositions pour l'exploration
océanographique de la Méditerranée occidentale; n° 164,
L. Joubin, Projet d'entente entre les stations maritimes de la
Méditerranée pour l'établissement d'un plan commun de tra-
vaux océanographiques.
(1) La Commission se compose de S. A. S. le Prince Albert de Monaco, prési-
dent, et de MM. le professeur Cori, directeur de la Station zoologique de Trieste ;
le professeur Krum.mel, de l'Université de Kiel ; le commandant Navarete. député
de Madrid ; le professeur Regnard, administrateur de l'Institut océanographique ;
le professeur Vinciguerra, de l'Université de Rome ; le professeur Berget, secré-
taire de la Commission. A ces membres, sur l'invitation du Prince, se joignireut
MM. Buchanan, Archek, professeur Grassi, Baron Wrangel, C Giavotto, pro-
fesseur Joubin, professeur Monticelli, professeur Nathansohn, Dr Richari»,
Dr Schmidt.
108 SÉANCE DU 10 MAI 1910
En conséquence, MM. le professeur Joubin, du Muséum de
Paris ; le professeur Nathansohn, de l'Université de Leipzig ;
le D1 Richard, directeur du Musée de Monaco, se sont réunis
et ont préparé un travail nouveau qui a été soumis à la Com-
mission de la Méditerranée, dans une séance tenue le 1er avril.
A cette séance avaient été convoqués les directeurs ou délé-
gués de stations maritimes présents à Monaco. La discussion
a eu lieu en conséquence, en présence des membres titulaires
de la Commission et avec le concours des personnes suivantes :
M. Galvet, sous-directeur de la Station zoologique de Cette ; profes-
seur Caulleby, directeur de la Station deWimereux ; Cligny, directeur
de la Station aquicole de Boulogne-sur-Mer ; professeur Y. Delage,
directeur de la Station de Roscofl ; professeur R. Dubois, directeur de
la Station de Toulon-Tamaris ; Fabre-Domkrgue, inspecteur général
des Pêches, directeur de la Station de Goncarneau ; Fage, naturaliste
de la Station de Banyuls-sur-Mer ; Mattia Giavoito, direttore dell
Istituto idrografico, Genova ; professeur Joubin, délégué par MM. Odon
de Buen et Topsent, pour représenter les Stations des Baléares et de
Luc-sur- mer; professeur Monticelli, direttore dell Istituto zoologico,
Naples ; professeur Nathansohn, de l'Université de Leipzig ; pro-
fesseur Perrier, directeur de la Station de Saint- Vaast; Dr Richard,
directeur du Musée et de la Station de Monaco ; M. Schmidt, directeur
de l'expédition du Thor dans la Méditerranée ; professeur Vayssière,
directeur de la Station de Marseille.
La discussion du projet préparé par MM. Joubin, Nathan-
sohn et Richard, a abouti à l'adoption du texte définitif suivant
qui sera adressé aux directeurs des stations maritimes non
seulement de la Méditerranée, mais de toutes les autres.
Déclaration préliminaire.
Il est entendu que chaque station conserve, comme par le
passé, sa complète liberté pour ses recherches et ses publica-
tions. Mais il est désirable qu'en outre de ses travaux particu-
liers une entente permette l'exécution de travaux d'ensemble
sur un programme commun, dans la mesure des moyens de
chaque station.
La présente entente a pour but de coordonner et de syn-
chroniser certains travaux d'un intérêt général de façon à ce
que, le but, les méthodes, les instruments, étant autant que
possible identiques, les résultats soient comparables. On arrivera
ainsi à une connaissance plus précise de la zone littorale de la
Méditerranée et a la solution d'un certain nombre de problèmes
importants bien définis.
SÉANCE DU 10 MAI 1910 109
11 va sans dire que si des stations non méditerranéennes
acceptent de travailler, pour d'autres mers, à la réalisation de
ce plan, la Commission ne peut qu'approuver et encourager
cette décision qui est vivement à désirer.
S.A. S. le Prince de Monaco consent à centraliser au Musée
de Monaco les résultats de ces travaux.
TITRE I
Etudes générales .
Article 1er.
Exposé. — Le n° 160 du Bulletin de l'Institut océanogra-
phique de Monaco contient une carte balhy métrique de la région
de Monaco établie par le Dr Richard et M. SirvelNt, à l'échelle
de 1/50.000 donnant le relief du fond par courbes isobathes.
Cette carte devant servir de substratum à toutes les autres
indications, il serait nécessaire que chaque station en établisse
une analogue pour sa région. Cette carte étant très simple et
tirée en noir, les frais d'établissement en sont très peu élevés,
d'autant plus qu'elles existent déjà dans les cartes hydrogra-
phiques de divers pays (notamment France et Italie). Il suffirait
d'en faire une copie simplifiée. Dans la plupart des stations on
conserve les relèvements des sondages exécutés pour des tra-
vaux divers, il sera donc facile de les utiliser, comme l'a fait
M. Ricbard, pour compléter cette carte. Il est recommandé de
conserver le cliché (zinc ou pierre) de la carte pour en tirer à
mesure des besoins autant d'exemplaires qu'il sera nécessaire
aux auteurs pour y inscrire leurs notes manuscrites préliminaires.
En conséquence, la Commission adopte l'article premier ainsi
rédigé :
Article premier. — Chaque station établira une carte bathy-
métrique de sa région, à l'échelle de 1 50.000, sur le modèle
de celle qui a été publiée par le Dv Richard, dans le n° 160 du
Bulletin de l'Institut océanographique de Monaco.
Article 2.
Exposé. — La carte indiquée à l'article premier servira à
établir la carte lithologique des fonds dans chaque région.
Comme il est nécessaire d'employer une classification uni-
forme des différents fonds, la Commission adopte celle du pro-
fesseur Thoulet. Elle est publiée sous forme d'instruction
110 SÉANCE DU 10 MAI 1910
pratique, dans le Bulletin de l'Institut océanographique, n" 169.
Les prélèvements de fonds seront faits, autant que possible,
à l'aide du sondeur Léger, d'un maniement facile et peu coû-
teux. (On le fabrique chez Taffë, mécanicien, rue Grimaldi, à
Monaco.)
En conséquence, l'article suivant est adopté.
Article 2. — Chaque station établira la carte lithologique
de sa région en se servant des instructions données par le pro-
fesseur Thoulel (Bulletin de l'Institut océanographique N° 169)
et en employant, de préférence, le sondeur Léger.
Article 3.
Exposé. — Etant donné que la condition fondamentale pour
les études océanographiques d'une région est la connaissance
de son hydrologie, chaque station dirigera ses efforts sur ce
point.
On suivra donc l'exemple de Monaco, où l'on a procédé de
la manière suivante. Deux points ont été choisis, l'un à
2485 mètres, l'autre à 6300 mètres du Musée et soigneusement
repérés. Les observations suivantes, ainsi que d'autres qui
seront indiquées plus loin (biologie), y sont faites autant que
possible toutes les semaines à jour fixe : prises de température
et prises d'eau à 0 mètre, 25 mètres, 50 mètres, 75 mètres,
100 mètres, 150 mètres, 200 mètres. On va au delà si les
conditions s'y prêtent. Le temps nécessaire pour le voyage aller
et retour et l'exécution des opérations n'excède pas 4 heures.
Le choix de ces deux points d'expérience a été déterminé par
la configuration géographique spéciale de Monaco. Il est im-
possible de donner sur ces points des instructions précises;
chaque station devra déterminer elle-même le nombre et la
position des points d'expériences d'après la configuration, la
déclivité de la côte, les apports d'eau douce du voisinage. La
notion importante à établir c'est qu'une lois les points d'étude
choisis et repérés, il nen soit plus changé, pour que les obser-
vations restent comparables.
L'intérêt de la détermination de la cryoscopie et autres
constantes physico-chimiques est signalé aux observateurs. On
y ajouterait l'étude de la marée.
D'après ces principes, la Commission adopte l'article suivant :
Article 3. — Chaque station étudiera les conditions hydro-
SÉANCE DU 10 MA! 1910 111
logiques de sa région d'après la méthode générale adoptée à la
Station de Monaco.
Instructions annexes.
Instruction A.
Température. — La Commission n'indique aucun système
de thermomètre ; elle recommande seulement de les faire véri-
fier soigneusement, au moins une fois par an, dans un labora-
toire central.
Instruction B.
Analyse des eaux. — Pour les prises d'échantillon d'eau, on
se servira de la bouteille Richard à messager (même fabricant
que pour le sondeur Léger). L'analyse et la conservation des
échantillons d'eau seront faites d'après les méthodes adoptées
par la réunion des hydrographes et employées dans les labora-
toires du Conseil permanent international pour l'exploration
de la mer à Copenhague.
On les trouvera dans le n° 22 du 30 décembre 1904 du
Bulletin du Musée océanographique de Monaco,
Instruction C.
Etude des courants. — Outre la méthode ancienne de la
drague à courants et des tlotteurs, les océanographes Scandi-
naves utilisent divers instruments pour l'étude des courants. Il
serait désirable que les stations essaient d'adapter à leurs
conditions particulières une de ces méthodes pour arriver plus
tard à une entente actuellement prématurée.
TITRE II
Etudes biologiques.
Article 4.
Exposé. — Comme il a été dit plus haut, les stations conti-
nueront leurs études biologiques comme il leur convient. Mais
il est nécessaire qu'une entente se produise sur quelques points
d'un intérêt général, par exemple sur l'établissement de la
carte de dispersion géographique de certains animaux ou
plantes, tant au point de vue purement scientifique qu'à celui
des applications à la pêche et à l'étude du plankton.
Il est évident qu'il est impraticable d'essayer de faire une
liull. de la Soc. Zool. de /<>., 1910. xxxv — 10
I 12 SÉANCE ni 10 MAI 1910
carte pour tous les animaux. 11 faut donc choisir, dans chaque
grand groupe, un certain nombre d'espèces plus particulière-
ment intéressantes et caractéristiques par leur large dispersion ;
on établirait dans chaque station la carte de leurs gisements.
On se servirait de la carte de l'article 1er, sur laquelle auraient
été reportées les conditions lithologiques du fond.
La liste des espèces à étudier sera établie d'après les pro-
positions formulées dans chaque station, et limitée à 50 espèces.
On y comprendra d'abord certains animaux faisant l'objet de
pèches (Poissons, Mollusques, Crustacés, Eponges, Corail), puis
d'autres animaux représentant les principaux groupes zoologi-
ques, enfin des Algues. Une fois les propositions de toutes les
stations faites, elles seront résumées en une liste définitive.
Il est expressément recommandé de tenir note, dans chaque
station, de l'époque de la maturité sexuelle de ces animaux et
d'établir une carte de la répartition des Poissons immatures sur
les fonds littoraux.
D'après ces indications, l'article 4 ainsi rédigé est adopté :
Article 4. — Chaque station entreprendra l'étude de la dis-
tribution géographique de 50 espèces d'animaux dont la liste
sera arrêtée par une entente ultérieure entre les stations. On se
servira de la carte n° 1 pour indiquer la distribution des êtres
sédentaires adultes ou immatures et la marche des animaux
migrateurs.
Article 5.
Etude du Plankton.
Exposé. — La station de Monaco a commencé l'étude du
plankton par des recherches sur l'influence des conditions
hydrologiques sur le développement du phytoplankton. Celui-ci
formant la base de la vie organique dans la mer, la Commis-
sion pense que cette étude doit être le point de départ de toutes
les recherches de ce genre.
On fait à Monaco, dans chacun des points d'étude indiqués à
l'article 3, des séries de pèches verticales au filet Nansen entre
210 et 140 mètres, 140 et 70 mètres, 70 et 0 mètres. En outre,
à chaque sortie du bateau, quel que soit son but spécial, on
fait des pèches de plankton avec le petit filet Richard.
Ces méthodes ayant donné de bons résultats, la Commission
estime qu'il serait utile de les généraliser et adopte l'article 5 :
Article 5. — .1 chacun des points d'étude déterminés à
SÉANCE DU 10 MAI 1910 113
V article S, on fera des prises hebdomadaires verticales du
plankton par des méthodes aussi voisines que possible de celles
usitées à Monaco.
TITRE III
Publications.
Article 6.
Comme il a été dit plus haut, les auteurs continueront à
publier leurs travaux comme ils l'entendront. Il est seulement
désirable que tout mémoire concernant l'océanographie soit
complété par un très court résumé, fait autant que possible
par l'auteur, qui sera publié par le Bulletin de l'Institut océa-
nographique de Monaco.
En conséquence, la Commission vote l'article suivant :
Article 6. — Les mémoires relatifs à l'océanographie seront
complétés par un court résumé, fait autant que possible par
l'auteur, qui sera publié da?is le Bulletin de l'Institut océano-
graphique de Monaco.
Article 7.
Exposé. — Les publications relatives à la faune et à la
flore de la Méditerranée étant très nombreuses, souvent diffi-
ciles à consulter, les déterminations d'espèces sont très malai-
sées et peu sûres. Pour remédier à ces inconvénients, il serait
important et utile de publier, dans la forme des fiches de la
Paleontologia universalis (qui a été établie par un Congrès
international de paléontologie), des planches séparées conte-
nant des figures, diagnoses, descriptions, renseignements géo-
graphiques et biologiques de toutes les espèces d'animaux ou
de plantes. Chaque espèce aurait sa fiche, qui serait rédigée
par un spécialiste autorisé. Un tel atlas, permettant l'interca
lation des espèces nouvelles, rendrait les plus grands services;
il serait particulièrement désirable pour le plankton.
En conséquence, la Commission vote l'article suivant :
Article 7. — Il y a lieu d'entreprendre la publication par
fiches séparées, analogues à celles de la Paleontologia univer-
salis, d'un atlas de la faune et de la flore de la Méditerranée.
1 14 SÉANCE \n tO MAI 19 H)
A.RTJÇLK -S.
Les diverses cartes partielles obtenues dans les stations de-
vront être fusionnées pour constituer des cartes d'ensemble relu ■
tives aux divers sujets de travaux proposés.
Article 9.
On demandera aux gouvernements riverains d'autoriser leurs
agents maritimes à fournir à l'Institut océanographique les
renseignements utiles pour les recherches ci-dessus indiquées.
Note. — Les directeurs de stations et les personnes compé-
tentes sont priés d'envoyer leurs propositions relatives aux
60 espèces d'animaux et de plantes à étudier, conformément à
l'article 4, à M. le professeur Joubin, 55, rue de Buffon, à
Paris. Une liste définitive résultant de la fusion des listes en-
voyées, sera établie. et communiquée à tous les directeurs de
stations.
Il est recommandé de reproduire le plan ci-dessus dans les
journaux périodiques, bulletins ou comptes-rendus bibliogra-
phiques, afin d'inciter les travailleurs à y collaborer.
ÉTUDE SUR V HELIX SOLITARIA POIRET
PAR
E. CAZIOT
L'Hélix solitaria a été décrite par Poiret dans ses Coquilles
terrestres et fluviatiles du département de l'Aisne et des environs
de Paris, Prodrome n° 21, p. 85, avril 1805 :
« Testa conica, umbilicata ; anfractibus convexis subcarina-
tis ; diametro minoribus.
Long. 2 lin. Diam. 1 lin. 1 ju2.
In hortis supra flores Scabiosse columbinœ. Rarissima.
Affinis H. trochoidea Poiret. Iles Barb. t. II, p. 29.
« Coquille conique, ombiliquée, plus haute que large ; spire,
convexe un peu carénée, 5 tours de spire.
Diam. 3 mm, haut. 4rara.
Les jardins, sur des fleurs de Scabieuse, observée une seule
fois par mon fils.
SÉANCE DU 10 MAI 1910 115
« Nota. — Très voisine de YHelix trochoides décrite dans
mon ouvrage en Barbarie, t. II, p. 29, mais celle-ci est plus
large que haute. »
Tous les auteurs avaient laissé dans l'oubli cette coquille, re-
présentée par un échantillon unique, lorsque Pfeiffer (Symbolae
ad historiam Heliceorum, II, p. 122, 1842) lui donna le nom
de Bulimus solitarius, synonyme de YHelix conoidea Dra-
parnaud.
L'assimilation entre YHelix solitaria de Poiret et YHelix
conoidea de Draparnaud est une des plus grandes hérésies ma-
lacologiques qu'on connaisse; il est d'ailleurs inadmissible que
YHelix conoidea, qui est une espèce essentiellement attachée
aux rivages de la Méditerranée, s'en éloignant à peine de
quelques lieues, ait été trouvée dans l'Aisne, c'est-à-dire dans
le nord de la France !
Si encore les diagnoses des deux espèces avaient été con-
cordantes, la synonymie présentée par L. Pfeiffer aurait pu
avoir une apparence de vérité; mais il n'en est rien, ainsi qu'on
peut s'en convaincre en prenant connaissance de la description
du Bulimus solitarius de cet auteur :
« T. aperte perforata, globoso-conica , striatula , nitidula, alba;
fasciis fuscis multimodo variegata; spira conoidea, apice obtu-
siusculi; an frac tus 6, convexiusadi, superiore carinati, ultimus
9/5 longitudinis subœquus ; apertura semi-ovalis ; peristoma
rectum, simplex, etc.
« Long. 9 i!2. Diam. 6 1/2mm. »
Poiret, lui, décrit une coquille ombiliquée, à o tours con-
vexes, subcarénés, ayant 3 millimètres de diamètre et 4 milli-
mètres de hauteur ; tandis que Pfeiffer montre une coquille
perforée, à 6 tours de spire, dont les supérieurs seuls sont
carénés (au lieu d'être tous subcarénés), ayant 6 millimètres de
diamètre et 9 millimètres 1/2 de hauteur, c'est-à-dire au moins
2 fois plus grosse.
Moquin- Tandon, qui était en relations scientifiques avec
Poiret, nous apprend que YHelix solitaria de cet auteur est
une monstruosité subscalaire de YHelix unifasciata (vide Hist.
Moll. France, II, p. 277, 1855). C'est sans nul doute la
vérité: 17/. unifasciata de Poiret est très commune dans l'Aisne
et rien ne s'oppose à ce qu'une anomalie semblable ne se pré-
sente qu'une seule fois.
Malgré la note de Moquin-Tandon, dont il a eu connais-
sance, L. Pfeiffer a maintenu sa première manière de voir
I 16 SÉANCE Dl 10 MAI 1910
daus les divers suppléments à sa Monographie des Hélices
vivantes, jusqu'en 1876, et dans sa Nomencl. Hél. viv., 1878.
Quelques auteurs (même Westerlund dans son Catalogue
des Mollusques de la région paléarctique, 1890), égarés par
Pfeiffer, maintiennent encore le Rulimus solitarius ou Hélix
solitarius pour Y Hélix conoidea Draparnaud; et je ne peux pas
comprendre pourquoi PjETel, dans son Catalog der Conchyl.
Sammlung de 1889, maintient cette Hélix et lui donne même
comme habitat « I. Azor », en la plaçant dans la section des
Cochlicella, par conséquent toujours avec Y Hélix conoidea de
Draparnaud.
J'espère que, grâce aux renseignements sus-visés, d'après les
documents authentiques que j'ai mis en lumière, les malaco-
logistes se rendront à l'évidence et que le nom de Y Hélix solitaria
disparaîtra à jamais de la nomenclature dans laquelle elle s'est
introduite frauduleusement.
SUR UN PROCÉDÉ D'ANESTHÉSIE
ET DE FIXATION DES ANIMAUX CONTRACTILES
PAR
G. SCHLEGEL
Naturaliste du service scientifique des Pêches maritimes, à Roscoff.
et M"»* SCHLEGEL
L'an dernier, un élève de la Station biologique de Roscofl
eut l'idée d'essayer l'efiet d'un peu d'essence de girofle sur une
Actinie, et obtint une anesthésie assez complète. C'est ce qui
nous a engagés à essayer de déterminer une technique exacte
basée sur ce principe, pour obtenir à coup sûr l'anesthésie.
Nous avons commencé par utiliser l'essence de girofle telle
qu'on l'emploie pour les travaux micrographiques, en émulsion
dans de l'eau de mer : mais les résultats n'étaient pas satis-
faisants, en ce sens qu'ils étaient si variables et si aléatoires
qu'ils n'ont pu donner lieu à des conclusions générales nettes.
C'est alors que nous avons eu l'idée de nous adresser au
principal des éléments qui constituent cette essence. On sait
que ces éléments sont un terpène, le caryophyllène (environ
SÉANCE DU 10 MAI 1910
117
8 °/o) e^ "n phénol ayant une fonction éther-oxyde, l'eugénol
(environ 90 p/0), dont la formule est :
C — CH2 — CH- GH2
0— GH3
C'est cet eugénol, espèce chimique définie, qui peut s'obte-
nir pure, qui est le principe actif de l'essence, et c'est à lui
que nous avons eu recours. — Et après de multiples tâtonne-
ments, nous nous sommes arrêtés à la technique suivante.
Nous préparons une émulsion de la formule que voici :
\ Eugénol, Y gouttes
l Eau de mer, 10 cc
Puis, l'animal ayant été placé dans une cuvette ou un bocal
d'eau de mer, et ayant été bien nourri (ceci est surtout impor-
tant pour les Actinies), Ton profite d'un moment où il est bien
étalé pour commencer l'anesthésie. L'émulsion ci-dessus est
administrée à la dose de X gouttes par 100 cc de l'eau où est
plongé l'animal, pendant 3 jours consécutifs, à raison de 1/5
de la dose totale le premier jour, 2/5 les deux jours suivants,
et cela goutte par goutte espacées sur toute la durée de la
journée. Ces gouttes sont déposées à la surface de l'eau, en
des points variés, et se diffusent à travers le liquide. Il est
important de ne pas déposer l'émulsion directement sur
Tanimal, sans quoi celui-ci se rétracte aussitôt.
Il y a intérêt à ne mettre que la quantité d'eau nécessaire
pour que l'animal puisse s'y étaler à l'aise : la diffusion de
l'émulsion d'eugénol à travers une forte masse d'eau serait
trop difficile. — L'anesthésie peut n'être pas obtenue au bout
de 3 jours, mais en laissant l'animal séjourner quelque peu
dans le liquide, elle finit par se produire.
L'animal une fois anesthésié — ce que l'on reconnaît en le
pinçant légèrement sans qu'il réagisse, — est tué au formol
I 1«S SÉANCE DU 10 MAI 1910
(à 5 °/0 dans l'eau de mer), où il séjourne 2 ou 3 jours, selon
sa taille.
Pour la conservation, nous employons soit le formol, soit —
ce qui est surtout utile pour les animaux que l'on veut conserver
dressés ou avec les tentacules bien étalés — In glycérine
formulée. L'animal une fois tué passe dans une série de
mélanges de formol (de 5 à 10 °/0 dans l'eau de mer) et de
glycérine, de plus en plus riches en glycérine, jusqu'à obtenir
un mélange de densité telle que l'animal s'y maintienne de
lui-même dressé, sans retomber sur le fond, ni venir flotter à
la surface.
Ce liquide glycérine formolée, qui a été déjà employé sou-
vent, notamment par le Dr Oxner, de Monaco, a en particulier
l'avantage de conserver les couleurs assez bien, mais surtout
l'apparence translucide de la vie chez certains animaux.
Cette méthode a été expérimentée par nous sur divers ani-
maux marins : Ascidies, Mollusque Opisthobranches, Actinies.
11 est hors de doute que les résultats en seraient également
satisfaisants sur des animaux d'eau douce.
M. de Beauchamp. — « J'ai réussi aussi quelques petites Sagartia
et des Corynactis avec le chloral en solution très étendue dans
l'eau de mer; pour les Eolis, la cocaïne, seule ou en combi-
naison avec l'alcool méthylique (liqueur de Rousselet pour les
Rotifères), donne en général de très bons résultats. »
M. Topsent. — « On obtient de très belles préparations de la
grande Némerte Lineits lojigissimus en la faisant simplement
mourir dans l'eau douce. »
Séance du 2 î mai IU10
PRÉSIDENCE DE M. C0UT1ERE, PRÉSIDEN1
M. Desoutter remercie de son admission.
M. le président du VIIIe Congrès international de zoologie
adresse une deuxième circulaire relative à ce Congrès. Pré-
voyant que la plupart des congressistes passeront par Vienne
en se rendant à Graz, il annonce que les différents Instituts
scientifiques de Vienne seront ouverts le 12 et le 13 août et
qu'un bureau central de renseignements sera ouvert ces deux
jours, dans le bâtiment central de l'Université, par la Société
impériale et royale de zoologie et de botanique. On recom-
mande aux congressistes de partir de Vienne le 14 août, par
un train du matin, de passer la matinée au Sommering, puis
de continuer après midi leur route pour Graz. La Compagnie
des chemins de 1er du Sud a consenti aux congressistes un
rabais de 20 °/0 pour les billets d'aller et retour Vienne Graz-
Vienne et Graz-Trieste-Graz. On trouvera à se loger à Graz
dans des chambres à un lit pour 2 à 8 couronnes (2 fr. 9 à
8 fr. 38) et dans des chambres à 2 lits pour 3 à 16 couronnes
(3 fr. 14 à 16 fr. 75). Adresser le plus tôt possible ses deside-
rata au « Prâsidium des VIII. Internationalen Zoologenkon-
gresses, Universitàtsplatz 2, Graz, Autriche ».
Une excursion au lac de Leopoldstein est organisée pour le
20 août. 320 personnes pourront y prendre part.
Pour l'excursion en Dalmatie, la visite de Cetigne ne pourra
avoir lieu. Le vapeur « Afrika», consacré à ce voyage, com-
porte 18 cabines de luxe à un lit et 104 places dans des
cabines à 3 et 4 lits. Prix : cabines de luxe : 260 couronnes
(272 fr. 85) ; la place dans une cabine à plusieurs : 225 cou-
ronnes (235 fr. 60), pour les voyageurs Trieste-Cattaro-Trieste.
Pour les voyageurs Trieste-Cattaro-Gravosa (participants à l'ex-
cursion en Bosnie et Herzégovine). 20 couronnes (25 fr. 94) en
moins, dans les deux cas.
La station biologique de Lunz (Basse-Autriche) sera ouverte
aux congressistes les 13 et 14 août. 25 personnes pourront
120 SÉANCE DU 24 MAI 1010
prendre part à cette excursion. Ecrire à J'avance à la « Direktion
der biologischen Station in Lunz, Nieder-Osterreich ».
M. Pellegrin fait part de la mort de M. Geay, voyageur du
Muséum, décédé à Melbourne au cours d'une mission scienti-
fique. La Société s'associe aux regrets que causera cette perte à
tous ceux qui connaissent l'importance des récoltes effectuées
par ce chercheur.
M. Tillier rapporte qu'il y a plus de trente ans, doublant le
cap Guardafui pendant la mousson de sud-ouest, il vit au lever
du soleil la mer couverte de Poissons morts qui étaient tous
des Plectognathes appartenant sans doute au genre Tetvodon.
M. Pellegrin fait une communication sur une collection de
Poissons d'ornement vivants , récemment acquise par le
Muséum ; ce sont des espèces provenant de l'Amérique du
Sud (Cichlidés, Siluridés et Cyprinodontidés surtout). Ils ont
été fournis par une maison allemande qui en offre plus de cinq
cents espèces aux amateurs d'aquarium, très nombreux en
Allemagne. Il serait intéressant de propager en France cette
mode qui faciliterait les observations sur ces espèces, remar-
quables non seulement par leur forme et leur coloration, mais
dans bien des cas par des particularités biologiques curieuses
(viviparité, incubation buccale, nidification).
Séance <lu 14 juin 1910
PRÉSIDENCE DE M. CLÉMENT, MEMBRE DU CONSEIL
M. Iches est délégué pour représenter la Société au Congrès
scientifique international américain, qui se tiendra à Buenos-
Aires du 10 au 25 juillet prochain.
La Société présente ses vives félicitations à M. Clément, ré-
cemment nommé chevalier de la Légion d'honneur.
M. Petit décrit le spécimen d'Eléphant conservé au Musée
de Douai, qu'il vient d'être chargé de réparer. Cet échantillon
est curieux par la longueur démesurée de ses ongles.
M. de Beauchamp fait une communication sur un nouveau
sous-genre A'Euchlanis.
Ouvrage offert
Beauchamp (P. de). Sur l'organisation de la Nerilla. {Bull. set*.
France- Belgique (7), XLIV, p. 11-12.)
122 SÉANCE DU 14 JUIN 1910
DIPLEUCHLANIS nov. subgen. pour EUCHLANIS
PROPATULA (GOSSE)
PAU
P. de BEAUCHAMP:
Préparateur à la Faculté des sciences de Pans.
Dans les matériaux recueillis en Syrie par M. Henri Gadeau
de Kerville au cours de son voyage récent, et parmi les Roti-
fères dont il a bien voulu me confier l'étude, s'est trouvé un
exemplaire parfaitement conservé de VEuchlanis propatula
(Gosse). Une étude approfondie de cette espèce, dont la cara-
pace a donné lieu à des divergences d interprétation à présent
éclaircies mais qui avaient conduit son auteur à la placer dans
un genre tout différent (1), et dont nous ne possédons que des
figures assez imparfaites, m'a montré l'intérêt qu'il y aurait à
la séparer des autres espèces à'Euchlanis dans un sous-genre
spécial. Le volume consacré par M. Gadeau de Kerville à son
voyage renfermera un mémoire détaillé avec rhistorique et
les figures ; mais, comme il ne peut paraître avant plusieurs
mois, j'indique dès à présent la création du sous-genre Dipleu-
chlanis, caractérisé : 1° par la plaque dorsale de la lorica, plus
étroite que la ventrale et concave ; 2° par les orteils minces,
à contours parallèles et nettement acuminés. Ces deux carac-
tères l'opposent à toutes les autres Euchlanis connues, mais le
premier est sans doute le plus important.
(1) Voici eu gros la synonymie : Diploïs propatula (josse 1886, Barnett Burn
1890, = Euchlanis subversa Bryce 1890, = Euchlanis elegans Wierzejski 1893
(variété).
Séance du "2 S juin 1910
PRÉSIDENCE DR M. COUTIÈRE, PRÉSIDENT
M. le professeur L. von Graff adresse une circulaire rela-
tive aux prix de faveur consentis par les chemins de fer autri-
chiens aux membres du Congrès international de zoologie de
Graz. Les chemins de fer de l'Etat autrichieu font une réduc-
tion d'environ 30% en lrc e^ 2e classe dans les trains omnibus,
pour des trajets de plus de 50 km. allant à Graz ou en reve-
nant, à condition que le voyage d'aller à Graz ait lieu entre le
8 et le 15 août, et le retour entre le 20 août et le 10 septembre.
La Compagnie des chemins de fer du sud accorde une réduc-
tion de 20 °/o environ dans les trois classes sur les billets d'aller
et retour pour Graz, à partir de toutes ses stations autri-
chiennes. Ces billets seront valables du 10 août au 10 sep-
tembre, l'aller et le retour devant avoir lieu par le même iti-
néraire. Il est recommandé d'envoyer le plus tôt possible le
prix de sa carte de congressiste et de demander la carte
d'identité nécessaire à la présidence du Congrès, en indiquant
la classe et le trajet choisis.
La Société est invitée à se faire représenter à la 39" session
de l'Association française pour l'avancement des sciences, qui
se tiendra à Toulouse du 1er au 7 août 1910. MM. Netjmann et
Jammes sont élus délégués à ce Congrès.
Mm0 F. -M. Ollivier écrit : « M. Menegaux, le savant assis-
tant au Muséum, a, dans une intéressante préface, souhaité la
bienvenue au livre que vient de faire paraître M. G. Etoc, et
j'ai plaisir à signaler au monde savant l'ouvrage et son auteur.
Le livre de M. Etoc est une sorte de manuel destiné à diffuser
la science ornithologique, un peu bien délaissée, malgré son
grand intérêt. C'est que, à ce jour, ce qui a été écrit de scien-
tifique sur les Oiseaux s'est présenté sous des dehors compli-
qués, en des ouvrages longs, très savants, qui demandaient
beaucoup d'attention et de temps pour être étudiés et retenus.
M. Etoc adonné pour chaque espèce la synonymie et les noms
124 SÉANCE DU 28 JUIN 1910
vulgaires usités dans les différentes provinces de France, ainsi
que la distribution géographique. Il a insisté sur les particu-
larités biologiques, traité la question si controversée de la mi-
gration. Il a distingué enfin les Oiseaux utiles des nuisibles ou
des indifférents. Les savants, chasseurs ou non, et les chas-
seurs qui veulent devenir savants, auront plaisir à consulter
ce livre. »
M. le président adresse les félicitations de la Société à
M. E. Olivier, récemment nommé correspondant du Muséum.
Le Secrétaire général dit qu'il a écrit au nom de la Société
un mot de bienvenue à S. M. le tsar de Bulgarie, qui vient de
passer quelques jours à Paris et est membre donateur de la
Société depuis 1902.
Ouvrages offerts.
Etog (Gabriel). Les Oiseaux de France, leurs œufs et leurs nids.
iIn-8<>. Chez l'auteur, 31, rue de la Pompe, Paris).
Kœhler (René). An account of the shallow water Asteroidea. Echi-
noderms of the Iudian muséum, part VI, Asteroidea, IL (Calcutta, in-4°,
191 p. 20 pi.).
Versluys (Dr. J.) Bemerkungen zum Parasphenoid von Dermoche-
lys. [Anal. Anz., XXXVI, 1910, p. 487-495).
Versluys (Dr. J.). Streptostylie bei Dinosauriern nebst Bemerkun-
gen ùber die Verwandtschaft der Vogel und Dinosauriern. [Zool.
Johrb. Anat. XXX, 1910, p. 175- 2G0, pi. XII).
séance nn 28 jiin 1910 125
NOTES SUR LA PÊCHE A ROSCOFF
PAR
C. SCHLEGEL,
Naturaliste du Service scientifique des Pèches maritimes.
Je ne prétends pas faire ici, à proprement parler, une étude
sur les fonds et époques de pêche à Roscoff, je ne veux qu'en
indiquer au moins les éléments en publiant seulement les
notes que j'ai pu recueillir au cours de mon séjour à Roscoff,
de 1908 à 1910, sur les principales espèces de Poissons, de
Crustacés et de Mollusques que l'on pêche clans les environs
de ce port. C'est en quelque sorte un catalogue des produits
de la pêche, donnant, pour chacune des espèces, l'époque et
le mode de pèche, ainsi que son habitat, et son utilisation. Je
ne parlerai naturellement que des espèces qui ont une impor-
tance commerciale, — les seules dont les pêcheurs s'occupent,
— soit au point de vue alimentaire, soit qu'elles servent à un
point de vue quelconque d'auxiliaire à la pêche, par exemple
comme appât.
I — POISSONS
1 . — ELASMOBR ANCHES.
1 . Raies. — Les Raies que l'on pèche dans nos environs se
rattachent principalement à quatre espèces :
Raja macrorhijnchus Rafin., ou Travan gris, qui se pêche
toute l'année, surtout l'hiver, jusqu'en février, par des fonds
de 60 à 80 mètres (fonds de sable gris), depuis 9 milles au
large des côtes jusqu'en pleine Manche.
R. bâtis Linné, ou Travan blanc, de février à juillet, sur les
mêmes fonds et à partir de la même limite que le précédent.
C'est la moins fréquente des quatre espèces.
R. clavata Rond., Raie grise ou bouclée, qui se pèche de
juin à août, avec un maximum vers la mi-août ; elle vit à des
profondeurs de 60 à 80 mètres, sur des fonds de graviers et
126 SÉANCE DU 28 JUIN 1910
coquilles brisées, caractérisés par la présence en grandes
quantités de l'Ascidie Polycarpa varians. Sa station préférée,
dans nos environs, semble être le N.-O. de l'île de Batz, où
une vaste région est surnommée par les pêcheurs le Trou aux
Raies grises : sa partie la plus profonde est à 10 milles environ
dans le N.-O. de Roscoff.
R. asterias Rond., Raie douce ou blanche, vit sur des fonds
de même nature, mais plus hauts (de 40 à 60 mètres), et se
pêche à 6 milles de la côte environ. On la pêche de fin mars à
fin mai, et elle diminue ensuite progressivement jusqu'en
septembre.
On pêche aussi, mais en quantité minime, d'autres Raies :
Raja punctata Risso, R. micro cellala Montag., R. naevus
Mull. et Henle.
Les engins affectés à cette pèche sont en tous temps les
palancres ou lignes de fond, appelées « cordes » dans le pays,
que l'on boette avec du Lançon l'été, du Prêtre ou de
l'Encornet l'hiver, ou de la Roussette à défaut d'autre chose.
Pendant l'été, on emploie accessoirement les « filets à Raies »,
filets à très grandes mailles où la Raie se prend en s'entortillant.
On en prend également, en petites quantités, dans les tramails
tendus à proximité de la côte par les petits pêcheurs qui ne
font pas la pèche aux cordes, spéciale aux grands bateaux (1).
La Raie est expédiée sur Paris : elle est emballée, sitôt
arrivée au quai, après section de la tète et de la queue, vidage
et nettoyage. Les grands ïravans, qui atteignent jusqu'à lm50
d'envergure, sont expédiés coupés en deux dans le sens de
la longueur.
La Raie est un des produits principaux de la pèche dans
notre port.
2. Ange de Mer. — L'Auge {Squalina angélus Risso) se
prend avec les Raies sur les cordes ou dans les filets vers la
fin de l'été. Il est expédié sur le marché de Paris, où son prix
moyen est la moitié de celui de la Raie. Il est d'ailleurs peu
abondant.
3. Chien de Mer. — Le Chien (Squahts acanthias Linné)
fréquente la côte toute l'année, mais atterrit surtout après le
passage des Poissons voyageurs (Maquereaux et Harengs),
(i) Pour la description et la manœuvre des engins de pêche, je renvoie à l'étude
qui en a été faite par mon ami M. Danois, étude publiée dans le Bulletin de la
Navigation maritime et des Pêches.
SÉANCE DU 28 JUIN 1910 127
c'est-à-dire à l'arrière-saison. Il se prend à toutes profondeurs,
sur les cordes à Raies, et dans tous les filets. Il est utilisé pour
la boette, pour la pêche au Congre ; il est aussi acheté aux
pécheurs par un industriel du pays, propriétaire d'un vivier
de Crustacés, pour la nourriture des Homards et Langoustes.
4. Roussettes. — Les deux espèces Scyllium caniculaCuv. et
Scylliiim calulus Cuv., très communes, se pèchent toute l'an-
née, sur des fonds de 60 mètres, de toutes natures, mais sur-
tout sableux, entre 3 et 9 milles de la côte. Elles se prennent
en quantités considérables dans les tramails et sur les lignes.
Leur usage est le même que celui des Chiens de mer, et de plus
les pêcheurs les emploient pour leur propre consommation.
5. Milandre. — Le Galeorhinus galeus Blainv. (= Galeus
canis Rond.) est un Poisson voyageur qui se tient entre 60 et
80 mètres de fond; il passe près de la côte toute l'année, et se
montre surtout fréquent en juin et juillet, époque à laquelle il
atterrit à la suite des bancs de Maquereaux. On le prend sur
les cordes. Il a les mêmes usages que les deux précédents,
mais est bien plus rare,
2. — Téléostéens.
1 . Vieille. — Sous cette désignation générale de Vieille, il
faut comprendre trois espèces: Labrus berggylta Ascan., L. mix-
tus Fries et Ekstr. (dont le mâle et la femelle sont si différents
de couleurs, l'un étant blanc et jaune, l'autre rouge) et
Crenilabrus melops Linné, — dont la première seulement se
consomme, et encore lorsque l'individu est de grande taille.
Ces Poissons servent surtout à faire la boette pour les casiers
à Homards, et, à l'occasion, et faute de mieux, pour la Raie
grise et le Congre noir. Quoiqu'on les rencontre toute l'année,
sur les herbiers rocheux principalement, on ne les pêche guère
que d'août à octobre. L'engin employé est la senne ou la
ligne de main (ligne de dérive), boëttée avec des Vers noirs
i Arenicola piscatorum Lmk.).
2. Bar. — Ce Poisson (Labrax lupus Cuv.) est en voie de dis-
parition dans nos environs. On le pêche toute l'année, sur des
fonds de rochers, à la ligne de main, boêttée avec du Lançon,
ou dans les filets à Mulets : c'est-à-dire à de faibles profon-
deurs, une quinzaine de mètres. Il est expédié sur Paris.
Bull, de la Soc. Zool. de Fr., 1910. XXXV — 11
128 SÉANCE DU 28 JUIN 1910
r
3. Dora.de. — Egalement rare, le Spams auratus Donov. se
prend sur les cordes, tout l'été, par 30 à 40 mètres de profon-
deur, sur les fonds de sable, ou à la ligne de main. La Dorade
est aussi expédiée sur Paris.
4. Brèmes de Mer. — Les Brèmes ou Pironneaux appar-
tiennent, entre autres espèces, surtout aux trois suivantes :
Pagelhis centrodontus Bonap., Cantharus griseus Cuv., Box
boops Bonap. C'est une pêche de peu d'importance, consom-
mée dans le pays, et qui se fait dans les mêmes conditions
que celle de la Dorade.
5. Pagre. — Le Pagre (Pagrus vulgaris Bonap.) est expédié
sur le marché parisien. Il se prend par 30 à 60 mètres de pro-
fondeur, sur fonds de sable, avec les cordes.
6. Rouget." — Le Mullits surmuletus Linné se pêche en août
et septembre, à de faibles profondeurs (10 à 15 mètres), prin-
cipalement dans les chenaux, sur fonds de roches et d'herbiers,
à la ligne de main ou dans les tramails. Trop rare, il n'est
pas expédié de Roscoff, quoique très demandé sur le marché
parisien.
7. Maquereau. — Dans l'espèce unique Scomber scoinber
Linné, les pêcheurs reconnaissent deux sortes : le Maquereau
de dérive, qui passe sur la côte aux mois de mai, juin et juillet;
le Maquereau de baie, qui fréquente les grèves sableuses, et
particulièrement, dans l'O. de RoscotF, la baie de l'île de Sieck.
11 est consommé sur place, cette pêche étant trop peu im-
portante pour pouvoir lutter contre l'importation des ports qui
arment spécialement pour le Maquereau : ici, il n'est péché
que par les pêcheurs inoccupés par ailleurs, et par les amateurs.
C'est une des pêches les plus faciles, car elle se fait à la ligne
de main que l'on boette avec n'importe quel objet brillant :
Lançon, lanière de peau de Maquereau, voire un tube de
caoutchouc blanc ou même un bout de tuyau. de pipe.
8. Saurel. — Le Saurel ou Chéchard (Caranx trachurus Gûnth.)
est aussi un Poisson voyageur, qui se tient aux mêmes pro-
fondeurs que le Maquereau (4 à 25 mètres) : il se pêche exac-
tement dans les mêmes conditions (1).
9. Vives. — La grande Vive [Trachinus draco Linné) et la
(1) Le Thon-Germon (Thynnus ulalonga Cuv. et Valenc.) passe sur nos côtes
vers le mois d'août, mais n'est pas péché, faute d'armement spécial.
SÉANCE DU 28 JUIN 1910 129
petite (7V. vipera Cuv.) se rencontrent dans les herbiers et les
plages sableuses, aux niveaux les plus élevés, et c'est en
sennant qu'on les trouve habituellement. La première est con-
sommée pour l'alimentation ; la seconde est tuée impitoyable-
ment par les pêcheurs.
10. Baudroie. — Dans l'arrière-saison surtout, mais aussi par-ci
par-là pendant toute l'année, on pêche la Baudroie (Lophius
piscatorius Linné), sur les cordes et dans les filets à Raies :
elle habite les fonds de sable de 50 mètres de profondeur, entre
3 et 6 milles de la côte. Elle est très demandée sur le marché
parisien. On l'expédie avec les Raies, après lui avoir coupé la tête
et enlevé les entrailles. C'est un Poisson des plus voraces, et il
n'est pas rare, en relevant les lignes, de trouver dans l'estomac
d'une Baudroie un Poisson qui lui-même s'était pris sur la
boette de l'hameçon.
11. Grondins. — Les Grondins, le gris (Trigla (jurnardus
Linné) et les rouges (TV. corax Bonap., TV. lyra Linné, Tr. Pini
Bloch.) sont assez rares, et vendus dans le pays. Us se trou-
vent sur fond de sable, depuis les plus faibles profondeurs. On
les pèche à la ligne de main, toute l'année.
12. Saint-Pierre. — Le Saint-Pierre (Jean-Doré, ou Poule
de mer, à cause de l'espèce de grognement qu'il fait entendre
quand il vient à sec, Zeus faber Linné), se prend quelque-
fois sur les lignes, en été : c'est un Poisson d'herbiers et de
sable, vivant par 30 et 40 mètres de fond.
13. Mulet. — C'est l'hiver, quand la pêche au dehors devient
aléatoire et difficile à cause du gros temps, que se pratique la
pèche au Mulet avec les « filets à Mulet ». Ce Poisson {Mugit chelo
Cuv.), qui habite de préférence les criques rocheuses, se ren-
contre en conséquence surtout sur la côte est de la presqu'île de
Roscofi et des iles qui la prolongent vers le nord (Voir : Pruvot,
1897) : ile Verte, Bourguignons, Tisaozon, ile de Batz. Le ter-
rain de pêche est partagé en 18 places ; les pêcheurs sont
répartis en séries de 18 hommes. Chaque série a le droit d'oc-
cuper pendant 3 jours consécutifs le terrain, après quoi elle
cède la place à la suivante. Dans chaque série est établi un
roulement pour que tous les pêcheurs puissent occuper à leur
tour chaque place. Toutes les chances se trouvent donc égalisées
dans la mesure du possible.
Cette pêche pourrait être très rémunératrice, le Mulet étant
130 SÉANCE DU 28 JUIN 1910
très demandé sur le marché de Paris : malheureusement il se
fait rare, et chaque pécheur n'arrive guère à se faire plus de
150 à 200 francs par hiver avec le Mulet.
14. Prêtre. — Le Prêtre (Atherina presbyter, Cuv. et Val.)
est la boette d'hiver, et sa pèche, en conséquence, se pratique
surtout de fin octobre jusqu'à mars : l'été on le rencontre, en
sennant par exemple, en moindre quantité, mais on le rejette.
Il se pèche dans les herbiers (devant le port de Roscoff, devant
Saint-Pol-de-Léon), avec un engin spécial, le « carrelet » ou
« guidel », boêtté au Crabe écrasé. 11 est aussi employé pour
la consommation locale.
15. Orphie. — L'Orphie ou Aiguillette {Belone valgaris
Flem.) précède habituellement de 2 ou 3 semaines les bancs de
Maquereaux de dérive : c'est, disent les pêcheurs, le « père
du Maquereau ». Il atterrit donc au mois d'avril, et disparaît à
l'automne. Quoique voyageur, il a une préférence pour les
fonds de sable. Il est pris sur les lignes de main ou à la senne.
16. Pleuronectes. — Les Poissons plats, peu fréquents dans
nos environs, où les fonds de sable pur sont de peu d'étendue,
se pèchent tous de mai à la fin de l'été : tous, sauf le Turbot,
sont consommés sur place. Le Turbot (Bothns maximus Coll.),
le plus fréquent, et la Barbue (Bothus rhombus Gilb.), bien
plus rare, se pèchent par 30 à 50 mètres de profondeur, sur
des fonds de sable pur, sur les cordes ou dans les filets à
Raies. Mais son principal lieu de pèche, situé à 3 milles au
large dans le N.-O. de l'Ile de Batz, est un étroit couloir de
sable entre deux murs de rochers, connu des pêcheurs sous le
nom de « Trezen-ar-Skoden ».
La Sole (Solea vulgaris Risso, S. lascaris Risso ; ces deux
espèces existent à Roscoff, mais ne sont pas distinguées l'une de
l'autre), qui vient après le Turbot comme importance, se pêche
sur fond de sable au pied des rochers, à toutes profondeurs :
c'est surtout dans les tramails qu'on la trouve.
La Plie [Pleuronectes platessa Linné), la Limande (PL
limanda Linné) vivent sur fond de sable, à toutes profondeurs :
on les pêche dans les tramails et les sennes.
Le Flet (PL flesus Linné) est abondant dans les sables
vaseux de la Penzé (rivière de Saint-Pol) et dans le port
même de Roscoff; mais, pas plus que de la Plie de roche
(PL hirhis Abilg.), qui se colle contre les cailloux ou dans les
SÉANCE Dl 28 JUIN 1910 131
fentes de rochers, il n'en est fait de consommation. On les
attrape Tune et l'autre à l'haveneau et dans les sennes.
17. Lieu. — Le Gadus pollachius Linné, comme le Maque-
reau, mais en bien plus grande abondance, n'est péché que
par les petits canots, ou par les bateaux de plaisance, par
manière de passe-temps. On le prend à la ligne de main, à la
traîne ou en dérive, en employant comme boette du Lançon
ou des Vers blaucs (Nereïs, Nephtys, Eunice) ; on le trouve
aussi souvent dans les tramails. Cette pèche se fait toute
l'année, mais le Lieu est plus abondant du 15 janvier à la fin
d'août. Il habite les plateaux rocheux un peu élevés, par 2 à
20 mètres de fond.
Vite corrompu et mal transportable par conséquent, le Lieu
n'est pas expédié. Mais il est très estimé dans le pays, et très
abondant : c'est de beaucoup le Poisson que l'on y consomme
le plus.
18. Tacaud. — Le Tacaud (Gadus luscus Linné) se pêche
avec le Lieu : mais, étant en réalité un Poisson de tous fonds,
il se prend aussi sur les cordes, dont il avale la boette avec
voracité. Peu estimé en général, il n'est pas expédié.
19. Morue. — Ce n'est presque que pour mémoire qu'il
convient de citer la Morne {Gadus morrhua Linné), dont
quelques individus viennent sur la côte en octobre-novembre :
ils se prennent sur les lignes à Raies, à 6 ou 8 milles de la
côte, par 15 à 30 mètres de fond.
20. Loche. — La grande Loche (Onos tricirratus Fries et
Ekstr.) et la petite Loche (0. mustela Coll.), qui se tiennent,
la première dans les régions couvertes de Laminaires, la
seconde sous les cailloux aux niveaux les plus élevés, se pè-
chent à la ligne ou à pied, pour servir de boette pour le
Congre, en cas de nécessité.
21. Lançon. — Au contraire du Prêtre, le Lançon (Ammo-
dytes tobianus Lesauv.) est la boette de belle saison. Il se
pêche de mars à octobre, avec la grande senne qui peut atteindre
120 mètres de long, sur les plages et dans les criques sableuses.
L'hiver, le Lançon s'enfonce dans le sable, où on le recherche
avec une bêche, une faucille, ou une fourche courbée. On
s'abstient de le consommer clans le pays, car, dans nos environs
où manque la meilleure boette qui soit, c'est-à-dire la Sardine, le
132 SÉANCE DU 28 JUIN 1910
Lançon est la meilleure qu'on ait, et les pécheurs n'en pèchent
que selon leur besoin et dans ce but seulement.
22. Clupeïdés. — La Sardine (Clupea pilchardasWa\h.) passe
sur nos côtes en juillet; le Sprat (Meletta sprattus Valenc), en
août, septembre et dans l'arrière-saisou ; l'Anchois (Engraulis
enchrassicolus Risso), en hiver ; le Hareng- [Clupea harengus
Linné), en novembre et décembre. Aucun de ces Poissons n'est
péché, faute d'un armement et d'un outillage spéciaux. La Sar-
dine s'est autrefois pèchée dans la baie de File de Sieck ; mais
on a dû renoncer à cette pèche, ce Poisson devenant rare, et
une usine qui s'était fondée à Sieck a dû fermer. Mais le
Hareng passe en abondance, et il serait à souhaiter que les
pêcheurs du pays fussent en état de supporter les frais de cet
armement, pour pouvoir s'adonner à cette pêche qui serait
certainement rémunératrice.
23. Congre. — Avec la Raie, et pour une quantité à peu
près équivalente, le Congre forme la plus grosse part de la
pèche roscovite. Les pêcheurs en distinguent deux sortes,
répondant aux deux espèces : Conger vulgaris Cuv. (Congre
blanc) et Conger niger Gilb. (Congre noir).
Le premier, de grande taille et voyageur, passe sur la côte
du milieu de mai à la fin de septembre, en se tenant à 60 ou
80 mètres de profondeur, sur les mêmes fonds que les Raies
avec lesquelles on le pêche, sur les cordes.
Le Congre noir, plus petit, se tient dans les roches, près de
la côte, sur des fonds de 15 'mètres. Il se pêche à la ligne de
fond également, toute l'année, avec un maximum en été. Il
disparait vers la fin de décembre'pour reparaître en fin janvier.
Le Congre est expédié sur]Paris. comme la Raie.
II. — CRUSTACÉS
I. Crevette. — La plus commune est Palsemon serratus
Penn., dans les flaquesM'eau entre les rochers couverts d'Algues
brunes et dans les herbiers de Zostères, et plus bas, au niveau
des Cystosires (Pruvot) ; on trouve aussi, en petite quantité, le
Crangon crangon Fabr., sur les plages sableuses de i'Aber et
de la baie de Santec, à l'O. de Roscoff. La pêche est de très
peu d'importance ; elle est faite à l'haveneau un peu par tout
le monde, mais de façon accidentelle, et en trop petite quantité
pour qu'on puisse l'expédier.
SÉANCE DU 28 JUIN 1910 133
2. Homard. — La pêche au Homard (Homarus vulgaris
M. Ëdw.) est productive aux environs de Roscoff, où abondent
les fonds rocheux sur lesquels les pêcheurs vont mouiller leurs
casiers boëttés avec de la Roussette ou tout autre Poisson.
Cette pêche se fait de mars à novembre. Le produit en est
expédié, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un vivier
d'élevage et de vente qui existe à Roscoff.
3. Langouste. — La Langouste (Palinurns vulgaris Latr.) se
pèche dans les mêmes conditions que le Homard. Elle est sur-
tout abondante en octobre et novembre, où les pêcheurs en
prennent en quantités considérables dans les tramails. Ces
Langoustes d'automne sont petites et de taille uniforme ; les
grosses se pèchent le reste de l'année, par 45 à 60 mètres de
fond, dans les casiers.
4. Araignée, Tourteau. — L'Araignée [Maja squinado Latr.)
et le Tourteau {Cancer pagurus Linné), se rencontrent toute
l'année fia première surtout en avril et mai) sur tous les fonds,
mais surtout rocheux et à toutes les profondeurs. Ils se
prennent dans les casiers, les filets ou à pied. L'Araignée est
la terreur des pêcheurs au tramail, parce qu'en s'entortillant
dans les filets, elle les déchire. Ils sont l'un et l'autre con-
sommés localemeut.
0. Autres Crares. — Les petits Crabes : Carcinus mœnas
Leach, Portunus puber Linné, Xantho rivulosus Risso sont
recherchés, toute l'année, à pied, pour la boette. Les deux
premiers sont utilisés exceptionnellement pour l'alimentation.
III. — MOLLUSQUES
1. Poulpe. — Le Poulpe (Octopus vulgaris La m.) est
recherché, pour la boette, sous les cailloux et les petits
rochers de la grève. 11 est abondant surtout l'été, et cette
abondance varie d'ailleurs avec les années.
2. Calmar. — La pèche du Calmar ou encornet (Loligo
vulgaris Lam.) se fait l'hiver surtout (octobre à janvier) sur
tous les fonds, avec une ligne de main boëttée avec du Lieu,
et une courte gaffe avec laquelle on fait sauter le Calmar dans
le bateau quand il sort de l'eau. Il sert, à défaut de Prêtre, à
boêtter les lignes à Raies.
134 SÉANCE DU 28 JUIN 1910
3. Coquillages. — Il n'est pour ainsi dire pas péché de
Lamellibranches ni de Gastéropodes :quelques-uns sont recueillis
par les habitants pour leur consommation, mais il n'en est pas
exporté. Cette récolte se fait toute l'année, sauf pour l'Huitre.
Contentons-nous de les énumérer :
La Palourde (Tapes decussatus Linné, et autres Tapes), la
Praire (Venus verrucosa Linné), la Coque (Cardiimi edule Linné)
se trouvent enfoncées à faible profondeur dans les sables (débris
de coquilles ou sables vaseux).
La Patelle (Patella vulgata Linné) est collée sur tous les
rochers.
L'Ormeau {Haliotis tuberculata Linné) habite les fentes de
rochers à tous les niveaux. Il est assez abondant et estimé
dans le pays.
La Coquille de Saint-Jacques [Pecten maximus Linné), autre-
fois abondante dans le chenal de l'île de Batz, a presque en-
tièrement disparu.
La Moule (Mytilus edidis Linné), très abondante sur les îlots
et rochers qui occupent l'entrée de la baie de Morlaix (îles
Duon, Bizek), atteint de grandes tailles, mais n'a aucun goût
et n'est d'aucune valeur.
Enfin l'Huître (Ostrea edulis Linné) est en voie de j dispari-
tion : un petit banc, au bas de la rivière de Penzé, n'en donne
plus maintenant, pour les trois jours de dragage autorisés cha-
que année, qu'une dizaine de milles au grand maximum.
Pour tous ces Mollusques comestibles et l'étude de leur
habitat et de leurs conditions d'existence, je ne saurais mieux
faire que de renvoyer à l'étude qui en a été faite par M. le
professeur Joubin (1908).
Conclusion
Il convient peut-être maintenant de donner une vue d'en-
semble sur ce qui précède, en groupant ces différents types
d'animaux selon les régions qu'ils habitent, et où ils sont
péchés.
Pruvot indique une classification des fonds de la Manche qui
a l'avantage de correspondre assez exactement aux deux
grandes régions de pêche reconnues par nos pêcheurs ; il
décrit deux régions (1) :
(1) En réalité, il en décrit trois: mais la « région profonde » n'a pas à nous intéres-
ser, les seuls fonds que pratiquent les Moscovites appartenant aux deux premières.
SÉANCE DU 28 JUIN 1910 135
1° Région côtière, à partir d'une cinquantaine de mètres de
fond ;
2° Région littorale, de profondeur moindre, elle-même divi-
sée en deux zones :
A) Zone littorale ;
B) Zone subterrestre,
dont la deuxième n'est pas à proprement parler un « fond de
pèche ».
1° Région cotière. — Ici, deux sortes de fonds peuvent se
présenter : l'un rocailleux, formé de cailloutis, de graviers, de
coquilles brisées : ce sont les « sables gris » ; — l'autre, formé
de régions de peu d'étendue de sable pur : ce sont les « sables
blancs ».
Sur le premier de ces fonds se pèchent les Raies, l'Ange,
les Chiens de mer et autres Squales (qui en réalité devraient
prendre place à tous les niveaux, étant des plus ubiquistes),
les Sparidés (Dorades, Brèmes, Pironneaux), la Baudroie, des
Tacauds, et enfin les Congres. Ce sont là les grands fonds de
pèche, non seulement pour notre port, mais pour presque tous
les ports qui font la pêche côtière dans la Manche : ce sont
presque partout les mêmes produits.
Sur le sable blanc se pèchent, avec les inévitables Squales,
quelques Raies, et surtout les Pleuronectes : Turbot, Barbue,
Plie, Sole, qui dans ces régions se tient à l'accore de la roche.
Et ce sont ces espèces, peu variées, mais très abondantes,
qui constituent le produit de la pêche pour les bateaux qui
s'éloignent de plus de 6 ou 7 milles de la côte.
2° Région littorale. — Ce sont ici les lieux de pèche des
petits bateaux, qui s'éloignent peu de la côte, et des pêcheurs
à pied. Il y a lieu de distinguer dans cette région trois faciès
(Cf. Pruvot) : le rocheux, le sableux et le sablo-vaseux (vase
des estuaires et des ports). Mais je serais d'avis, au point de
vue spécial qui nous occupe ici, de subdiviser encore
le faciès sableux en deux : sable proprement dit, — herbiers
sableux, plus ou moins semés de cailloux et de petits rochers.
Sur le fond rocheux se pécheront en bateau, soit avec
les lignes de main, soit au tramail, le Lieu, le Tacaud, le
Rouget-Surmulet, le Bar; soit au casier, les Homard, Lan-
gouste, qui d'ailleurs se prennent aussi dans les filets, ainsi
que les Araignée et Tourteau ; — à pied, au moyen des
1S6 SÉANCE DU 28 JUIN 1910
filets calés dans les criques rocheuses, se pèche le Mulet; dans
les flaques, la Crevette rose (Paleemon).
Sur fond sableux, se pèchent des Pleuronectes (Plie,
Limande), des Sparidés, le Maquereau, le Chéchard, la Vive,
le Grondin, le Saint-Pierre, l'Orphie, le Lançon ; à pied, la
Crevette grise (Crangon).
Sur fond d'herbier rocailleux, ce sera plus particulièrement
la Vieille, et encore le Saint-Pierre, le Prêtre ; à pied, le
Palœmon.
Enfin, sur les fonds de vase, les Flets et les Crabes. Et les
herbiers vaseux de cette région (devant le port de Roscoff et
dans l'embouchure de la Penzé) sont les meilleurs endroits
pour pêcher le Prêtre au guidel ou le Lançon à la senne.
Il ne faudrait d'ailleurs pas croire que dans la réalité le can-
tonnement des espèces se présente d'une façon aussi absolue,
ni qu'on ne puisse par hasard rencontrer sur un certain fond
un animal vivant habituellement sur un autre fond. Mais tout
au moins le groupement d'un certain nombre de ces animaux
peut-il servir à caractériser une région de pêche, et c'est ce
que j'ai voulu indiquer dans cette brève vue d'ensemble.
OUVRAGES A CONSULTER
1881. E. Moreau. — Histoire naturelle des Poissons de la France
(Paris).
1892. Fries, Ekstrom & Sundewall. — A History of Scandinavian
Fishes (Stockholm).
1897. G. Pruvot. — Fonds et faune de la Manche occidentale (côtes
de Bretagne) comparés à ceux du golfe du Lion. [Arch.
Zool. expèr. (3), V).
1903. Borcea. — Recherches sur le système urogénital des Elasrno-
branches. (Thèse. Paris).
1908. L. Joubin. — Carte des Mollusques comestibles des côtes de
France : la côte nord du Finistère. — [Bull. Océanogr. Monaco,
n<> 115).
1909. E. Danois. — Conditions de la pêche à Roscoff et engins de
pèche employés dans la région. [Bull. Navigation Pêches
maritimes, XI, n° 9).
SÉANCE DU 28 JUIN 1910 137
ÉTUDES SUR QUELQUES ESPÈCES ITALIENNES
DE LA SECTION EULOTA HARTMANN ET DU GROUPE
DE VHELIX ORSINII PORRO
PAR
E. CAZIOT
Plusieurs espèces du groupe de YHelix Orsinii, cantonnées
en Italie, dans les Apennins et les Abruzzes, sont connues
depuis longtemps et presque toutes ont été figurées ; seulement
quelques-unes d'entre elles ont reçu des noms simplement
manuscrits qui ont donné lieu à des appréciations différentes,
ce qui amène chaque jour des confusions regrettables. Le
but de ce travail est de faire connaître les types publiés
jusqu'à ce jour dans ce groupe, avec leur synonymie aussi
exacte que possible, afin de grouper autour d'eux, à l'avenir,
les nouvelles formes qui ne manqueront pas d'être découvertes
lorsque la péninsule aura été mieux explorée.
Les Hélix du groupe Orsiniana possèdent des caractères
communs qui permettent de les rattacher les unes aux autres
et de les isoler des groupes voisins. Ces caractères ont été
entrevus par quelques auteurs, mais aucun d'eux, à ma con-
naissance, ne les a mis en relief.
La coquille est toujours plus ou moins martelée et de fines
striations, ordinairement visibles par places, surtout clans le
voisinage de la suture du dernier tour, viennent couper, à
angle droit, les stries longitudinales grossières et former ainsi
un treillis peu accusé.
Les groupes les plus rapprochés sont les Frutici?ia?ia, les
Strigellana et les Cemeneleana. Les Fruticinana ont bien les
striations, mais les malléations ne paraissent pas exister. Chez
les Strigellana, il ne m'a pas été possible de découvrir de
traces de striations, et les malléations sont insensibles ; enfin,
les Cemeneleana ont les malléations, mais sans les stries hori-
zontales.
L'espèce décrite, la première et celle qui donne, par suite,
son nom au groupe est YHelix Orsinii.
138 SÉANCE DU 28 JUIN 1910
Hélix Orsinii.
H. Orsinii Porro, in Villa, Dispos, Syst., p. 54, 1841.
Voici la diagnose originale de Porro reproduite par les frères
Villa :
« Testa duriuscula, aperte umbilicata, depressa, lévite?'
striata, supra alba, fascia imica cornea aut coffœa ornata; sub-
tils omnino cornea aut coffœa ; umbilico infundibuli/orme;
apertura ovala, obloiigiuscula ; peristomate reflexiusculo, leviter
labiato, marginibus approximatis ; anfractibus sex.
Alt. 6-9; Lat. 12-18.
Helicibus strigella Drap, et erycetorum (pro ericetorum)
Millier, proxi??ia, variât in coloratione fasciœ et partis inferœ.
Habitat in Italia meridionaii I Detexit dominus Orsini, cui
dicamus (Porro, brevi manui médita) ».
A l'aide de la description ci-jointe, il est facile de reconsti-
tuer le type de Porro.
L'Hélix découverte par Orsini dans les Abruzzes est une
coquille largement ombiliquée, avec un ombilic infundibuli-
forme, déprimée, légèrement striée, avec un test assez solide,
blanche en dessus et ornée d'une bande unique couleur de
corne ou de café en dessous ; six tours de spire ; ouverture
ovale ou tant soit peu oblongue ; péristome légèrement
réfléchi avec un mince bourrelet à bords rapprochés.
Voisine des Hélix strigella Draparnaud et ericetorum
Mùller, en ce sens (il est facile de compléter la pensée de l'au-
teur) qu'elle ressemble extérieurement à une Hélix ericetorum,
quoique voisine, par son test et son galbe, de Y Hélix strigella.
Elle varie dans la coloration de la bande et de la partie
inférieure, cette coloration passant de la couleur de la corne à
la couleur marron. La figure 1210 de l'Iconographie de Ross-
massler (Hélix majellœ Kobelt) correspond assez exactement à
ces indications ; c'est elle que je prends pour type de YH. Orsi-
nii, ne croyant pas me tromper dans mon appréciation.
Pfeiffer, dans sa Monog. helic. viv., a fait fausse route au
sujet de cette espèce, et a retardé ainsi sa connaissance. Dans
le tome I, p. 143, numéro 369, 1848, il se contente de repro-
duire la diagnose de Porro. Dans le tome III, p. 131, 1853,
il en fait une variété de Y Hélix cespitum Drap, à spire à peine
élevée et un synonyme de YHelix ochracea. Dans le tome IV,
il la place parmi les variétés de YHelix cantiana Montagu
SÉANCE DU 28 JUIN 1910 139
(p. 125); enfin, dans le tome V, p. 206, 1868, il décrit, comme
H. Orsinii, plusieurs espèces, et établit une variété minor,
spira conoidea-elevata , fasciis palliais, à laquelle il donne,
comme synonymes, '//. Orsinii Porro et YH. ochracea Ziegler.
En résumé, voilà une espèce placée tour à tour à côté de
Y H. cespitum et dite plus aplatie qu'elle ; puis à côté de 177.
cantiana, enfin d'une prétendue H. Orsinii, dont elle se dis-
tingue par une spire conique élevée ; c'est juste le contraire de
la diagnose. C'est une accumulation d'inexactitudes.
Hélix ochracea Ziegler mss.
Cette espèce, restée longtemps manuscrite, a donné lieu à
des appréciations diverses, ainsi qu'il est facile d'en juger par
l'historique.
On voit figurer ce nom, pour la première fois, dans Ross-
massler, Iconog, 1835, I, p. 67. Cet auteur présente cette
espèce avec doute, en même temps que V Hélix frutitorum
(aussi de Ziegler), comme synonyme de YHelix cespitum Dra-
parnaud.
Pfeiffer a encore compliqué la question, et on voit figurer,
dans sa Monographie déjà visée, YHelix ochracea :
1° t. I, p. 442, 1848, comme synonyme de 177. ericetorum;
2° t. II, p. 131, 1853, H. cespitum y. spira vix elevata
(H. ochracea Ziegl. mss.) ;
3° t. IV, p. 136, 1859, H. cespitum var. ;
4° t. V, p. 206, 1808, H. Orsinii (â. minor, spira conoidea-
elevata, fasciis pallidis. Diam. maj.t I4mm-12 '/a ; a'f- 9mm;
<5° enfin, t. Vil, p. 234, 1876, synonyme d' Hélix Orsinii.
Westerlund, dans son Catalog. des Moll. de la région
paléarct., 1890, p. 31, a copié Pfeiffer et a considéré aussi
cette Hélice comme synonyme de Y H. Orsinii.
LHelix ochracea n'est, en réalité, qu'une espèce voisine de
YH. Orsinii, se distinguant de celle-ci par sa spire plus apla-
tie, son ombilic plus large (à cause de la direction du dernier
tour qui s'éloigne brusquement) par son ouverture arrondie et
non ovale et un tant soit peu oblique. La coloration est d'un
jaune sale, rappelant très bien le ton de l'ocre ; de là son nom.
La figure 1628 de l'Iconographie de Rossmassler (H. Orsinii)
rappelle très bien le port de cette espèce, qui m'a été commu-
niquée jadis par M. Fagot et que l'on doit retrouver dans sa
collection, ainsi qu'une Hélice qui a été trouvée par M. Blanc
au mont Morrone (Abruzzes) et qui a été fidèlement représen-
140 SÉANCE DU 28 JUIN 1910
tée dans l'Iconographie, en 1879, pi. clx, fig. 1630, sous le
nom banal d'/T. Orsinii. Elle s'en distingue pourtant par sa
spire plus convexe, son ombilic plus étroit, son ouverture plus
petite et plus inclinée avec des bords plus rapprochés.
Hélix alphabugelliana
Hélix alphabucelliana Paulucci, 1881, Faune malacol. Ital.
(Spec. raccolti del Dr Cavanna), p. 91,
pi. h, fig. 3, 1881.
Habitat : Avezzano (Alphabucellis antiquorum).
Cette espèce, dont la figure donne une idée bien exacte de
sa forme, a le galbe général de YH. Orsinii, avec l'ombilic de
17/. incognito, ci-après visée.
Hélix incognita
Hélix rnodesta Parreys, in : Sched (1).
Hélix Parrey si Pfeiffer, Zeitschr. Malak., p. 146, 1853 (2).
Je donne, ci-après, la diagnose de YHelix Parreyn de
Pfeiffer :
« Testa umbilicata, conoidea-semiglobosa, solidula, granu-
lata, striata, rufo cornea, fasciis 2 latis a/bis (/ suturali, altéra
perisphœrit a) cincta, spira conoidea, vertice subtili, obtusulo',
anfractis 5 1 /s convexis, lente crescentis, ultimus rotundatus ,
antice br éviter descendens, basi distinclius, granulatus ; umbili-
cus pervius D 1/6 diametri œquens ; apertura diagonali subtrian-
gidari-lunaris ; peristoma expansiiisculum, intus albo labiatum,
margine dextro armât o, basait substricto, calloso, obsoleto
dentifero. Collectio Rossmàssler.
« Diam. med. 10; min. 8 2/3. Altit. 6mm.
« In Aprutiis ltalise.
« Affinis H. leucozona. Ziegl. var. aperte umbilicata. »
Kobelt (Iconog. V, p. 26, 1877) s'est contenté de repro-
duire la diagnose de Pfeiffer et de figurer : pi. cxxvi, fig. 1211-
1212, sous le nom d'i/. Parreysi, deux coquilles qui ne répon-
dent pas du tout à la description, du conchyliologiste de Cassel.
Jusqu'ici il a été impossible de savoir ce qu'est exactement
(1) Non: Hélix rnodesta Férussac. Prodrome, p. 71, et Hist., pi. xlii, fig. 1;
espèce des îles Canaries.
(2; Non : Hélix Parreyn Fitzinger. Rossmàssler, Iconog. II, fasc, 7-8, p, 1.
1838; Pfeiffer, Monog. Hélix viv., t. I, p. 112 [nomen), 1848, du groupe de l'Hélix
clandestina.
SÉANCE DU 28 JUIN 1910 141
Y Hélix Parreysi de Ffeiffer; et alors même qu'on viendrait à
la découvrir, ce nom devrait être changé, puisqu'il existe déjà
une Hélix Parreysi de Fitzinger, antérieure. Quoi qu'il en soit,
je prends pour type de mou Hélix incognito, la figure 1211 de
l'Iconographie de Kobelt, représentant une coquille du groupe
considéré, caractérisée parune spire conoïde et un ombilic petit,
ressemblant plutôt à une perforation.
Hélix apennina.
Si coquille fut jamais caractérisée, ce fut bien 177. apennina;
mais, comme le nom est resté longtemps manuscrit, il a donné
lieu à des appréciations très diverses, quoique s'appliquant
à la même coquille, comme je le montre par l'historique.
Hélix strigella var. apennina Megerle, Jan. Cat rerum nat.,
p. 5 (?iomen), 1830.
Hélix apennina Mûhlfeldt [H. strigella Drap. ?) Rossmassler,
Iconog. I, p. 62, 1835.
Bradybœna apennina Beck, Ind. moll., p. 19, n° 15, 1837.
Hélix apennina Mûhlfeldt (syn. à' Hélix strigella) Pfeiffer,
Monog., Helic. viv. I, p. 143, 1848.
Hélix cantiana Montagu [Hélix apennina Porro, in Sched.
Rossm.) Pfeiffer, loc. cit., p. 118, 1853.
Hetix cantiana var. apennina Porro (H. Orsinii Reeve,
n° 1075, pi. clxu) Pfeiffer. loc. cit., IV'
p. 125, 1859. Synonyme d'Hélix cantiana
Pfeiffer, loc. cit., V, p. 480, 1868.
Hélix (Zenobia) apennina Paétel, Gâtai., p. 85. 1869.
Hélix apennina Porro {Eulota), Kobelt, Catal., p. 12, 1871.
Hélix apennina Kobelt. Iconog., V, p. 22, pi. cxxv, fîg. 1200,
1877.
Hélix suborbicnlaris Martens, Nov. Conchyl., p. 184, pi. cliv,
fig. 6-8, 1879.
Hélix (Fmticicola) apennina Paetel, datai, der Conchyl. -Sarnm-
lung, 1889.
De cet historique, il ressort que :
h'Helix apennina a été ainsi nommée par Megerle von
Mûhlfeldt ;
Que Jan en possédait des spécimens, dont quelques-uns ont
été sans doute déposés au musée de Milan, et l'a inscrite dans
son Catalogue sous le nom cYHelix strigella var. apennina ;
Que, en 1835, Rossmassler, ne connaissant pas cette espèce,
a adopté avec doute la synonymie de Jan ;
142 SÉANCE DU 28 JUIN 1910
Qu'entre 1835 et 1853. Porro, qui a pu étudier dans le musée
de Milan dont il était le conservateur, les types de Jan, en a
adressé quelques exemplaires à Rossmàssler, qui les plaça dans
sa collection comme variété de V Hélix cantiana;
Qu'en 1872 Kobelt, en donnant le Catalogue de la collection
Rossmàssler, nous apprend que YHelix apennina était voisine
de YHelix martensiana Tiberi, puis qu'en 1877, ce même
auteur a donné une diagnose et une figure suffisantes de
YHelix apennina envoyée par Porro à Rossmàssler, et que, par
suite, cette figure doit être considérée comme typique ;
Enfin, qu'en 1879 von Martens, croyant, pour des raisons
insuffisantes, que YHelix apennina de Megerle von Mùhlfeldt
était différente de YHelix apennina de Porro (ce qui est
inexact, comme je viens de le démontrer), a proposé d'appeler
cette dernière coquille Hélix suborbicularis, nom inadmissible.
YÏHelix apennina, telle qu'elle a été décrite et figurée par
Kobelt, d'après les figures de Porro, ressemble bien, extérieu-
rement, à une espèce voisine des Strigellana ou des Cemene-
leana (de là la confusion), mais elle se rattache très bien aux
Orsiniana, malgré sa coloration blanchâtre, par ses malléations
et ses stries horizontales plus ou moins visibles mais existant
sur les échantillons que j'ai pu observer. Cette espèce a été re-
cueillie dans le centre, la partie ouest et dans le sud-est de la
péninsule.
Hélix martensiana
Hélix martensiana Tiberi, Malacol. Ital., p. 68, n° 7, pi. m,
fïg. 3-5, 1869.
— — Kobelt, Iconog. V, pi. cxxv, fig. 1198, 1877.
Hélix apennina? Martens, Nov. Conchyl. V, p. 188, n° 913,
— — pi. mlxl, fig. 1-8, 1879.
Tiberi signale cette espèce sur plusieurs points des Àbruzzes,
dans les bois humides.
U Hélix martensiana est une espèce assez voisine de YHelix
apennina, mais elle possède des caractères bien tranchés qui
empêchent de la confondre ; il suffit d'ailleurs de comparer les
diagnoses et les figures de l'auteur des suites à l'Iconographie.
Le groupe des Orsiniana que l'on croyait, jusqu'à ces der-
nières années, spécial à la péninsule italique, paraît également
avoir des représentants dans la presqu'île hellénique. En 1877.
le Dr Kobelt (Iconog. V, p. 24) a décrit, sous le nom (YHelix
apenninavav. euboica, une coquille qu'il a représentée pi. cxxvi,
fig. 1207.
SÉANCE DU 28 JUIN 1910 143
Hélix dirphica
Parmi les Frutcicola existe aussi une espèce très probléma-
tique : c'est V Hélix dirphica dont je donne ci-après la syno-
nymie :
Hélix dirphica Blanc ap. Martens, Jahrb. dentsch. malak. Ges.
Ilï, p. 339, pi. xn, fig. 2, 1877.
— — Kobelt, Iconog.V.p 24, pi. cxxvr,fig. 1200,1877.
Hélix cantiana var. dirphica Blanc et Westerldnd, Aperçu
faune malacol. Grèce, p. 40, 1879.
Hélix cantiana var. dirphica Kobelt, Catal. der Europ. lebend.
Binnenconch. , p. 24, 1881.
Habitat : Mont Delphi en Eu bée.
Cette espèce n'est point une variété de l1 Hélix cantiana Mon-
tagu d'Angleterre, comme l'ont cru MM. Westerlund et
Kobelt; elle n'appartient même pas à ce groupe; elle est le
représentant, en Grèce, des Orsiniana italiennes. Elle se rap-
proche de Y Hélix martensiana Tiberi et, comme les Orsiniana,
elle est caractérisée par des malléations coupées, çà et là, par
des striations horizontales plus ou moins visibles, mais dont il
reste toujours des traces, ce qui ne se produit jamais chez les
Cantiana, ainsi que je l'ai déjà fait observer.
L'Hélix mcssenica (Hélix cantiana var. messenica Blanc et
Westerlund, /. c. p. 41. pi. n, fig. 12. 1879), que les auteurs
ont essayé de rapprocher de V Hélix dirphica, ne présentant
que des malléations sans traces de striations transverses, ap-
partient à un groupe différent.
MM. Blanc et Westerlund, /. c, ont aussi placé leur Hélix
interpres (p. 45, pi. n, fig. 13 a. b. c.) dans le même groupe
que Y Hélix Orsinii. Cette manière de voir a été suivie d'ailleurs
par le Dr Kobelt (Catal. der. Europ., p. 27, t88l). C'est une
erreur. L/7. interpres, au lieu d'appartenir à la section des
Eulota Hartmann, dont l'ait partie le groupe des Orsiniana,
rentre incontestablement dans la section des Xerophila Held,
ainsi que l'a indiqué à juste titre M. Hesse [Jahrb. dentsch.
malak. Ges. IX, p. 323, pi. xu, lig. 5, 1882), et appartient à un
groupe d'espèces voisines de Y Hélix obvia Hartmann.
Dans l'état actuel de nos connaissances, le groupe, dont j'ai
essayé de donner l'historique, comprendrait 9 espèces, dont
7 propres à l'Italie et 2 spéciales à la péninsule hellénique. Ce
nombre sera augmenté lorsque des recherches seront effectuées
à ce sujet, surtout dans la Grèce, qui est une région peu explo-
rée relativement à la presqu'île italienne.
Bull, de la Soc. Zool. de Fr. 1910. xxxv — 12
Séance du 12 juillet 19 10
PRÉSIDENCE DE M. COUTIÈRE, PRÉSIDENT
M. Robert s'excuse de ne pouvoir assister à la séance.
La Société délègue MM. Blanchard, Caullery, Delage et
Joubin pour Ja représenter au Congrès international de zoologie
à Graz.
\- M. Chevreux dépose un mémoire sur les Amphipodes
d'Algérie et de Tunisie. Campagne de la « Melita ».
Ouvrages offerts.
Brolemann (H. W.). Quelques Géophilides des collections du
Muséum d'histoire naturelle. [Bull. Mus. Paris, 1909, p. 415-432.
Brolemann (H. W.). A propos d'un système des Géopliilomorphes.
[Arch. Zool. exp. (5), III, p. 303-3'i0, pi. vm).
ÉCLOSION D'UN ŒUF ÉTRANGER DANS LE NID
PAR
Xavier RASPAlL
En poursuivant mes recherches sur l'adoption ou le rejet
par les Passereaux de l'œuf étranger substitué dans leur nid
à l'un de leurs propres œufs, j'ai relevé une observation des
plus intéressantes à plusieurs points de vue.
Il s'agit d'un nid de Fauvette à tête noire [Sylvia atricapilla)
dans lequel j'avais remplacé un œuf par un autre appartenant
à la même espèce, et je dois ajouter que cet œuf présentait
une telle similitude comme forme et comme coloration qu'A
première vue, il ne m'aurait pas été possible de le reconnaître
si je n'y avais fait une légère remarque.
Dans des conditions semblables, la Rousserolle Efïarvatte
(Calamoherpe arundinacea) ne s'est jamais laissée tromper ; les
nombreux essais de substitution que j'ai faits dans les nids de
cette espèce, en prenant le soin de choisir ceux dont les œufs
se ressemblaient le plus, ont donné le même résultat : le rejet
pur et simple des œufs intrus. La ponte de l'Effarvatte étant
de quatre œufs, j'ai souvent fait l'échange de deux œufs
SÉANCE DU 12 JUILLET 1910 145
lorsqu'ils paraissaient presque identiques dans deux nids, et_,
le lendemain, je trouvais la femelle ne couvant que sur deux
œufs, ceux substitués ayant disparu. Il en fut ainsi aussi
bien avec TEffarvatte nichant dans les buissons et les Tilleuls
du parc de Cachan (Seine), qu'avec l'Effarvatte nichant en
grand nombre dans les Roseaux des bords de l'Oise, ce qui me
permettait de trouver des nids contenant des œufs très sem-
blables entre eux. Cette intolérance absolue que montre cet
Oiseau pour les œufs étrangers même de sa propre espèce,
rend encore plus inexplicable son adoption constante de l'œuf
de Coucou qui offre pourtant avec ses œufs une dissemblance
énorme, tant au point de vue du volume que de la coloration.
Or, l'œuf que je mis dans le nid de la Fauvette à tète noire,
après eu avoir rétiré un, fut non seulement toléré, mais il y
subit une incubation qui amena son éclosion quelques jours
après la naissance des jeunes légitimes.
Ici, il est intéressant de donner quelques détails sur l'origine
de cet œuf et de noter le temps qui s'était écoulé entre le
jour où je le retirai de son nid et celui où je le substituai à
un œuf d'un autre nid.
Le 30 avril, je trouvai dans un petit Genévrier commun, un
nid de Fauvette à tête noire contenant un œuf; le 1er mai, un
deuxième et le 2 un troisième étaient pondus. Le 3, au matin,
la femelle tenant fortement le nid, je la fis partir ; il n'y avait
toujours que trois œufs qu'elle devait couver depuis la veille.
Simultanément existait à peu de distance, placé le long d'un
chèneau, un nid de Pinson contenant trois œufs que la femelle
couvait depuis le 1er mai.
Le 3, à 11 heures du matin, j'enlevai en l'absence des
femelles des deux nids, en me servant d'une petite cuillère en
bois plusieurs fois plongée dans la terre pour faire disparaître
toute odeur qui aurait pu mettre en éveil la méfiance des
Oiseaux, j'enlevai, dis-je, un œuf du nid de la Fauvette que je
remplaçai par un œuf de Pinson et vice-versa, à la place de ce
dernier, je mis celui de Fauvette.
Cette substitution donna les résultats suivants :
Le 4, dès le matin, la Fauvette n'est pas sur son nid ; les
œufs sont glacés et tout indique qu'ils ont dû être abandonnés
la veille au soir. Le nid contient les deux œufs de Fauvette et
l'œuf de Pinson. Ce dernier, que je casse, était couvé de trois
jours. Je prends les deux œufs de Fauvette que je mets en
réserve afin de m'en servir au besoin pour d'autres expériences.
146 SÉANCE mi 12 JUILLET 1910
Quant au uid de Pinson, voici ce que je constate également
le 4 : il ne contient plus que les deux œufs légitimes, l'œuf de
Fauvette a disparu et la femelle continue à couver paisiblement.
Ces faits exposés, j'arrive à l'observation proprement dite
qui fait le sujet de cette note.
Le 13 mai, je découvre, dans une haie de Lilas, un nid de
Fauvette à tète noire contenant deux œufs. Le 14, à 10 heures
du matin, la femelle est au nid ; je ne la dérange pas. A
2 heures, elle le quitte à mon approche ; il contient trois œufs
chauds. Le 15, toujours trois œufs; la femelle couve donc
depuis la veille, puisque chez les Passereaux l'incubation com-
mence aussitôt le dernier œuf pondu.
Le même jour, je substitue à l'un de ces trois œufs, un des
deux provenant du nid abandonné dans le Genévrier. Ce der-
nier, ainsi que je l'ai déjà dit, était tellement semblable sous
tous les rapports, qu'il ne m'était pas possible de le recon-
naître une fois mélangé aux autres.
Le 16, à 10 heures du matin, la femelle est absente, mais les
œufs sont chauds. A 2 heures, elle est sur le nid.
Le 18, toujours les trois œufs
Le 20, même constatation. Le mâle a pris la place de la
femelle pendant toute l'après-midi.
Le 22, toujours les trois œufs.
Le 26, les deux légitimes éclosent entre 7 et 8 heures du
matin, soit au bout de 12 jours, durée normale de l'incu-
bation chez la Fauvette à tête noire. L'œuf intrus est encore
dans le nid.
Le 29, à 10 heures du matin, en visitant le nid, sur lequel
se tenait le mâle, quelle n'est pas ma surprise de trouver 1 œuf
substitué éclos ; le jeune venait de sortir de la coquille ; son
incubation avait donc été de quatorze jours. Je m'attendais
d'autant moins à cette éclosion que j'avais conservé cet œuf
sans précaution à l'air et en le laissant sans le changer de posi-
tion du 3 au 15, jour où je l'avais substitué ; il y avait
26 jours qu'il était pondu, alors que normalement la ponte
étant de trois à cinq œufs et l'incubation de 12 jours, le pre-
mier œuf éclôt après 15 à 17 jours de ponte.
Que peut-on déduire de ces faits?
D'abord, il parait évident que l'abandon du nid établi dans
Je Genévrier provenait de la substitution d'un œuf de Pinson.
D'autre part, si on considère que le nid fut abandonné le
3 mai et que le second nid de Fauvette à tête noire, construit
SÉANCE DU 12 JUILLET 1010 I »7
dans la haie de Lil.s, et situé à trente mètres tout au plus du
premier, contenait deux œufs le 13, par conséquent qu'il avait
été terminé le II, il y avait là le temps suffisant pour que ce
second nid eût pu être construit par le même couple de Fau-
vettes ; ce qui fortifie cette hypothèse et qui peut la transformer
eu certitude, c'est, d'une part, la même ponte de trois
œufs, alors que dans cette espèce elle est presque toujours de
cinq œufs, et surtout la complète similitude que présentaient
les œufs des deux nids.
Dans ces conditions, l'adoption de l'œuf que j'avais ainsi
substitué s'explique tout naturellement par ce fait que la mère
n'avait pu manquer de le reconnaître comme provenant d'elle
et qu'ainsi, ne pouvant le considérer comme un œuf étranger,
elle l'avait accepté dans son nid
Quant à avoir mis 14 jours au lieu de 12 pour éclore, il faut
tenir compte de ce que cet œuf avait 12 jours de ponte lors-
qu'il fut mis en incubation et qu'ensuite, en raison de la nais-
sance des deux jeunes le 26, son développement fut retardé
par son exposition à l'air résultant des absences fréquentes des
parents vaquant à la recherche de la nourriture à fournir à
leurs jeunes.
Les deux premiers quittèrent le nid le 6 juin dans l'après-
midi, soit 11 jours après leur naissance, ce qui est la durée
normale de l'éducation des jeunes dans le nid chez la Fauvette
à tète noire. Le pseudo-étranger continua à être nourri par les
parents, et le 8, au matin, je trouvai le nid vide.
ÉTUDE DE QUELQUES PUPA (PHILIP PII,
SA VII,MÙHLFELDTI, RHODIA, OBSCURA, VENTILA TORIS,
RUPESTRIS ET DU POTE TI)
DE LA SECTION DES TORQUILLA
PAR
Le Commandant CAZIOT
I'ipa (Torquilla) Philippu
Les premiers individus de cette espèce ont été recueillis en
Dalmalie par Megerle von Muhlfeldt qui leur donna le nom de
Pupa nana (à cause de l'exiguité de sa taille, comparée à celle
148 séance nu 12 juillet 1910
des autres Pi/pa vivant en Autriche), nom resté malheureuse-
ment manuscrit.
Philippi ayant pris d'autres individus de la même espèce
dans l'île de Capri, leur imposa le vocable de caprearum,
vocable sous lequel il le distribua à ses correspondants et qui
demeura également manuscrit.
Cantraine (Malacol. Médit, et litt., p. 140, 1840), décrivit
correctement cette espèce sous le nom de Pupa Philippii, et,
afin de consacrer la découverte à son inventeur, il mit le seul
nom qui doit être conservé, la localité de l'île de Capri étant
la seule où se trouve authentiquement le type de l'espèce.
Rossmassler (Iconog. XI, p. 729, pi. lui, fig\ 729, 1842) a
figuré, pour la première fois, cette espèce d'une façon correcte
sous le nom de Papa caprearum, ignorant la description anté-
rieure du Papa Philippii.
Philippi (Enum. Moll. Sicile, II, p. 154, pi. xxiv, fig. 3, 1844),
donna, de nouveau, la représentation de son espèce sous le
nom qui lui avait été imposé par Cantraine.
Les figures de Rossmassler et de Philippi sont suffisantes pour
la connaissance du Papa Philippii.
Rossmassler (loc. cit.), dans son Iconographie, donna comme
synonyme au Pupa caprearum (lequel n'est autre chose que le
Pupa Philippii Cantraine, comme nous venons de le voir), le
Papa Savii Charpentier in litt., découvert sur les murailles de
la ville de Pise (qui s'étendent du Baptistère à l'Arno), recou-
vert de particules terreuses et de poussière, en compagnie de
Y Hélix serpentina Fér.,de la Glaasilia solida Drap, et du Papa,
similis Brug. Il le dédia au naturaliste italien Savi, auteur
d'ouvrages estimés. Or, il se trouve que le Papa Savii cons-
titue une forme suffisamment éloignée du Papa Philippii. Il se
distingue de cette dernière espèce par sa spire régulièrement
conique, «'amincissant graduellement, au lieu d'être conique-
fusiforme, aussi par son sommet plus pointu, ses tours moins
convexes et sa suture moins profonde.
Le Papa Savii a été admis par le Dr Westerlund comme
une variété du Pupa Philippii.
La forme exigua, que ce même auteur donne comme variété
du Papa Philippii (I) (Synopsis Mollusc. rég. paléarct., p. 105,
1897), est de plus petite taille. On la trouve à Corfou et peut-
(1) Le Pupa Michaudi Terver, d'Algérie, fait partie d'un groupe qu'on ne peut
guère séparer du groupe du Pupa Philippii Cantraine.
SÉANCE DU 1*2 JUILLET 1910 149
être dans d'autres stations. Elle en est peu distincte et est peu
constante iMargier).
La distribution géographique du Pupa Philippii peut être
établie ainsi qu'il suit :
Je le possède de l'Ile de Majorque. Il a été indiqué en Sar-
daigne, en Sicile, dans les Calabres, les Abruzzes, les environs
de Naples, Pise, en Toscane, dans les Alpes Apuanes, en Dal-
matie, Albanie, Epire, Monténégro, Corfou, Thessalie, Eubée
et dans les iles Leros, Kalymnos et Rhodes.
On a vu que von Mihlfeldt avait appelé Pupa nana une
coquille de Dalmatie dont le nom était resté manuscrit, et qui
doit prendre le nom de Pupa Philippii Can train e 1841.
Jénison adressa à Michaud, sous la désignation de Pupa nana,
une espèce provenant également de Dalmatie, mais qui eu
diffère complètement. Il suffit, pour s'en convaincre, de lire la
description qu'en donnent Potiez et Michaud (Galerie Moll.
Douai, p. 169, pi. xvn, fig. 3 et 4, 1838 a) : « Cette coquille a
quelque rapport de forme, de couleur et de taille avec le Pupa
avena, mais elle est plus petite, plus conique et elle en diffère
surtout par la position des dents de son ouverture qui sont
ainsi réparties: deux sur la columelle, une et quelquefois deux
sur le bord columellaire, deux sur le bord latéral.
« Haut. 6mm.
« Cette espèce ne doit peut-être constituer qu'une variété
naine du Pupa avena. »
En rapprochant de cette diagnose les fig. 3 et 4 de la
pi. xvu donnée par les auteurs, il faut une bien mauvaise vo-
lonté pour ne pas reconnaître, dans le Pupa nana, le Pupa
Mûhlfeldli des auteurs. Il est impossible, au contraire t de le
placer à côté du Pupa Philippi, comme l'a fait Pfeiffer, et
comme le font encore beaucoup de conchyliologistes.
J'estime donc que la synonymie assez embrouillée doit être
ainsi établie :
Pupa avenu var. minor Menke, Synops. Moll. p. 33, 1828.
— — — — Rossmàssler, Iconog. V-VI, p. 15,
pi. xxiii, fig. 321, {Pupa hor-
deum) 1837.
— Potiez et Michaud, Gai. Moll. Douai, II, p. 169,
n° 26, pi. xvn, lig. 3-4, 1838 {non : Pupa nana
Mùhlfeldt, Mus., syn. de Pupa Philippii).
— quinqueplicata Mùhlfeldt, ap. Anton, Verzeich. p. 47,
n° 1713, 1839 {non : Pupa quinqueplicata Potiez et
150 séance m 12 JUILLET 1910
Michaud, /. c. p. 163, 1838, synonyme de Turbo
quinquedentatm Born = Pupa similis Brug.)
Pupa Mùhlfeldti Ktister in : Martini et Chemnitz, Conchyl.
Cab. Gatt. Pupa (éd. 2), p. 28, pi. îv, fig. 1-3, 1843.
Kuster signale son Pupa Mùhlfeldti (identique pour la taille
et le port à la coquille île Michaud) ; aux environs de Raguse,
Lesino, Brazza et Bua ; c'est une erreur : il ne vit pas en
Italie ; on ne le trouve qu'en Dalmatie, en Serbie et dans
le Monténégro.
Pipa rhoih \.
Roth découvrit, le premier, cette coquille dans l'ile de
Rhodes. Il en donna la diagnose et la figura dans son Moll.
Spec., p. 19, pi. u, fig. 4, 1839.
Stentz la recueillit en Dalmatie dans l'ile de Meleda, et lui
donna le nom de Pupa meledana, ainsi que nous l'apprennent
les frères Villa (Dispos, système conchyl. terr. et iluv., p. 24,
1841). Ces derniers auteurs, trompés par Parreys, qui assimi-
lait, à cette époque, son Pupa occulta de Sicile à l'espèce de
Dalmatie appelée par Stentz Pupa meledana, firent des syno-
nymes des deux coquilles, ce qui n'est pas admissible,
comme il est facile de le démontrer :
1° Au témoignage de K ster (loc. infr. cit.), les exemplaires
qui lui ont été adressés par Parreys, sous le nom de Pupa
occulta, sont synonymes de Pupa rhodia et proviennent de l'Ile
de Meleda, près Zara, localité originaire du Pupa meledana ;
2° Le Pupa occulta de Parreys n'a jamais été trouvé en
Dalmatie;
3° Le Pupa meledana est donc synonyme du Pupa rhodia et
non du Pupa occulta, comme l'a indiqué Westerlund dans
son Synopsis des Moll. extram, de la rég. paléarct., de 1897.
Parreys s'était aperçu que la coquille dalmate était diffé-
rente de celle de Sicile et lui donna, entre 1841 et 1843, le
vocable de Pupa acutula, ainsi que nous l'apprend Rossmàssler
dans le courant de l'année 1859.
Le Pupa rhodia fut de nouveau décrit et figuré sous son
véritable nom en 1845 par Kuster, in Chkmnitz und Martimi,
éd. 2, Gatt. Pupa, p. 31, pi. iv, fig. 11-13, et l'auteur lui
donna, comme synonyme, le Pupa occulta de Parreys, in litt.
Rossmasslkr (Iconog. der Land- und Sûsswass. Moll., fasc.
KVII-XVIII, 1859) fil connaître que le Pupa rhodia a été
SEANCE DU 1*2 JUILLE1 1910 151
appelé Pupa acuta par Kutschig. d'après Je témoignage de
SCHMIDT.
La synonymie de Pupa rhodia doit donc être établie ainsi
qu'il suit :
Pupa rhodia Koth, 1839:
— meledana Stentz, in Villa, 1841 ;
— occulta Parreys, in Kustek, 1845 :
— acutula Parreys, in Rossmassler, 1859 ;
— acuta Kutsch, in Rossmassler, 1859.
Le Pupa rhodia vit en Dalmatie , au Monténégro. II
existe à Cefalonie (Blanc) et en Béotie, puis au canal d'Eu-
ripe (Thiesse), dans les lies d'Eubée et de Rhodes, Le type se
trouve dans la Crimée méridionale, à Jalta et à Sadah. On le
rencontre également en Asie Mineure, notamment à Adana, et
en Syrie aux environs de Beyrouth (Margier).
Le Pupa taurica Kessler est une variété du Pupa rhodia. On
distingue celui-ci à sa taille plus grande et à ses deux dents
palatales plus allongées et d'égale longueur.
Pupa orscura.
On s'accorde généralement à regarder cette forme, que l'on
trouve dans l'intérieur du cercle de Spalato (Dalmatie), sur
les rochers, comme une simple variété du Pupa Mùhlfeldti
Kùster.
Pupa obscurci Mûhlfeldt, ap. Ivi stek. /. c.
Pupa Mùhlfeldti var. minor Kûster, in Chemnitz und Martini,
Gatt. Pupa, p. 29, pi. iv, hg. 0-7, 1845.
Pupa ventilatoris.
Pupa Mùhlfeldti var. major Kûster, in Chemnitz und Martini
(éd. 5) Gatt. Pupa, p. 29, pi . iv, fîg. 4-5, 1845.
Pupa ventilatoris Parreys, in Alrers (éd. 2), Der Helicid.
p. 288, (nomen) 1860 et ap. Kûster in Bern.
nat. G es. Bamb., IX, p. 97, 1870.
Pupa ventilatoris W esterlund ,Malak. Bldlt., XXII, p. 131, 1875.
Pupa Mùhlfeldti var. ventilatoris Westerlund. Moll. extram.
Europ. Prod. 1878, et : Synopsis Moll.
extram. reg. paléarct., p. 99, 1897.
Le Pupa ventilatoris se trouve sous les pierres, près Spalato,
en Dalmatie, au-dessous de Salona, vers le fort Clessa, en
compagnie de la Clausilia crenulata Ziegler {non Risso).
Le Pupa ventilatoris, dont les caractères semblent constants.
152 SÉANCE DU 12 JUILLET 1910
constitue une forme à part, distincte du groupe Mûhlfeldti
par sa spire moins conique, plus turriculée, par son dernier
tour moins renflé, son ouverture moins arrondie et plus com-
primée transversalement, le bord columellaire étant moins
arqué, etc.. Je laisse de côté, comme signe distinctif secondaire,
une taille plus forte et la présence ordinaire d'un troisième
palatal. Les différences sont très sensibles sur les figures de
Kûster.
pupa rupestr1s.
Les Rupestriana, que l'on s'accorde généralement à rattacher
aux Philippiana, ont pourtant beaucoup plus de rapports avec
les Naniana. Comme ces derniers, au lieu d'avoir une spire
fluette et une perforation ombilicale (en forme de fente très ré-
duite à l'instar des Philippîana) ils possèdent un dernier tour
ventru, une perforation ombilicale arrondie et une ouverture
régulièrement circulaire.
Le Pupa rupestris a été trouvé en Sicile par Philippi qui, le
prenant pour un Bulime (à cause de l'absence de tout pli dans
l'ouverture), l'appela Bulimus rupestris et le décrivit sous ce
nom dans : Euuiii. Mol!. Sicile, I, p. 141, pi. VIII, fîg. 15, 1838.
L'année suivante, Rossaiasslhr (Iconog. fasc. IX-X, p. 25,
pi. xlix, fig. 637 a-b) le plaça dans le genre Pupa, où il est
maintenu par le consensus omnium.
Il a été commis, à propos du Bulimus rupestris Philippi,
quelques erreurs contre lesquelles il est bon d'être prévenu :
1° Cantralne (Malacol. Médit, et litt., p. 140-141, 1840)
prend cette coquille pour le jeune âge de son Pupa Philippii,
mais, contredite par les faits, son opinion n'a pas trouvé
d'écho.
2° La plupart des auteurs lui rapportent, en synonymie, le
Pupa unicarinata Potiez et Michaud, qui appartient incontes-
tablement aux Phiiippiana, ainsi que je crois l'avoir bien
démontré ;
3° Les anciens auteurs (Pfeiffkr, K'uster, etc.) ont accolé à
cette espèce le Vertif/o Dupoteti Terver, qui en esf pourtant
bien distinct.
(1) Le Pupa rupestris Kûster (olim) — Pupa vulcanica Kiister, signalé par
Paulucci en Sardaigne. Kuster l'indique à Nurri et Paulucci à Laconi, deux
localités de la Sardaigne centrale, peu éloignées entre elles.
SÉANCE DU 12 JUILLET 1910 153
PUPA DUPOTETI.
Cette coquille a été trouvée par le commandant Dlpotet
aux environs de Bougie, sur le chemin qui conduit de la
Casbah à la Marine, aussi sur le blockhaus de Ivalefa et lé fort
Clause!, enfin sur les rochers qui dominent le marabout de
Si-Aga-Bosgri, près du fort Bonack. Le commandant la remit
à Tekver, qui la publia sous le nom de Verligo tlupotetiana
(Catal. Moll. Nord Afrique, p. 32, pi. iv, rig. 12 13, 1839), la
plaçant dans le genre Vertigo à cause de l'absence de tenta-
cules intérieurs. C'est dans ce même genre que l'a maintenue
BouRGUiGNAT dans son Hist. malacol. d'Algérie, II, p. 96, 1864.
Tous les autres auteurs la maintiennent dans le genre Pupa
(section Torqnil/a) à cause de ses affinités si nombreuses avec
le Pupa rupestris. J'estime qu'ils sont dans le vrai, car le Pupa
Dupoteti vit en groupes nombreux sur les rochers calcaires,
tandis que le Vertigo recherche les endroits humides et vit
sons les pierres et les feuilles mortes. Il n'y a d'ailleurs
aucune analogie entre ce Pupa et les espèces du genre
Vertigo. Il est à peu près certain que ses tentacules inférieurs,
quoique très réduits, à cause de la petitesse de l'animal,
existent comme dans les autres Pupa et, si Terver ne les a
pas vus, c'est qu'il ne les a pas observés avec tout le soin
nécessaire. Dans certains Pupa, ils sont très petits. C'est le cas
chez une autre espèce beaucoup plus grosse qui habite les
mêmes régions, le Pupa Michaudi Terver, chez lequel les ten-
tacules inférieurs sont réduits à des points noirs. Il n'est donc
pas étonnant que ces tentacules, chez une espèce de moitié
plus petite, comme le Dupoteti, n'aient pas été aperçus par
l'observateur.
J'ai bien précisé la localité typique de cette espèce, car sous
le même nom se cachent plusieurs formes distinctes, par
exemple le Pupa eucyphogyra Letourneux, du défilé de la
Mazla, près Constantine, et le Pupa papieri de Hagënmù'ller, du
cap de Garde à Bône; mais elles sont si voisines du Dupoteti,
d'après Margier, qu'il n'y a pas lieu de les en séparer. Ce savant
spécialiste m'a fait savoir, à ce sujet, qu'il connaît nue
coquille de ce groupe dans l'Algérie occidentale, sur les con-
fins du Maroc, qui appartient à un groupe d'espèces étran-
gères à la faune hispanique, se rattachant au contraire, à la
faune de la Sicile. C'est un habitat remarquable, pour les rai-
sons suivantes : le Pupa Dupoteti Terver, ai-je dit, est très
154 SÉANCE DU 1*2 JUILLET 1910
rapproché du Pupa rupestris Phil., espèce spéciale à la Sicile,
en admettant même qu'il constitue uue espèce réellement dis-
tincte. Le Pupa Dupoteti établit un lien entre la faune de la
Sardaigne, celle de l'Algérie orientale et celle de la Tunisie.
Je fais cette observation parce que Bourguignat (Malacol.
Algérie, 1864) a nié ces analogies. Il a fait de grands efforts,
publié de longues listes, pour établir qu'il n'y avait aucune
relation entre ces deux formes. Il s'est assurément trompé, et
les découvertes faites en Algérie depuis la publication de cet
ouvrage ont achevé de détruire sa théorie. Celle-ci rattachait
l'origine de tous les Mollusques algériens à la faune hispa-
nique ; or, non seulement le Pupa Dupoteti Terver, mais
encore heaucoup d'autres espèces, des Clausilies, des Pomatias
(que Bourguignat ne connaissait pas en 1864), des Holienivar-
tkia, des Acme, beaucoup d'Hélix ne peuvent pas se rattacher
à la faune de la péninsule, mais sont toutes très voisines et
souvent identiques à des espèces de la Sicile.
Le Pupa rupestris Phil. est l'espèce qui a servi de type à
Monterosato pour le groupe Rupestrellu, qu'il a créé (1) et
dont font partie les Pupa scalari/ormis Ben., de Sicile, (auquel
on doit rattacher le Pupa imicarinata Pot. et Mien., et le
Pupa brondeli Bourg., dont le P. cartennensis Bourg, ne dif-
fère pas), Pupa occulta (Parreys) Rossm., Pupa refuga West.,
nomala West., de Sicile, ainsi que d'autres formes de cette île,
d'Algérie et de Grèce, auxquelles Monterosato a attribué des
noms sans les décrire. On devra probablement l'attacher à ce
groupe, quand on le connaîtra mieux, les Pupa punica Let. et
Bourg., et barattei Let. et Bourg, de Tunisie (Margier)
Il y a lieu de faire remarquer que nous n'avons mentionné
aucune de ces espèces dans la péninsule hispanique. Le Pupa
microdon West., que l'auteur rapproche du Pupa rupestris,
appartient au groupe du Pupa farin°si, qui est un groupe tout
à fait différent.
^1) Marchese m Montehosato, Guiichiylie terrestri vrveuti e lossili di Monle
Pellegrino, 1894.
SÉANCE DU 12 JUILLET 1910 155
ÉTUDE SUR QUELQUES ESPÈCES DE PUDIDJE
DE LA SECTION TORQVILLA ET DU
GROUPE DU PUPA FRUMENTUM DE DRAPARNAUD
PAR
Le Commandant CAZIOT
Le groupe des Frumentiana est spécial au centre alpique. Il
commence a apparaître aux Carpathes de Transylvanie, il se
rencontre en Roumanie, Bosnie et se poursuit, sans interruption
dans l'Autriche, la Hongrie, l'Allemagne, ITllyrie, l'Italie, la
Suisse, la Belgique et l'est de la France.
Les formes du nord de la grande chaîne des Alpes nous
semblent plus petites; elles ont le péristome sinueux au voisi-
nage de la lamelle angulaire et sont pourvues d'un bourrelet
plus ou moins proéminent sur le bord apertural.
Les formes du sud ont, en général, une taille plus variable.
Quelques-unes atteignent d'assez grandes dimensions, le péri-
stome n'est plus sinueux; il est, au contraire, courbé régu-
lièrement; le bourrelet disparaît ou bien est très peu accusé.
Plusieurs formes de Frumentiana sont connues depuis long-
temps; Ziegler en avait admis un certain nombre que Ross-
màssler a fait représenter dans son Iconographie; quelques-
nues ont été laissées au rang de variété ou bien ont été mé-
connues ou prises les unes pour les autres. J'ai tenté, ci-après,
de les circonscrire et d'indiquer les différences qu'elles offrent
avec le type, afin que les malacologistes puissent les distinguer
plus facilement.
Pipa minor Rossm.
Cette forme (je n'ose pas dire espèce) a été méconnue par
les auteurs ; Westerlund ne la mentionne même pas dans son
Synopsis Mollusc. de 1897. Elle a été considérée, par Rossmass-
ler, comme une variété du Pupa frumentum Drap. Cet auleur,
dans son Iconog. der Land- und Susswass. Mollusk., livr. V-VI,
p. 11, donne les renseignements suivants: « Pupa frumentum
var. minor. — Testa minor y plicis palatalibus imper fectis, calio
cervicis nullo » ; et ajoute : « J'ai trouvé cette forme entre
156 SÉANCE DU 12 JUILLET 1910
Opeliena et Sessana, sur les blocs calcaires et près Laibach.
Parreys me Ta envoyée du Saint-Gothard. »
Ces renseignements auraient été insuffisants si Rossmassler
n'avait pas eu l'idée de figurer cette coquille (pi. xxn, fi g. 311)
sous le nom banal de Pupu frumentum var.
Ce Pupa se distingue du type, non seulement par sa taille
(caractère qui a peu de valeur), mais encore par sa spire fluette
qui lui donne le galbe du Pupa secale (figuré par Rossmassler
au n° 317); il a aussi des lamelles columellaires beaucoup plus
saillantes et les pariétales sont plus délicates et plus enfoncées;
il n'a pas de bourrelet et son péristome est aminci.
Les uns, comme Pfeiffer, l'ont considéré comme synonyme
du Pupa frumentum; les autres, suivant l'exemple de Starile,
l'ont considéré comme la var. illyrica de ce même Pupa.
J'estime que cette variété illt/rica peut être appelée au rang
spécifique et qu'on doit considérer le Pupa minor comme une
simple variété de ce Torquilla.
Pupa callosa Rossm.
Rossmassler (lcouog., liv. I, p. 82), après avoir décrit le Pupa
frumentum, ajoute : « Ziegler sépare du Pupa frumentum une
nouvelle coquille d'illyrie qu'il nomme Pupa callosa ; cette
forme manque complètement de bourrelet et est un tant soit
peu plus grosse et plus mince, avec un sommet plus longue-
ment atténué et des lamelles plus minces et plus irrégulières.
Cette forme se rapproche pourtant assez du type pour que je
ne fasse pas une espèce nouvelle. Je la rattache au Pupa fru-
mentum var. illyrica. Cette variété est très voisine du Pupa
polyodon », etc.
Le professeur de Thorand représente cette coquille (livr. V-VI,
pi. xxin, fig. 312), du côté de l'ombilic, afin de montrer sa
ressemblance avec le Pupa polyodon.
Les auteurs ont rattaché ce Pupa callosa, tantôt au Pupu
triticum Ziegler, tantôt au Pupa adjunta Ziegler ; malgré sa
parenté avec le Pupa pachygaslra West, (dont elle se distingue
néanmoins par ses lamelles plus délicates et plus enfoncées, sa
spire plus fusiforme et plus régulièrement atténuée et son
ombilic plus fermé), j'estime que Rossmassler est dans le vrai et
qu'il faut considérer aussi cette forme, sinon comme le Pupa
illyrica lui-même, du moins comme une de ses variétés.
SÉANCE DU 12 JUILLET 1910 157
FUPA TRITICUM.
Ce Pupa figure, pour la première lois, dans un ouvrage de
Porro (Catalog. conchyl. terr. fluv. Europ. arctiq. 1839). Il est
reproduit dans le Disp. syst. conchyl. des frères Villa (1841),
mais malheureusement sans diagnose. Tout ce que l'on sait,
c'est que cette forme est de Dalmatie. Stabile (Faun. elvetica,
p. 40, fig. 25, 1845) la décrit ainsi :
« Coquille ovale allongée, plus ou moins cylindrique : ouver-
ture ovale subarrondie ; péristome réfléchi et plissé :
H — 10; D = 3 1/2 mm. >-.
D'après la figure et la courte diagnose, ce Pupa parait se
rapporter exactement au Pupa callosa de Rossmassler visé plus
haut. Cette supposition se change en certitude lorsqu'on voit le
même auteur, Stabile (Moll. terr. et fluv. du Piémont, p. 95,
1864), donner son Pupa Iriticum comme synonyme du Pupa
frumentum illyrica Rossmassler, qui est, précisément, le Pupa
callosa.
Par suite de cette confusion de Stabile, le Pupa Iriticum des
auteurs italiens n'est autre que le Pupa callosa et le véritable
Pupa Iriticum de Ziegler est resté pour compte. Mais il n'y a
pas lieu d'en tenir compte, car tous ces Torçuilla sont des
illt/?'ica, espèce variable comme galbe, comme taille, etc. Le
Pupa triticum a été aussi figuré dans Chemnitz-Klster (Conchyl.
Cabinet, pi. v, fig. 20-21).
Pupa adjuncta.
Pupa adjuncta Ziegler Mus. test. Rossmassler, /. infr. cit.
Pupa frumentum var. elongata Rossmassler, 1836, Iconog.,
livr. V-Vl, p, 1, pi. xxiii, fig. 213.
« Coquille très grosse, cylindrique, sans callosité ; plis très
accusés. Très commune parmi les amas de terre et les brins
d'herbes près le passage Saint-André, aux environs de Trieste;
Ferlach, en Carinthie. »
Cette forme est caractérisée par son galbe cylindrique (ne
s'atténuant que dans la région voisine du sommet) ; son ouver-
ture en forme de demi-ovale régulier ; ses lamelles robustes et
ses palatales assez allongées et régulières : enfin, elle n'a pas
de callosité.
Elle a été réunie au Pupa callosa. Elle en est pourtant dis-
tincte, car elle est subcylindrique au lieu d'être fusiforme et
158 SÉANCE DU 12 JUILLET 1010
son ouverture est plus grande et plus régulièrement arrondie ;
néanmoins, comme M. Margiër, je la considère comme une
variété cylindracea Rossm. du Pupa illyrica du même auteur.
Pipa polita.
Pupa frumentum var polita (Westerlund, 1878, Faune. Europ.
Moll. extram. Prod., p. 171).
Le Dr Westerlund a très bien décrit cette forme intéressante :
« Coquille brillante, roussàtre, très finement et régulièrement
striée, ventrue, conique au sommet ; dernier tour sans callo-
sité ; ouverture munie de 11 plis : (5 palataux ; 3 columellaires,
dont le supérieur petit, dentiforme ; 2 pariétaux, le médian
comprimé, l'inférieur près de la suture petit, mais distinct ;
1 angulaire dentiforme, dans le haut, encrassé.
«H = 5,7,; D = 2 V:imm->»
Abondant dans la vallée du Kanal, rivière de Carinthie. »
Ce qui caractérise surtout cette espèce, c'est la présence
d'un troisième pli columellaire. Si, chez les Pupa, les palataux
sont variables, les pariétaux sont moins sujets à modifications
et les columellaires sont les plus constants.
Ce caractère est donc important. Si, à celui-ci, nous ajoutons
ceux mis en lumière par l'auteur, on se trouve en présence
d'une coquille possédant des signes spécifiques suffisants pour
être maintenue au rang d'espèce.
Je ne sais pas pourquoi le Dr Westerlund, qui a décrit cette
variété en 1878, en disant même qu'elle méritait d'être élevée
au rang d'espèce, ne la plus signalée dans son Synopsis
Molluscorum extramarinorum regionis palaearcticae de 1807. Ce
Synopsis parait d'ailleurs inférieur aux travaux antérieurs du
savant auteur suédois. C'est une compilation faite, sans criti-
ques, dans les différents auteurs et l'on a le sentiment qu'il y
a inscrit nombre de ces soi-disantes espèces sans les avoir vues
ni étudiées.
Si la variété polita était maintenue au rang d'espèce, je pro-
poserais de la baptiser : kanalensis (1) pour ne pas la con-
fondre avec le Pupa polita de Risso, que j'ai élevé au rang
(1) M. Margier m'a t'ait savoir qu'il possédait cette espèce, déterminée par
le Dr Westerlund lui-même, des environs de Serravalle (Vénétie), localité peu
éloignée de la vallée du Kanal.
SÉANCE DU 12 JUILLET 1910
159
d'espèce dans ma Faune des Alpes Maritimes et de la princi-
pauté de Monaco, parce qu'elle diffère du Pupa variabilis Drap,
(dont on ne la considérait que comme variété) par ses dimen-
sions constamment plus fortes, un galbe plus allongé, par la
forme de son ouverture et principalement parce qu'elle vit
toujours en colonies séparées.
La liste des variétés du Pupa frumentum Drap, a été établie
ainsi qu'il suit par le Dr Westerlund dans son Synopsis Mollusc.
extram., de 1897 :
Var. p.longata Risso.
illyrica Rm.
curta Kstr,
cylindracea Z. ap. Rm.
primula W.
pachygastra Z. ap. Rm.
apennica Ch.
Var. hungarica Kiui.
bngeysiaca Loc.
rhodanica Loc.
rustica (B.) Loc.
crimoda (B.) Loc.
me a (B.) Loc.
nova (B.) Loc.
Je propose de la modifier ainsi qu'il suit : effacer la variété
illyrica qui est élevée au rang spécifique, Pupa illyrica, avec
les variétés : minor, callosa, cylindracea.
Elever au rang d'espèce la var. polita du Pupa frumentum
en la baptisant Pupa kanalensis.
Ouvrages offerts
PAR M. R. BLANCHARD
Archivum zoologicum, I, n03 11, 12, 13.
Blanchard (Prof. R.) et Dr R. Savignac. Pseudo-parasitisme des
Oligochètes chez l'Homme. A propos d'un cas nouveau (Arch. parasit.,
XIV, p. 40-53).
Borgert (A.).Untersuchungen iïberdie Fortpflanzung der tripyleen
Radiolarien, speziell von Aulacantha scolymantha H. Teil I & II.
(I. Zool. Jahrb. Anal. XIV, 1900, p. 204-278, pi. xiv-xvm. II : Arch.
Prolislenk. XIV, 1909, p. 134-261, pi. xi-xvu).
Ficalbi (E.) e Fr. Sav. Monticelli. Reperlorio di specie nuove di
animali irovati in Italia e descritte in publicazioni italiane e fores-
tière nell' anno 1907. (Monit. Zool. ital. XX, 19 p.).
Ghigi (Prof. Allessandro). Raccolle planctoniche faite dalla R. nave
« Liguria », II, I Gtenofori. (24 p. 1 pi.).
Kkller (Prof. Dr G). Die Tierbilder der altkretischen Kunstperiode
(Aus der Natur, VI, 15 p.).
Wilhelmi (Dr J.). XIV h. Turbellaria fur 1907 (Arch. Nalurg. 1908,
II. 26 p.).
Bull, de la Soc. Zool. de Fr., 1910.
xxxv — 13
Séance du $5 Octobre 1910
PRÉSIDENCE DE M. PETIT, MEMBRE DU CONSEIL
. La famille du professeur Oskar Boettger, de Francfort, fait
part de son décès.
M. A. Mathiaux remercie du prix Secques qui lui a été
attribué.
M. Iches remercie la Société de l'avoir délégué au Congrès
scientifique international de Buenos Aires. Il rend compte de
ce Congrès et du banquet qui Ta suivi, et communique les
paroles qu'il y a prononcées au nom de la Société. Il adresse
un article du journal « La Prensa », du 26 juillet dernier, qui
décrit ces solennités.
M. le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts
adresse le programme du 49e Congrès des Sociétés savantes,
qui s'ouvrira à Caen le 18 avril 1911. Les mémoires destinés
à ce Congrès devront être parvenus avant le 7 janvier pro-
chain, au 5° bureau de la direction de l'Enseignement supé-
rieur. Parmi les questions du programme pouvant intéresser
les membres de la Société, citons, dans la section des sciences :
« 3° Etude régionale de. la faune française. Division à adopter.
— 4" Etude des qualités biologiques des eaux, basée sur la
considération de la faune des Invertébrés et de la flore, en
vue de la pisciculture. — G0 Etudes sur les particularités de la
faune et de la flore des côtes de Normandie. — 15° Du rôle
des Insectes et spécialemeut de la Mouche vulgaire dans la
propagation des maladies contagieuses. »
M. le professeur MoiNTICElli, président de la Société des na-
turalistes de Naples, invite la Société à se faire représenter
aux fêtes en l'honneur du centenaire de la mort de Cavolini.
11 annonce qu'à cette occasion les œuvres du grand naturaliste
italien ont été réimprimées en un volume in-4° de 40 feuilles,
accompagné de 40 planches, tiré à 200 exemplaires, et mis en
vente au prix de 45 fr. chez Detkeu et Uocholl, place Plebis-
cito, à INaples. Ces fêtes ayant eu lieu du 12 au 14 septembre
dernier, l'invitation du Comité parvient à la Société trop tard
SÉANCE DU 25 OCTOBRE 1910 161
pour qu'elle puisse s'associer effectivement aux honneurs
rendus au célèbre savant. Elle charge son secrétaire général
d'en exprimer à M. Monticelli tous ses regrets.
M. Petit signale le départ tardif des Martinets ; ils ont
quitté Paris et ses environs du o au 8 août, et il y en avait
encore un petit nombre en Bretagne (région de Saint-Quay,
Portrieux) le 16 août. Les Hirondelles ont quitté les environs
de Paris du 11 au 18 septembre. Il en restait en Normandie le
20 septembre. Vers le 22 elles ont quitté la Gironde. Le 15
octobre elles étaient encore assez nombreuses dans les Deux-
Sèvres.
D'après M. Vignal, la chute de la pointe de la coquille chez
Bulimits decollatus est due à ce que la région où doit avoir
lieu la brisure est rendue fragile par une sécrétion du tortil-
lon, avant la formation de la cloison qui isole l'extrémité de la
coquille.
Ouvrages offerts.
Bugnion (Ed.). La cellule sexuelle et le déterminisme du sexe
(Bull. Soc. Vaudoise 1910).
Congrès des Sociétés savantes à la Soi bonne. Discours prononcés à
la séance générale du Congrès le samedi 2 avril 1910 par M. E. Babelon
et M. E. Pottier (Paris, Iwp. Nat., 1910, 39 p.).
Gardner (Nathaniel Lyon). Leuvenia^ a new genus of Flagellâtes
(Univ. Calif. publ. Bot. IV, p. 97-106, pi. xiv).
Gurley (Révère Randolph). Chapters for a biological empirical psy-
chology. Chap. IV-V (Amer. J. Psychol., 1910, 24'p.).
Icard (Dr. Séverin). Nouvelle méthode d'identification en histoire
naturelle [in : Rev. Scien., 13 août 1910).
Kofoid (Charles Atwood). A revision of the genus Ceratoccrys, based
on skeletal morphology (Univ. Calif. publ. Zool.Yl, p. 177-187).
Lambert dMarcelle) et Victor Balthazard. Le poil de l'homme et
des animaux (Paris. Steinhell, 232 p., 34 pi.).
Loppens (K.). Catalogue des Bryozoaires d'eau douce avec une note
sur Victorella pavida (A an. Soc. malac. Belgique, XLIV, p. 97-119).
Loppens (K.). Fauna aquatica Europœ. Les Bryozoaires d'eau douce
(Ann. biol.lac, IV, 23 p.).
Loppens (K.). Note sur la transpiration chez le Chien {Ann. Soc,
malac. Belgique, XLIV, p. 26-28).
162 SÉANCE DU 25 OCTOBRE 1910
LE HUITIÈME CONGRÈS INTERNATIONAL DE ZOOLOGIE
PAR
M. CAULLERY
M. le secrétaire général vous parlant des congrès auxquels
la Société a été appelée à participer, comme elle m'a fait
l'honneur de me comprendre dans sa délégation à celui de
Graz (8e Congrès international de zoologie) et que je suis ce
soir le seul des membres présents qui y ait assisté, je vous
demande la permission de vous en dire quelques mots.
Nous avons reçu à Graz un accueil empressé et cordial.
559 personnes ont figuré sur les listes d'inscription, et si l'on
peut avoir quelque regret, c'est que le nombre des Français n'ait
pas représenté une plus forte proportion du total. Avec notre
nombre, c'est aussi la part de la langue française qui diminue.
L'allemand surtout et même l'anglais y ont' une place plus
considérable.
Le programme comportait, du 15 au 19 août, des séances
générales le matin, des séances de sections i'après-midi. 11 sec-
tions avaient été établies : I Cytologie et Protozoologie,
II Anatomie et Physiologie des Invertébrés, III Anatomie et
Physiologie des Vertébrés, IV Embryogénie, V Zoologie expé-
rimentale, VI Géographie zoologique et Paléontologie, VII Fau-
nistique et Œcologie, VIII Symbiose, Parasitisme et Parasites,
IX Systématique générale et nomenclature, X Physiologie
générale et Histologie, XI Psychologie zoologique.
La pensée des organisateurs avait été évidemment de per-
mettre à un grand nombre de congressistes de présenter des
communications en peu de jours. Personnellement, je crois
que cela ne compense pas l'inconvénient d'éparpiller trop les au-
diteurs, et cela conduit à l'impossibilité pour les congressistes
d'assister à des sections qui sont également intéressantes et
qui siègent simultanément. Il y a là un écueil, et le remède
est, d'une part, dans une question de mesure dans l'établisse-
ment des sections, d'autre part, dans une discipline plus stricte
pour ne pas laisser se prolonger chaque communication au
delà du temps réglementaire. Une communication à un Con-
grès ne doit pas être une longue conférence.
SÉANCE DU 25 OCTOBRE 1010 1G3
Je ne puis entrer ici, naturellement, dans le détail, ni même
dans l'énumération des sujets traités, soit aux sections, soit aux
séances générales. Je fais seulement la remarque générale que
les moyens auxiliaires de la démonstration, tels que les projec-
tions lumineuses, ont été très employés ; les organisateurs avaieut
pu mettre à la disposition des congressistes, dans les diverses
salles, un abondant matériel.
Les congrès ne sont pas tout entiers dans les séances ; leur
charme et peut-être aussi leur utilité est davantage dans Ja
réunion momentanée de gens qui ont beaucoup à se dire et en
ont peu l'occasion. Celui de Graz, à cet égard, a été agréable;
le temps l'ayant favorisé, et Ja ville n'étant pas trop grande,
les rencontres étaient faciles et fréquentes. L'excursion finale
en Dalmatie à bord du vapeur Africa, était en outre une cir-
constance exceptionnellement favorable, mais je n'ai pu y
prendre part.
Les membres du congrès étaient conviés à visiter, avant son
ouverture, deux laboratoires qui ofirent l'un et l'autre un grand
intérêt. L'un, la Station biologique de Lunz, installée dans une
aile du château de Seehof, dans la vallée de TYbbs, en Basse-
Autriche, par son propriétaire, M. Kupelwieser, est conçu pour
des recherches de biologie générale et expérimentale, sur la faune
et la flore des eaux douces. Trois lacs, aux altitudes respectives
de 500, 700 et 1 100 mètres, offrent des conditions de milieu très
variées; les biologistes trouventà Seehof une hospitalité empres-
sée et des ressources techniques considérables, en particulier
des installations très bien comprises, pour l'observation pro-
longée de petits animaux, dans différentes conditions de tem-
pérature.
L'autre laboratoire mérite toute l'admiration des biolo-
gistes. C'est la Biologische Versuchsanstalt, conçue et réalisée à
Vienne, dans l'ancien Vivarium, au Prater, par M. Hans Przi-
rram, avec quelques collaborateurs zoologistes et botanistes.
Je ne parlerai ici que du côté zoologique. Si je n'ai guère eu
de surprise, après les descriptions et les travaux que j'en avais
lus, je n'ai pas éprouvé moins d'enthousiasme à la vue des expé-
riences en cours. Des élevages d'animaux les plus variés (petits
Vertébrés, Insectes, Mollusques, Invertébrés divers, terrestres,
d'eau douce ou marins), sont poursuivis pendant une série de gé-
nérations, dans des conditions de milieu (température, lumière,
humidité) déterminées. Lors de notre passage, on achevait l'ins-
tallation de grandes enceintes à température constante à une
164 SÉANCE DU 25 OCTOBRE 1910
fraction de degré près et réglées de 5° en 5° entre 0° et 40° C.
Comment dépareilles installations permettent, entre les mains
de biologistes ayant le sens de l'expérience, d'aborder et de
résoudre les questions de biologie du plus haut intérêt, c'est ce
que prouve la liste des travaux publiés par MM. Przibram,
Kammerer, Megusar, etc. Des Rats blancs vivant depuis plu-
sieurs générations à la température de 35° sont fortement mo-
difiés (raréfaction du poil, hypertrophie des testicules), des Lé-
zards verts subissent un mélanisme accentué, des Lacerta vi-
vipara deviennent ovipares; des conditions de milieu appro-
priées inversent la reproduction de Salamandra muculosa
et S. atra. Dans une ancienne salle-citerne en sous-sol, com-
plètement obscure, sont acclimatés divers animaux cavernicoles,
et le Protée des grottes de la Carniole s'y reproduit.
C'est là le véritable champ d'études des problèmes
de l'évolution, de l'hérédité de la variation, des actions du
milieu, et vous me permettrez de regretter vivement que la
chaire d'Evolution, à la Sorbonne, n'ait pas à sa disposition un
laboratoire de ce genre. Si cette lacune existe, croyez que ce
n'est pas ma faute et que je serais particulièrement reconnais-
sant \ la Société de l'aide qu'elle pourrait maccorder pour la
combler, comme je m'y essaye avec ardeur.
Ouvrages offerts.
Man (Dr. J. G. de). Ûber eine neue Art der Gattung Arele Stimps.
(Arch. Nalurg. 1910, p. 25-27,.
Northumberland sea fi^heries Gommittee. Report on the scientific
investigations for the year 1909, and to june 15th, 1910. Edited by pro-
fessor Alexander Meek (Newcastle upon Tyne, 1910, 47 p.).
Olivier (Ernest). Larnpyrides de Misiones nommés et décrits {Revisl.
Mus. La Plala (2), IV. p. 8G-92).
Revue française d'ornithologie, n° 7, 7 nov. 1909.
Rivera (Manuel J.). Informe sobre los laboratorios de entomologia
agricola de Estados Uuidos i de Francia (Santiago de Ghile, Cervantes,
1910,37 p.;.
Rivera (Manuel J.). La introduccion de Insectos nocivos en Ghile
(Goncepcion, Soulodre, 1910, 16 p.).
SÉANCE DU 25 OCTOBRE 1010 105
LE CONGRÈS ORNITHOLOGIQUE DE BERLIN
Le 30 mai s'est ouvert à Berlin le 5e Congrès ornithologique
international. Ce Congrès a eu une importance toute spéciale
au point de vue de la protection des Oiseaux. Il y a été, en
effet, constitué un Comité international permanent pour la pro-
tection des Oiseaux, comprenant la plupart des représentants
des gouvernements étrangers assistant au Congrès et un cer-
tain nombre d'ornithologistes qu'intéresse cette question de
protection. La France sera représentée à ce Comité par M. Me-
negaux, assistant au Muséum, et par M. Louis Ternier, déjà
membre du Comité ornithologique international permanent.
A la suite de la constitution de ce Comité, le Congrès a pris
les résolutions suivantes que nous transcrivons textuellement :
I. — « Le ôc Congrès ornithologique international proclame,
comme représentant la science ornithologique universelle, la
nécessité absolue de protéger tous les Oiseaux et spécialement
les espèces poursuivies pour leurs plumes destinées à la mode.
Les différents Etats établiront une réglementation spéciale
selon leurs nécessités respectives.
Le Comité permanent international pour la protection des
Oiseaux est prié de faire les démarches nécessaires pour abou-
tir à une convention internationale déterminant les moyens de
protection pour tous les Oiseaux, et en premier lieu pour ceux
qui sont poursuivis pour leurs plumes ou sont en butte à une
destruction irraisonnée.
II. — Mesures proposées pour protéger les Oiseaux :
1° Lois de chasse rationnelles, spécialement pour la chasse
sur mer, ainsi que des lois particulières pour protéger les
Oiseaux ;
2° Défense d'exporter et d'importer les plumes d'Oiseaux
sauvages au service de la mode ;
3° Défense de trafiquer desdites plumes excepté dans un but
scientifique ;
4° Propagation de la science ornithologique dans tous les
milieux :
166 SÉANCE DU 25 OCTOBRE 1910
5° Propagande instructive pour les personnes officielles et
privées occupées de la protection des Oiseaux ;
6° Instruction de la jeunesse. »
*
La France n'était représentée au Congrès de Berlin que par
deux de ses nationaux.
Le Congrès de zoologie de Graz avait certainement retenu
bon nombre d'ornithologistes qui n'ont pas voulu faire deux
déplacements différents au cours d'une même année. Ne serait-
il pas possible d'unifier autant que possible la date des Congrès
scientifiques, ou du moins de faire concorder leurs dates, de
façon à ne pas obliger ceux qui désirent assister à plusieurs
Congrès différents dans des pays limitrophes à effectuer plusieurs
déplacements fatiguants et onéreux?
L. T.
Ouvrages offerts.
Sauvage (H. E.). La partie antérieure du pneumo-gastrique et du
grand sympathique chez le Poisson Lune (Mem. Soc. A utun, XXIII,
4 p.).
Sauvage (H. E,). Les organes génitaux urinaires chez le Pleurodèle
de Walt [Mém. Soc. Autun, XXIII, 4 p.).
Sauvage (H. E.). Les Tortues du terrain jurassique du Boulonnais
{Bull. Soc. Ac. Boulogne, IX, 5 p.).
Versluys (Dr. J.). Waren die Sauropoden Dinosaurier Pflanzen-
fresser ? {Zool. Jahrb. Syst , XXIX, p. 425-450, pi. xvn).
SÉANCE DU 25 OCTOBRE 1910
167
SUR LA FAUNE ICHTHYOLOGIQUE DU MAERL
PAR
Edouard DANOIS
La faune ichthyologique du maërl comprend, au milieu
d'autres Poissons qu'on rencontre sur d'autres fonds (Soie»,
Callionymes, Entelures, etc.), trois espèces qui lui [sont
propres :
Lepadogaster bimaculatus Penuant ;
Gobius Jeffreysi Gùnther;
Gobius (Lebetm) scorpioïdes Collett.
La première espèce a été remarquablement étudiée par mon
maître et ami, le professeur Guitel.
Les deux Gobms appartiennent spécialement aux fonds de
Fig. 1. — Gobius Jeffreysi, Gùnther. x 3.
lÀtholhamnia. Ils n'ont pas été encore signalés dans la faune
française. Ce sont des animaux rarissimes en Norvège et dont
on connait quelques stations en Angleterre.
Les échantillons que je vais décrire ont été recueillis à la
drague sur les bancs de maërl qui occupent une partie des
estuaires de la rivière de Morlaix et de la Penzé, à une pro-
fondeur de cinq à huit mètres. Le type de Gobius scorpioïdes
peut être considéré comme une variété locale.
Gobius Jeffreysi. '
D = VI — 9 ou 10; A= 9 ou 10; V = o; P = 14 ; G = 15.
Rangée d'écaillés en série longitudinale == 25, ^
168
SÉANCE DU 25 OCTOBRE 10 10
Le Gobius Jeffreysi a le corps allongé, la tète déprimée et
le museau poiutu. Le front est dépourvu d'écaillés. Les yeux
sont grands, presque confluents, l'espace interorbitaire étant
pour ainsi dire nul. L'anus est en avant du milieu du corps. Les
ventrales présentent une membrane antérieure.
La longueur totale est de 35 millimètres.
La coloration générale est grise, avec du pigment noir et
Fig.2. — Gobius Jeffreysi, face inférieure. X 2.
orangé : le pigment est principalement ré-
parti dorsalement, il suit le bord des écailles.
La ligne latérale présente cinq larges taches
noires, pigmentaires, très nettes : la plus
grande est la plus rapprochée de la pecto-
rale.
Les dorsales sont grises avec des bandes
de pigment noir transversales. Le deuxième
rayon de la première dorsale est le plus
long. Ces nageoires sont fort délicates et le plus souvent en
mauvais état.
Le Gobius Jeffreysi a été trouvé sur les côtes de Norvège et
des Iles Britanniques, mais on en connaît peu d'échantillons.
Gobius (Lebetus) scorpioïdes Collett.
D = VI — 0 ; A=7; P=18 ou 20; V = o; C = *+12-r- x.
Rangée d'écaillés en série longitudinale =28.
Fig. 3. — Tète de Go-
bius Jeffreysi, face
dorsale. X 8.j
Fig. 4. — Gobius (Lebetus) scorpioïdes X 4. j ;-j
Le Gobius scorpioïdes a le corps ramassé, la tète aplatie, le
SÉANCE DU 25 OCTOBRE 1910
169
museau obtus. Le front et les joues sont dépourvues d'écaillés J
les yeux sont grands et séparés par un étroit espace interor-
bitaire. L'anus est en arrière du milieu du corps. Les ven-
trales ne présentent pas de membrane antérieure : ce caractère
décida Winther à créer pour le G. scorpioïdes et le G. orca le
sous-genre Lebclus.
La longueur totale est de 22 millimètres.
Suivant les échantillons examinés, la coloration est très
variable. La livrée décrite par Holt d'après les échantillons
anglais est totalement différente de celle des échantillons
armoricains.
Un anneau clair, blanchâtre, en avant de la nageoire cau-
Fig. 5. — Gobius (Lebetus) scorpioides face ventrale x 4.
dale, se retrouve cependant chez tous les individus. D'une
façon générale, la tète est rose violacée avec une gorge d'un
beau rouge sang. Le corps présente une teinte claire, tantôt
rosée, tantôt jaunâtre avec des anneaux transversaux, irrégu-
liers, de largeur variable. Ces anneaux ont une couleur
bistre ou brun rouge; ils sont placés à la hauteur des nageoires
dorsales ; le plus souvent, deux anneaux étroits en face de la
dorsale épineuse et un anneau plus large et plus coloré en face
de la dorsale molle. Un dernier anneau étroit, sombre, se
trouve à la base de la caudale.
La première nageoire dorsale est la plus haute ; elle est en
général bleu pâle ou blanche avec trois bandes orangées,
transversales, un peu obliques. Holt signale chez le mâle la
présence d'une tache bleue sur les derniers rayons de la pre-
mière dorsale ; nous avons rencontré une tache analogue,
noirâtre, sur deux échantillons.
170
SÉANCE DU 25 OCTOBRE 1910
j La deuxième dorsale est d'une coloration bleutée avec le
plus souvent cinq bandes transversales et obliques, orangées.
Dans nombre d'individus cette nageoire présente à l'extrémité
de ses deux premiers rayons une tache d'un bleu indigo.
D'autres échantillons ont en plus de cette tache la crête de la
seconde dorsale bordée de bleu noir. Les ventrales et l'anale
sont pigmentées de noir. Les pectorales et la caudale portent
des bandes orangées. Les couleurs sont plus vives en été, au
moment de la reproduction. Certains individus sont presque
entièrement blancs, ayant perdu toute la riche coloration du
type que nous venons de décrire.
Il existe une différence dans le nombre des rayons de na-
geoires entre les échantillons décrits comme types de l'epèce
et ceux du Finistère : les premiers ont 8 rayons à l'anale, les
derniers n'en ont que 7.
La présence constaute de l'anneau blanc précaudal nous a
empêché de créer une variété, basée sur la coloration et la
formule de l'anale.
Le Gobius scorpioïdes est rare en Norvège. Fries, Ekstrom,
Sundevall n'en accusent que trois échantillons provenant du
Cattegat et du Stavanger Fjord. Holt en signale une station à
Ballynakill Harbour, sur fond de Lihothamnia.
Mesures de 3 échantillons du Gobius Jeffreysi. Gùnth.
(en millimètres).
Longueur totale 35
— sans la caudale 30
— de la tête 10
— du museau 2
Diamètre de l'œil • . . . . 2,5
Espace interorbitaire 0,1
Largeur du corps • 5
— du pédoncule caudal . . 2,5
2G
23
6
2
2
0,1
4,5
2
25
20
6
2
0,1
k
1,7
SÉANCE DU 25 OCTOBRE 1910
171
Mesures de 15 échantillons de Gobius scorpioïdes
(en millimètres)
Longueur totale
— snns la caudale
— de la tête. . .
— du museau. .
Diamètre de l'œil
Espace interorbitaire..
Largeur du corps
Largeur du pédoncule
caudal
1
21
17
5
1,5
1,5
0,5
22
17,5
5,5
1,5
1.5
0,5
3.5
3
22
17,5
5,5
1,5
1.5
0,5
3,5
20
16
5
1,5
l.o
0.5
3
20
15
5
1,5
1,5
0.5
3
21
17
5
1,5
1.5
0.5
3
19
15
4,5
1 5
1.5
0.5
3
21,5
17
5
1.5
1,5
0,5
3
9
10
20,5
22
15.5
17,5
5
5,5
1,5
1,5
1,5
1,5
0,5
0,5
3
3,5
9
a
11
21
17
5
1,5
1,5
0,5
3
12
20
15,5
5
î,5
1,5
0,5
3
13
20
15.5
5
1,5
1.5
0,5
3
14
14
11
3
1
1
0,2
o
1
(1) Les deux derniers échantillons ne sont pas adultes).
OUVRAGES CONSULTES
IIolt et Byrne. — Bristisb aud Irish Gobies. [Rep. Sea lui. Fish.
Ireland 1901 (Part II. App. III).
Fries, Ekstrôm, Sundevall. — Scandinavian Fisb.es (I., pp. 260-61).
Guitel. — Descriptions comparatives des L,epadogaster bimaculatus
Pennant et microcephalus Brook. (Arch. Zool. exp. (4), II, 1904, p. 357
495).
15
iii
13
10
3
1
1
0,2
2
1
Ouvrages offerts
Caullery (Maurice). Titres et travaux scientifiques 1891-1908. (Laval,
Barnéoud, 1908, 117 p.)
Fauré-Fremiet (E.). Étude sur les initockondries des Protozoaires
et des cellules sexuelles. (Arch. Anal. micr. XI, p. 457-648, pi. xix-
XXII.)
Fauré-Fremiet. Le Myclerolhrix tuamotaensis (Trichorhynchus tua-
moluensis) Balbiani. [Arch. Protislenk. XX, p. 223-238, pi- xiv.)
Fauré-Fremiet (E.), André Mater et Georges Schaeffer. Sur la
microcbiraie des corps gras. [Anat. Anz. XXXVI, p. 596-598. ■
Séance dit S novembre 1910.
PRÉSIDENCE DE M. COUTIÈRE, PRÉSIDENT.
« Die Natnrforschende Gesellschaft zu Rostock » demande
l'échange des publications de la Société avec les Silziingsberichte
und Abhandlungen der Naturforschenden Gesellschaft zu Ros-
tock. N. F. Renvoyé au Conseil.
M. le professeur N. de Zograf annonce que M. R. Blanchard
est nommé grand-officier de Tordre de Saint-Stanislas, M. Cou-
tière, commandeur de Saint-Stanislas, et M. Rorert, chevalier
de Sainte-Anne de Russie.
M. P. Paris signale les deux faits suivants : « 1° La capture
à Nogent-les-Montbard (Côte-d'Or), le 23 novembre 1907,
d'une Genette {Genetta vulgaris Cuv.). C'est la première fois,
à ma connaissance, que cet animal a été capturé dans le dé-
partement de la Côte-d'Or. 2° Depuis quelque temps, les
chasseurs d'Oiseaux de proie de ce département emploient au
lieu et place du Grand Duc, et avec un succès au moins égal,
un Chat domestique empaillé. »
M. Petit signale le travail remarquable de deux Chimpanzés
dressés, dans un théâtre parisien.
M. Benoit-Bazili.e décrit les procédés de dressage des
animaux sauvages. C'est uniquement par la terreur que l'on
dompte les bètes et c'est seulement à coups de fouet qu'on
peut les faire obéir, même les plus intelligentes. L'emploi de
la douceur ne donne aucun résultat. La question de personne
n'est pour rien, et un dompteur peut faire immédiatement répé-
ter à un animal dressé par un autre tous ses exercices, à la
condition de faire les mêmes gestes.
SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1910
173
LES GLANDES LABIALES DES HYDROCORISES
PAR
E. FAURÉ-FREMIET
On nomme souvent « glandes salivaires », chez les Insectes,
les glandes du sixième somite. Cependant, le rôle de ces
glandes, même lorsqu'il n'est pas
adapté à une fonction très spéciale
et bien déterminée comme la sécrétion
de la soie, est fort peu connu, et sou-
vent très discutable. Tel est le cas en
particulier des glandes du sixième
somite des Hydrocorises, ou glandes
labiales ; secrètent-elles un produit
venimeux ou un liquide digestif ? Quel
est dans l'un ou l'autre de ces cas
le rôle d'une autre paire de glandes,
celles dites maxillaires ? Ces questions
de physiologie entomologique sont
encore sans réponse. Avant de les
aborder, il est d'ailleurs nécessaire de
préciser nos connaissances sur l'ana-
tomie et l'histologie de ces organes.
C'est ce que j'ai tenté de faire, après
Bugnon, dans un mémoire actuellement
sous presse, et dont je résumerai
seulement les conclusions.
Les glandes
Fig. 1. — Glande labiale de
Naucoris cimicoïdes $ ,
montrant la glande princi-
pale hilobée, la glande ac-
cessoire repliée, le canal
excréteur, et le système
trachéen.
Structure générale. -
labiaires des Hydrocorises consti-
tuent un organe pair, dont chacun est
formé par une glande dite principale, bilobée, généralement
située dans le thorax, munie d'un canal excréteur qui prend
naissance au point d'union des deux lobes et se rend à la
« pompe salivaire », petit organe aspirateur très bien décrit
par Bugnon. Le canal excréteur reçoit tout près de son
extrémité glandulaire un canal qui met en communication la
174 SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1910
glande principale avec la « glande accessoire » de Bugnon,
ou mieux, le « réservoir » de Dufour.
Glande principale. — La structure de la glande principale
est relativement simple : ses deux lobes sont constitués par de
grosses cellules vacuolaires avec un ou plusieurs noyaux du
type granuleux homogène, disposées radiairement autour d'un
canal central tapissé de petites cellules fusiformes. Les grandes
cellules vacuolaires, seules sécrétrices, sont entourées par un
réseau de fibrilles musculaires qui détermine l'expulsion du
produit d'élaboration dans le canal glandulaire.
Mais, si ce tableau général est vrai pour toutes les espèces
d'Hydrocorises, la disposition varie légèrement suivant ces
mêmes espèces.
Chez Notonecta il existe un lobe antérieur et un lobe posté-
rieur intimement unis l'un à l'autre.
Chez Naucoris il en est de même, mais le lobe postérieur se
termine lui-même par un lobule.
Chez Nepa et Belostoma les deux lobes sont séparés par un
canal assez long et le lobe postérieur présente à sa partie anté-
rieure deux renllements en forme de vésicules.
Or, l'examen histologique montre que la glande principale
est le siège de trois sécrétions, à savoir : A) une substance
grasse ; B) un produit précipitable par l'alcool et colorable par
la fuchsine et l'orange G ; C) un produit précipitable par
l'alcool et colorable par le bleu d'aniline.
Ces trois produits sont expulsés dans le canal de la glande,
et le jeu de la pompe salivaire les aspire et les expulse dans
les pièces buccales, en même temps que le liquide produit par
la glande accessoire. On trouve ces trois produits dans les
glandes labiales de toutes les Hydrocorises, et ils caractérisent
donc bien le liquide sécrété par ces glandes ; mais il est inté-
ressant de constater qu'ils ne sont pas toujours produits par
les parties homologues de ces mêmes glandes, c'est-à-dire,
que les homologies morphologiques, si faciles à établir lors-
qu'on compare ces organes chez les diverses espèces, ne se
superposent pas aux homologies fonctionnelles. En effet :
A) La substance grasse est produite chez Notonecta, par le
lobe antérieur ; chez Naucoris, par la région terminale du lobe
postérieur ; chez Nepa, par les renllements vésiculaires du
canal du lobe postérieur. Cette substance est, d'ailleurs,
SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1910
175
variable suivant les espèces. Il semble que ce soit une graisse
neutre chez Nepa et une lécithine (?) chez Notonecta.
B) La substance précipitable par l'alcool et Colombie par la
Fig. 2.
Fio. 3.
Fig. 4.
Glande labiale des Hydrocorises. — Fig. 2. chez Naucoi'is cimicoïdes $. — Fig. 3.
chez Nepa cinerea. — Fig. 4. chez Notonecta glauca. — Le produit lipoïde est
coloré en noir.
fuchsine et l'orange est produite chez les trois espèces sus-
citées par le lobe postérieur.
C) La substance précipitable par l'alcool et Colombie par le
bleu d'aniline est produite chez Notonecta par le lobe posté-
rieur, chez Naucoris et chez Nepa par le lobe antérieur.
Bull, de la Soc. Zool. de Fr., 1910. xxxv — 14
176 SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1910
Glande accessoire. — La glande accessoire est constituée
par une sorte de sac dont la paroi est formée par un épithé-
lium plat, garni du côté interne par une bordure en brosse,
et du côté externe par une fine membrane basale que traver-
sent de nombreuses ramifications trachéennes dont les termi-
naisons sont intracellulaires. Les cellules de cet épithélium
présentent des chondriochontes basaux ou des boules et
vacuoles lipoïdes, c'eft-à-dire qu'elles se rapprochent par leur
structure d'éléments excréteurs (canalicules du rein, tubes de
Malpighi). Les documents font défaut quant à la nature chi-
mique du liquide sécrété ou excrété par cet organe.
Il résulte de ces quelques faits, que si le rôle du liquide
produit par les glandes labiales des Hydrocorises est inconnu,
sa composition est singulièrement complexe.
Je n'insisterai pas sur la structure et le fonctionnement de
la pompe salivaire, si bien décrite par Bugnon, et je rappelle-
rai seulement qu'elle est constituée par des replis chitineux
extrêmement compliqués de la base du labium.
Conclusions. — La glande labiale des Hydrocorises est en
réalité composée de trois glandes distinctes :
A) Deux glandes rhagiocriues (Renaut) dont l'une sécrète
une albumine, et l'autre, peut-être, une globuline.
B) Une glande lipocrine.
A ces trois glandes s'ajoute un organe qui semble être
un organe excréteur élaborant un liquide de nature indéter-
minée.
Ouvrages offerts.
Billiard (G.). — Complément à la note sur une Bactérie productrice
de couleur verte. (Bull. Soc. Bot. France, L VI, p. 556-563).
Marquordt (Hans). — Untersuchungen ûber Allersverànderungen
an der Drùsenschleiinhaut des Pferdemagens (Bockenein, 1909, 33 p.,
8 pi.)
Pellegrin (Dr Jacques). — Notice sur les titres et travaux scienti-
fiques du Dr J. Pellegrin. (Paris, Masson, 1910, 104 p.)
SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1910 177
NOTE
SUR LE COSMOPOLITISME DES ANIMAUX D'EAU DOUCE
PAR
Le D' N. de ZOGRAF
C'est surtout parmi les animaux ii ertébrés les \
douces qu'on trouve des animaux cosmopolites. Le> <
cères, les Copépodes, les Rotateurs, les Protozoaires des
eaux douces, sont pour la plupart les mêmes en Eurasie et en
Amérique, en Afrique et en Australie.
Le fameux Kotateur Trochosphœra œquatorialis, trouvé par
Semper clans les eaux douces des îles Philippines et estimé
comme une forme spéciale a été constaté ensuite en Chine,
en Australie, même en Amérique.
Les animaux des eaux douces ne sont pas les seuls animaux
cosmopolites. On en trouve assez parmi les animaux terres-
tres. L'Homme et son fidèle Chien présentent un exemple
d'animaux cosmopolites au plus haut degré. Mais ce n'est pas
des animaux qui se répandent sur la surface du globe terrestre
activement ou volontairement que je veux parler dans cette
petite note ; elle est destinée aux animaux se répandant pas-
sivement à l'aide des forces majeures.
La Russie possède une quantité de formes qu'on doit consi-
dérer comme cosmopolites et il me semble que le cosmopoli-
tisme de certaines de ces formes habitant la Russie peut être
expliqué par plusieurs causes ; c'est ce que je viens essayer,
en espérant que cet essai donnera l'exemple à d'autres zoo-
logistes s'intéressant à la question du cosmopolitisme des
animaux.
Les causes du cosmopolitisme des animaux d'eau douce sont
bien différentes. Ce sont les phénomènes géologiques, les
phénomènes météorologiques, les phénomènes biologiques,
ainsi que quelques phénomènes accidentels, imprévus.
Je commence par les phénomènes géologiques.
On sait bien que pendant l'âge glaciaire la plus grande
partie de l'Europe septentrionale était couverte de glace. Le
178 SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1910
glacier immense de l'Europe septentrionale couvrait, selon
Geikie (1), pendant son extension maxima, l'Irlande et presque
toute l'Ile de la Grande-Bretagne, en laissant ouverte sa partie
méridionale avec la Tamise et la presqu'île de Cornouailles,
la mer du Nord (allemande), la Hollande, l'Allemagne septen-
trionale jusqu'à Cologne, aux montagnes de Thuringe, de Saxe
et de Bohème, la Pologne russe presque jusqu'aux monts Car-
pathes, la presqu'île Scandinave, la Russie septentrionale et cen-
trale jusqu'à Kiev (sur la carte : 3), Toula (4), Voronej (Voronest)
(5). Les études des géologues russes nous apprennent que ce gla-
cier s'étendait au delà du Volga, en couvrant Saratov (6') jus-
qu'aux steppes des Kirghises (7). Là, les limites du grand
glacier montent au nord ; leur extension n'est pas encore
définie dans le détail, mais on pense que Geikie avait tort en
indiquant que la partie orientale était libre de glaces. Peut-
être que le glacier descendait jusqu'aux monts Oural [S).
En outre, les glaciers de la Suisse descendaient au delà de
Munich en le couvrant de glaces, s'étendaient à l'ouest jusqu'à
Lyon, à l'est jusqu'aux environs de Vienne, au sud jusqu'aux
alentours de Nice, aux lacs de l'Italie septentrionale, à Vérone.
Les Pyrénées, les hautes montagnes d'Espagne, quelques
sommets des Carpathes, des Appennins, étaient couverts de
glace. Le mont Caucase était tout à fait enseveli sous les glaces.
Il restait, pendant ce maximum du grand glacier en Russie
d'Europe, peu de localités libres de glaces. C'était seulement
la partie méridionale du pays, couverte à présent principale-
ment par des steppes.
Nos géologues supposent que cet âge glaciaire a été inter-
rompu par une ou deux périodes d'un refroidissement moindre,
après lesquelles les glaciers se sont avancés de nouveau vers
le sud, mais ont changé leurs frontières en ayant une exten-
sion moindre que pendant la période maxima du glacier.
C'est en me basant sur cette théorie que j'ai proposé en
1895 mon hypothèse sur l'origine des lacs de la Russie d'Eu-
rope (2), acceptée par quelques hydrogéographes suisses et
allemands, par exemple le professeur Zschokke à Bâle et le
docteur Steuer à Vienne.
C'est cette même hypothèse qui me permet d'expliquer l'iden-
tité des potamofaunes des grands fleuves de la Russie d'Europe,
(1) James Geikie. — The great ice âge (Londres, 1894).
(2) Comptes-rendus du troisième Congrès international de zoologie à Leyde en
1896 (Leyde, 1896).
Russie d'Europe
LÉGENDE
1.
Saint-Pétersbourg.
13.
Dvina septentrionale.
25.
Serpoukhov.
2.
Moscou.
11.
Msta.
26.
Karkov.
3.
Kiev.
15.
llmène.
27.
Ya-Mal.
A.
Toula.
16.
Volkhov.
28.
Mougodjar.
5.
Voronej.
17.
Neva
29.
Nouvelle Zemble.
6.
Saratov.
18.
Ladoga.
30.
Litlmanie.
7.
Steppes des Kirghises.
19.
Dniéstre.
31.
Vistule.
8.
Monts Oural.
20.
Soukhona.
32.
Niémen.
9.
Volga.
21.
Provalnoïé.
33.
Kazan.
10.
Don.
22.
Houza.
34.
Ou fa.
11.
Dniépre .
23.
Borjom.
35.
Gloubokoïé ozero.
12.
Dvina occidentale.
24.
Oka.
36.
Onega.
180 SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1910
Volga (9), Don (10), Dniépre (//), Dvina occidentale (13),
Dvina septentrionale (13), Msta(//) avec le lac Ilmène (15) et
le Volkhov (16), quoique ces fleuves se jettent dans les mers
Caspienne (Volga — 9), Noire (Dniépre — //), d'Azov (Don —
10), Baltique (Dvina occidentale — 13), baie finnoise (Neva) —
11 ', avec le lac Ladoga (18) dans lequel se jelte le Volkhov),
Blanche (Dvina septentrionale — 13). Le Dniéstre (19) si proche
du Dniépre, mais prenant commencement dans une localité
différente, dans les monts Carpathes, a aussi une faune tout à
fait différente.
Les glaciers ont laissé dans la Russie du nord-ouest, ainsi
qu'en Finlande, une quantité de lacs, de marais, couvrant une
surface énorme. On ne connaît pas encore d'une manière
détaillée ni la faune, ni l'hydrologie, ni les conditions météo-
rologiques et géologiques, ni le nombre absolu de ces bas-
sins, mais nous les comptons par milliers et supposons que
leur quantité doit dépasser dix mille ! Le sol est ici, pour ainsi
dire, imbibé d'eau.
Ce sont ces masses d'eau qui donnent naissance à nos fleuves
les plus grands. Si vous étudiez la carte hydrologique de la
Russie d'Europe même superficiellement, vous voyez que la
Dvina occidentale (13) se jetant dans la Baltique, le Msta (14)
avec rilmène (15) et le Volkhov, se jetant dans le Ladoga
(18), débris d'une mer qui réunissait la Baltique à la mer
Blanche; la Dvina septentrionale (13), dont la partie supérieure
se nomme Soukhona (W) et prend sa source dans le lac Kou-
benscoïé, se jetant dans la mer Blanche, le Volga (9) se jetant
dans la mer Caspienne, le Dniépre (//), se jetant dans la mer
Noire, prennent leur source dans une contrée commune
couverte de lacs, de marais et de forêts. Les sources du Don
(10) ne sont pas aussi par trop éloignées de ce pays.
Les bouches de la Dvina septentrionale (13) et du Dniépre
(//) sont séparées par une distance énorme de 18 degrés de
latitude; les flores et faunes terrestres de leurs bords sont tota-
lement différentes, et, pourtant, on ne trouve pas de grandes
différences dans leur faune potamologique.
Mon assistant et élève M. Voronkow a montré que le plank-
ton des fleuves dépend en grande partie du plankton de leur
source. Comme les sources des grands fleuves russes ont une
origine commune, c'est une des raisons de l'égalité de leur
potamofaune. Les caractères du cours de ces fleuves, qui par-
0"
SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1910 181
courent un pays plat, sont aussi presque identiques, ce qui
collabore aussi â l'uniformité de leur faune.
Les conditions géologiques peuvent encore aider le cosmopo-
litisme des eaux douces d'une manière différente, et je vais
essayer de le montrer par un exemple assez curieux.
En 1909, un de mes jeunes élèves, M. Stchégolev (Stshe-
olew), en étudiant les collections apportées par l'étudiant de
l'Université de Moscou Troïtzky, de Provaînoïé (2/), où se
trouvent les immenses haras des troupes cosaques, a trouvé IA-
bas des Hirudinées très intéressantes, les Trocheta subviridis de
Moquin-Tandon. Provaînoïé présente un intérêt particulier,
parce qu'il est placé dans les steppes vierges, qui n'ont subi
aucune influence de la culture, aucun changement, et les Che-
vaux paissent dans ces steppes, également comme l'ont fait les
Chevaux des hordes des Ta tares Nogaïs avant la conquête du
pays par la Russie. Ces steppes couvrent un espace de près de
30.000 hectares, et on ne trouve presque pas d'autre si grande
steppe vierge dans la Russie méridionale, où les steppes sont
à présent remplacées par des champs de blé.
M. Stchegolkv a entrepris, sur ma proposition, une révision
de la distribution zoogéographique de Trocheta subviridis.
Cette dernière a été signalée à Londres, en France, en Ligurie.
M. Apatry l'a trouvée en Hongrie, mais cette trouvaille lui a
paru si paradoxale, qu'il n'a pas voulu la regarder comme
Trocheta, qu'il a même commencé de mettre en doute l'indé-
pendance du genre Trocheta, en l'unissant au genre Nephelis.
Enfin, on la trouve à Provaînoïé.
Mais si on consulte la carte de l'âge glaciaire de M. Geikie,
on voit que Londres et ses alentours, l'occident de la France
où est signalée la Trocheta, la Ligurie, la Hongrie et Provaînoïé
sont situés dans des localités libres de glaces pendant l'âge
glaciaire. Il n'y a rien d'impossible à ce que ce cosmopolitisme
s'explique par la distribution des glaciers pendant l'âge de la
glace. On peut supposer, ou que les Trocheta habitaient avant
l'Age de la grande glace les contrées qui ont été ensuite cou-
vertes de glace, ou qu'elles se répandaient pendant l'âge gla-
ciaire dans les localités libres de glace.
Parmi les causes météorologiques, ce sont le vent, les pluies
et les inondations qui aident le plus au cosmopolitisme des
animaux d'eau douce.
Le vent transporte beaucoup d'animaux d'eau douce, surtout
parmi ceux qui habitent les petits bassins se desséchant pendant
182 SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1910
les chaleurs de l'été. Le défunt professeur MARiON,de Marseille,
m'a dit que pendant le sirocco soufflant de l'Afrique ou peut
rassembler à Marseille la poussière provenant de l'Afrique et
cultiver, en mettant cette poussière dans l'eau douce, les
Rotateurs et les Protozoaires africains. Il n'y a rien d'impos-
sible à ce qu'on puisse de même attraper en Afrique la pous-
sière européenne. J'ai trouvé dans la Bévue scientifique de
1900 ou de 1901 une indication sur le transport de la poussière
du Sahara dans l'Europe du nord-ouest.
Sur la rive occidentale de l'Afrique du nord soufflait un
ouragan effrayant. Il apportait du Sahara une quantité de
poussière si énorme que, dans le journal du bord d'un navire
passant parallèlement à la côte occidentale, on lisait que
l'abondance de la poussière ne permettait pas de voir de la
poupe du navire ce qui se faisait à son avant.
Ces nuées de poussière ont rencontré dans l'Océan Atlantique
une tempête qui se dirigeait du sud-ouest vers le nord-est.
Cette tempête a apporté la poussière dans l'Europe du nord-
ouest, et le lendemain de cet ouragan on constatait dans les
observations météorologiques de Glasgow et de Bruxelles une
poussière extraordinaire, contenant les cristaux microscopiques
d'une variété de tourmaline ne se trouvant qu'au Sahara.
Je cite ce phénomène pour montrer quelles routes peuvent
prendre les œufs ou même les animaux dans l'état anabiotique
pour changer de patrie, pour être transportés d'une localité
dans une autre, même d'une partie de la terre dans une autre.
C'est surtout dans la Russie, avec ses plaines infiniment
grandes, que les animaux peuvent être tranférés par le vent.
Nous connaissons des cas où les Oiseaux des steppes de l'Asie
centrale peuvent être transportés par les vents, soufflant de
l'orient, en Russie centrale.
Mais retournons aux habitants de l'eau douce. Chaque prin-
temps, pendant la fonte de la neige, la Russie est couverte de
mares ou de flaques d'eau. Ces mares sont extrêmement riches
en population d'une vie bien extraordinaire. Ce sont principa-
lement des Cladocères, Copépodes, Ostracodes, Phyllopodes,
Turbellariés, Rotateurs et Protozoaires. La vie de tous
ces animaux est très courte. Si on étudie plus profondé-
ment cette vie, principalement leur développement, on voit
comment la nature les préserve de l'influence fatale de l'été
approchant. Les Rotateurs, les Tardigrades ou les Nématodes
libres tombent dans l'état d'anabiose. Mais la plupart des orga-
SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1910 183
nismes des mares vernales ne possèdent pas cette qualité pré-
cieuse et ne peuvent se défendre de cet obstacle si sérieux
pour leur existence, que par un développement hâtif. Mais
quelquefois cela ne les défend pas du péril, et parfois les cha-
leurs commencent si tôt et deviennent si grandes que le bassin
se dessèche avant que les animaux aient fini leur développe-
ment. Alors les animaux périssent et disparaissent pour long-
temps.
Ainsi, par exemple, ont disparu les Limnetis brachyura des
mares du village de Viazovka près de Moscou (2), depuis le
printemps très chaud de Tan 1903 et mon laboratoire a été
privé de ce matériel pour nos travaux pratiques de l'Univer-
sité. Le même Crustacé a disparu de ma propriété de Mytniki
près de Rouza (22) après le dessèchement d'un petit marais,
où on le trouvait en abondance.
Mais comment la nature se hâte d'accomplir les processus
du développement, c'est ce que montrent mes études sur les
Phyllopodes, publiées dans le Zeitschrift fur wissemchaftliche
Zoologie et dans la Journal biologique (1). Pendant les
aimées à printemps chaud et sec, les noyaux masculin et fémi-
nin de l'œuf fécondé ne perdent pas le temps à s'unir dans un
noyau de division et accomplissent le processus de la première
division séparément. L'oocyte ayant besoin d'une grande quan-
tité de vitellus pour l'alimentation de l'embryon, engloutit les
cellules voisines de l'ovaire, celles que les auteurs allemands
désignent sous le nom de « cellules nutritives » (Niihrzellen),
en commençant par une nutrition plus lente, produite par
l'apposition des oocytes aux cellules nutritives et par l'imbibi-
tion de leur plasma et finissant par une nutrition plus rapide
en avalant des cellules entières par voie phagocytaire. C'est
ainsi que se fait la nutrition des œufs chez le Chirocephalus
Josephinse.
Quand les mares deviennent sèches, le vent soulève la pous-
sière de leur fond et la chasse loin du lieu de leur origine.
Ce ne sont pas seulement les animaux microscopiques qui sont
chassés par le vent, ce sont souvent les animaux visibles à
l'œil nu. Une fois, après un vent assez fort, j'ai trouvé dans
une propriété à Mytniki, dans un cuveau rempli d'eau, un
Limnetis brachyura flottant sur la surface de l'eau. L'animal
(1) N. vo.\ Zograf. Phyllopodenstudien, [Zeitschr. wiss. Zool. LXXXVI, 1907). —
N. de Zograf. Encore un cas de l'indépendance des noyaux du sperme et âe l'œuf
dans un œuf lécondé (Journal biologique, Moscou, I, 1910).
184 SÉANCE DU 8 NOVF.MBKK 1910
était mort et sec, mais les œufs attachés à la surface intérieure
des valves étaient capables de vivre.
J'ai écrit comment la poussière avec les animaux, leurs
œufs ou embryons, était transportée d'Afrique à Marseille et
probablement plus loin. On comprend bien que si les ani-
maux ou leurs œufs trouvent dans le nouveau pays, où ils sont
transportés, des conditions favorables, ils peuvent s'acclimater
et former un nouveau centre de propagation de l'espèce. Ainsi
l'espèce peut devenir peu à peu cosmopolite.
Les Phyllopodes présentent une quantité de cas d'un cosmo-
politisme des plus prononcé probablement d'une origine pa-
reille. M. Voronkov m'a apporté de Borjom (Borshom) {23), en
Transcaucasie, des Phyllopodes bivalves du genre Estheria,
que je n'ai pas pu déterminer facilement. J'ai envoyé ces spé-
cimens au célèbre carcinologiste G. 0. Sars à Christiania, et
le savant norvégien m'a appris que ces Crustacés étaient des
variations de Leptestheria siliqua, trouvée jusqu'alors dans
l'Afrique méridionale près de la ville de Cap. Or, la distance
de Borjom au Cap est énorme !
En 1904, une excursion du Cercle des étudiants pour les
études de la nature de Russie a trouvé au mois de mai dans
les mares au bord du fleuve Oka (24), près de Serpoukhov
(25), un Phyllopode, le Chirocephalus carnuntanus, signalé
jusqu'alors en Hongrie, près de Presbourg. Mon élève M.
Martynov, assistant à l'université de Varsovie, a apporté en
1905 de Mandchourie le Phyllopode Branchipodopsis affinis
signalé jusqu'alors en Mongolie occidentale. Il a trouvé
là-bas aussi VEstheria tetracera, connue jusqu'alors en
Russie a Kharkov (26'). En 1909., le professeur agrégé de l'uni-
versité de Moscou M. Jitkov (Shitkov) trouve le même Crus-
tacé en extrême Sibérie septentrionale dans les lacs de la
presqu'île Ya-Mal (27). On trouve le Slreptocephalus auritas,
décrit par Koch en Allemagne centrale et en même temps par
Waga dans les environs de Varsovie, à Saratov (6) et dans les
steppes Mougodjar (Mugodshar) (28), au sud des monts Oural.
Mais tandis qu'à Saratov on rencontre la variété minuscule de
Varsovie décrite par Waga sous le nom de Branchipus torvi-
cornis, la forme de Mougodjar est aussi grande et forte que le
Streptocephalus auritus d'Allemagne.
Mais on trouve parmi les mêmes Phyllopodes des formes
n'habitant qu'une certaine localité ou des contrées ayant un
certain climat. Les eaux douces arctiques renferment les Phyl-
SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1910 185
lopodes bizarres Polyartemia forcipata, décrits dès le
xvme siècle par 0. F. Muller dans sa « Zoologia danica ». On
connaît cette forme en Norvège, Suède septentrionale, a l'île
de Nouvelle-Zemble ($9), à la presqu'île Va-Mal (27), en
Sibérie orientale dans les eaux dépendant du fleuve Yana.
C'est une forme circumpolaire qui suit les glaces et la neige
fondante.
L'expédition de l'Académie impériale de Saint-Pétersbourg,
qui a exploré le fleuve Yana, a rapporté un matériel varié et
précieux décrit par G. 0. Sars, qui y a trouvé une quantité de
formes locales et tout à fait nouvelles parmi les Phyllopodes,
en même temps que les formes si répandues, comme le
Lymnetis brachyura et la Polyartemia forcipata.
Comment doit-on expliquer ce voisinage des formes spéciales
avec les formes ordinaires, vulgaires?
Je pense que l'explication n'est pas trop difficile. La
Polyartemia est une forme circumpolaire, une forme habitant
une région géographique déterminée, présentant des condi-
tions climatériques et hydrographiques identiques à peu près.
Le Limnetis est une forme transportée facilement par le vent
et s'acclimatant facilement aux conditions inhabituelles. Quant
aux formes spéciales, elles se sont spécialisées dans un pays où
les lacs, les mares et les flaques ne se dessèchent pas totale-
ment, restent constants, où le vent ne peut pas soulever la
poussière et la transporter dans une autre région, où l'air est
pur et humide.
Quant aux trombes et aux typhons, ils produisent le même
effet que le vent, en remplaçant souvent la poussière par l'eau.
On lit souvent les histoires des pluies de Poissons, de Mol-
lusques et d'Ecrevisses, qui sont transportés par les trombes
avec l'eau dont elles se composent. Ce type de transport est
presque nul en Russie, surtout dans ses parties septentrio-
nales, où on connaît bien les tempêtes et les orages, mais
pas les trombes.
Les inondations peuvent être aussi considérées comme les
causes du pèlerinage des animaux d'eau douce. Dans notre
pays, les inondations et les crues sont un phénomène ordinaire,
surtout pendant le printemps, et la crue de la Seine de l'an 1910
se répète souvent en Russie pendant les fontes rapides des
neiges. Dans les bouches du Volga, qui présentent un delta
très compliqué, on compte des centaines de bras qui ne se
réunissent avec le fleuve central qu'au printemps, pendant les
186 SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1910
hautes eaux. Quand le fleuve baisse, ces bras rassemblent une
quantité énorme d'animaux qui y périssent souvent. Quelque-
fois les inondations des fleuves unissent les affluents d'un sys-
tème aux affluents d'un autre, et permettent le passage libre
aux animaux. Cela se voit, par exemple, en Russie blanche et
en Lithuanie (30), où au printemps les rivières du système du
Dniépre [11) s'unissent avec les rivières des systèmes de la
Vistule (31) et du Niémen (32). C'est ici qu'on a construit les
canaux unissant ces fleuves.
Les canaux sont aussi une cause de transport des animaux
d'eau douce. Le Sterlet Acipenser ruthenus et le Mollusque
Dryssensia polymorpha nous donnent de bons exemples d'un
tel pèlerinage. Le Sterlet n'était pas connu dans la Dvina sep-
tentrionale avant la construction des canaux unissant le Volga
à ce fleuve boréal. Ces canaux ont été construits au xvme siècle
par Pierre le Grand et Catherine II. Maintenant ce Poisson est
bien connu dans la Dvina et ses affluents. Les Dreyssensia, si
fréquentes dans la Caspienne et dans les bouches du Volga, ont
trouvé sur le fond des barques transportant les marchandises
par le Volga une habitation commode et ont été tranportées par
les canaux unissant le Volga avec le Ladoga et la baie fin-
noise à Saint-Pétersbourg ; l'eau saumàtre de la Baltique leur
a fourni des conditions suffisantes, et de la Baltique elles se
sont répandues dans les fleuves de l'Allemagne. On suppose
que le pèlerinage a suivi peut-être une route inverse. Quelques
savants russes regardent à présent le célèbre « Poisson blanc »
du Volga (Stenodus leucichthys), non comme une espèce fixe,
mais comme une variété du jNelma (Stenodus nelmà) des fleuves
de la Russie arctique et de la Sibérie, rentrée par les canaux
dans le bassin du Volga.
Il me reste encore à donner quelques exemples de propaga-
tion des animaux d'eau douce par l'aide des animaux. On con-
naît bien le dessin d'une patte de Canard transportant le Mol-
lusque Cyclas cornea, qui s'est attaché à son doigt. On cite
dans les livres même populaires de pareils cas. Mais ce qui est
très intéressant, c'est le transport des habitants de l'eau douce
comme des parasites temporaires. M. le professeur Faussec, de
Saint-Pétersbourg, a fait une étude sur le parasitisme tempo-
raire des JJnio, qui sont transportés par les Poissons à l'état
de larve nommée Glochidium. M. Blanchard a étudié beaucoup
d'Hirudinées qui sont transportées de la même manière comme
parasites temporaires.
SÉANCE DU 8 NOVEMBRE 1910 187
L'été passé, M. Livanov, de Kazan (33), a trouvé sur un
Canard sauvage des exemplaires de Protoclepsis Meyeri Liv.
trouvée jusqu'alors en France (Marne), en Suède et en Russie,
près de i'Oufa (34) ; cet été, on a trouvé dans le lac Gloubokoïé,
près deRouza (35), une Protoclepsis maculata, trouvée jusqu'alors
à Kœnigsberg en Prusse, et à Yytégra, au bord du lac Onega
(36) ; la Protoclepsis tessclata, pas rare aux alentours de Moscou
et répandue en Europe, est trouvée au Chili ; la Herpobdella
stagimlis en Europe, Syrie et au Paraguay, etc. On voit comme
ces formes, qui se nourrissent en partie du sang des Oiseaux,
sont largement répandues et on comprend leur cosmopolitisme.
La question du cosmopolitisme des animaux d'eau douce est
une question assez compliquée et pas étudiée encore suffisam-
ment par les savants zoogéographes. Je n'ai pas la prétention
de faire des études étendues sur ce sujet ni de donner des
explications qui peuvent embrasser toutes les formes de ce
phénomène ; je pense seulement que c'est un sujet digne de
l'attention des zoogéographes et d'études plus approfondies.
Séance du 22 Novembre 1910
PRÉSIDENCE DE M. VIGNAL, TRÉSORIER.
M. le président adresse les félicitations de la Société à MM.
Francotte, nommé correspondant de l'Académie des sciences ;
E. Perhoncito, nommé titulaire d'un prix Montyon ; AMoPerron-
cito, titulaire du prix Lallemand, â l'Académie des sciences;
Robert, membre titulaire de la Société impériale des amis des
sciences naturelles de Moscou.
M. Semichon fait une communication sur la structure des
papilles œsophagiennes des Tortues de mer.
M. Tillier décrit les pèches qu'il a effectuées au large, au
cours de nombreuses années de navigation, notamment de
deux voyages autour du monde en navire à voile. Cette pêche
ne donne de résultat que dans les mers chaudes et est très peu
productive. M. Tillier a puprendre, en tout, une quarantaine de
Poissons volants, une centaine de Bonites et Dorades, quelques
Requins, un Pilote, trois ou quatre Rémora et quelques Anten-
nariidés. Une ligne est restée une fois 7! jours à la traîne
sans prendre un seul Poisson. Les Poissons volants ne se
prennent guère au filet, ni à la ligne. Un trémail tendu sous
le beaupré d'un navire n'a donné aucun résultat. Le plus sou-
vent, au cours de leur vol rectiligne, ils tombent sur le pont,
ou pénètrent dans les cabines par les hublots. La Bonite à
ventre rayé (Pelamys) et la Dorade [Cor y phœna) se prennent à
la ligne de traîne, amorcée avec un paquet d'étoupes enve-
loppée d'un chiffon. Un Poisson artificiel, soigneusement imité,
n'a pas donné de meilleurs résultats que ce grossier appât. Le
Carcharias se pêche avec un gros émerillon couvert d'un mor-
ceau de lard, que l'on laisse enfoncer de un à deux mètres
dans la mer ; quelquefois le Requin tourne toute une journée
autour de l'hameçon sans l'avaler. Les Pilotes (Naucrates duclor)
accompagnent d'ordinaire les Requins qui ne paraissent pas
faire attention à eux. Il est probable que, si l'on rencontre ces
animaux ensemble, c'est parce qu'ils suivent tous deux les
navires. M. Tillier a vu un Pilote suivre pendant deux jours un
navire sans être accompagné d'aucun Requin. Le seul qu'il
SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1910 189
ait vu pêcher a été pris avec un filet à main. Les Rémora
sont collées par leur ventouse aux Requins, notamment au voi-
sinage des nageoires pectorales. Mais elles lâchent prise le plus
souvent pendant qu'on tire le Requin de l'eau : trois ou quatre
seulement sont arrivées avec leur hôte sur le pont. Quant aux
petits Antennariidés, on en prend un assez grand nombre en
mettant un petit filet à la traîne dans la mer des Sargasses.
Ouvrages offerts
Bartenbach (K.). Ueber die ResorptioDsfâhigkeit der lierischen Haut
fur Jodkaliuni in verschiedenen Salbengrundlagen (Inaug. Diss.
mediz. Fac. Giessen, 1909, 74 p.)
Belz (E.). Physiologische und klinische Beobachtungen ùber die
Rumination. (Id., 1909, 92 p.)
Berg (G. Fr.). Ueber spontanés Vorkommen von Enteritidis-Gârtner-
Bacillen bei Mâusen und die Bedeutung des Fleiscbfùtteruugsver-
sucher an weisse Mâuse. (Id., 1910, 30 p.)
Boeckh (H.). Untersuchungen ùber die Haut-Temperatur derTiere.
(Id., 1910, 95 p., 4 pi.)
Boeckstegers (G.). Studien ùber die Stickstofïverleilung im Urin bei
Milcbernahrung. (Id., 1910, 30 p.)
Braun (J.). Das Schraarotzertuin des Slrongylus paradoxus, einehisto-
logiscbe Studie. (Id., 1910, 38 p.)
Dammhahn (K.). Ueber den Gebalt ungekeimter und gekeimter
Pflanzensamen an peptolytiscben Fermenten. ([d. 1909, 19 p.)
Dolz (Fr.-W.). Der klinische Nachweis von Traubenzucker im Harn
der Haustiere. (Id., 1910, 104 p.)
Fischer (W.). Beitrag zur Kenntnis der Areolœ ulerinœ des Schweines.
(Id., 1910, 40 p.)
Friedmann (A.). Beitrâge zur Résorption der Analscbleimbaul. (Id.,
1910, 69 p.)
Greim (W.)- Ueber Ascaris megalocephala. (Id., 1910, 73 p., 1 pi.)
Klein (J. H.). Ueber Vorkommen und Herkunft des Inosit im Tier-
kôrper. (Id., 1909, 53 p.)
Hafjser (Br.). Die Entwicklung der Lage und Anordnung des
Schweine- und Wiederkauerdarmes. (Id., 55 p., 1 pi.)
Joseph (K.). Zur Kenntnis der congenitalen Lageanoinalien der Niere.
(Id., 1910, 37 p.)
Klein (W.). Beitrag zur Kenntniss -der Mycetes placenta. (Id., 1910,
32 p.)
Kollmeyer (Fr.). Ueber die biologische Diflerenzierung von Milch
und Milchweisskôrpein. (Id., 1910, 29 p.)
Kuschel (M.). Vergleicbende Untersuchungen ùber den Wert der
verscbiedenen Tôtungsmetboden bei Huuden... (Id., 1910,39 p.,
5 tabl.)
190 SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1910
Lange (Fr. 0.). Ueber die Verwendbarkeit des mit Kupfervitriol- oder
[ Formalinlosung gebeizteu Gelreides zu Fùlterungszwecken. (Id.,
* 1909, 38 p.).
Meier (Fr.). Ueber den Nukleinstofrwecbsel des Schweines. (Id.,
1910, 35 p.)
Mangubi-Kudrjavtzewa (A.). Ueber den Bau der venôsen Sinus der
Milz des Menscben und /?/< esus- A ffen. (Id., 1909, 40 p. 1 pi.)
Muhleck (J.). Unteisuchungen liber die tâgliche Harnmenge der
Hausliere. (Id., 1910, 55 p.)
Muller (E.). Untersuchungen ùber die normaleii Tagestemperaturen
der Haustieren. (Id., 1910, 120 p.)
Mu lier (H.). Beitiâge zur Reaktion des Harns der Haussâugeliere.
(Id., 1910, 35 p.)
Pommrich (W). Ueber die Elastizitâl der Arterien. (Id., 1910, 75 p.,
4 pi.)
Schreck (H.). Der kliniscbe Naehweis der Gallenfarbstofle im Hun-
deharn und dessen Bedeutung. (Id., 1910, 61 p.)
Schuttler (Fr.). Versucbe ùber die Wirkung des Extractum Digi-
tahs (tepi<ra£Mra-Digipuratum-bei Tieren. (Id., 1909, 43 p.)
Weber (W.). Ueber die Desinfektionswiskung der Aethrole. (Id.,
1909, 16 p.)
Weingeroff (Frieda). Ueber die Todesursacben der Neugeborenen in
den ersten Lebenstagen. (Id., 1910, 18 p.)
Windrath (H.). Weiterer Beitrag zur Frage nacb der Verwertung
von tief abgebautem Eiweiss im tierisehen Organismus. (Id , 1909,
21p.)
Wolfstejn (L.). Das spezifiscbe Gewicbt des Harns (1er Haustiere.
(Id., 1909, 103 p.)
Zirker (O.j. Die nicbtorganisierten Sedimente im Harne gesunder
Haustiere. (Id., 1910, 53 p., 4 pi.)
Zofina (Scbifra). Untersuebungen zur Harnsaùre-Ausscbeidung.
(Id., 1909, 26 p.)
Thies (A.). Studie ùber die Infusion physiologiseher Salzlôsungen.
(Habililationsscbr. mediz. Fak. Giessen, 1909, 44 p.)
Engel (H.). Die Zabne am Rostrum der Pristiden. (Diss. zur Erlan-
gung der Doktorw. pbilos. Fak. Giessen, 1909, 47 p.)
Houy (R.). Beitrage zur Kenntniss der Haftscbeibe von Echeneis.
(Id., 1909, 36 p.)
Paul (G.). Petalosloma minutum Kef. und verwandte Arten nebst
einigen Bemerkungen zur Anatoinie von Onchnesoma Sleenstrupi .
(la.', 1909, 47 p.)
SÉANCE DU 22 NOVExMBRE 1910 191
SUR LES PAPILLES CORNÉES ŒSOPHAGIENNES
DES TORTUES DE MER
ET EN PARTICULIER DE THALASSOCHELYS CARETTA L.
PAR
Louis SEMICHON
L'œsophage des Tortues de mer présente un revêtement de
papilles cornées à pointes aiguës, qui semble avoir été signalé
pour la première fois par Caldesi (1637). Cet auteur les dé-
crivit comme des épiues coniques, larges et molles à la base,
dures et pointues au sommet, revêtues par la tunique interne
de l'œsophage et remplies d'une chair blanche « musculeuse ».
Meckel (1817) constata au contraire qu'à l'intérieur des papilles
il n'y avait « pas de muscles » mais seulement des vaisseaux
originaires de la tunique conjonctive et probablement, aussi,
des nerfs. Carus (1835) signale de nouveau les papilles œsopha-
giennes chez la « Caretta » adulte (1). Leydig (1866) confirma
l'absence des muscles et la présence des capillaires. Il recher-
cha, sans les rencontrer, les «fibres élastiques-» dans l'intérieur
des papilles.
Milne-Edwards signale que chez beaucoup de Tortues leur
couche cornée est épaissie. Nuhn (1886) admet que les épines
étant dirigées en arrière ont surtout pour effet d'empêcher le
retour des aliments vers la bouche.
Plus récemment les papilles ont encore été reconnues par
Hoffmann (1890) dans les genres Spargis et Chelonia, et par
Vaillant (1896) chez Dermochelys coriacea, Chelonia imbricata,
Thalassochelys caretta.
Les papilles œsophagiennes à pointe aiguë constituent donc
un caractère commun aux Tortues marines (2). Chez ces ani-
maux, elles ne tapissent pas toute la surface de l'œsophage.
(1) Dans le commentaire de la planche sur laquelle sont ligurées celles de
Chelonia esculenla.
(2) Et à certains Squales (Petjbrsen, 1908).
Bull, de la Soc. Zool. de Fr., 1910. xxxv — 15
192 SÉANCK DU 22 NOVEMBRE 1910
Elles ne sont pas tontes de même grandeur, mais malgré la
différence de taille, celles (jiie j'ai observées chez Thalasso-
chelys caretta, présentent la même structure.
Constitution des papilles cornées. — Dans la région qui
porte les papilles cornées, l'épithélium est du type pavimen-
teux stratifié. Au-dessous de lui s'étend une couche conjonc-
tive analogue au derme, puis une musculature puissante.
L'épidémie n'est pas plus épais à la surface des papilles
elles-mêmes qu'au fond des sillons interpapillaires. Au-dessous
de cet épidémie, tout l'intérieur de la papille est constitué par
du tissu conjonctif lâche parcouru par un grand nombre de
capillaires dont quelques-uns ont une lumière assez larg'e,
bien que leur tunique se réduise le plus souvent à une seule
assise endothéliale. Il existe des fibres élastiques entrecroisées
ou groupées de différentes manières et que YOrcéine permet
de caractériser électivement. Quant aux fibres lamiueuses, elles
sont relativement épaisses surtout au voisinage immédiat de
l'épithélium où leur trame est ordinairement plus serrée.
Cette description s'applique aux diverses pièces que j'ai étu-
diées et qui présentaient chacune des papilles de dimensions
variées. La proportion des divers éléments cellulaires est très
différente suivant l'individu (suivant les régions d'une même
papille, celle proportion varie également, mais beaucoup
moins). Je ne suis pas suffisamment renseigné sur les circons-
tances de la capture de ces animaux et sur la façon dont les
pièces ont été prélevées, puis fixées, pour pouvoir interpréter
ces différences. Je signale cependant que les leucocytes acido-
philes sont nombreux dans le tissu conjonctif lâche de certains
exemplaires, landis que sur un autre ils ne se rencontrent que
dans les vaisseaux. Enfin, sur des pièces qu'a bien voulu me
communiquer le D' Pettit (1), ce sont des Mastzellen qu'on trouve
au lieu d'acidophiles. 11 ne s'agit certainement pas là d'une
erreur de coloration, car les granulations des acidopliiles sont
plus grosses que celles des Mastzellen. La présence de ces der-
niers éléments est intéressante.
L'épiderme est séparé du derme par une basale ondulée. La
distinction d'une couche cornée et d'une couche muqueuse est
partout très nette.
Sur les pièces bien fixées, les éléments profonds qui
(1) Auquel j'adresse mes très vifs remerciments.
SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1910 193
reposent sur la basale sont caractérisés par un noyau ovale
dont le grand axe est à peu près perpendiculaire à cette mem-
brane et par un cytoplasme peu développé. A ce niveau, les
karyokiuèses sont assez nombreuses et les noyaux sont riches
en chromatine (stratum germinativum). Les cellules situées
au-dessus de cette couche se distinguent par un cytoplasme
plus développé, et leurs noyaux ne présentent pas une orien-
tation déterminée [stratum fdamentosum). Au voisiuage de la
couche cornée, les noyaux s'allongent ou s'aplatissent parallè-
lement à la surface de celui-ci. En même temps que change
l'orientation des cellules et celle de leurs noyaux, le contenu
de ces derniers se modifie : dans la zone profonde, ils sont
riches en chromatine et renferment en outre un nucléole aci-
dophile, tandis qu'ils se réduisent dans les cellules situées au
voisinage de la couche cornée.
Celle-ci débute assez brusquement. Du côté de la lumière de
l'œsophage, elle est très nettement limitée à la surface libre
des papilles. Mais à la base de celles-ci et dans les sillons qui
les séparent, la couche cornée se délite en petites lamelles
superposées irrégulières [stratum disjonctum). Sur la surface
de la partie saillante de la papille, la couche cornée est lisse
et presque régulièrement stratifiée.
La constitution lamelleuse de la couche cornée apparaît
d'ailleurs, en divers endroits, jusque dans sa partie profonde,
et l'intervalle de ses lamelles se distingue parfois, sur les pré-
parations, par une teinte spéciale. C'est le violet de gentiane
qui donne, à ce point de vue, les résultats les plus nets. Le
carmin d'indigo combiné avec l'acide picrique (procédés de
Cajal et de Borrei), colore également en bleu vert le bord des
lamelles cornées.
A aucun niveau,, dans l'épithélium, je n'ai ohservé d'éléïdiue
(ou de kératohyaline) bien que j'aie utilisé le picrocarmin de
Ranvier,l'hématoxylinede Delafield et celle d'Ehrlich. Cette cons-
tatation s'accorde avec l'opinion de Ranvier (1899) qui déclare
que l'éléïdine manque chez les Oiseaux et chez les Reptiles, et
qu'elle peut être considérée comme propre aux Mammifères.
Chez ces derniers, le même auteur avait reconnu (1883) que
l'épithélium buccal et œsophagien renfermait de l'éléïdine,
comme celui de la peau, tandis que certaines formations cor-
nées, qui se distinguent par leur dureté (ongle humain et
certaines papilles de la langue du Chat), n'en contiennent pas.
— D'ailleurs Unna avait déjà (1876) signalé l'absence de
194 SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1910
stratum granulosum dans l'ongle humain — 11 y a bien, dans
la matrice de celui-ci, une couche renfermant des granulations,
mais celles-ci sont beaucoup plus iines et cette couche est
colorée en brun par le picrocarmin. D'après Daiuer. (1),
Ranvier admet que cet aspect grenu résulte de la section des
filaments unilifs modifiés en cet endroit.
Sur mes préparations aussi, je constate l'apparence de gra-
nulations très fines. Mais aucune teinte élective ne les diffé-
rencie. Quant à leurs rapports avec les filameuts d'union, je
ne puis encore me prononcer, car il ne m'a pas encore été
possible d'exécuter des coupes assez minces pour bien observer
ces détails.
Après l'action des colorants, les différentes parties de l'épi -
thélium des papilles œsophagiennes se distinguent de la façon
suivante :
Couche muqueuse. Couche cornée.
Noyau Cytoplasme Lamelles Interstices.
1° Picrocarmin rouge rouge jaum rouge.
2° Hémaloxyline bleu gris pâle incolore violet pâle.
„ ( Carmin aluné ) . . ,. . ...
3° \ r>. . ,. rouge bleu pale îaune bleu vert.
( Picro indigo )
, ( Hématoxvline ) • , ■» .■
4° < ,,, . , , ". violet rouge vif rouge pale.
( Méthyleosine )
„ i Hématoxyline ) . ,
5° . : violet rouge orange.
( Eosine W. Orange G. >
G0 Violet de Gentiane . . violet violet pâle violet violet foncé.
7° Bleu Unna bleu violet bleu bleu verdàtre.
Bien que l'éléïdine fasse défaut dans la couche sous-jacente,
aux dépens de laquelle elle se différencie, la matière cornée
des papilles œsophagiennes se comporte donc sensiblement
comme celle de l'œsophage et de la peau des Mammifères.
*
* *
De ces observations sur les papilles œsophagiennes (2) de la
Th. caretta L.,il convient de retenir les faits suivants :
Il n'y a pas a l'intérieur des papilles de muscles striés. Ceux
de la paroi œsophagienne ne sont pas non plus disposés de
façon à orienter les papilles dans une direction déterminée.
Ces dernières cèdent passivement à la pression des aliments
(1) Pratique dermatologique, p. 30 et suivantes.
(2) L'examen de celles d'un œsophage étiqueté Chelone mydas montre les mêmes
faits. Mais cette détermination n'est peut-être pas exacte.
séance ni; 22 novembre 1910 195
ingérés dont elles entravent la dégurgitatiou par suite de leur
forme pointue.
La portion du derme, riche en fibres conjonctives serrées,
est située immédiatement sous l'épidémie, et relativement très
mince par comparaison avec la peau des Reptiles en général
et des Tortues en particulier. La plus grande partie de ce
derme est du tissu lâche et pour ainsi dire œdémateux. On n'y
rencontre pas d'amas lymphoïdes. Entre les fibres conjonctives
et les fibres élastiques, les éléments cellulaires sont répartis
irrégulièrement et sont très variables suivant les individus (ceci
peut-être parce que l'âge et les circonstances de capture étaient
différents).
L'épiderme des papilles œsophagiennes présente les mêmes
caractères que celui de la peau des Reptiles et cela à tel point
que l'examen d'une portion limitée ne permettrait pas de l'en
distinguer. Par contre, nulle part chez les Mammifères et les
Oiseaux on ne rencontre dans le stomodœum quelque chose de
semblable. Cependant il y a des papilles coniques, allongées
et pointues qui présentent extérieurement une forme analogue,
dans la cavité liuccale des Ruminants. Mais cette similitude
extérieure par convergence laisse subsister les structures carac-
téristiques de la classe et notamment la plus frappante : les
petites papilles dermiques renfermant des vaisseaux et des nerfs
qui manquent chez les Reptiles et qui sont communes aux
téguments des Mammifères et des Oiseaux s'observent à la face
inférieure de l'épiderme des papilles des Ruminants dans
lequel on ne retrouve pas la stratification parallèle caractéris-
tique des Reptiles.
Le rétrécissement qui existe à la base de beaucoup de pa-
pilles a pour effet de permettre la libre circulation de l'eau
entre ces dernières. Ainsi, lors des mouvements péristaltiques,
la contraction des parois œsophagiennes peut avoir un effet
double : progression en arrière des matières solides, retenues
par les pointes des papilles, et retour partiel de l'eau vers la
bouche. On comprend que cette disposition, qui tend à réduire
la dilution des sucs digestifs, soit commune aux Tortues
marines.
t
196 SÉANCE DU 2*2 NOVEMBRE 1910
TRAVAUX CITÉS
1637. Galdesi. — Osservazioni anatom. intorno aile tartarughe
(Firenze, 1687, p. 25).
1817. Meckel. — Ùber den Darmkanal der Reptilien (Deutsch. Arch.
Physiologie, -ç>. 199-232).
1835. Garus. — Tabulée anatomiam couiparativam illustrantes (Lip-
siee, pars IV (1835), pi. v, fig. 7).
1866. Leydig. —Traité d'histologie comparée (Traduction française).
Milne-Edwards. — Leçons d'anatomie et de physiologie com-
parées .
1883. Ranvier. — De l'existence et de la distribution de l'éléïdine
dans la muqueuse buccoœsophagienne des Mammifères
(C. H. Ac. Set., XGVII, p. 1377-79).
1886. Nuhn. — Lehrbuch der vergl. Anatomie (Heidelberg, 2e édi-
tion).
1889. Ranvier. — Traité technique d'histologie.
1890. Hoffmann. — Bronn's Klassen und Ordnungen des Thierreichs
(Abth. III, Reptilien).
1896. Vaillant. — Note sur l'appareil digestif et le développement de
la Tortue Luth [C. R. Ac. Sci,, pp. 654-656).
1899. Ranvier. — Histologie de la peau. [Arch. anat. micr. p. 51<>).
1904. Darier (J.). Pratique dermatologique. IV. (Phanères et glandes.
p. 30 et suiv.).
1908. Petersen (H.). — Beitrage zur Kenntnis des Baues und der
Entwicklung des Selachierdarmes [Jcna. Zeitschr. p. 619-652;
pi. xx-xxi ; 4 fig.).
Séance du 13 décembre 1910.
PRÉSIDENCE DE M COOTIÉRE, PRÉSIDENT.
M. Carlos E. Porter, professeur de zoologie générale et
appliquée, directeur du Muséum de Valparaiso (Chili), assiste
à la séance.
L'Académie des sciences de Turin fait part de la mort du
professeur Angelo Mosso, sénateur du royaume d'Italie.
Le Muséum de Berlin demande l'échange des Mitteilungen
ans dem Zool. Muséum zu Berlin avec les publications de la
Société.
M. le recteur de l'Université de Paris accorde à la Société
l'amphithéâtre Richelieu, à la Sorbonne, pour la prochaine
conférence annuelle, qui aura lieu le vendredi 21 février 1911.
L'Institut de Cartilage adresse une liste de souscription pour
le monument qui sera élevé à Tunis en l'honneur de Philippe
Thomas, inventeur des phosphates de l'Afrique du Nord.
M. le président adresse les félicitations de la Société à M.
Bataillon, récemment nommé chevalier de la Légion d'honneur,
à M. Brumpt, lauréat du prix Savignyà l'Académie des sciences,
et à ceux de nos collègues qui ont obtenu des récompenses à
l'Exposition de Bruxelles : MM. Joubin et Roule, qui ont
obtenu des grands prix ; H allez, un diplôme d'honneur ; Anthony,
Bonnet, Bordas, Boutan, Calvet, Germain, Guiart, Jourdan,
Kuehler, Kunstler, Odin, Pellegrin, Robert, Topsent, des mé-
dailles d'or; Gadeau de Kervjllë et Guitel, des médailles d'ar-
gent; Vaney, une médaille de bronze. MM. R. Blanchard et Cou-
tière, ainsi que la Société elle-même, avaient été mis hors
concours.
M. Caullery fait une communication sur un parasite de
Calanus helgolandicus, Ellobiopsis Chattoni qui appartient
probablement aux Péridiniens.
M. Chatton fait part des résultats de ses recherches sur un
parasite de l'estomac du Mouton, découvert Tan dernier en
Tasmanie. Ce parasite existe chez tous les Moutons et toutes
les Chèvres des abattoirs parisiens. Il est localisé dans la mu»-
198 SÉANCE 1)1 13 DÉCEMBRE 1910
queuse glandulaire de la caillette, où il se présente sous forme
de kystes mesurant jusqu'à 600 a de diamètre. Ces kystes,
dont la paroi est formée par une unique cellule géante (proba-
blement la cellule-hôte infestée) revêtue d'une bordure en
brosse sur sa face externe, contiennent un très grand nombre
de germes ftisiformes. Ces germes représentent des schizo-
zoïtes, et le parasite, Gastrocystis Gilruthi n. g., n. sp., devra
vraisemblablement rentrer dans le groupe des Coccidies-
Grégarines.
Ouvrages offerts.
Caullery (Maurice). Ellobiopsis Chaltoni n. g. n. sp., parasite de
Calanus helgolandicus Glaus, appartenant probablement aux Péridi-
niens (Bull. sci. France-Belgique (7), XLIV, p. 201-216, pi. v).
Chatton (Edouard). A propos de Rhynckomonas luoiliœ Patton, Fla-
gellé parasite de la Lucilie sérénissime (Bull. Palhol. exotique, III,
p. 363-365).
Chatton (Edouard). Essai sur la structure du noyau et la mitose
cbez les Amœbiens. Faits et théories (Arch. zool. exp. (5), VI, p. 267-
337).
Chatton (Edouard). Le kyste de Gilruth dans la muqueuse stoma-
cale des Ovidés (Arch. zool. exp. Noies, (5). VI, p. cxiv-cxxiv).
Chatton (Edouard). Paradinium Poucheti n. g. n. sp., Flagellé para-
site d'Acarlia Clausi Giesbrecht (Copépode parasite). (C. B. Soc. biol.
LXIX, p. 341-342).
Chatton (Edouard). Protozoaires parasites des branchies des Labres :
Amœba mucfcola Chatton, Trichodina labrorum n. sp. Appendice:
parasite des Trichodines (Arch. zool. exp. (5), V, p. 239-266, pi. ni).
Chatton (Edouard). Sur l'existence de Dinoflagellés parasites cœlo-
miques. Les Syndinium chez les Copépodes pélagiques (C. B. Ac. Sci.
10 oct. 1910). "
Chatton (Edouard) et B. Collin. Sur un Acinétien nouveau com-
mensal d'un Copépode, Bhabdophrya trimorpha n. g. n. sp. (Arch.
zool. exp. JSoles, (5), V, p. cxxxviii-cxlv).
Janbt (Charles). Note sur la phylogénèse de l'Insecte (Rennes,
Simon, 1909, 15 p.).
Janet (Charles). Sur la morphologie des membranes basâtes de l'In-
secte (Mèm. Soc ac. Oise, 1909, 2 p.).
Janet (Charles) . Sur la parthénogenèse arrhénotoque de la Fourmi
ouvrière (Mém. Soc. ac. Oise, 1909, 7 p.).
Janet (Charles). Sur un Nématode qui se développe dans la tête de
la Formica fusca (Mém. Soc. ac. Oise, 1909, 2 p.).
SÉANCE DU 13 DÉCEMBRE 1010 109
RÉVISION DES FORAMINIFÈRES
PAR
E. FAURÉ-FREMIET
Préparateur au Muséum d'histoire naturelle
I. — Le genre Haplophragmium,
La famille des Lituolides comprend un certain nombre de
formes arénacées polythalames dont les loges sont disposées
en séries linéaires (Reophax) ou spiralées. Le test de ces der-
nières peut être constitué par des grains de sable très fins et
l'intérieur peut être \aby v\nthiq\ie (Trocham?ni?ia, Cyclammina),
ou par des grains de sable plus gros, et l'intérieur en être
non labyrinthique (Haplophragmium) . On peut ainsi distinguer
dans cette famille deux séries parallèles ; mais dans l'un et
l'autre cas, les grains de sable sont unis par un ciment très
faiblement calcifié, contenant jusqu'à 15% de carbonate de
fer, et renferment très peu ou pas de chitine.
J'étudierai dans cette note les formes spiralées de la série
non labyrinthique dont le Reophax difflugiformis est la forme
initiale. Celles-ci sont réparties par les auteurs dans les deux
genres Haplophragmium (formes libres) et Placopsilina (formes
fixées).
Cette classification est-elle valable? Non, car les deux
espèces connues du genre Placopsilina présentent au-dessous
de leur revêtement arénacé une membrane chitineuse qui est
en opposition avec le caractère que je considère comme le
plus essentiel chez les Lituolides, et doivent de ce chef être
éliminées de cette famille pour prendre place dans un groupe
de chitino-arénacés qui fera l'objet d'une prochaine note. Reste
donc le genre Haplophragmium.
D'après Brady, ce genre comprend seize espèces distinctes.
Toutes ces espèces sont-elles valables ? Posons-nous d'abord
une autre question : toutes font-elles bien partie du genre
200
SÉAISCK DU 13 DÉCEMBRE 19 H)
Haplophragmiam? Non. Nous devons éliminer les Haplophrag-
minm scitulum et turbinatum de Bhady qui appartiennent aux
chitino-arénacés et dont nous reparlerons à propos de ce
groupe, ainsi que H. foliaceum qui s'y rattache également,
H. fontinense Terquem , qui semble bien n'en être qu'une
variété.
Il reste donc un certain nombre de formes à enroulement
ditaxique : H. aglutinans d'Orb., pseudospirale Williamson,
calcareum Brady, tenuimargo Brady et curris Parker (lesquels
Fia. 1. — Polygone de variation de Haplophragmium latidorsatum (position de
la bouche par rapport au plan d'enroulement, exprimée par des fractions à
droite et à gauche). Total de 120 exemplaires recueillis aux Açores (Princesse
Alice).
se rattachent sans doute à //. foliaceum) et emaciatum Brady,
formes que malheureusement je n'ai pas entre les mains.
Puis les H. rotulaium Brady, latidorsatum Bornemann,
canariense d'Orbiguy, glomeratum Brady, globigeriniformis
Parker et Jones, turbinatum Brady, anceps Brady.
Chez toutes ces espèces, le ciment qui lie les particules
arénacées du test renferme du carbonate de fer qui., souvent,
ne se trouve pas encore dans la dernière loge formée. Les
loges sont toujours globuleuses, la forme surbaissée, et
recouvrante de celles de H. scitulum sexpliquant par la
SÉANCE DU 13 DÉCEMBRE 1910
201
membrane intérieure chitineuse qui élimine cette espèce de
la famille des Lituolides. C'est à peine si l'on pourrait distin-
guer H. canarienne des espèces voisines par la forme légère-
68,
Fig. 2
Haplophragmium latidorsatum, total de 150 exemplaires
recueillis aux îles Fœroer (Princesse Alice).
ment bombée en casque des loges. Quels sont donc les carac-
tères difiérentiels de ces espèces si nombreuses?
202
SÉANCE DU 13 DÉCEMBRE lï)IO
r
Li-.
/i
*
*A
Ut
1° Le mode d'enroulement, plus ou moins régulier, plus ou
moins symétrique ;
<î^^ 2° Les éléments
t constitutifs du test aré-
nacé.
3° La taille.
Or, il est facile de
voir en comparant les
individus d'une même
espèce pris au môme
endroit ;
1° Que la taille est extrêmement variable (les recherches
faites sur les Protozoaires en général montrent qu'elle peut
Fig. 3. — Haplophragmium latidorsatum,
total de 19 individus recueillis au S.-E.
du Portugal (Princesse Alice).
Fig. 4. — Haplophragmium latidorsatum, total de 52 individus
recueillis dans le golfe de Gascogne (Travailleur).
varier dans de sensibles mesures suivant les conditions du
milieu pour un orga-
nisme unicellulaire, a for-
tiori pour un organisme
constitué par une série de
loges dont le nombre
n'est pas déterminé);
2° Que la nature des
éléments du test dépend,
dans une certaine me-
sure, de la nature du
Fig. 5. — Haplophragmium latidorsatum,
total de 37 individus recueillis au N.-O.
du Spitzberg (Princesse Alice).
fond sur lequel vit l'espèce arénaçée considérée.
SÉANCE DU 13 DÉCEMBRE 1910
208
3° Que le mode d'enroulement lui-même est extrêmement
variable, eu fonction de facteurs
indéterminés ou peut-être très sim-
ples et d'ordre mécanique : aggluti-
nation d'un grain de sable plus gros
que les autres p. ex.
Ayant eu à ma disposition un
grand nombre d'exemplaires de
quelques espèces d' Haplophragmium
dragués dans des lieux divers par
le « Talisman »_, le « Travailleur »
et la « Princesse Alice », j'ai pu
dresser le polygone de variation du
caractère différentiel le plus impor-
tant, le plus typique, à savoir le
mode d'enroulement. C'est sur le
résultat de ces recherches que je
me fonde pour réviser les espèces
décrites dans ce genre.
J'ai pris l'espèce la plus com-
mune, H. latidorsatum, et j'ai noté
soigneusement le nombre des indi-
vidus symétriques, c'est-à-dire en-
roulés en spirale régulière, et chez
lesquels l'ouverture buccale, le cy-
tostome, est juste au-dessus du plan
deuroulement qui le partage en
deux, ce que j'ai noté '/, sur
les graphiques ; puis les individus
dont l'enroulement du test se
trouve être plus ou moins dissy-
métrique, l'enroulement se fai-
sant soit vers la droite, soit
vers la gauche du plan de
symétrie ; c'est ce que j'ai
noté sur le graphique en
portant à droite et à gauche a
des formes symétriques (72),
les nombres 2/s, 1 et 7 4
qui expriment la propor- Fig. 6. — Haplophragmium lalidorsatum
tion dans laquelle le cvtos- (petUe forme)- Total de 112 illdividus ™-
,/? ., J cueillis daDS le golfe de Gascogne (côte
tome est dejete en dehors d'Espagne^. [Travailleur).
204
SÉANCE DU 13 DÉCEMBRE 1910
\o%
du plan de symétrie, ou enfin l'indication : latéral (lat.) lorsque
la bouche est franchement sur le côté. L'enroulement, dans ce
cas, peut être très irrégulier.
Il suffit d'examiner les graphiques pour constater qu'ils sont
remarquablement symétriques, même lorsque le nombre des
individus examinés est très faible.
Le nombre des formes dissymé-
triques à droite et à gauche est très
sensiblement égal, mais le rapport
de leur nombre à celui des formes
symétriques varie considérablement
suivant chaque cas. Nous voyons,
en effet, le l'apport du nombre des
formes symétriques au nombre total,
passer de 06 °/0 à 50 °/0 et descendre
jusqu'à 10 °/0.
Nous voyons surtout (pie, pour
cette même espèce, l'aspect du po-
lygone est très variable, car il peut
être trimodal et tendre à devenir
bimodal, l'espèce présentant trois
formes d'équilibre séparées au point
de vue fréquence par une pro-
fonde dénivellation , ou bien uni-
modal, la forme symétrique étant
la forme d'équilibre unique autour
de laquelle oscillent les
formes dissymétriques
d'autant moins no m -
breuses que leur carac-
tère est plus accentué.
Que penser de ce fait?
Devons-nous faire autant
d'espèces d 'Haplophra-
gmium que nous avons dressé de polygones? Ce serait folie
pure ; et nous devons en conclure seulement que les carac-
tères d'enroulement sont extrêmement variables, ce que
l'on savait déjà, mais (pie leurs courbes de variation, diverses
suivant les lieux mais toujours régulières, indiquent l'influence
de conditions diverses sur cette variation, la répartition des
diverses formes prises dans un lieu donné n'étant pas purement
quelconque et traduisant un certain équilibre dans la forme de
cette espèce.
W;
\
%
ffc»
Fjg. 7. — Haplophragmium canariense. Total
de 120 individus recueillis à Svartisen (Prin-
cesse Alice).
SÉANCE DU 13 DÉCEMBRE 1910 205
Mais il y a une autre conclusion à dégager. L' Hapluphrag-
mium canarienne qui diffère si peu de VA. latidorsatum quant
à l'aspect des loges est surtout plus régulier que celui-ci, et
son polygone de variation (fig. 7) est unimodal. Et justement
nous voyons que dans un cas (fig. 6) celui de //. latidorsatum
peut le devenir ; si nous n'avons pas homologué l'espèce de la
ligure 6 à celle de la figure 7, c'est uniquement à cause de sa
petite taille. H. canarienne étant généralement deux fois plus
gros. Mais il me semble qu'en réalité cette dernière espèce
ue peut être considérée que comme une variété de //. lati-
dorsatum que nous savons si variable (1). Il existe d'ailleurs une
petite espèce, H. naniim de Brady, qui, ne différant de //. cana-
riense que par la taille (caractère infiniment variable suivant
les milieux), me semble n'être qu'une variété de celui-ci. Or,
elie ne diffère de V H. latidorsatum de la figure G que par son
test légèrement aplati, ce qui ne signifie peut-être rien et deman-
derait d'ailleurs à être étudié biométriquement
Voyons maintenant les formes de H. latidorsatum à poly-
gone tri modal ou bimodal. Il est facile de voir qu il n'y a
qu'une différence de degré entre ces formes à enroulement de
moins en moins régulier et //. globigeriniformis dont le poly-
gone serait toujours bimodal. Cette dernière espèce ne peut
|kis être considérée autrement que comme variété de H. lati-
dorsatum. Quant à //. glomeratum de Brady qui englobe dans
son test des fragments de Foraminiières en même temps que
des grains de sable, il est de toute évidence qu'il en faut faire
à peine une variété de H. globigeriniformis dont il ne diffère
point autrement.
Reste H. rotulatum que je n'ai point observé et H. anceps.
Je n'ai pu étudier cette espèce et savoir si elle ne renferme
point un ciment chitineux, auquel cas elle devrait par sa forme
rejoindre les Gaudryina dont je parlerai plus tard. Au cas où
elle serait un véritable Haplophragmium, elle apparaît comme
une simple exagération de la variété globigeriniformis^ ainsi
d'ailleurs que les espèces du genre Verneuillina classées à tort
parmi les Textularides
En résumé, un certain nombre à' Haplophragmium étant éli-
minés pour être situés dans un autre groupe, on voit que le
(1) J'ai constaté depuis, chez //. canariens'; la présence d'uni' cuticule, peut-être
chitineuse. Celle-ci expliquerait la forme des loges, qui n'est pas absolument sphé-
ruleuse chei cette espèce, et la rapprocherait alors de //. scitulum dans le groupe
des chitino-arénacés.
206
SÉANCE DU 13 DÉCEMBRE 1910
nombre des espèces appartenant à ce genre sensu stricto doit
être considérablement réduit, puisque, laissant de côté H. rotu-
lattim et H . anceps que je n'ai point étudiés, les //. canariense ,
nanum et globigerinifùrmis apparaissent comme des variétés
pures et simples d'une espèce déjà très variable : Haplophrag-
mium latidorsatum.
QUELQUES OBSERVATIONS SUR LE DÉVELOPPEMENT
WEDWARDSIA BEAUTEMPSI QUATR.
PAR
W. WIETRZYKOWSKI
Note présentée par M. L. Garreta.
Au mois de septembre de l'année courante, j'ai fait à la
station biologique de Roscoff quelques observations sur le
C
Fia. 1. — « Fusionnement » complet des blastomères du stade quatre : a, œuf, 1 h.
matin. — 6, stade quatre, 1 h. 25 m. matin. — c, « fusionnement » complet,
1 h. 42 m. malin. — d, stade seize, 2 h. matin (Oc. 4. Obj. A. Zeiss. Ch. claire
Abbe).
développement des Edwardsia. Je voudrais résumer briève-
ment les résultats auxquels je suis arrivé jusqu'à présent à ce
sujet.
SÉANCE DU 13 DÉCEMBRE 1910 207
Environ deux heures et demie après la fécondation, l'œuf
commence à se segmenter et forme immédiatement quatre
blastomères sans passer par le stade de deux. Ces blastomères
sont absolument égaux et très nettement séparés les uns des
autres. Vingt minutes après cette première division, il se pro-
duit un phénomène très particulier et qui est d'une généralité
absolue pour ces animaux. Les sillons très prononcés, qui
séparent les blastomères, commencent à s'atténuer, les contours
généraux à s'arrondir, les blastomères à devenir de moins en
moins distincts et finalement l'embryon devient absolument
sphérique sans traces apparentes de segmentation ni de cloi-
sons séparatrices.
Cet état n'est que de courte durée : quinze à vingt minutes ;
après on voit les blastomères réapparaître, d'une façon assez
rapide, mais cette fois au nombre de huit : chaque blastomère
du stade précédent s'étant subdivisé en deux par une cloison
équatoriale.
Ce phénomène a été observé sur tous les œufs très nombreux
mis en expérience et il parait être absolument normal et pro-
pre à l'animal. En effet, les œufs, provenant de pontes diffé-
rentes, étaient mis dans des conditions d'éclairage, de tempé-
rature etc., variées et cependant le phénomène se reproduisait
avec une régularité parfaite.
Je me propose dans un travail plus étendu d'étudier la
question, pour savoir jusqu'à quelles limites est poussé ce fu-
sionnement. Je mentionnerai seulement ici l'intéressante expé-
rience faite à ce sujet par mon ami le Dr J. S. Alexandrowicz
qui a placé les œufs fécondés dans une solution extrêmement
diluée de bleu de toluidine. Les œufs se sont fortement colo-
rés sans qu'il y ait une altération quelconque dans la marche
générale du développement jusqu'à des stades très avancés.
Or, au moment du « fusionnement » complet des quatre blas-
tomères, on pouvait remarquer assez nettement à la surface de
l'embryon deux lignes en croix, plus claires que les parties
environnantes. Ces lignes correspondaient exactement à l'empla-
cement des cloisons séparatrices des blastomères primitifs. On
peut donc supposer qu'il ne s'agit pas ici d'un « fusionnement »
à proprement parler, mais d'un resserrement des blastomères
avant le passage du stade quatre au stade huit.
La segmentation ultérieure poursuit sa marche normalement.
Cependant on constate quelquefois le même « fusionnement »
de huit blastomères suivi de la division en seize, mais plus sou-
Ball. de la Soc. Zool. de Fr., 1910. xxxv — lu
'208
SÉANCE DU 13 DÉCEMBRE 1910
vent on observe des « fusionnements » partiels. Les blastomères
au stade huit se fusionnent par paire, chaque paire étant consti-
tuée de cellules issues du même blastomère du stade précédent.
On obtient ainsi quatre blastomères au lieu des huit primitifs,
et vingt minutes après on a seize blastomères.
Ce « fusionnement » partiel est loin d'être aussi général que
le « fusionnement » complet du stade quatre. Le « fusionne-
ment » partiel s'observe aussi, mais encore plus rarement,
dans les stades seize et trente-deux et encore toutes les paires
de blastomères ne se « refusionnent » pas.
La segmentation aboutit à la formation d'une blastula sans
polarité visible. L'endoderme se forme par bourgeonnement
unipolaire. La larve se couvre de cils vibratiles et se met à
e
Fig. 2. — « Fusionnement » partiel de blastomères du stade huit : a, stade huit,
2 h. 40 m. matin. — b, « fusionnement » partie], 3 h. matin. — c, stade seize,
3 h. 17 m. matin (Oc. 4. Obj. A. Zeiss. Ch. claire Abbe).
nager très activement. Elle s'allonge et à l'extrémité anté-
rieure se munit d'une houppe de cils plus grands que ceux
qui couvrent le reste de la larve. A l'extrémité postérieure se
forme une invagination ectodermique profonde qui se met en
communication avec la cavité endodermique déjà constituée.
Finalement l'endoderme forme huit plis longitudinaux ou
cloisons.
Les larves ainsi constituées vivaient un mois dans l'aquarium
sans changer de forme ni pousser de tentacules. C'est à ces
stades que j'ai dû arrêter mes observations.
Séance du 27 décembre, 1910.
PRÉSIDENCE DE M. TROUESSART, ANCIEN PRÉSIDENT
M. T. J. Ponting, lieutenant, 92 Punjabis, Mandalay, Upper
Burma, lndia, propose à la Société d'acquérir un jeune Ours
de 8 mois, qu'il a capturé dans la jungle.
M. Delorme, licencié ès-sciences, demeurant 22, avenue de
Clichy, à Paris (18e), est présenté par MM. Chatfcou et
Hérouard.
Un journal quotidien ayant annoncé récemment le retour
des Hirondelles dans le Puy-de-Dôme, notamment dans les
greniers de la mairie de Combronde, le 13 décembre dernier,
M. Petit a demandé des renseignements complémentaires à
M. le maire de Combronde, qui lui a répondu : « Le fait
publié par les journaux de la présence des Hirondelles à Com-
bronde est bien exact. Mais elles ne sont pas restées ; elles ont
séjourné seulement pendant la journée du 13 courant. C'étaient
sans doute des retardataires qui gagnaient le midi. 11 yen avait
cinq ou six... L'hôtel de ville est installé dans un ancien châ-
teau qui domine toute la ville, et par ce fait se trouve être un
point de repère pour les Hirondelles de passage. »
L'ordre du jour appelle le dépouillement du scrutin pour
l'élection du Bureau et du tiers sortant du Conseil.
MM. Brément, Kollmann et Reyckaert sont nommés scruta-
teurs.
Sur 135 votants, ont obtenu, comme :
Président R. Kgebler, 130
, . , ( A. Dollfus, 134
Vice-présidents J L Roule> m
Secrétaire général . . A. Robert, 133
, . \ P. de Beauchamp, 129
Secrétaires , E Chatton, 131
Trésorier L. Vignal, 135
VOIX.
210
SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1910
Archiviste-bibliothécaire
Membres du Conseil pour 1911.
Il y a de plus cinq bulletins nuls, pour défaut de signature
sur l'enveloppe extérieure.
L.
Germain,
134
A.
Bavay,
130
L.
.loUBIN,
131
J.
Pellegrin,
134
E.
Trouessart,
133
Ouvrages offerts
Brôlemann (H. W,). Polydesmiens pyrénéens [Bull. Soc. Sci.
Toulouse, XLIil, 1910, p. 61-84, 5 pi.).
Brôlemann (H. W.). Biospeoiogica. Syiuphyles, Pselaphognathes
Polydesrnoides et Lysiopétaloides (Myriapodes). (Arch. Zool. exp.,
(4), V, p. 339-378, pi. iv-vil.)
SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1010 211
ARCHILOA RIVULARIS n. g. n. sp.
TURBELLARIÉ ALLŒOCŒLE D'EAU DOUCE
PAR
P. de BEAUCHAMP,
Préparateur à la Faculté des sciences de Paris.
Le sous-ordre, assez peu homogène, des Rhabdocœles
Allœocœles, est actuellement, comme on le sait, divisé en trois
groupes (voir von Graff, 1907-08) : les Cyclocoeles, peu nom-
breux et exclusivement d'eau douce; les Holocœles, assez riches
en espèces, mais exclusivement marins à l'exception de Pla-
giostoma Lemani (du Plessis), dont j'ai eu l'occasion de parler
ici même; enfin les Crossocœles, également marins avec une
forme d'eau douce (d'ailleurs douée d'une abondante synony-
mie), Otomesosto?na auditivum (du Plessis) (1). C'est au même
groupe que se rapporte l'espèce nouvelle dont il va être ques-
tion, différente de la précédente par de nombreux caractères
qui ressortiront de sa description (2). Avant celle-ci, nous
exposerons brièvement les conditions où elle a été rencontrée
et qui rendent assez vraisemblable son origine marine récente.
A 2 km. à l'est de Saint-Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées), en
suivant la côte vers Guéthary, la falaise est interrompue parla
petite anse où se trouve la propriété d'Etchébiague, un peu
au delà du calvaire d'Archiloa auquel j'emprunte le nom géné-
rique. Là viennent tomber deux ruisseaux qui se réunissent en
un bras long d'une centaine de mètres, complètement séparé
de la mer en temps ordinaire par une digue de sable et de
galets à travers laquelle l'eau filtre jusqu'à celle-ci ; elle est
(t) Je suis étonné que von Guaff, dans son relevé général de l'éthologie des
Rhabdocœles, n'ait point compris îe genre Monocelis parmi ceux qui peuvent vivre
en eau saumàtre : j'ai personnellement trouvé plusieurs fois des représentants de ce
genre dans des eaux à salure très variable, notamment à Roscoff (Finistère) et au
Grau du Roi (Gard).
(2) Hallhz (1910) propose une classification différente : il écarte le genre Oloplana,
qui était le type de la seconde famille de Crossocœles, du genre Monocelis qui cons-
titue la première, pour le réunir aux Bothrioplanidés (Cyclocœles), avec son genre
nouveau Bolhriomolus ; il ne parle pas à'Otomesostoma qu'il reporte sans doute
des Otoplanidés aux Monocelididés. C'est en tout cas à cette dernière famille qu'ap-
partient Archiloa.
212 SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1910
.donc parfaitement douce. Mais il arrive de temps en temps
qu'à la suite d'une tempête coïncidant avec une forte marée,
une brèche s'ouvre dans la digue mettant en communication la
partie terminale, assez profonde, avec la mer, et que des
paquets d'Algues arrachées y soient même refoulées. Il y a
une différence de niveau assez sensible entre l'embouchure des
deux ruisseaux et cette partie terminale, de sorte que, dans la
partie moyenne, l'eau court sur un lit de cailloux aux points
les plus resserrés, et que l'eau salée n'y peut, sinon parvenir,
au moins séjourner. C'est en cet endroit qu'Arc/nloa rivularis
se trouve en grande abondance sous les cailloux facilement
accessibles ; quelques individus jeunes peuvent être pris au
filet fin, nageant jusque dans la fosse terminale. Le reste de la
faune ne m'a paru comporter que des espèces franchement
d'eau douce, notamment pour les Mollusques ; j'en excepte une
Némerte intéressante dont je poursuis l'étude avec mon ami
M.OxNERet qui vit avec le Turbellarié. Par contre, le fond et les
bords sont tapissés d'Entéromorphes ; on sait d'ailleurs que ces
Algues, sans s'écarter jamais beaucoup de la mer, peuvent
vivre en des points en communication très médiate avec elle
et où l'eau est douce de façon à peu près permanente.
Archiloa remonte jusque dans l'embouchure des deux ruis-
seaux, où elle est mélangée à Planaria gonocephala Ant. Dugès
et Poli/celis nigra (Millier); je n'ai pu la retrouver plus haut
sur leur cours, ce qui peut tenir simplement au changement
de faciès : ils courent à travers des prés et des bois sur un
fond purement vaseux, sans aucun caillou sous lequel chercher
l'animal-, je n'ai rien trouvé dans la vase. Les Entéromorphes
ne remontent pas plus haut non plus. Je l'ai cherché en vain
dans les ruisseaux de l'intérieur des terres. D'autre part, dans
les fossés et marais du Socoa, où la faune marine pénètre à
chaque grande marée et où vivent de façon permanente cer-
taines espèces saumâtres comme Sphœroma serratum, je n'ai
pu trouver que des Rhabdocœles d'eau douce, les ubiquistes
Macrostomwnappendiculatum (0. Fabr.) et Stenostomum leucops
(Ant. Dug.) ; les pierres y manquent d'ailleurs également.
Archiloa rivularis est un petit Turbellarié long de 4 à 5mm,
blanchâtre et translucide; sa forme est lancéolée (tig. 1, .4),
plus courte et plus aplatie que dans la plupart des Monocelis,
genre avec lequel sont ses affinités les plus étroites. Après fixa-
tion au sublimé, on voit eu général l'extrémité céphalique
séparée par une constriction comme on l'observe en pareil cas
SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1910
213
-l/C
-i\
-/-yLy-Vy&f
^
P)
c
Fig. 1. — Archiloarivularis n. g. n.sp.
A, vue d'ensemble, x 40. i", intestin;
o£, otocyste; ov, germigène ; p, pé-
nis ; ph, pharynx ; /, testicules ; v,
vagin ; w, vitellogène ; c? ?. orifice
copulateur commun; Ç orifice de
ponte. B, détail de l'extrémité du
pénis. C, de Totocyste. D, coque ou-
verte d'un œuf éclos.
chez Monocelis balanocephala
(Bôhmig) et d'autres espèces
voisines. Le revêtement ciliaire
est uniforme sur tout le corps :
pas de fossettes, d'oreillettes
ni de soies céphaliques comme
chez Ototyiesostoma, Otoplana
et Bothriomolus. Les rhabdites
sont abondants, de nombreuses
glandes muqueuses s'ouvrent
sur l'extrémité céphalique ; la
caudale est couverte, surtout
sur la face ventrale, de papilles
adhésives, et peut s'aplatir et
s'étaler pour faciliter l'ancrage
comme dans Monocelis lineata
entr'autres (von Graff, pi. m,
fig. 24) ; à ces papilles abou-
214 séance, nr 27 décembre 1910
tissent de petits bouquets de glandes qui y déversent la sécré-
tion gluante. Mentionnons de suite l'otocyste (ot), caractère
constant chez les Oossocœles bien qu'exceptionnel chez les
autres Rhabdocœles, qui est enchâssé dans l'extrémité anté-
rieure du cerveau ; il n'existe aucune trace d'yeux â son voisi-
nage, non plus que de pigment dans le reste du corps. L'oto-
lithe (lig. 1, c) est flanqué de deux petites pierres accessoires
comme dans beaucoup d'espèces voisines.
Le tube digestif comprend un intestin (i) s'étendant du cer-
veau à l'extrémité inférieure et dont les bords sont ondulés
plutôt que franchement lobés (le caractère crossocœle est aussi
peu marqué que possible), et un pharynx (ph) conforme par
contre au type général du groupe : c'est un « pharynx plica-
tus » en forme de tube court ou de clochette, aussi complètement
libre dans sa gaine qu'un pharynx de Triclade, car il est formé
dun repli annulaire du parenchyme avec des couches muscu-
laires développées sous ses faces libres et non d'une masse
musculaire compacte en majeure partie noyée en lui, comme
c'est le cas général des Rhabdocœles vrais. Il est dirigé obli-
quement, de haut en bas et d'arrière en avant, vers la bouche
située sensiblement au milieu du corps. Je n'ai pas de données
précises sur le système nerveux, ni l'appareil excréteur.
L'appareil génital est malheureusement difficile à étudier,
le développement de ses parties étant très inégal suivant les
moments, et son étude a laissé subsister quelques lacunes et
quelques incertitudes. J'en ai néanmoins pu reconnaître avec
assez de précision les caractères principaux, qui légitiment l'éta-
blissement d'un genre nouveau, et que je vais énumérer briè-
vement sans entrer dans les détails histologiques. Dans le
genre Monocelis, les travaux les plus récents (voir Ada Midel-
burg, 1907, et von Graff, pi. xxx, fig. 17) ont fait admettre la
présence générale de deux orifices femelles : l'un en dessous de
l'orifice mâle, qui est le vrai orifice de ponte, la vulve primi-
tive, l'autre au-dessus, où aboutit la « bursa seminalis » à paroi
musculeuse, qui arrive comme l'autre à Toviducte commun et
sert à la copulation. Primitivement, l'un ou l'autre de ces ori-
fices avait seul été vu dans la plupart des espèces, ce qui avait
induit von Graff à scinder ce genre en deux, Automolos et
Monotus, suivant la disposition réciproque des orifices des deux
sexes. Le genre nouveau Ârchiloa sera caractérisé par le fait
qu'à partir de cette disposition fondamentale, l'orifice Ç supé-
rieur et l'orifice çf se sont fusionnés, la poche séminale s'ou-
SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1910 215
vranl dans la gaine du pénis qui devient un véritable atrium
commun, disposition inconnue jusqu'à ce jour chez les formes
voisines, où quand un orifice 9 es^ confondu avec l'orifice çf ,
c'est l'orifice primitif, existant seul d'ailleurs le plus souvent.
La disposition des glandes génitales elles-mêmes est peu
caractéristique : les testicules petits et globuleux (te) sont au
nombre d'une quarantaine dans la partie supérieure du corps,
entre le pharynx et le cerveau ; les germigènes (ov) forment
deux petites masses allongées de part et d'autre de l'insertion
du pharynx sur l'intestin, les vitellogènes (vi) deux bandes
latérales s'arrètant au quart supérieur et au quart inférieur du
corps, très profondément incisées et lobées sans pourtant se
dissocier en follicules séparés. Je n'ai pu m'assurer formelle-
ment ni de l'existence d'une enveloppe propre autour des
gonades, ni même de celle de conduits évacuateurs individua-
lisés, qu'il m'a été impossible, malgré des recherches minu-
tieuses, de retrouver sur les coupes, C'est d'ailleurs un cas
assez fréquent chez les Allœocœles, bien que non chez les
voisins les plus immédiats de notre forme.
L'orifice 9 indépendant (fig. 1, A) est situé sur la face
ventrale au tiers inférieur du corps à peu près, et l'orifice
commun à mi-chemin entre lui et la bouche. De ce dernier,
qui est une courte fente longitudinale, part un canal vestibu-
laire (fig. 2) qui se dilate rapidement en une vaste cavité
arrondie, entourée d'une double couche croisée de fibres mus-
culaires (l'interne parait n'exister que dans la partie dorsale).
A son intérieur, nous trouvons le pénis (p), qui s'écarte fort du
type habituel chez Monocelis : au lieu d'être court, conique,
inerme ou pourvu d'un tube chitineux ou d'une couronne de
spicule=>, il forme un long tube hérissé de petits crochets à
pointe dirigée vers sa base (fig. 1, B), qui s'invagine en doigt
de gant, les crochets passant par conséquent à l'intérieur du
canal éjaculateur, et au repos se trouve rétracté et plus ou
moins replié dans l'atrium génital (la fixation au sublimé en-
traine en général sa dévagination). La seule Monocelis qui
possède quelque chose d'analogue est M. unipunctata (0. Fabr.)
qui a aussi un pénis long et échinulé. Il serait intéressant de
rechercher dans cette espèce l'existence et les rapports de la
poche séminale dont la figure de Jensen (1878, reproduite par
von Graff, pi. xxiv, fig. 14 ; je n'ai pu me procurer la descrip-
tion de M. Schultzr, 1851) ne montre aucune trace ; il se peut
que certaines des espèces actuelles du genre Monocelis, qu'une
21 6
SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1910
étude plus étendue conduira sans doute à démembrer, doivent
rentrer dans Archiloa.
A sa partie proximale, le pénis s'élargit en un bulbe (bp)
entouré d'une musculature propre et tapissé, au lieu de la
cuticule différenciée en crochets, par des cellules très hautes
à contenu granuleux : elles élaborent la sécrétion accessoire
ibdocceles ; la
salement
a contenu granuleux : eues élaborent la sécrétion ac(
spéciale bien connue dans tous les pénis de Rhabdocce
vésicule séminale proprement dite (vs) est placée latén
Fig. 2. — Archiloa rivularis n. g. n. sp. Vue latérale schématique de la région
génitale, reconstruite d'après les coupes. Mêmes lettres et : bp, bulbe du pénis;
cd, canaux déférents ; ge, glandes éosinophiles de l'orifice Ç ; Ip, ligament du pénis ;
od, germiducte ; oo, ootype ; vd, vitelloducte ; vs, vésicule séminale.
à ce réservoir, et entourée d'une musculature distincte moins
forte que la sienne ; par un étranglement traversant la paroi
de l'atrium, elle communique avec un autre renflement, à paroi
peu individualisée du parenchyme adjacent, qui est évidem-
ment le point où aboutissent les canaux déférents (cd). Un
certain nombre de cellules glandulaires s'insèrent sur l'atrium
à ce niveau. Mentionnons enfin une sorte de ligament qui
s'étend de la base du pénis à la paroi supérieure de l'atrium
SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1010 217
où il s'insère dans une dépression : il est creux et transversa-
lement ridé de façon régulière. Je n'ai pu encore me rendre
compte avec précision de ses rapports et de son rôle, qui est
sans doute la rétraction du pénis.
C'est auprès de son point d'attache, au plafond de la cavité
atriale, que vient s'ouvrir la poche séminale (y), pour laquelle
le nom de vagin serait d'ailleurs beaucoup plus approprié.
C'est un large conduit revêtu d'une cuticule basophile plissée
qui proémine dans la cavité en hautes papilles. Sa musculature
est très développée et comprend une couche longitudinale
interne et une couche circulaire externe ; l'épithélium semble
n'être représenté que par des cellules isolées situées plus pro-
fondément et envoyant des prolongements difficiles à voir dans
la couche sous-cuticulaire : disposition connue en beaucoup de
points chez les Platodes (et, comme je l'ai montré, chez les
Rotifères), et notamment dans la poche séminale des Mono-
celis d'après Midelburg [« Epithelium eingesenkt »].
Le vagin se dirige en haut, puis se recourbe en avant et vient
déboucher dans une vaste cavité que j'appellerai ootype (oo),
dont la structure est un des points qui me sont restés le plus
obscur : parfois elle se réduit à un très petit espace libre immé-
diatement sous-jacent à la gaine du pharynx ; le plus souvent
elle est extrêmement dilatée, formée d'une partie médiane où
débouche le vagin et de deux sacs latéraux qui le contournent
et reviennent presque au contact en arrière de lui. En avant,
elle est limitée par une couche assez épaisse de petites cellules
conjonctives stratifiées, mais en arrière elle n'a pour ainsi dire
pas de parois propres. Elle est toujours alors remplie d'une
substance anhiste, finement granuleuse et prenant assez faible-
mement le lichtgrûn, dans laquelle est creusée une cavité con-
centrique plus ou moins développée ; cette substance est re-
présentée en grisé dans la figure 2. Il m'est impossible de
faire aucune hypothèse sur son rôle et sa nature ; il ne parait
pas y avoir à proximité de glandes assez développées pour la
sécréter. C'est évidemment dans la même cavité qu'aboutissent
les germiductes et vitelloductes ; j'ai aperçu les premiers sur
le vivant (fîg. 1, A), mais comme je l'ai dit, je n'ai pu les
retrouver sur les coupes et les ai indiqués arbitrairement sur
la fîg. 2 (od et vd).
La communication de l'ootype avec l'orifice 9 inférieur est
presque aussi difficile à voir ; je crois pourtant l'avoir observée
sûrement sous forme d'une lacune bordée par des tractus du
2 IN SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1010
parenchyme qui contourne dorsalement l'atrium ; la partie ter-
minale du canal est seule individualisée, sans musculature
d'ailleurs, mais entourée d'une collerette de glandes à petits
grains prenant l'éosine avec intensité {gè). Tous les points dou-
teux de cette description de l'appareil 9 — qui paraissent
d'ailleurs difficilement susceptibles d'une autre interprétation —
ne pourront être éclairés que par l'étude d'animaux en pleine
activité de ponte où l'on pourra observer les voies de passage
des produits génitaux. Il se peut qu'il y ait encore une poche
utérine virtuelle au-dessous de l'orifice inférieur, comme le
figure Jensen chez Mon. unipunctata.
Je n'ai en effet pu observer aucun individu renfermant des
œufs dans les voies génitales : à Saint-Jean-de-Luz même, je
n'en avais trouvé aucun et les individus que j'avais rapportés
à Paris ont pondu à un moment où il m'était impossible de
m'occuper d'eux; j'ai trouvé fixés aux parois du bocal des œufs
ovoïdes mesurant 175 x 150 [j_, à coque brune, mais mince et
transparente, qui s'ouvrent régulièrement par un clapet pour
laisser sortir l'embryon (fig. 1, D). Comme on pouvait s'y
attendre pour une forme d'eau douce, l'animal n'éclot pas à
un stade très précoce, avec une forme globuleuse, comme chez
Monocelis hyalina van Beneden et Bothriomolus constricttts
Hallez, les deux seuls Crossocœles sur le développement des-
quels nous ayons des données, mais avec l'aspect et les princi-
pales différenciations de l'adulte. Tous sont morts très rapi-
dement dans mon bocal. Après la ponte, les organes copula-
teurs d'Archiloa régressent en quelques jours complètement,
même le pénis, si différencié (tandis qu'un rudiment des go-
nades même subsiste), et l'on n'en retrouve aucune trace sur
les coupes, ce phénomène peut contribuer à expliquer les
lacunes dans ma description des voies génitales ; il s'en suit un
raccourcissement de la région caudale, qui reporte la bouche
vers le tiers inférieur. Puis les animaux succombent, sans qu'on
puisse dire si c'est un phénomène normal ou dû à la captivité.
OUVRAGES CITÉS
1907-08 Graff (L. von). Turbellaria Rhabdocœlida [Brontïs Ovdn.
und Kl. des Thierr., IV, Leipzig).
1910 Hallez (P.). Un nouveau type d'Alloïocœle, Bothriomolus cons-
trictus n. g. n.sp. (Arch.Zool.Eocp., (5),III,p.611-64,pl.xvni-xx).
SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1910
219
1878 Jensen (0. S.). Turbellaria ad litora Norvegise occidentalis
(1 vol. fol., 91 p., 8 pi., BergeD).
1907 Midelburg (Ada). Zur Kenntniss der Moaocelididee. [Zeilsehr.
wiss. Zool., LXXXIX, p. 81-108, pi. vi).
1851 Schultze (M.). Beitrâge zur Nalurgeschichte der Turbellarien
(1 vol. in 4°, 78 p., 7 pi., Greifswald).
SUR LA TERMINAISON DU TUBE DIGESTIF DES ÏXOBIBJE
PAR
G. BLANC,
Préparateur à la Faculté de médecine de Paris.
L'anatomie interne des Ixodidœ- a fait l'objet de nombreuses
études et les différents auteurs qui en ont traité ne sont pas
Fig. 1. — Rectum d'Ornithodorus moubata $ avec ses trois diverticules. —
E, estomac; 0, oviductes; TC, tube de communication; TM, tube de Malpighi ;
Du diverlicule antérieur récliné à droite ; Z)2 et D3, diverticules postérieurs.
tombés d'accord sur les relations qui existent entre l'estomac
220
SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1910
et l'organe que les uns appellent rectum et qui pour les autres
est une vessie urinaire.
Sans vouloir donner une liste complète des auteurs, il suffira
de citer Treviranus, Leydig, Heller, Pagenstecher, Norden-
skiold, etc., parmi ceux qui admettent une communication ;
Brandes, Wagner, parmi ceux qui la nient.
Récemment, la démonstration du rôle important joué par
E
Fig. 2. — Rectum d'Argas persicus Ç avec ses deux diverticules contournés et
remplis de sang. — TC, tube de communication ; R, rectum ; TM, tube de Mal-
pighi ; Dd, diverticule droit; Dg, diverticule gauche ; S, sang.
ces Acariens dans la transmission des maladies infectieuses,
telles que les spirochétoses et les babésioses, a attiré pins par-
ticulièrement l'attention sur eux. Et avec les nouvelles études,
les mêmes divergences d'opinion se sont rencontrées.
Bonnet (1), dans un travail très consciencieux, arrive à cette
conclusion que « le tube digestif (des Ixodidv) est un organe
(1) A. Bonnet. Recherches sur l1anatomie comparée et le développement des
Ixodidés (Thèse de doctorat. Lyon, 1907, p. 67-91)
SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1910
221
aveugle sans communication avec le rectum ou vésicule excré-
trice ». Le professeur R. Blanchard (1) reprend cette idée et
propose d'appeler urodoque cette vésicule, cependant que
Stephens et Christophers (2), Newstead (3) figurent un tube de
communication. Tout dernièrement enfin, Castellani et Chal-
mers(4) posent la question sans la résoudre.
J'ai eu l'occasion d'étudier au la-
boratoire de parasitologie du pro-
fesseur R. Blanchard un grand
nombre d'Ixodidœ, et j'ai pu me
convaincre que bien réellement le
tube digestif de ces Acariens com-
munique avec Je rectum, et de là
avec l'extérieur.
L'on sait que la famille des Ixo-
didœ se divise en deux sous-fa-
milles, les Ixodinap et les Argnsinœ,
représentées, la première par les
genres où le rostre est terminal,
la seconde par ceux où il est ven-
tral.
Chez les Argasi?ia3, la communi-
cation entre l'estomac et le rectum
est très visible, et c'est justement
ce groupe qu'ont plus particulière-
ment étudié les auteurs qui arrivent
à cette conclusion : Pagenstecher,
Stephens et Christophers, etc. Chez
les Ixodinse, au contraire, il est beaucoup plus difficile
de mettre cette communication en évidence, et c'est en se
basant sur l'étude de cette sous-famille que Wagner, Brandes
et surtout Bonnet ont attribué à la famille entière des Ixodidœ
un tube digestif aveugle.
La divergence d'opinion tient donc surtout à la différence du
matériel d'étude.
Fig. 3. — Coupe longitudinale
du rectum et du tube de com-
munication chez A. persicus Ç ;
lettres, même signification que
dans les figures précédentes.
(1) Blanchard (R.). L'Insecte et l'Infection (1er fascicule: Acariens, p. 35-36.
Paris, 1909).
(2) Stephens et Christophers). The practical study of Malaria and other Blood
parasites (Third édition. London, 1908).
(3) Newstead (II.). On the External Anatomy of Ornithodoros mouhata Murray
{Lioerpool school tropical medicine. Mémoire XVII, p. "21-25, pi. iv).
(i) Castlllani et Chalmebs. Manual of tropical medicine p. 463-166. London,
1910).
222
SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1910
J'ai étudié com-
me Argasinse : Or-
nithodorus Savi-
gnyi (Audouin),
0. moubata (Mur-
ray), Argas per si-
ens Fischer de
Waldheim.
Comme Ixodi-
_ M nse : Ixodes hexa-
' I » g omis Leach, Ixo-
des ricinus (Lin-
né), Rhipicephalus
sanguineus ( La-
treille), Dermacen-
tor reticnlatus (Fa-
bricius), Esema-
physalis concimicft
Koch(l).
TC
Fie. 4. — Rectum ^ Ixodes hexagonus Ç ; mêmes lettres
que précédemment.
Fia. 5. — Coupe longitudinale du rectum et de l'esto-
mac de Ixodes Ç ; mêmes lettres. On voit un tube
de Malpighi déboucher dans le rectum.
a) Argasinse. —
Chez Ornithodo-
rus, de la partie
médiane de l'esto-
mac part un tube
étroit, de 80mm de
diamètre, long de
lmm200 qui, pas-
sant au-dessus des
organes génitaux,
va se jeter à la
partie médio-ven-
trale du rectum ;
celui-ci est formé
de trois lobes sen-
siblement égaux
dont l'un, supé-
(1) Je tiens à remer-
cier ici M. le Dr Brumpt
qui m'a communiqué la
plupart des espèces que
j'ai eues à ma disposi-
tion, et qui m'a fait pro-
fiter de sa grande expé-
rience pour tout ce qui
concerne l'élevage des
lxodidie.
SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1910
223
rieur ou plus exactement antérieur, est médian par rapport
aux deux autres postérieurs (fig. 1).
Chez Argas le tube de communication est plus court, 160 \l
environ, il aboutit à la partie antérieure du rectum plus ou
moins dilaté par le sang ingéré et auquel font suite deux tubes
aveugles tantôt minces, de la longueur du rectum proprement
dit, tantôt affectant des formes contournées et pouvant prendre
une extension considérable lorsqu'ils sont gorgés de sang (fig. 2).
En faisant gorger des Argas à jeun depuis un certain temps,
j'ai, par des dissections journa-
lières, pu assister au passage
progressif du sang de l'estomac
dans le rectum. Dans les cas
que j'ai examinés, ce passage
se faisait le 10e jour environ
après la piqûre.
En élevage, ces animaux dé-
posent sur le papier contenu dans
le tube qui les renferme, des
traces noires de sang digéré.
En coupes en série, longitudi-
nales et transversales, on trouve
un canal bordé d'un épithélium
non plasmodique comme celui
de l'intestin , mais constitué
par des cellules à gros noyau
ovale, à contours peu précis,
analogues à celles du rectum
Fig. 6. — Rectum de Rhipicephalus;
mêmes lettres.
(fig. 3).
(3) Ixodinse. — Chez Ixodes (fig. 4), un diverticule médian
de l'estomac vient s'accoler au rectum, qui mérite bien ici son
nom de vésicule excrétrice. Il est sphérique, sans expansions
latérales et rempli généralement de cristaux de guanine. Chez
les femelles adultes, malgré de très nombreuses dissections,
je n'ai trouvé qu'une seule lois du sang dans le rectum.
Les Ixodes gorgés, que l'on garde en élevage, ne défèquent
pas de sang comme les Argas, mais de la guanine. Les femelles
pondent (1) bientôt des œufs en grande quantité, maigrissent;
(1) A condition toutefois qu'on les laisse se détacher elles-mêmes de l'animal sur
lequel elles sont fixées. Bien des fois M. Brumpt a constaté ce fait sur ses élevages :
on retire l'animal avant sa replétion totale, il meurt sans pondre.
Bull, de la Soc. Zool. de Fr. 1910.
XXXV
22ï
SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1910
leur tégument est sillonné de plis profonds et présente par
endroits des plaques jaunâtres de guanine vue par transparence;
bientôt elles meurent, tuées par la lithiase. Par contre les
nymphes, les adultes jeunes, les mâles, se comportent comme
des Argasinse et défèquent du sang. La communication entre
l'estomac et le rectum garde sa fonction physiologique qu'elle a
TC
Fig. 7. — Coupe longitudinale du rectum et du tube de communication
chez Rhipiçephahis ; mêmes lettres. — G, guanine.
perdue chez la femelle gorgée. M. Brumpt a eu l'obligeance
de me faire assister à ce phénomène sur des nymphes de
Dermacentor et sur de jeunes mâles iï Hœmaphysalis.
Sur des coupes en série, on retrouve le tube de communica-
tion (fig. o) court, 500 [X de long sur 240 de large, à lumière
très étroite, constitué par un épithélium à cellules mal diffé-
renciées, dont les noyaux sont pressés et plus petits que ceux
des tubes de Malpighi.
SÉANCE DU 27 DÉCEMBUE 1010
225
Rhipicephalus (fig. 6 et 7) présente à peu près les mêmes
dispositions générales, le canal est plus long, la lumière est
plus large et sur les coupes elle se montre perméable.
A l'aide de ces quelques exemples pris chez les Argasinx
et chez les lxodi/uv, nous arrivons à cette conclusion que dans
la famille des Ixodidœ la disposition terminale du tube digestif
rentre dans le cas général. Si physiologiquement il peut
arriver que la communication entre l'estomac et le rectum soit
suspendue, anatomiquement elle persiste toujours.
LE PLANKTON DE LA BAIE DE LA HOUGUE
PAR
E. FAURÉ-FREMIET
Infusoires ciliés
La baie de la Hougue, largement, ouverte au vent d'amont
et parcourue par de forts courants de marée, présente un plank-
ton identique dans ses grandes lignes à celui de la Manche.
Des pêches effectuées au mois de novembre en divers lieux,
soit aux environs du laboratoire de Saint-Vaast, soit vers le
large, m'ont donné les formes suivantes :
Dinoflagellates : Peridinium divergens (assez abondant),
Ceratium fusas (peu abondant),
Gymnodinium spirale (rare),
Prorocentrum micans (peu abondant), ainsi
que quelques Polykrikos;
Codonella ventricosa var. major ,
— — var. minov,
Strombidium marinum sp. nov.,
Coleps fusus ;
Formes larvaires : Plutei (assez nombreux),
Cyphonautes compressas ( Membrampora
pilosa) (très abondant),
Mitraria (peu abondant),
Larves d'Acéphales (très abondantes) ;
Formes adultes : Sagilta (indéterminées),
Oïkopleura dioïca (assez abondant).
J'ajouterai que les Copépodes sont très abondants (ces orga-
nismes sont étudiés avec le plus grand soin par le Dr Semichon,
226
SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE l!MO
je ne les énumère donc pas), et que j'ai rencontré quelques
rares Cydippes.
Ces résultats sont, on le voit, conformes à ceux de la « Plank-
ton Expédition » qui a traversé la Manche à la même époque
de Tannée 1883.
SUR DEUX INFUSOIRES PLANKTONIQUES
PAR
E. FAURÉ-FREMIET
J'ai trouvé dans le plaukton de la haie de la Hougue, outre
les deux formes que j'ai déjà décrites de Codonella ventricosa
(sur lesquelles je reviendrai une autre fois), deux Infusoires
intéressants.
L'un est le Çoleps fums de Lachmann, trouvé par cet auteur
sur les côtes de Norvège et très bien
décrit. Cette espèce est plus allongée que
le Coleps hirtus, et présente la forme
d'un cigare ; l'extrémité antérieure est
amincie, les dents formées par les pièces
du dernier verticille de la cuticule sont
acérées ; l'extrémité postérieure se ter-
mine par une pointe aiguë. L'ornemen-
tation des pièces de la cuticule est très
simple (fig. 1) et comporte seulement
quatre prolongements en forme de dents
du bord épaissi. Les cils sont rares. La
natation de l'Infusoire est très rapide.
L'autre espèce (fig. 2) n'a pas encore,
je crois, été décrite. C'est un Strombi-
dium que je propose de nommer mari-
num (sp. nov.). Cet Infusoire est ovoïde,
avec l'extrémité antérieure tronquée
par le péristome qui peut s'ouvrir lar-
gement en s'incurvant au dehors, et l'ex-
trémité postérieure se termine en une pointe aiguë sur le côté
de laquelle on découvre l'anus. Le péristome porte une frange
ad orale, composée de 30 membranelles, fermée sur elle-même
extérieurement, mais dont une extrémité descend intérieure-
ment au fond du cytostome. Il n'existe pas de vacuole excré-
Fîg. 1. — Coleps fusus
Lachmann.
SÉANCE DU 27 DÉCEMBRE 1910
•227
trice, mais le lieu où se trouve celle-ci chez les autres espèces de
ce genre, situé au point où le cytostome s'enfonce brusquement,
est le siège de mouvements ondulatoires assez curieux et dont
le rôle m'échappe.
Le noyau est sphérique, accompagné d'un petit micronucleus.
Le cytoplasma présente la structure fîlaire que j'ai décrite chez
les Stentor et les Nassula.
Le Strombidium marinum nage avec une très grande vitesse,
Fig. 2. — Strombidium marinum n. sp.
aussi bien en avant qu'en arrière, en traçant un parcours héli-
coïdal. Il se nourrit de proies volumineuses telles que des
Diatomées.
Le Coleps fusas comme le Strombidium marinum sont très
difficiles à retrouver dans le plankton fixé, car ils sont toujours
altérés dans leur forme par les réactifs.
Ce sont deux Infusoires intéressants à comparer parce que,
appartenant à deux groupes différents, ils paraissent aussi bieu
adaptés l'un que l'autre à la vie pélagique tant par la vivacité
de leurs mouvements que par la faculté de s'attaquer à de
grosses proies, ou de les ingérer purement et simplement.
ESPECES ET VARIETES NOUVELLES
DÉCRITES DANS LE BULLETIN DE 1910
Reptile.
Oligodon Herberti var. EberhardU nov. var. Pellegria 30-
Mollusques.
Pupa kanalensis nom. nov. Caziot. . 158
Insectes.
Hylophilus callanganus Pic 61
Hylophilus [Olotelus] brevissimus Pic 61
Physcius longipennis Pic 60
Crustacés.
Aplostoma magellanica Ghatton et Brément 82
Aplostoma sacculus Chatton et Brément 86
Rotifère.
Dipleuchlanis n. subgen. de Beauchamp 122
Vers.
Archiloa n. gen . de Beauchamp 214
Archiloa rivularis de Beauchamp 211
Cephalogonimus européens Blaizot 34
Protozoaire.
Strombidium marinum Fauré-Fremiet 226
TABLE DES MATIÈRES
PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE D'AUTEURS
PAGES
Beauchamp (P. de). Arckiloa rivularis n. sp., Turbellarié Allœo-
cœle d'eau douce 211
Beauchamp (P. de). Dipleuchlanis n. subgen. pour Euchlanis
propalula Gosse 122
Beauchamp (P. de). Sur la présence d'un hérnocœle chez
Dinophilus 18
Benoit- Bazille (H.) La pratique simplifiée de la microphoto-
graphie en histoire naturelle 77
Blaizot (L.). Un nouveau Trématode, Cepkalogonimus europœus,
parasite intestinal de Rana esculenta L 34
Blanc (G.). Sur la terminaison du tube digestif des Ixodidce.. . . 219
Gaullery (M.). Le huitième Congrès international de zoologie. 162
Caziot (E.). Etude de quelques Pupa(Philippii, Savii, Mùhlfeldli,
rhodin, obscurci, ventilatoris, rupestris et Dupoteli) de la section
des Torquilla 147
Caziot (E.). Etude sur la dispersion géographique des Pupa
polyodon Drap., ringlcula Mich. et montserralica Fagot 94
Caziot (E.). Elude sur Yflelix solilaria Poiret 114
Caziot (E.). Etude sur quelques espèces italiennes de la section
Eulola Hartmann et du groupe de Y Hélix Orsinii Porro 137
Caziot (E.). Etude sur quelques espèces de Pupidœ de la section
Torquilla et du groupe du Pupa frumentum de Draparnaud . . 155
Chatton (Edouard) et Ernest Brément. Sur trois Ascidicoles du
genre Aplostoma Ganu : Aplostoma magellanica n. sp., ..4.
hibemica (T. et A. Scott), A. saccuhcs n. sp. (Note prélimi-
naire) : 80
Danois (E.). Sur la faune ichthyologique du maërl 167
Fauré-Fremiet (E.). Acidalbumines et réactifs fixateurs 16
Fauré-Fremiet (E.j. A propos d'une note de M. AldoPerroncito
sur le réseau de Golgi des cellules spermatiques. 9
Fauré-Fremiet (E.). La glande labiale des Hydrocorises 173
Fauré-Fremiet (E.j. Le plankton de la baie de la Hougue 225
Fauré-Fremiet (E.). Le tentacule de la Nocliluca miliaris 8
Fauré-Fremiet (E.). Révision des Foraminifères. — I. Le genre
llaplophragmium — 199
Fauré-Fremiet (E.). Sur deux Infusoires planktoniques «: 226
Hallez (Paul). La question de la nomenclature des Némertes
d'eau douce 62
TABLE DES MATIÈRES PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE D'AUTEURS 231
PAGES
Joubin (L.). Plan de travaux océanographiques à exécuter dans
les stations maritimes, adopté à Monaco par la Commission
de la Méditerranée le l« avril 1910, texte rédigé par L. Joubin. 107
Kollmann (Max). Notes sur les fonctions de la glande lympha-
I tique des Scorpiomdes 25
Ollivier (Françoise-Marie). Richard Bowdler Sharpe . 32
Paris (Paul). Un cas d'hybridation entre Loup et Chien 58
Pellegrin (Jacques). Description d'une variété nouvelle de
YOligodon Herberti Boulenger, provenant du Tonkin 30
Perroncito (Aldo). A propos de quelques considérations de M.
Fauré-Fremiet sur mes études 101
Pic (Maurice). Divers Coléoptères exotiques nouveaux ou peu
connus 60
Raspail (Xavier). Eclosion d'un œuf étranger dans le nid W\
Semichon (L.). Sur les papilles cornées œsophagiennes des
Tortues de mer et en particulier de Thalassochelys caret ta L. . . 191
Schlegel (C). Notes sur la pêche à Roscoff 125
Schlegel (C.) et Mme Schlegel. Sur un procédé d'anesthésie et
de fixation des animaux contractiles 116
Simroth (H.). Quelques remarques sur la locomotion des Gasté-
ropodes 10
T. (L.). Le Congrès ornithologique de Berlin 16o
Wietrzykowski (W.). Quelques observations sur le développe-
ment de Edwardsia Beautempsi 206
Zograf (N. de). Note sur le cosmopolitisme des animaux d'eau
douce 177
TABLE
PAR ORDRE DE MATIÈKES
PAGES
Liste des membres v
Liste géographique des membres xxm
Liste des membres décédés pendant l'année 1909 xxvm
Bureau et Conseil pendant l'année 1910 xxix
Liste des présidents depuis la fondation de la Société xxx
Prix Malotau de Guerne (règlement) xxxi
Prix P. Secques (règlement) xxxni
Séance du 11 janvier 1910 1
— 25 janvier 15
— 15 lévrier 17
22 février (17e assemblée générale annuelle) 39
— 8 mars 75
22 mars 93
12 avril 99
26 avril 103
— 10 mai 106
— 24 mai 119
— 14 juin 121
— 28 juin 123
— 12 juillet 144
— 25 octobre 160
— 8 novembre 172
— 22 novembre 188
— 13 décembre 197
27 décembre 209
Le Secrétaire général, gérant,
A. ROBERT.
RENNES
IMPRIMERIE BREVETÉE FRANCIS SIMON
MBL WHOI LIBRARY
UH 1A3
F Z
nxty